Rétinite séreuse. Œdème de la rétine
Le diagnostic de cette affection ne devient possible que par l'examen ophtalmoscopique, car l'aspect extérieur de l'œil n'éprouve aucune modification, et les plaintes des malades n'ont rien de caractéristique.
A l'ophtalmoscope, on constate surtout deux symptômes, mais é à un degré très variable : la perte de transparence de la rétine, et l'hyperhémie de ses vaisseaux. Le premier de ces symptômes, dû à une transsudation séreuse [rétinite séreuse^ œdème de la rétine)^ est surtout prononcé à l'endroit où la membrane présente le plus d'épaisseur, c'est-à-dire près de la terminaison intra-oculaire du nerf optique. Il en résulte que les contours
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de la papille perdent de leur netteté, ou sont complètement masqués par l'opacité de la rétine. Lorsque celle-ci siège dans les couches internes de la membrane, on peut observer autour de la papille des stries excessivement fines qui rayonnent dans la direction des fibres nerveuses (fig. 83).
La transsudation séreuse de la rétine donne, d'ailleurs, à cette membrane une teinte g-risâtre très visible, surtout autour du nerf optique [rétinite péripapillaire) et le long- des gros vais-
Fig. 83. — Rétinite séreuse.
seaux, disparaissant progressivement à mesure qu'on se rapproche de l'équateur de l'œil. A l'endroit de la tache jaune, où la rétme est beaucoup plus mince que dans les parties voisines, la coloration rouge brunâtre de la choroïde apparaît à travers la rétine, et peut simuler, au milieu de la teinte grisâtre du voisinage, une tache hémorrhagique.
Quant à Fhyperhémie, on la constate en première ligne sur
la papille du nerf optique, qui devient d'une rougeur intense,
par suite de l'ampliation de ses vaisseaux propres. L'aspect des-
vemes est encore plus caractéristique : non seulement elles s'élar-
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g-issent, mais encore elles s'allong-ent, et à rophtalmoscope on les voit d'une couleur plus foncée, plus épaisses et plus flexueuses. Les flexuosités plongent dans l'épaisseur de la rétine, et si celleci est opaque, elle masque les parties profondes des vaisseaux, tandis que les parties superficielles paraissent nettement limitées et d'un rouge intense. Les veines paraissent alors avoir des solutions de continuité.
Les artères conservent généralement leur volume et leur direction. Cependant, lorsque la transsudation et l'imbibition du tissu qui en résulte se propagent jusqu'à la lame fenêtrée, l'augmentation de volume du nerf optique rencontre une certaine résistance de la part de Tanneau sclérotical. De là, compression des vaisseaux centraux, et en même temps que l'hyperhémie des veines, l'anémie des artères, qui paraissent alors amincies.
Les autres parties de l'œil ne participent en aucune façon à cette maladie ; l'aspect extérieur est normal, et tous les symptomes d'irritation, tels que le larmoiement, l'injection périkératique, font complètement défaut.
Les troubles visuels qui accompagnent la rétinite sont très variables dans leurs degrés, et doivent être attribués tant à la transsudation séreuse qu'à la compression que les éléments nerveux subissent par suite du gonflement du tissu cellulaire.
Les malades se plaig-nent d'abord d'un brouillard qui se place entre leur œil et les objets, et qui, en s'épaississant, diminue de plus en plus leur force visuelle centrale; il arrive ainsi qu'ils ne distinguent plus que les gros objets. En même temps, la périphérie du champ visuel se rétrécit, et même assez rapidement, de sorte que la vision excentrique se réduit prog-ressivement, et que dans les cas graves le malade ne distingue plus que le jour et la nuit (perception quantitative).
Dans d'autres cas de rétinites qui fournissent exactement les mêmes symptômes ophtalmoscopiques, les troubles visuels sont d'un tout autre genre. La force visuelle centrale ne diminue pas considérablement, et le champ visuel reste à peu près libre ; il apparaît soudainement un nuage léger qui voile les objets éloignés, et les malades éprouvent la sensation d'un tremblement de l'air devant les yeux ; en même temps, ils se sentent excessivement éblouis par le jour ordinaire, et ils voient sensiblement
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mieux lorsque le jour baisse [rétiniie nyctalopique^ Arlt^). La perception des couleurs reste généralement normale, du moins dans les cas légers de cette affection. Lorsque l'acuité de la vision centrale est fort amoindrie, on observe aussi une difficulté plus grande de reconnaître les couleurs, mais cette dyschromatopsie quantitative n'a rien de caractéristique, et le diagnostic de cette rétinite ne peut en tirer profit.
Marche, — La rétinite séreuse peut rester longtemps dans l'état que nous venons de décrire et se terminer enfm par résolution, tout en laissant persister pendant une période très prolongée des troubles visuels variables.
Plus souvent, elle est suivie d'altérations plus intenses du tissu rétinien et prend le caractère de la rétinite parenchymateuse.
Le pronostic doit toujours être réservé, parce que nous ignorons si la maladie que nous observons n'est pas seulement la première phase d'une affection bien plus grave. Il devient plus favorable, si^ après une durée relativement longue, les symptômes ophtalmoscopiques ne s'aggravent pas, et qu'en même temps le champ visuel conserve ses limites normales.
Etiologie. — Comme première phase d'autres maladies rétiniennes, la rétinite séreuse peut avoir les causes les plus diverses que nous aurons à énumérer plus tard.
La rétinite séreuse proprement dite dépend souvent d'un refroidissement général, ou de la tête, ou bien de l'effet d'une trop forte lumière (pour la rétinite nyctalopique), ou d'un excès de travail de l'œil dans de mauvaises conditions. Dans bien des cas, la cause nous échappe complètement.
Traitement. — Repos des yeux, séjour dans des pièces légèrement assombries, et au dehors usage de lunettes bleuâtres.
Déplétions sanguines, à l'aide de la ventouse de Heurteloup et avec les précautions indispensables, dérivations sur la peau, au besoin de légères purgations. En général, cette maladie