‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 103 sur 167 · OEIL · texte numérisé non relu

OEIL

Le droit inférieur dirigera la cornée en bas et en dedans, et imposera au méridien vertical une inclinaison en dehors.

L'effet de ces muscles sur le déplacement de la cornée sera d'autant plus grand que Toeil se rapprochera davantage de langle externe des paupières; leur effet sur l'inclinaison du méridien augmentera d'autant plus que la cornée se dirigera davantage du côté de Langle interne.

Fig. 176. — Muscles moteurs du globe de l'œil, vus de haut en bas; 1, coupe de la cavité orbitaire; 2,. muscle oblique inférieur; 3, muscle droit externe; 4, muscle droit supérieur; ce muscle cache, sur la figure, le nerf optique et le muscle droit inférieur; 5, muscle droit interne; portion directe du muscle oblique supérieur; 7, anneau tendineux deZinn; 8, nerf optique; 9, poulie de réflexion du muscle oblique supérieur; 10, portion réfléchie du muscle oblique supérieur; aa, axe de rotation du globe pendant la contraction du muscle droit supérieur ou droit inférieur ; 66, axe de rotation du globe pendant la contraction des muscles obliques ; le troisième axe de rotation, qui correspond aux muscles droit externe et interne, est perpendiculaire au plan de la figure.

L'oblique supérieur (fig. 176, 6) vient du fond de l'orbite, se dirige en avant, s'amincit en un tendon qui passe sur sa poulie (fig. 476, 9), puis s'élargit, se dirige de dedans en dehors (fig. 176, 10) et passe sous le droit supérieur, pour aller s'insérer à la sclérotique, au côté temporal de la circonférence postérieure du globe, par une aponévrose large de 6 millimètres, à convexité postérieure et externe dont Lextrémité postérieure est à 7 ou 8 millimètres du nerf optique, et l'extrémité antérieure à 12 ou 14 millimètres.

L'oblique inférieur vient de la partie interne et antérieure du

plancher orbitaire, en dehors du sac lacrymal, se dirige d'abord sous le droit inférieur, en arrière et en dehors. Bientôt, après un trajet de 5 millimètres, il se porte fortement en haut et en arrière, passant de cette façon entre le droit externe et le globe oculaire ; devenu plus large et plus mince, il va s'insérer par un tendon très court, près de l'oblique supérieur (fig. 176, 2). Son insertion, large de 10 millimètres, décrit une convexité en haut et en avant, dont l'extrémité supérieure est à 14 millimètres du nerf optique, tandis que l'inférieure n'en est qu'à 4 millimètres.

Le plan des deux obliques est vertical, dirigé d'arrière en avant et de dedans en dehors, et forme avec Taxe optique un angle de 55 degrés. Il suit de là que l'axe de révolution des mouvements de ces muscles traverse le globe oculaire horizontalement, se dirige d'avant en arrière et de dehors en dedans, et rencontre l'axe optique sous un angle de 35 degrés (fig. 176, hh).

L'oblique supérieur tourne la cornée en bas et en dehors, et incline le méridien vertical en dedans.

L'oblique inférieur tourne la cornée en haut et en dehors et incline le méridien vertical en dehors.

L'effet de ces muscles sur le déplacement de la cornée sera d'autant plus grand que l'œil se tournera davantage vers le nez ; leur effet sur l'inclinaison du méridien augmentera d'autant plus que la cornée se dirigera davantage du côté de la tempe.

Après avoir étudié isolément l'action des muscles de l'œil, il nous reste à examiner la part que chacun d'eux prend aux divers mouvements que le globe oculaire exécute (lois de Doiiders).

1° Dans la direction horizontale du re(jard en avant, en dehors et en dedans, le méridien vertical de la cornée n'est pas incliné, il reste vertical. Pour le regard horizontal en avant, tous les muscles sont en équilibre, et il n'y a ni déviation de la cornée ni inclinaison du méridien. Pour le regard horizontal en dehors, le droit externe suffit, car nous avons vu que son action est de diriger Pœil en dehors, sans incliner le méridien vertical ; il remplit donc les conditions nécessaires à ce mouvement. Pour le regard horizontal eu dedans, le muscle droit interne suffit également.

2° Ddiusldi direction verticale du regard en avant, en haut et en bas, le méridien vertical n'est pas incliné, il reste vertical. Pour le regard vertical en haut, le muscle droit supérieur doit fonctionner ; mais nous avons vu qu'en se contractant, il dirige en même temps la cornée en dedans et incline le méridien vertical en dedans. 11 faudra donc, pour tourner l'œil verticalement en haut, une seconde force qui puisse contre-balancer les effets simultanés du droit supérieur :' le petit oblique seul a cette influence, il dirige l'œil en haul, un peu

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en dehors et incline le méridien vertical en dehors. Le regard vertical en haut est donc exécuté par Faction combinée des muscles droit supérieur et petit oblique, dont les effets se réunissent pour amener la direction en haut, se compensent pour la déviation latérale et pour l'inclinaison du méridien. Pour le regard vertical en bas, il y a combinaison des muscles droit inférieur et grand oblique, par des raisons analogues que nous croyons inutile de reproduire. 3° Pour la direction oblique du regard en haut et à gauche, les méridiens verticaux des deux yeux sont inclinés parallèlement à gauche ; celui de Toeil gauche en dehors, celui de l'œil droit en dedans. Pour Texécution du mouvement en haut et en dehors, nous devons penser d'abord aux muscles droit supérieur et droit externe ; mais l'action combinée des deux ne pourrait incliner le méridien vertical en dehors, puisque le droit externe est sans influence sur le méridien et le droit supérieur Tincline, au contraire, en dedans. Il nous faut donc, pour ce mouvement, un troisième muscle dont Faction compense Tinclinaison du méridien produite par le droit supérieur et lui en impose une en dehors, qui réalise alors dans les deux yeux le parallélisme des méridiens. Le petit oblique seul peut avoir cette influence, puisqu'il tourne l'œil en haut, et dans ce sens s'associe au droit supérieur, puisque, en outre, il incline le méridien vertical en dehors, effet d'autant plus marqué dans ce cas que l'œil est tourné en dehors par le droit externe, position dans laquelle l'influence des obliques sur l'inclinaison du méridien vertical est le plus prononcée. Le regard oblique en haut et en dehors est donc exécuté par l'action combinée des muscles droit supérieur, droit externe et petit oblique.

4° Dans la direction oblique du regard à gauche et en bas, lesméridiens verticaux des deux yeux sont inclinés parallèlement à droite, celui de l'œil gauche en dedans, celui de l'œil droit en dehors. Pour exécuter ce mouvement avec l'œil gauche, nous avons d'abord le droit externe et le droit inférieur ; mais comme le premier n'a pas d'effet sur le méridien, et comme l'autre l'incline en dehors, il faut, ainsi que dans le cas précédent, un troisième muscle qui produise rinclinaison nécessaire du méridien : c'est le grand oblique seul dont l'action cause cet effet. Le regard oblique, en bas et en dehors, est donc exécuté par l'action combinée des muscles droit inférieur, droit externe et grand oblique.

H^ Dans la direction oblique du regard à droite et en haut, les méridiens verticaux des deux yeux sont inclinés parallèlement à droite, celui de Pœil droit en dehors, celui de l'œil gauche en dedans. Pour l'exécution du mouvement en haut et en dedans, nous avons d'abord les muscles droit supérieur et droit interne ; mais l'inclinaison du méridien en dedans, produite par l'action du premier, serait trop

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