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EXPLORATION DE L'ORÉHILLE 283
peut donner au bourdonnet une forme conique de la grosseur voulue. Pour les enfants il importe que ces cônes soient petits (fig. 145).
Pour les introduire dans l'oreille, il faut redresser le conduit et imprimer un mouvement de rotation à la broche, autrement l'extrémité libre de la ouate se replie sur elle-même et s'arrête en chemin.
LA DOUCHE D’AIR. — L''insufflation d'air dans l'oreille moyenne par les trompes d’Eustache est un moyen de diagnostic et de traitement qui a été signalé par DELEAU.
Il existe plusieurs procédés pour atteindre ce but :
1° L'expérience de Vasalva qui consiste à forcer l’air dans les trompes pendant un effort expiratoire, la bouche et le nez étant fermés.
2° Le procédé de Politzer qui consiste à pousser de l’air dans le nez à l’aide d’un ballon en caoutchouc au moment où le patient avale un peu d’eau on chasse violemment l’air par sa bouche.
3° Le cathétérisme à l’aide d’une sonde creuse introduite à
l’ouverture de la trompe, en passant par le nez.
Le procédé de VASAIVA est effectif pour faire pénétrer l’air dans la caisse, dans les cas où il n’existe aucun obstacle sérieux du côté des trompes. On peut donc l’utiliser comme moyen de diagnostic, maïs il ne faut pas oublier qu’il s'accompagne d’une congestion veineuse qui, dans les états inflammatoires de l’oreille, n’est pas dépourvue de dangers. Dans ce procédé comme dans les deux autres, le moment du passage de l’air dans la caisse est signalé par un bruit de claquement dans l'oreille, une sensation de plénitude. Si on examine‘le tympan à ce moment on constate qu’il a été pté au dehors et que
le reflet lumineux s’est rétréci. L'expérience négative de VASALVA qui consiste à exécuter un mouvement de déglutition, les narines fermées, raréfie l’air dans la caisse. On peut donc, en faisant suivre l’expérience positive de l'expérience négative, constater si l’état de la trompe est dans les conditions normales.
On peut utiliser l'expérience positive dans les cas d’écoulement avec perforation pour chasser le liquide contenu dans la caisse, mais il faut mettre le patient en garde contre l’abus de ce moyen et recommander de fermer l’oreilie saine afin que l’air ne soit pas comprimé inutilement dans la caisse de ce côté, ce qui aurait pour effet de distendre et de congestionner le tympan.
Le procédé de PoLrrzER est celui qui est le plus employé.
Pendant l'acte de la déglutition les trompes s'ouvrent, le voile du palais se soulève et clôt par en bas la cavité naso-pharyngienne, le nez étant hermétiquement fermé, l’air de la poire est forcé par l’ouverture des trompes.
Chez les jeunes enfants, les bébés surtout, on peut souffler directement dans les narines à travers un tube en caoutchouc et réussir à faire pénétrer l’air dans la caisse.
Il existe plusieurs modèles de poires, (Politzer) leur volume varie de six à dix onces, les petits modèles servant aux enfants et les plus grands aux adultes. Pour l'appliquer avec succès, il faut avoir soin de bien fermer le nez de façon à ce que l'air ne puisse pas revenir de ce côté, et il faut aussi choisir le moment précis où le malade avale un peu d’eau.
Lorsqu'une seule oreille est malade, il faut fermer le conduit de l'oreille saine, et même dans ces conditions, l’air peut
lon,
ons
encore pénétrer. C’est le plus grandinconvénient de la poire Politzer.
Le cathétérisme des trompes a l’avantage de pousser l’air plus directement
dans l'oreille malade et avec plus de
force en cas de rétrécissement, D'un
autre côté, il offre un inconvénient, celui d’être quelquefois douloureux, ou au moins désagréable pour le patient qui ne s’y prête pas toujours de bonne grâce. Il est aussi d’une application difficile dans les cas de déviation de la
Fig. 146 cloison, mais son usage répond à des
indications précises qui en rendent l’emploi indispensable.
Fig. 147 Voici comment on procède : | Le malade ayant la tête appuyée, on introduit doucement le cathéter, le bec lon-
geant le plancher des
fosses nasales jusqu’au
oharynx nasal, arrivé E
à ce point, on ramène
vers soi la sonde dont
on laisse l'extrémité
dirigée en bas; on
éprouve bientôt ure
résistance opposée par
le voile du palais. Il
faut alors tourner l'extrémité du cathéter en dehors et en haut. Une fois que la sonde est fixée dans l’ouverture de ja trompe on insuffle de l’air à l’ouverture externe, à l’aide du ballon en caoutchouc. Il faut, pendant cette opération, tenir bien fixé le manche du cathéter, en prenant un point d'appui sur le dos du nez et le front, les moindres mouvements appliqués à la sonde causent des douleurs au patient.
AUSCULTATION DE L'OREILLE.-Le cathétérisme des trompes quel que soit le procédé employé, demande à être contrôlé par l'oreille du chirurgien. Pour être certain que l’air a pénétré dans la caisse on ne peut s’en rapporter uniquement aux sensations éprouvées par le patient. En traversant la caisse, l'air comprimé produit différents bruits que le chirurgien peut percevoir en mettant son oreille en communication avec celle du patient. Ce résultat est obtenu à l’aide d’un tube en caoutchouc muni à ses deux extrémités d’un embout en os que l’on fixe d’une part dans le conduit du patient et de l’autre dans celui du chirurgien. Au moment du passage de l’air dans une oreille saine, on perçoit un bruit de claquement dû au déplacement brusque du tympan au dehors.
La présence de mucosités dans la trompe ou la caisse se révèle par des râles humides. S'il existe en même temps une perforation du tympan on entend un sifflement accompagné de gargouillements.
EXAMEN DE L'AUDITION.—Nous ne possédons aucun appareil approprié capable de produire des intensités sonores d’une graduation parfaite. Quoique la physique nous apprenne que l'intensité du son est en raison inverse du carré de la distance, cette loi n’a pu servir de base à une échelle d’acuité auditive pouvant être comparée à celle qui existe pour la mesure de
l'acuité visuelle. Le moyen le plus pratique pour constater l’état de l'audition consiste à établir à quelle distance la montre est entendue ; c’est la perception aérienne ; et de quelle manière est entendu le diapason mis en vibration et appliqué sur les os de la tête ; c’est la perception osseuse.
L'épreuve de la montre n’est pas uniforme, attendu que toutes les montres n’ont pas la même intensité de son, les vibrations étant plus courtes ou plus longues, plus rapides ou plus lentes. Chaque chirurgien doit faire l’épreuve de sa montre avec des oreilles normales et noter à quelle distance moyenne elle est entendue.
En supposant cette distance à dix pieds, on dira qu’une oreille normale équivaut à 1% ; une oreille qui n’entendra cette montre qu’à cinq pieds, aura une acuité auditive de ,, enfin une oreille qui n’entendra qu’à six pouces aura une acuité = 55. Nous le répétons, cette mesure n’est qu’approximative, car il y a des patients qui entendent bien les sons aigus et très peu les sons graves. Au besoin, l’épreuve de la voix vient ajouter de nouveaux renseignements à l'épreuve de la montre, et comme l’audition est surtout utilisée pour la voix, le phonographe pourrait nous fournir des échelles uniformes d’une très
grande valeur.
L'épreuve du diapason sur les os nous renseigne sur le degré de réaction du nerf auditif, Cette expérience se pratique de plusieurs manières.
ÉPREUVE DE WEBER.—Cette épreuve est la suivante : Si on ferme l'oreille d’un sujet qui a une audition parfaite des deux côtés, le son d’un diapason appliqué sur la ligne médiane de la tête est entendu renforcé du côté bouché. A l’état pathologique, lorsqu'il existe une maladie de la caisse ou dn conduit
auditif, ayant diminué l’acuité auditive d’une oreille, le diapason placé dans les conditions précédentes est mieux entendu de la mauvaise oreille. Si les deux oreilles sont atteintes de surdité à un degré inégal, le son du diapason sera mieux entendu du côté de l'oreille la plus sourde.
Si le son est perçu au contraire, renforcé du côté sain on pourra en conclure qu’il existe une lésion de l'appareil de perception. Ces épreuves sans être d’une fidélité parfaite sont des guides précieux en pratique.
ÉPREUVE DE RINNES.—Cette épreuve est la suivante : siun diapason mis en vibration est placé d’abord sur le sommet du erâne ou sur l’apophyse mastoide et ensuite, transporté brusquement devant l'oreille alors que les vibrations ne sont plus perçues à travers les os, il peut arriver que le son soit encore perçu par le conduit auditif. C’est l'expérience positive de RINXNES, elle indique qu’il existe une affection labyrinthique. Quand l'expérience est négative, la lésion est localisée dans l'oreille moyenne. La perception du diapason n’implique pas toujours nécessairement la curabilité d’une maladie de l'oreille. La non-perception tout en étant très grave n’est pas toujours un signe certain d’incurabilité.
Lucas n’attache de valeur ? l'épreuve de RINNES que dans les cas où la voix chuchottée n’est entendue qu’à trois pieds ou en deça.
ÉPREUVE A PRESSION CENTRIPÈTE.—Si on comprime le tympan à l’aide d’un ballon en caoutchouc, pendant que le diapason vibre sur le sommet de la tête, le son diminue à ce moment. C’est la réaction du nerf labyrinthique (GEILLÉ).
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