‹ Traité pratique des maladies des yeux, des oreilles, du nez et du pharynx [microforme]Chapitre 95 sur 154 · BOURDONNEMENTS · texte numérisé non relu

BOURDONNEMENTS

Troubles variés accompagnant les maladies de l'oreille

Bourdonnements.—Les bourdonnements sont un symptôme commun à la plupart des maladies de l'oreille, cependant, ils peuvent être assez intenses pour constituer une véritable maladie troublant plus les patients que la surdité qui les accompagne ; on peut dire d’une façon générale que les bourdonnements sont moins fréquents et moins intenses quand il existe une perforation du tympan. Les causes de bourdonnements sont multiples ; elles originent dans le conduit, et sont le résultat de corps étrangers, de cérumen par exemple. Elles sont dues aussi à une pression exercée sur la membrane du tympan et la chaîne des osselets, de dehors en dedans, elles résultent dans ces cas, d’une augmentation de pression intralabyrinthique. Les bourdonnements peuvent aussi dépendre de lésions de l’oreille interne ou originer dans les vaisseaux de la caisse et du voisinage.

Nous avons observé un patient atteint d’une maladie du cœur qui éprouvait des chocs tellement violents dans l'oreille qu'il se levait la nuit pensant qu’on frappait à sa porte.

Les malades décrivent les bruits qu’il entendent d’une façon très variée : c’est tantôt un chant, un siflement, une sonnerie, une note particulière souvent aiguë, tantôt un bouillonnement, un bruissement, un bruit de coquillage, quelquefois il en existe de plusieurs sortes à la fois. Quelquefois les malades croient entendre la voix humaine, des mélodies qu'ils ont déjà entendues et qui se renouvellent sans cesse. Nous avons connu une patiente qui entendait toujours le mot awe»x, une autre, qui consulta un grand nombre de médecin, pour se faire enlever

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une mouche qui lui bourdonnait dans l'oreille depuis plusieurs années, il fut impossible de la convaincre de la nature réelle de ses troubles. Il s’agit dans ces cas d’hallucination de l’ouie qui constitue un symptôme de maladie mentale.

Les bourdonnements dus au catarrhe de la caisse s'augmentent lorsque le temps est humide.

Vertige auriculaire.—Ces vertiges peuvent résulter de pressions lentes ou subites sur la membrane du tympan. Un bouchon de cérumen en est souvent la cause ainsi que des injections violentes. Ceux qui souffrent de polypes offrent aussi ces vertiges lorsqu'on comprime la tumeur. FLOURENS a démontré que la section des canaux semi-circulaires chez les animaux, les pigeons en particulier, détermine des troubles d'équilibre. Une blessure du labyrinthe chez l’homme produit le même résultat. Soz1rz explique ces vertiges par des actions reflexes s’exerçant du labyrinthe vers le cervelet, centre du maintien de l'équilibre.

Hypéracousie.—L'hypéresthésie du nerf auditif désignée sous le nom d’hypéracousie est le résultat d’une sensitilité particulière de l'organe auditif. Il correspond en géréral avec une sensibilité exagérée à l'égard d’autres impressions sensorielles. On l’observe quelquefois dans l’hystérie ou la neurasthémie.

Cophose.—Surdité. Paracousie et Diplacousie, — La paracousie est l’audition fausse de n'importe quel son, une seule oreille étant atteinte de ce symptôme, il en résulte l’audition de deux sons, c’est la diplacousie. Cette affection a pour cause une modification dans la tension de certaines fibres du limaçon.

Paracousie de Willis.—On désigne sous ce nom l’anomalie qui consiste à entendre mieux au milieu du bruit; ainsi,

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