Hgure scliémalique de la structure de la rétine
qui se succèdent de la façon suivante, en commençant par celle située près de la choroïde :
a. Les bâtonnets et les cônes (fig. 81, 9). Chacun de ces éléments est pourvu d'un appendice sous forme de fibres ou de filets allongés (7) qui communiquent avec les éléments de la couche suivante.
h. Celle-ci, nommée couche granuleuse externe, se divise en trois
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autres : la couche des grains, la couche intergranuleuse (6) et la couche des cellules (5). Ces couches sont traversées perpendiculairement par les fibres qui portent des bâtonnets et des cônes, et qui se combinent intimement avec les éléments de la couche granuleuse.
Puis ces filets entrent dans :
c. La couche des fibrilles ou couche moléculaire (4), composée d'un réseau de filets nerveux des plus fins et des plus déliés. Celleci donne naissance aux prolongements externes des cellules ganglionnaires qui forment :
d. La couche des f/ancy lions (3), dont les prolongements internes entrent dans :
e. La couche des fibres netweuses (2).
2° Le tissu cellulaire se compose de fibres et de membranes qui servent d'appui aux éléments nerveux de la rétine. Il forme d'abord la membrane limitante (1), la couche la plus interne de la rétine, et dont la face interne touche la membrane hyaloïde du corps vitré. De sa surface externe naissent, avec une base large, des fibres très nombreuses, radiaires de Mûller, qui presque toutes traversent la rétine perpendiculairement à la direction des fibres nerveuses du nerf optique, qu'elles divisent en faisceaux. Puis, les fibres radiaires passent dans la couche des cellules ganglionnaires, qu'elles entourent de prolongements fîbrillaires ; dans la couche moléculaire, les fibres radiaires forment un réseau à mailles très fines ; dans la couche granulaire, elles entourent les cellules de larges mailles; de nouveau elles se ramifient en un réseau très fin dans la couche intergranuleuse, passent à travers la couche des grains sous forme de simples fibres, et se réunissent en arcades à la limite externe de cette couche. Cette terminaison du tissu cellulaire rétinien a été désignée comme une membrane limitante externe {Max Schultze) qui serait alors fenêtrée, pour livrer passage aux prolongements des cônes et des bâtonnets.
Dans ces fibres radiaires, dont nous venons de décrire la marche à travers la rétine, on observe des noyaux situés presque exclusivement dans la couche des cellules de la couche granuleuse. Ils sont ovalaires, et leur axe le plus long est dans la direction des fibres ; ils renferment des nucléoles.
On reconnaît facilement que le tissu cellulaire sert de soutien et d'appui aux éléments nerveux dont la nature détermine sa forme. Ainsi, dans les endroits où les éléments nerveux sont globuleux, comme les cellules ganglionnaires, le tissu cellulaire se creuse de cavités, tandis qu'il forme des réseaux dans les points où la substance nerveuse forme des fibres.
Cette structure de la rétine subit quelques modifications, quant à
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la coordination des éléments décrits, vers la périphérie de la membrane, à la papille du nerf optique, enfin dans la tache jaune et à la fossette centrale.
L'amincissement progressif de la rétine du centre vers la périphérie atteint d'abord d'une manière à peu près égale toutes les couches de cette membrane. A partir de Téquateur, la couche granuleuse et celle des cellules ganglionnaires disparaissent les premières, puis la couche des bâtonnets vers Vora serrata, de sorte qu'à cet endroit la rétine ne renferme plus que du tissu cellulaire (partie ciliaire de la rétine).
Fig. 82. — Image ophtalmoscopique de la papille optique.
A l'entrée du nerf opti([ue, la rétine ne se compose que des fibres nerveuses qui, après avoir traversé l'ouverture de la sclérotique et de la choroïde, se réfléchissent à angle droit pour former au-dessus des autres couches de la rétine la couche la plus interne de cette membrane. Les couches externes naissent à cet endroit, tantôt par un bord mince et augmentant progressivement d'épaisseur, tantôt par un bord épais et escarpé.
L'entrée du nerf optique [papille du nerf optique) mesure en moyenne 1"^"%5 de diamètre, elle est ronde ou légèrement ovale ; au centre de la papille, la divergence dans la direction des fibres ner-
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veuses produit un petit enfoncement (excavation physiologique, fig. 78, p. 296) qui est généralement le point d'émergence des vaisseaux centraux de la rétine. Parfois cette excavation est placée excentriquement.
Les fibres nerveuses de la rétine, qui ne représentent, en somme, que répanouissement en forme d'éventail du nerf optique, sont réunies, dans celui-ci même, en faisceaux séparés par des cloisons celluleuses qui partent de Tenveloppe du nerf. Ces cloisons s'arrêtent à Touverture scléroticale et forment à cet endroit la lame fenêtrée (lame criblée, fig. 80 Lrr), qui touche en partie à la sclérotique, en partie à la choroïde, -dont elle reçoit parfois quelques cellules pigmentaires, visibles à l'ophtalmoscope. En effet, à partir de la lame criblée, les fibres nerveuses deviennent complètement transparentes, ayant perdu à cet endroit leur enveloppe de myéline qui rend leurs contours opaques.
Le centre de la rétine est occupé parla tache jaune (macula lutea), au milieu de laquelle se trouve la fossette centrale (fovea centralis).
La tache jaune, d'environ 2 millimètres de diamètre, est légèrement ovale dans le sens horizontal ; le tissu cellulaire y diminue considérablement, surtout au niveau de la fossette centrale. Toutes les fibres nerveuses qui se dirigent vers cet endroit s'y terminent de façon que la couche de ces fibres y est très amincie et presque imperceptible ; les cellules ganglionnaires y existent en très grand nombre ; l'épaisseur de la couche des grains est diminuée et remplacée par les filets très allongés des cônes et des bâtonnets. Ces derniers disparaissent progressivement dans le voisinage de la macula, de sorte que dans celle-ci même il n'existe que des cônes. Il faut encore mentionner que les fibres radiaires, qui traversent la rétine perpendiculairement à sa surface, modifient leur direction dans la macula, de façon qu'elles convergent vers le centre de la fossette centrale.
La couche externe de la rétine renferme, comme Boll l'a démontré, une matière pigmentaire, le pourpre rétinien, qui lui donne un aspect rosé disparaissant rapidement par Teffet de la lumière. Sous la même influence les extrémités internes des cônes se raccourcissent, suivant Engelniann, et s'allongent dans l'obscurité. Ce phénomène se produit dans les deux yeux lors même qu'un seul est exposé à la lumière et l'autre maintenu dans l'obscurité ; cependant après la destruction du cerveau l'effet de la lumière est restreint à l'œil directement éclairé. Les mêmes modifications dans la rétine peuvent être produites par l'éclairage exclusif des téguments externes du corps, les yeux étant dans l'obscurité.
Quant aux vaisseaux de la rétine, ils proviennent des artères et des veines centrales du nerf optique, qui se divisemt d'abord sur la
papille, puis sur la rétine, et forment avec les capillaires de cette membrane un système presque indépendant, qui n'entre en relation avec le système vasculaire de la choroïde que par le cercle artériel delà sclérotique, qui entoure le nerf optique et envoie des vaisseaux dans la choroïde et dans la rétine. En outre de ceux-ci, on voit passer de petites artères, des veines et des capillaires en grand nombre, du bord de la choroïde dans le nerf optique, et former des anastomoses avec le réseau capillaire qui entoure les faisceaux de fibres nerveuses. Les artères et les veines de la rétine se trouvent généralement derrière la couche des fibres nerveuses ; dans le voisinage de la papille optique, elles passent derrière la membrane limitante ; les capillaires se répandent dans toutes les autres couches.
La macula est entourée des vaisseaux formant comme un cercle dont la concavité tournée vers la macula y envoie de fines ramifications qui se tranforment en capillaires à mesure qu'elles se rapprochent de la fovea centralisa celle-ci est absolument dépourvue de vaisseaux.
'L'image ophtalmoscopique de la papille optique à l'état normal (fig. 82) a été décrite page 22.
ARTICLE PREMIER Hyperhémie et anémie de la rétine.
h'hyperhéniie de la rétine ne peut être considérée comme une maladie distincte, mais plutôt comme un symptôme d'affections très différentes.
Elle est d'autant plus difficile à définir, que le degré de la plénitude des vaisseaux qui la caractérise est sujet à des variations physiologiques considérables , de sorte qu'une comparaison entre les deux yeux peut seule fournir une indication valable pour le diagnostic.
L'hyperhémie artérielle ou active est caractérisée par une rougeur anormale de la papille du nerf optique produite par la dilatation des petits vaisseaux qu'elle renferme. L'hyperhémie passive ou veineuse se distingue par la flexuosité des veines, dont le calibre augmente jusqu'au double ou triple de l'état normale. Elle sont gorgées de sang et prennent une couleur
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rou^^e très foncée ; dans les degrés très prononcés, cette hyperhémie s'accompagne d'une lég'ère transsudation séreuse, reconnaissable au reflet g-risâtre qui se produit le lon^ des troncs veineux.
Les troubles fonctionnels consistent dans une grande sensibilité de l'œil à la lumière, la fatig'ue provoquée par le travail, et l'apparition de points lumineux ou d'éblouissements ; l'hyperhémie passive s'accompagne plus souvent d'une diminution réelle de l'acuité visuelle qui doit être attribuée à la transsudation séreuse sus-mention née.
Ces hyperhémies ne sont souvent que passagères, et disparaissent avec la cause^ également passagère, qui les a provoquées.
Lorsqu'elles forment le symptôme prodromique ou concomitant d'une affection oculaire, leur marche est naturellement liée à celle de la maladie elle-même.
Les circonstances qui ont déterminé l'hyperhémie décident à\x pronostic ,
Etiologie. — L'hyperhémie active s'observe en même temps qu'une injection périkératique, toutes les fois que la conjonctive est fortement irritée, ou lorsque l'iris ou la choroïde sont congestionnés, ou enfin lorsque l'œil a été exposé à un éblouissement considérable ou à un travail excessif dans de mauvaises conditions (anomalies de la réfraction ou de l'accommodation). L'hyperhémie veineuse accompagne les maladies de la rétine, ou doit son origine à des troubles de la circulation générale (maladies du cœur, du foie, dysménorrhée), ou à des obstacles mécaniques sur le trajet de la veine centrale, de la veine ophtalmique ou des sinus (tumeurs de l'orbite, du cerveau, etc.). L'hyperhémie rétinienne apparaît aussi (en même temps que des maux de tête persistants) dans la première période de la syphilis constitutionnelle.
Traitement. — Abstraction faite de l'indication de la cause (emploi de lunettes appropriées), l'hyperhémie exige le repoâ de l'œil, la nécessité de le garantir contre une lumière vive par le séjour dans une chambre légèrement obscurcie ou par l'usage de conserves foncées^ l'application périodique de compresses fraîches sur l'œnl, au besoin quelques purgatifs, ou
même l'emploi de la sangsue arLifîcielle, avec les précautions déjà indiquées.
h' anémie de la rétine, caractérisée par une décoloration de la papille du nerf optique et par le rétrécissement anormal des vaisseaux rétiniens, ne doit nullement être considérée comme symptôme constant de la chloro-anémie générale. Elle est plutôt la conséquence d'un trouble circulatoire par compression des vaisseaux dans le nerf optique ou dans l'orbite ; lorsque cette compression n'est pas seulement passagère, elle provoquera rapidement d'autres altérations, telle que l'œdème, de petites hémorrhagies, etc. — Uanémie grave qui porte le nom de progressive ou pernicieuse s'accompagne d'un léger œdème rétinien visible à l'ophtalmoscope comme un voile blanc très ténu qui recouvre le fond de l'œil, et de nombreuses hémorrhagies le long des vaisseaux amincis de la rétine (voy. plus loin Apoplexies de la rétine). Ces taches hémorrhagiques présentent généralement un centre blanchâtre, disparaissent en peu de temps et reparaissent sur d'autres parties de la rétine. — Le traitement ne doit s'occuper que des indications fournies par l'état général de la santé.
ARTICLE II Rétinite.