‹ Traité pratique des maladies des yeux, des oreilles, du nez et du pharynx [microforme]Chapitre 43 sur 154 · TERRE · texte numérisé non relu

TERRE

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nations miasmatiques, les vapeurs irritantes, la fumée de tabac, les vices de réfraction, le travail prolongé, une lumière trop vive, l’éversion des points lacrymaux, l’usage immodéré de boissons alcooliques. La coujonctivite catarrhale est souvent accompagnée de coryza ou (l'inflammation catarrhale de la caisse on des voies respiratoires inférieures. Le catarrhe conjonctival accompagne presqu'habituellement la période prodromique de la rougeole et de la scarlatine.

Il existe une variété de conjonctivite, qui tient le milieu entre les conjonctivites catarrhale et purulente, c'est celle qui résulte de l’inoculation d'écoulement leucorrhéique, surtout chez les jeunes filles de 3 à 6 ans.

L'examen microscopique de la sécrétion conjonctivale a fait reconnaître dans certains cas, un bacille décrit par Kocx et WEEKS. PANAS a remarqué que ce bacille pouvait développer chez le nouveau-né une conjonctivite catarrhale bénigne, mucopurulente, pouvant être confondue avec l’ophtalmie purulente. MoRaAXx (1) vient de faire des expériences à l'institut Pasteur, qui confirment les opinions de Weeks, quant à l’apparence et au résultat des cultures du bacille. Des incculations pratiquées sur une conjonctive humaine avec une des variétés obtenus par la culture, ont produit des conjonctivites catarrhales typiques.

De même que pour ia conjonctivite purulente, le nitrate d'argent est le meilleur topique à employer pour guérir la maladie. Si pour un médecin peu familier avec la bactériologie, il est pratiquement impossible d'établir un diagnostic différentiel exact entre une conjonctivite catarrhale simple et cette nouvelle forme à bacille, plus grave, il y a un moyen d'éviter que le patient en souffre, c’est d'employer le nitrate d'argent,

(1) Annales d'occulistique, äécembre 1892,

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à doses variant de 5 à 15 grs. à l’once, selon le degré d'intensité de l’inflammation conjonctivale. Ces applications doivent être faites directement sur la conjonctive palpébrale et des culs de sac, par le médecin, en évitant de laisser le nitrate d'argent venir en contact avec la cornée.

Marche, durée, terminaison.—I,a conjonctivite catarrhale marche avec rapidité, les symptômes ont atteint leur summum d'intensité au bout de 48 à 72 heures. Elle peut guérir en huit à quinze jours sans laisser de trace, ou passer à l’état chronique. Elle peut s'accompagner de lésions cornéennes : ulcération ou vascularisation marginale, mais ces complications sont beaucoup plus rares qu’au cours de la conjonctivite purulente. Chez les sujets prédisposés, elle peut dégénérer en granulations.

Traitement.—Il faut placer le patient dans les meilleures conditions hygiéniques possibles, éviter l’action irritante de la lumière, de la fumée de tabac, l'effet congestif des boissons alcooliques. La maladie peut guérir par elle-même, mais il y a plus de danger qu’elle passe à l’état chronique. On combat l’inflammation par l'usage des astringents. Le nitrate d’argent, en solution au ,4,, (5 grs à l’once,) peut être appliqué tous les jours sur la conjonctive palpébrale, à l’aide d’un pinceau, et lavé ensuite ; il faut se garder de le prescrire en instillation dans l’œil, car il pourrait en résulter une décoloration de la conjonctive. Des compresses glacées, renouvelées souvent, rendent de bons services. Il est rare qu’il soit nécessaire d'appliquer des sangsues ou d'agir sur les intestins, cependant, au début, on peut abréger la maladie en prescrivant des bains de pieds chauds et en faisant transpirer le malade. S'il existe des douleurs périorbitaires, on aura recours à l’atropine, au

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5%o Où au 20 (1 à 2 grs à l’once,) pendant quelque jours seulement,

Parmi les astringents généralement en usage comme collyres nous pouvons citer l’alun, le sulfate de zinc et l'acide borique à des solutions variant de 1 à 5 grs à l’once (de à 140). Les autres collyres en usages sont, le collyre jaune, dont nous donnons la formule plus loin, une solution de bichlorure de mercure, au 300, de cyanure de mercure, au , 5457, de pyoktannine, au 1555. Une solution plus concentrée de bichlorure ou de cyanure de mercure produit un effet irritant sur l’œil. L/acétate de plomb doit être rejeté comme collyre, à cause de l’inconvénient qu’il offre de laisser des dépôts métalliques sur l'œil et surtout sur la cornée ulcérée. On utilise aussi le crayon d’alun promené légèrement sur la conjonctive palpébrale.

Contre l’état chronique, on augmente la force des solutions astringentes, les compresses chaudes agissent quelquefois mieux que les froides. La présence du bacille de WEEKS rend nécessaire, dans les cas graves de conjonctivite catarrhale, l'emploi d’antiseptiques. Le nitrate d'argent dont r ous avons

indiqué l’usage plus haut peut être considéré comme tel, pourvu que la solution soit supérieure à 5 grs. à l’once (130). PFLUGER (1) a conseillé le trichlorure d’iode au 55575 comme excellent antiseptique. Contre les érosions, on emploie le crayon d’alun et l’onguent de calomel ou d’oxide de zinc. L'état général exige aussi d’être surveillé, il faut exciter les fonctions de la peau, combattre les acidités de l'estomac, surtout chez les enfants.

Faire porter des verres fumés.

Recueil d'ophtalmologie, Paris.

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CONJONCTIVITE PURULENTE

ARTICLE III

Conjonctivite purulente

C’est une inflammation très grave de la conjonctive, caractérisée par un écoulement purulent très abondant, une vive réaction inflammatoire, un gonflement œdémateux de la con-

jonctive, une tendance marquée aux complications cornéennes et la présence, dans le pus, de microorganismes parmi lesquels le gonococcus semble jouer le rôle prépondérant.

Ainsi définie, la conjonctivite purulente diffère essentiellement de la conjonctivite catarrhale. Cependant, il existe un état

intermédiaire qui peut être classifié parmi les conjonctivites catarrhales graves ou les conjonctivites purulentes bénignes. La distinction en pareil cas ne peut affecter en rien le traitement, et par conséquent ne peut, faute d’être établie d’une manière précise, porter préjudice au patient. Nous en dirons autant des variétés dites des zouveau-nés, croupale et leucorrhéique. La conjonctivite purulente est celle qui s’accompagne d'écoulement de pus, et comme telle offre peu de raisons à des descriptions à part qui surchargent inutilement la mémoire. La maladie peut différer d'intensité chez le nouveau-

né et chez l'adulte, la cause qui l’a produite n’est pas non plus

toujours la même, mais le caractère principal de la maladie ne change pas, enfin, la présence de membranes croupales n'indique pas autant une maladie nouvelle qu’une simple complication de l’ophtalmie purulente.

Symptomes objectifs. —La conjonctive oculaire prend une teinte rouge violacée, les vaisseaux sont tortueux et tellement abondants que la conjonctive perd sa transparence, il se pro-

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duit des ecchymoses plus étendues et plus nombreuses qu'au cours de la conjonctivite catarrhale, la conjonctive palpébrale est épaissie, cache les glandes de MEIBOMIUS. Il se forme une exsudation fibrineuse qui adhère à la muqueuse, lui donne une teinte grisâtre et se détache quelquefois à la façon d’une fausse membrane (conjonctivile croupale). Ta conjonctive saigne facilement aux moindres attouchements, elle est soulevée par l'infiltration (chémosis), et devient le siège d’une sécrétion purulente. La paupière participe à l’infiltration à un degré intense, elle se gonfle, devient chaude, tendue, rouge, luisante, elle tombe devant l'œil entraînée et retenue par son propre poids.

{nfin, les complications cornéennes peuvent apparaître, et conduire rapidement à la perte de l’œil.

Trois points surtout doivent attirer l'attention : 1° la sécrétion 2° le gonflement de la muqueuse 3° les complications.

La sécrétion n’est pas purulente dès le début. On observe d'abord une augmentation du liquide des larmes prenant bientôt une teinte jaune, couleur de beurre fondu, qui au bout de 6 à 12 heures est déjà transformée en une couleur rouillée, sanguinolente, due à la transsudation directe de l’hématine du sang. Elle devient ensuite jaunâtre, puis franchement purulente. L’abondance de la sécrétion est variable, elle est généralement assez considérabl: pour couler sur la joue, elle se renouvelle très vite. |

Ce liquide s'accumule dans les culs de sac et acquiert des propriétés plastiques qui le font adhérer à la conjonctive. Lors qu’on soulève ces fausses membranes, la muqueuse saigne faci-

au ale ine ine sse acipar ion gré nte, pre

, Et

CONJONCTIVITEÉ PURULENTE 113

cilement. Au déclin de la maladie, la sécrétion devient plus liquide, plus blanche, moins abondante, puis analogue à la sécrétion catarrhale. Pendant tout le cours de la maladie la sécrétion est inoculable, avec des degrés de virulence variable :

le pus, examiné au microscope, laisse voir des gonococques.

Le gonflement de la muqueuse est une des causes les plus efficaces de complications cornéennes. La conjonctive palpébrale, hérissée de papilles et d'exsudats, détermine des frottements irritants sur la cornée, augmentés par la tension des paupières sur le globe oculaire ; le chémosis, épais, dur, charnu, apporte une gêne à la nutrition de la cornée, en même temps qu'il indique une stase dans la circulation lymphatique ; ce bourrelet, qui entoure la cornée d’un anneau constricteur, laisse une dépression péricornéenne où les produits plastiques vont s’accumuler et adhérer, en déterminant des ulcères cornéens. Le chémosis est d'autant plus prononcé que le sujet est plus âgé, c’est-à-dire que le tissu cellulaire sous-conjonctival est plus lâche.

Les complications peuvent survenir dès les premiers jours de la maladie, et conduire rapidement à la perte complète de l’œil.

L'infection suit deux voies pour entrer dans la cornée, et il existe une troisième cause de destruction de cette membrane. L'épithélium, qui joue le rôle protecteur de la cornée est soumis à des frottement réitérés, il macère continuellement dans une sécrétion irritante et finit par céder, l’infiltration s'établit alors avec toutes ses conséquences ; d’un autre côté, la diapédèse ne peut apporter à la cornée que des éléments pathologiques, il peut donc s'établir aussi une infiltration de ce côté ; en troisième lieu, l’étranglement, quise fait autour de

la cornée, gêne les échanges nutritifs.

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Selon l'intensité des symptômes précédemment énumérés, et les moyens employés pour y remédier, on voit apparaître «t marcher plus où moins vite les complications cornéennes. Pouvant aller, dans l’espace de trois à quatre jours, jusqu’à la perforation cornéenne, elles peuvent rester limitées à une infiltration qui disparaîtra sans laisser de traces, ou à un ulcère qui en se cicatrisant, formera des taies.

Lorsque l'ulcère envahit les parties profondes de la cornée, il peut en résulter une perforation brusque, avec sortie du cristallin et hernie de l'iris, qui sera suivie, soit d’un staphylome, d’une panophtalmite ou d’une atrophie du globe de l'œil.

Symptomes subjectifs.—Les symptômes éprouvés par le malade sont, au début, une sensation de cuisson, de démangenison, de picottement dans l'œil ; ces douleurs sont variables, suivant l'intensité de la maladie et selon qu'il existe ou non des complications cornéennes. Les douleurs diminuent lorsque la purulence est établie, la chaleur des paupières disparaît aussi graduellement. Il n’est pas rare d'observer de la fièvre, dans l’ophtalmie purulente des adultes, en même temps que des douleurs rhumatismales, dans une ou plusieurs articulations ; cette dernière complication apparaît aussi, quoique rarement, chez les nouveau-nés.

Etiologie.—De toutes les causes d’ophtalmie purulente, la contagion est sans contredit la plus fréquente et la mieux connue, Chez les adultes, c’est le transport ? l'œil et le plus souvent à l’œil droit, du pus blennorrhag:yque ; chez les enfants nouveau-nés, c’est le passage de la tête dans une vulve malsaine remplie de sécrétions purulentes, blennorrhagiques ou leucorrhéiques ; chez les petites filles de cinq ans, c’est aussi l’inoculation à l’œil d’une sécrétion morbide provenant de la

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vulve. Cependant, si nous avons dans la plupart des cas de fortes présomptions à invoquer cette cause, il ne faut pas oublier que la maladie peut originer autrement. Chez les nouveau-nés, le changement brusque de température, les courants d'air, peuvent en être le point de départ. Il arrive souvent aussi qu'en lavant les yeux de l'enfant, on irrite fortement la muqueuse oculaire, très impressionnable d’ailleurs, en laissant pénétrer de l’eau savonneuse entre les paupières. Mais vouloir attribuer aussi souvent qu’on le fait, l’ophtalmie des nouveaunés, à du froid contracté au baptême, est contraire à l’observation des faits ; en questionnant la mère, on apprendra qu’elle souffrait de pertes blanches, souvent le père alarmé avouera franchement l’origine et la nature blennorrhagique de la maladie chez la mère et l'enfant.

Marche, durée, terminaison. — Au début, la marche de la maladie est généralement rapide, les symptômes atteignent le summum d'intensité au bout de trois à quatre jours. Il s’établit alors une période d'état qui peut durer huit à dix jours, pendant laquelle la cornée reste constamment exposée aux complications signalées plus haut. La maladie peut se terminer spontanément, au bout de quelques jours, mais il s’agit alors de conjonctivites purulentes atténuées, la plupart du temps la malndie se prolonge de 20 à 40 jours. Lorsque la perforation a lieu, la maladie cesse plus vite. Des cas de conjonctivite purulente, en apparence identiques, traités à la même période, de la même manière, et quelques fois sur le même sujet, se comportent quelques fois différemment les uns des autres. C'est-à-dire qu'il existe des conjonctivites purulentes graves, et d’autres bénignes. Ces différences existent surtout chez les nouveau-nés, où la maladie se termine quelquefois rapidement par la guérison, dans l’espace de quelques jours.

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