‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 10 sur 160 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Annioiiiie. — La conjonctive est une membrane muqueuse qui tapisse la face interne des paupières à partir de leur bord libre, 3t qui, après avoir formé le cul de-sac palpébral, se replie sur la iclérotique, vers l'équatcur du globe, et la recouvre jusqu'à la périphérie de la cornée. Elle dépasse même la sclérotique en formant le limbe conjonctival au bord de la cornée, sur laquelle îlle est réduite à sa couche épithéliale. Elle représente ainsi un péritable sac lorsque les yeux sont fermés.

11 faut distinguer par conséquent trois portions de la cononctive, celle qui recouvre le tarse, sous le nom de conjonctive palpébrale; celle du cul-de-sac et celle qui s'étend sur la scléroique, conjonctive bulbaire.

La structure de la conjonctive est celle de toutes les muqueuses • plie se compose d'un tissu propre dont la base est le tissu cononctif avec ses corpuscules caractéristiques, lié aux parties souslacentes par un tissu cellulaire et recouvert d'une couche épithé-

Dans la conjonctive, palpébrale, le tissu propi-e est épais

epithéhumestpavimenteux, stratifié jlespapillesde la conjonctive le commencent qu'à 1 millimètre du bord ciliaireet donnent à la L-onjonctive, lorsqu'elles sont gonnées, son aspect velouté partifHUier. Elles diminuent de nombi'e et augmentent de grandeur à jTiesure qu'on s'appi-oche du cul-de-sac. Le tissu cellulaire qui l-euni le tissu propre aux parties sous-jacentes est très-dense, et '-elle la conjonctive Irès-inlimcment avec le cartilage

Aux culs-do-sac, au contraire, le tissu cellulaire est de beau- ^oup plus lâche et contient un plus grand nombre de fibres Mastiques assez fortes, réunies sous formes de faisceaux La cou 'onctive y est plus épaisse, son épithélium est cylindrique et es papilles peu nombreuses mais grandes

La conjonctive bulbaire est blanche, mince, renferme des

{,2 MALAUll'^; IHi LA CONJONCTIVH,

fibres élastiques et adhère à la sclérotique par un tissu cellulaire plus dense que celui du cul -de-sac, mais qui lui laisse cependant une certaine mobilité. L'épithélium y est pavimenteux.

Dans l'angle interne de l'œil, la conjonctive bulbaire forme en se recourbant le pli semi-lunaire qui entoure la partie externe de la caroncule lacrymale, composée d'un amas de glandes sébacées et de cellules graisseuses et de quelques follicules pileux. Le cul-de-sac supérieur est traversé, près de l'angle externe de 1 œil, parles six ou sept conduits excréteurs de la glande lacrymale La conjonctive renferme en outre des follicules lymphatiques et des glandes en aciuus; les premières se trouvent dans les deux culsde-sac. les dernières exclusivement dans le cul-dp^-sac supérieur. Elles paraissent la source principale du liquide destine a lubrifier la surface de l'œil.

Les vaisseaux de la conjonctive sont tres-nombreux : les arteie^ sont fournies par les rameaux des branches musculaires, palpebrale, lacrymale, dorsale du nez, frontale, angulaire, sus- et sousorbitaire provenant de l'artère ophthalmique ; la conjonctive du gîobe reçoit également quelques ramuscules des artères ciliaires antérieures venant ou de la lacrymale ou directement de 1 ophtS mfque. Les veines se déversent dans les v-e mes opWha miqu et faciale. En examinant attentivement le blanc de 1 œil, on i d stïngue facilement deux ordres de vaisseaux :les uns ^^ven le mouvements de déplacement de la conjonctive, les autres son Sxés dTs le tissu cJuulaire sous-conjonctival. Ceux-ci se perdent vers le bord de la cornée, les premiers perforent la sclérotique d'avant en arrière dans le voisinage de la cornée.

Les nerfs, en très-grand nombre, sont fournis par la première branche du nerf trijumeau. Leurs terminaisons présentent une mrïculai'ïé iriportinte : ils finissent dans des petits organes mit cï ler qui ont reçu le nom de corpuscules terminaux clavifomef et surla nature desquels on n'est pas complètement

La°sécrétion de la conjonctive se compose du produit des dandes Jn aciuus, qui si rapproche beaucoup de celui de la Ihnde lacîyni le, et dans lequel se trouvenlrépandues les cel lule> épiïhéliSsupe ficielles qui sont continuellement renouvelée. SlfSuestiuL à lubrifier conlinueUement ha s^^^^^^^^^^ Pt h maintenir la netteté de. la cornée. Limpoi lance ae cent Scréri résulte de ce fait que le liquide qui se trouve entre le* naùpiSes et le globe de l'œil se compose presque entièrement de fà"£étrn coiSonctivale, et que les larmes ^Vr<^^^ louent un rôle si secondaire que l'extirpation de la S'ande lacn nnlc n'a i ène à sa suite aucune perturbation des fonctions de "IIIIl tandis qne la destruction de la oo.^onctiye est suivie inevilablcnient de la perte de l'ieil.

DEiï CONJONCTIVITES.

ARTICLE PREMIER

PfiP CONJONCTIVITF.S.

j Les diverses afFections inflammatoires de la conjonctive ne peuvent être conside'rées comme autant d'entités morbides ; elles constituent-plutôt différentes modifications du inême processus pathologique, ces modifications dépenlant d'une part de la cause de la maladie, de l'intensité et le la durée de son action, et, d'auti'e part, de l'état particuier des tissus au moment où l'action nuisible s'est fait sentir. »n ne peut donc nier que la classification des conjonctivites ■st purement théorique: on peut rencontrer ces diverses ilTections comme autant de phases de la même maladie, et I autres fois sous des formes intermédiaires, résultat de leur (imbinaison.

Nous distinguons dans ces affections les groupes suivants : 1° L'hypérémie de la conjonctive seule ou accompagnée le sécrétion catarrhale muqueuse, puro-muqueuse ou fran- :hement purulente (conjonctivite catarrhale, blennorhéique 't purulente).

2° Les conjonctivites dans lesquelles la sécrétion morbide nontre une tendance cà la plasticité, soit en formant des dé- ;iôts sohdes à la surface, soit même dans l'épaisseur du tissu jonjonctival (conjonctivite pseudo-membraneuse ou diphthélitique).

3" Les conjonctivites dans lesquelles la sécrétion n'a lieu (ue par places et soulève la couche épithéliale soux forme de ■ustules (conjonctivites phlyeténulaires).

/i" Les conjonctivites dans lesquelles les produits de la maadie affectent nne forme particulière dont la nature anaomique est encore discutée, les granulations (conjonctivites ramdaires, trachome).

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