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GLAUCOME CHRONIQUE

l'œil est avcug"le depuis longtemps, l'opération ne trouve plus d'aulre indication que celle de débarrasser le malade de ses douleurs ciliaires violentes.

Dans le glaucome chronique, l'opération arrête la marche progTcssive de la maladie, et l'état fonctionnel de l'œil reste ce qu'il a été au moment de l'intervention chirurgicale. Cependant, si l'iridectomie est pratiquée immédiatement après une des poussées aig-uës qui interrompent la marche chronique de cette variété du glaucome, on voit la vision revenir au point où elle avait été avant la dernière attaque.

Dans le glaucome simple, l'effet de l'intervention chirurg-icale (iridectomie ou sclérotomie) est beaucoup moins assuré. On observe cependant la conservation du statu c/uo^ rarement une amélioration progressive de la vision.

D'autre part, on a observé des cas de glaucome simple où l'opér.ation n'a pas arrêté la marche progressive du mal ; dans d'autres cas elle ne l'a arrêtée que pour un certain temps, et a dû être répétée ; entin elle a été suivie aussi d'une agg"ravation immédiate. Abstraction faite de la diminution de l'acuité visuelle par l'astig-matisme régulier (que l'on peut corriger par des verres cylindriques) ou irrégulier, qui est la conséquence de l'opération, il arrive que, lorsque le rétrécissement du champ visuel se rapproche déjà du point de fixation, la vision centrale se perd entièrement après ou malgré l'opération. Il se peut que dans les dernières phases de la maladie, l'opération ne peut empêcher la vision conservée de diminuer plus tard, parce que l'atrophie des fibres nerveuses produite par la pression qu'elles ont supportées fait des prog-rès, même après la suppression de la cause qui l'avait provoquée. A côté de ces faits, il y en a d'autres où l'opération, pratiquée au moment où il n'existait qu'une toute petite portion du champ visuel en haut et en dehors, a eu pour résultat la conservation de ce reste de vision pendant de longues années.

Etiologie. — S'il paraît aujourd'hui hors de doute que le glaucome consiste dans une augmentation de la pression intraoculaire, on est bien moins d'accord sur la cause même de cette augmentation. D'après de Graefe^ il faudrait la rechercher dans une altération inflammatoire de la choroïde et de l'iris (irido-choroïdite séreuse), avec hypersécrétion de sérosité

GLAUCOME

qui augmente le volume du corps vitré. D'après Donders^ cette hypersécrétion résulterait d'une altération des nerfs qui président à la sécrétion, de sorte que la cause du mal pourrait siéger aussi hors de l'œil. Cusco et Coccius croient trouver le point de départ du glaucome dans une inflammation de la sclérotique : l'épaississement et la rétraction consécutive du tissu sclérotical fourniraient dans ce cas la cause mécanique de la compression intra-oculaire. Enfm Weher ei Knies ?icc\i^eni àe'& altérations anatomiques des tissus qui avoisinent le canal de Schlemm et l'espace de Fontana, altérations qui, par l'obturation du canal de Schlemm ou par la compression que la périphérie de l'iris exerce alors sur l'espace de Fontana, diminueraient ou empêcheraient l'excrétion des liquides intra-oculaires.

Brailey^ qui a examiné un grand nombre d'yeux glaucomateux, n'a pas toujours trouvé ces altérations, et lui comme d'autres [P a gens lécher^ Schnabel) les a constatées même dans des cas de diminution de la tension de l'œil. Brailey attache une grande importance pour la pathogénie du glaucome aux dilatations des vaisseaux, surtout de ceux qui intéressent la région ciliaire, et à l'amincissement de leurs parois, ces altérations ayant pour conséquence l'augmentation de la quantité de sang renfermé dans Vœ'\\ et de la sécrétion des liquides intraoculaires. — Priestley-Sniith a constaté l'augmentation de volume du cristallin avec l'âge : il se produirait ainsi une diminution ou oblitération de l'espace entre le cristallin et les procès ciliaires, et une rétention des liquides intra-oculaires qui doivent traverser cet espace pour arriver à l'angle de fiitration. — Ulrich attribue aux altérations de l'iris la difficulté du passage de ces liquides.

Quoi qu'il en soit des opinions différentes sur l'étiologie du glaucome — et, à mon avis, cette maladie dépend tantôt de l'une, tantôt de l'autre des causes invoquées, ou de plusieurs agissant en même temps — l'âge et probablement la rigidité de la sclérotique, croissant avec les années, y jouent certainement un rôle important. Les goutteux et les athéromateux présentent une prédisposition particulière et on ne rencontre cette affection qu'exceptionnellement avant l'âge de trente ans. La houphtalmie congénitale avec excavation glaucomateuse de la papille du nerf optique est considérée comme un glaucome infantile (voy. p. 18i).

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