PARALYSIES DE LA SIXIÈME PAIRE
rende nettement les deux images, de sorte qu'il est toujours facile au médecin de reconnaître quelle est l'image vue par l'œil droit, et celle -vue par l'œil gauche, et de constater ainsi sûrement leurs positions respectives; 2» l'image de l'œil paralysé, se produisant sur une partie excentrique de la rétine, elle est plus difficilement perçue par le malade, de sorte que le verre coloré, en affaiblissant l'intensité de l'image provenant de l'œil sain, facilite la perception de la double image ; 3» enfin, l'intensité de coloration du verre obscurcit considérablement le champ visuel, et permet à l'œil de concentrer son attention sur la flamme de la bougie.
Le malade verra donc une flamme rouge à droite et une flamme blanche à gauche; la distance des deux flammes augmentera à mesure que l'on portera la bougie vers la gauche; mais elles restent toutes les deux absolument sur le inème plan, à égale hauteur.
On peut faire disparaîti'e par un prisme ayant sa base en dehors la distance latérale des deux images : comme nous l'avons vu, l'image rétinienne de l'œil malade se peint en dedans de la tache jaune, par conséquent un prisme dont la base est en dehors dévie les rayons lumineux en dehors et les ramène sur la tache jaune. Pour cela, il est bon de se servir en cuire, d'un prisme ayant sa base en haut ou en bas, afin d'amener une différence de hauteur des deux images et par là. d'éviter toute tentative de fusion; le prisme, alors, qui ramène exactement les deux images l'une au-dessous de l'autre, donne la mesure exacte de la déviation.
En raison de la convergence et de la divergence physiologiques que nous avons mentionnées à propos du regard en haut et en bas, la ligne qui sépare la partie du champ visuel, où la vision est simple de celle où elle est double, sera inclinée d'en haut et d'en dedans en bas et en dehors. Dans les cas de paralysie incomplète du reste, disons-le tout de suite, la ligne de démarcation dont nous parlons variera suivant le point de départ de l'examen. Si l'on part d'un endroit ou existe la vision simple, la tendance à la fusion se fera davantage sentir, et le muscle paralysé fera tous ses efforts, jusqu'à ce que le moment arrive oii il est obligé de céder. Si l'on part, au contraire, d'un point où la diplopie se manifeste déjà, le muscle en question n'éprouvera pas celle ("xcilation spéciale à se contracter, et la diplopie exister^ jusqu'à une ligne plus rapprochée de la ligne médiane.
MUSCLIiS IJU l'œil.
Les symptômes de la déviation secondaire et la fausse prc jection se manifesteront ainsi qu'il a été indiqué dans 1 partie générale; le premier s'observera d'emblée dans Ici cas où l'œil non paralysé est atteint auparavant d'amblyopie. et où l'œil paralysé est employé par le malade pour la fixa tion. Quant au second, la fausse projection a toujours lieu c dehors de l'objet fixé (du côté du muscle paralysé). Entin 1 malade imprimera à sa tête un mouvement de rotation ei. dehors (à gauche) autour de son axe vertical, et portcrii sur la gauche les objets qu'il veut regarder.
b. Paralysie incomplète. — Les symptômes sont au fond lel mêmes, mais moins accentués. La mobilité sera seulemen restreinte; vers sa limite externe on reconnaîtra les contrao lions saccadées, dont nous avons parlé.
On observera ici particulièrement les mouvements caractéristiques de redressement qui se produisent lorsque, faisan fixer les deux yeux, on couvre l'œil sain ; l'œil malade, pou; se diriger vers l'objet, fait une petite excursion en dehors, e sous la main l'autre œil subit une déviation secondaire biei plus considérable.
La mesure prismatique de la déviation est ici assez impon tante pour constater l'amélioration ou l'aggi-avation de la pa-! ralysie.