PARALYSIES DES MUSCLES DE L*0EIL
Ton place devant Fœil sain, et l'on fait regarder une bougie placée à quelques mètres de distance. L'usage de ce verre a lieu dans un triple but : 1° il différencie nettement les deux images, de sorte qu'il est toujours facile au médecin de reconnaître quelle est l'image vue par l'œil droit, et celle vue par l'œil gauche, et de constater ainsi sûrement leurs positions respectives ; 2° l'image de l'œil paralysé se produisant sur une partie excentrique de la rétine, est plus difficilement perçue par le malade, de sorte que le verre coloré, en affaiblissant l'intensité de l'image provenant de l'œil sain, facilite la perception des deux images ; 3^ enfin le verre obscurcit considérablement le champ visuel et permet à l'œil de concentrer son attention sur la flamme de la bougie.
En plaçant un verre violet devant l'œil droit, le malade verra donc une flamme violette à droite et une flamme blanche à gauche, la distance des deux flammes augmentera à mesure que l'on portera la bougie vers la gauche ou que Ton tournera la tête du malade à dx^oite ; mais elles restent toutes les deux absolument sur le même plan, à égale hauteur.
On peut faire disparaître par un prisme ayant sa base en dehors la distance latérale des deux images : comme nous l'avons vu, l'image rétinienne de l'œil malade se peint en dedans de la fovea^ par conséquent un prisme dont la base est en dehors dévie les rayons lumineux en dehoi^s et les ramène sur la fovea. Pour cet examen, il est bon de placer devant l'autre œil un prisme ayant sa base en haut ou en bas, afin d'amener une différence de hauteur des deux images et d'éviter par là toute tentative de fusion ; le prisme, qui ramène exactement les deux images Tune au-dessous de l'autre, donne alors la mesure exacte de la déviation.
En raison de la convergence et de la divergence physiologiques que nous avons mentionnées à propos du regard en haut et en bas, la ligne qui sépare la partie du champ visuel où la vision est simple de celle où. elle est double, sera inclinée de haut en bas et de dedans en dehors. Dans les cas de paralysie incomplète du reste, disons-le tout de suite, la ligne de démarcation dont nous parlons variera suivant le point de départ de Texamen. Si l'on part d'un endroit où existe la vision simple, la tendance à la fusion se fera davantage sentir, et le muscle paralysé fera tous ses efforts, jusqu'à ce que le moment arrive où il est obligé de céder. Si l'on part, au contraire, d'un point MEYER, 4e édit. 38
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OÙ la diplopie se manifeste déjà, le muscle en question n'éprouvera pas cette excitation spéciale à se contracter, et la diplopie existera jusqu'à une ligne plus rapprochée de la ligne médiane.
Parfois on observe la contraction de l'antagoniste du muscle paralysé. Cette contraction du muscle droit interne qui accompagne la paralysie du droit externe se développe tantôt au début de l'affection, tantôt plus tard; d'autres fois elle ne survient jamais. On le reconnaît par l'extension de la convergence anormale ainsi que de la diplopie dans toute la partie droite du champ du regard.
Les symptômes de la déviation secondaire et la fausse projection se manifesteront ainsi qu'il a été indiqué dans la partie générale. Si l'on couvre l'œil droit supposé sain, de la main ou d'un verre dépoli, tandis que l'œil gauche est dirigé sur un point situé à sa gauche, on constate une convergence considérable de l'œil droit beaucoup plus forte que celle de l'œil gauche, lorsque c'est l'œil sain qui fixe le même point. Ce strabisme très prononcé s'observera d'emblée dans les cas où l'œil non paralysé était atteint auparavant d'amblyopie, et où l'œil paralysé est employé par le malade pour la fixation.
La fausse projection a toujours lieu en dehors de l'objet fixé (du côté du muscle paralysé).
Enfin, le malade imprimera à sa tête un mouvement de rotation en dehors (à gauche) autour de son axe vertical, et portera sur la droite les objets qu'il veut regarder. Il remplace ainsi l'action du muscle paralysé par la rotation de sa tête et obtient en même temps ce résultat que la partie du champ du regard où il voit simple se trouve devant lui.
b. Paralysie incomplète, — Les symptômes sont au fond les mêmes, mais moins accentués. La mobilité sera seulement restreinte; vers sa limite externe on reconnaîtra les contractions saccadées dont nous &vons parlé.
On observera ici particulièrement les mouvements caractéristiques de redressement qui se produisent lorsque, faisant fixer les deux yeux, on couvre l'œil sain; l'œil malade, pour se diriger vers l'objet, fait une petite excursion en dehors, et Tautre œil subit une déviation secondaire bien plus considérable.
Les images doubles n'apparaissent que lorsque le point de