CATARACTE
parties centrales du cristallin. Les contours des fibres sont lisses dans la corticale, irrégulièrement dentelés dans le centre ; c'est que ces dernières sont les plus anciennement formées, repoussées et comprimées par les fibres de formation plus récente qui proviennent de l'allongement des cellules épithéliales de la capsule, surtout de celles situées près de Téquateur du cristallin. Les fibres sont réunies par une substance de ciment et s'associent pour constituer des lamelles concentinqiies. Chacune de ces lamelles présente le même arrangement des fibres, qui sont groupées de façon que dans l'angle formé par deux faces appartenant à deux fibres voisines vient s'enclaver un angle aigu appartenant à une troisième fibre. Leurs extrémités sont coupées, l'une obliquement, l'autre est arrondie.
En examinant avec soin le cristallin, on y observe sur les deux faces une figure étoilée à trois rayons ; le rayon supérieur de la face antérieure occupe le méridien vertical de l'œil, ainsi que le rayon inférieur de la face postérieure, de sorte que la figure de cette dernière semble avoir tourné de 90 degrés autour de l'autre. Ces figures étoilées sont formées par l'ensemble des terminaisons des fibres cristalliniennes de la façon suivante :
Du centre du cristallin part une fibre dont l'extrémité se recourbe autour de l'équateur et se termine près de celui-ci à la surface postérieure. Une seconde fibre cristallinienne, à côté de la première, part un peu plus bas, et comme elles sont toutes de longueur pareille, elle se terminera de l'autre côté, un peu plus loin de l'équateur; toutes les fibres contiguës se rangent l'une après l'autre d'une façon analogue et de manière que toutes leurs extrémités sont situées dans une ligne droite qui forme un des rayons de la figure étoilée. A l'endroit même de cette figure se trouve une substance amorphe moléculaire et un système de canaux interfibrillaires [de Becker). — La nutrition du cristallin se fait par la zonule de Zinn et par le canal de Petit formé par les deux feuillets de ce ligament.
ARTICLE PREMIER Cataracte.
A. — Considérations générales.
La cataracte consiste dans l'opacification plus ou moins complète de l'appareil cristallinien. Au début de l'affection, il n'est
pas toujours facile de préciser l'existence et l'étendue d'un trouble de transparence, sans examen approfondi. Dans ce but, il importe de dilater la pupille à l'aide de Tatropine, et de se servir de l'éclairage latéral ainsi que du miroir ophtalmoscopique muni d'un verre convexe de 10 ou 20 D.
A V éclairage latéral^ les opacités du cristallin présentent une coloration grisâtre ou blanchâtre. En examinant des vieillards, il faut prendre garde de ne pas confondre l'aspect physiologique du cristallin avec une opacification réelle ; car à un âge plus avancé le cristallin réfléchit toujours beaucoup plus de lumière, et le noyau prend une teinte jaunâtre. Cependant cette erreur est facilement reconnue, lorsqu'on trouve une force visuelle normale (par rapport à l'âge du malade), et lorsqu'on constate la transparence du cristallin, en se servant de Tophtalmoscope.
Avec le miroir ophtalmoscopique plan muni d'un verre convexe de 10 ou 20 D, et en se servant d'un faible éclairage, on reconnaît la plus légère opacité, stries ou points qui apparaissent noirs sur le fond rouge de l'œil ; les opacités translucides répandent comme un voile sur l'image ophtalmoscopique.
Il faut bien se garder de prendre ou de signaler toute opacité du cristallin comme mi commencement de cataracte. Nous constatons, en effet, assez souvent, même chez des personnes encore jeunes et qui peuvent jouir d'une vision parfaite, des opacités sous forme de petites stries, de points nombreux ou de gouttelettes qui persistent telles quelles pendant toute la vie sans s'étendre. On peut dire la même chose des opacités périphériques du cristallin que l'on voit chez des personnes plus âgées s'étendre le long de la périphérie du cristallin, parallèles à son bord supérieur ou inférieur et qu'on appelle Varc sénile ou gerontoxon du cristallin.
Lorsque l'opacification a envahi une grande partie ou la totalité du cristallin, on la reconnaît à première vue par la teinte grisâtre ou blanchâtre de la pupille. On ne pourrait confondre alors la cataracte qu'avec des dépôts plastiques dans le champ pupillaire (cataracte fausse) ; mais dans ce dernier cas l'iris est adhérent, d'un aspect anormal, et nous chercherions en vain l'ombre projetée par le bord pupillaire de l'iris sur le cristallin. L'étendue de cette ombre est en rapport direct avec la distance qui sépare la cataracte de l'iris.
Les troubles visuels varient avec la forme et le siège précis