CHOROIDITE SÉREUSE OU GLAUCOME
La choroïde, abondamment pourvue de vaisseaux, donne la teinte au fond de l'œil. Cette teinte varie avec le degré de développement du pigment choroïdien ; sombre chez les nègres, elle est très claire chez les sujets blancs, chez les albinos, on voit les vaisseaux choroïdiens s’entremêler avec les vaisseaux rétiniens, Les vaisseaux choroïdiens sont plus gros et plus nombreux.
CHAPITRE XVIII MALADIES PROFONDES DE L'ŒIL ARTICLE I Choroïdite séreuse ou glaucome
Il existe des divergences d’opinion parmi les auteurs en ce qui regarde l'identité de la choroïdite séreuse et du glaucome. Si le glaucome est une maladie bien caractérisée, la choroïdite séreuse au contraire, comme affection distincte, ne l’est pan beaucoup.
Le glaucome est une maladie caractérisée par une augmentation de la tension intra-oculaire et par les phénomènes qu'elle produit.
On décrit généralement un glaucome aigu, sub-aigu, et chronique simple. 1. DE WECKER, s'appuyant sur ce fait que le glaucome n’est pas une entité morbide, mais bien un symptôme résultant d’un défaut d'équilibre entre la sécrétion et l’excrétion de l’œil, n’admet pas le terme inflammatoire. Il divise le glaucome en prodromique, chronique simple, chronique irrilatif, irritatif aigu, et hémorrhagique.
GLAUCOME PRODROMIQUE. — Toute attaque de glaucome
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n’est pas nécessairement précédée de prodromes, mais lorsqu'ils existent, on les rencontre généralement chez des sujets au-dessous de 45 ans.
Ces symptomes consistent :
1° En une fumée qui passe devant ies yeux, et dont l’intensité varie depuis un léger trouble, à peine appréciable, jusqu'à celui qui réduit l’acuité visuelle ;
2° En cercles irisés apparaissant autour des lumières. Ce symptôme fait rarement défaut ; les patients en sont impressionnés et décrivent eux-mêmes les variations que subissent ces cercles de différentes couleurs ; ils ont l'habitude de dire qu’ils ont vu des arcs-en-ciel autour des lumières.
3° Une augmentation de la tension intra-oculaire ;
4° Une diminution de l’amplitude d'accommodation ;
5° Un léger trouble de la cornée ;
6° Une dilatation des veines de la papille.
La marche du glaucome prodromique est variable ; elle est soumise à des influences dive.ses, parmi lesquelles il faut ranger en première ligne tout ce qui peut di/ater ou contracter la pupille. En général, tout ce qui contribue à dilater la pupille contribue en même temps à augmenter les phénomènes glaucomateux ; tout ce qui contribue à contracter la pupille, agit favorablement sur l’œil atteint de glaucome.
Le glaucome cesse d’être prodromique lorsque la pression intra-oculaire est augmentée d’une façon permanente.
L'œil glaucomateux peut passer de l’état prodromique à l’état aigu, sub-aigu ou chronique.
GLAUCOME IRRITATIF AIGU. — Symptomes.—Cette forme survient souvent d'une manière subite. Les malades se réveillent la nuit en proie à des douleurs violentes s'irradiant dans
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toute la tête ; ils sont pris de nausées et de vomissements, et le médecin pourrait facilement être induit en erreur sur la nature de cette maladie, s'il n'avait la précaution d'examiner les yeux. On constate alors de l’œdème conjonctival et palpébral, ou à défaut, une injection conjonctivale intense ainsi que du larmoiement. L'œæil est excessivement douloureux, cependant la cornée est insensible au toucher ; elle est terne, vitrée, la pupille est dilatée et la plupart du temps, il existe un trouble du corps vitré, qui rend l'examen à l’ophtalmoscope à peu près impossible. Le globe de l’œil est dur et la vision est momentanément abolie. L'attaque aiguë peut être foudroyante, s’accompagner d’une perte définitive et irrémédiahle de la vue.
Elle peut se dissiper sans aucune intervention sans laisser de traces de son passage, sans avoi “roduit d'excavation de la papille ; et la vision revenir à l’état normal.
L'attaque, suivie d'une rémission complète, peut se renouveler à des intervalles variables et l’on voit alors apparaître le glaucome sub-aïgu ou irritatif chronique.
GLAUCOME IRRITATIF CHRONIQUE.—Cette forme se caractérise par un développement progressif, et des attaques successives laissant persister quelques uns des symptômes de l’attaque. Elle se développe au cours du glaucome prodromique, ou du glaucome chronique simple, ou survient d’emblée. Il signale son apparition par des phénomènes irritatifs.
Symptomes objectifs. —L''irritation au moment de l’attaque n’est pas aussi vive que dans la forme précédente ; il n'existe pas de chémosis ni d’œdème des paupières, mais on voit de gros vaisseaux veineux sous-conjonclivaux vers le grand angle de l'œil et quelquefois au niveau des quatre muscles droits de l'œil. La cornée est terne, plus ou moins insensible au toucher, la