‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 12 sur 160 · HVPIÎRÉMIE DE LA CONJONCTIVE · texte numérisé non relu

HVPIÎRÉMIE DE LA CONJONCTIVE

i éloigne (flg. 19, A). Un exnmeu attentif de cette rougeur démonti'e qu'elle est formée par des vaisseaux très-petits et disposés en

j lignes droites qui partent en rayonnant du pourtour de la cornée.

I Cette injection siège dans le tissu épiscléral et indique une inflammation delà cornée ou du tractus uvéal (iris, corps clliaire,

! choroïde). Une troisième forme d'injection n'occupe qu'une partie du blanc de l'œil et y constitue une plaque de forme irrégulière et de coloration livide ; elle est le produit d'une inflammation de la sclérotique, dont la couleur d'un rouge vif est modiûée par l'inauence optique des couches semi-transparentes qui la recouvrent.

Dans le catarrhe sec, la sécrétion ne présente rien d'anormal ; tout au plus y a-t-il une hypersécrétion de la glande lacrymale sous l'influence d'une cause irritante accidentelle; eties larmes paraissent au malade d'une chaleur désagréable.

Les malades accusent la sensation des corps étrangers, tels que des grains de sable, des picotements, ou de pression, la lourdeur -des paupières plus prononcée le soir, et une sécheresse toute particulière qui les gène pour ouvrir les yeux, surtout après le sommeil. Ils accusent une sensibilité excessive à la lumière et qui accompagne les efforts prolongés de vision. Ces symptômes se prononcent davantage sous l'influence de toutes les circonstances qui augmentent Thypérémie, telles que le séjour dans un air chaud ou vicié, l'accélération de la circulation qui suit les repas, le travail assidu, le frottement des paupières, etc.

D'adleurs, l'intensité de ces sensations varie individuellement et parait bien plus forte lorsque les paupières sont I tendues et appliquées fortement sur le globe oculaire que lorsqu'elles sont lâches et distendues.

Les OTMses de cette affection sont de diverses natures : la :présence d'un corps étranger, une glande de Meibomins in- I tardée et produisant une petite concrétion, les troubles des [voies lacrymales, le séjour dans un air vicié, les insomnies prolongées.

11 faut accuser également des travaux assidus exécutés idans de mauvaises conditions, par exemple, sur des objets tres-fins, dans un mauvais éclairage, avec des lunelles mai lappropnces à la vision, ou sans lunettes lorsque l'élat des

/,6 MALAHIKS m I.A CONJONCTIVIi.

membranes profondes de l'œil, par exemple dans les cas de myopie progressive.

La marche de cette affection est aiguë ou chroni(iue, ^suivant que la cause agit une seule fois, ou se manifeste d'une manière continue. Dans ces dernières conditions, l'hyijéremie peut se propager et devenir le point de départ d'milammation des glandes de Meibomius, de blépharites, etc.

Le pronostic est absolument bon, et si le malade peut se soustraire aux causes de la maladie, sa guérison est généralement spontanée.

Le traitement se propose, en premier lieu, d'éviter les causes nuisibles, et d'écarter du malade celles qm ont provoqué l'hypérémie de la conjonctive. L'hygiène oculan-e, teile que nous l'avons exposée plus haut dans le chapitre précèdent, l'usage des lunettes bleues, et quelques lotions fraîches suiùsent dans un certain nombre de cas.

On a remplacé avantageusement ces lotions pai- des douches sur les paupières fermées, dont il faut éviter seulement le choc trop violent, et, dans ce but, les instruments pulvérisateurs rendent de grands services. Si ces moyens ne sut isent pas, on y ajoutera l'usage des médicaments astringents, apphqués sur les paupières en compresses. L acétate de plomb (6 gouttes pour un verre d'eau) trois fois par jour pendant un quart d'heure ou une demi-heure, le sulfate de zinc(0Bs25 pour 150 grammes d'eau), remplissent ordmairement le but.

Les mêmes médicaments, a une dose un peu plus toi II, peuvent être employés sous forme d'instillations, une ou deux fois par jour. Lorsque l'hypérémie a deja pris un caractère chronique, on se servira avec avantage d une solution de nitrate d'argent (0^^^0 pour 30 grammes d eau, dont on badigeonne avec un pinceau la surface interne des deux paupières. Cette application peut être renouvelée s i est nécessaire, tous les .jualre ou cinq jours ou même plu> souvent. Il va sans dire que lorsqu'il existe "'^^ ^-''"^^^^ ,a„i.,ue de l'hypérémie, telle que 1 hypertrophie d u n .lande de Meibomius avec infarctus, un cil devié, um affection des voies lacrymales, etc.-, il faut en débarrasser le malade.

CONJDNCTiVITK CATAHRIIAI.R . Ul

Après une Inperéinio de longue durée, on observe souvent une hypei-ti'opliie du corps papillaire qui se manifeste i par des granulations très-fines dans le voisinage des sinus : palpébiauv. Dans ces cas d'iiypérémie chronique, il faut : examiner ces régions attentivement, après avoir renversé les ■ paupières, et si l'on constate la présence de ces granulations, les cautériseï avec le sulfate de cuivre ou le nitrate d'argent mitigé par l'adjonction de nitrate de potasse, et neutraliser soigneusement l'excès de nitrate par l'eau salée.

Nous nous servons, pour les cautérisations avec le nitrate d'argent, des crayons mitigés, qui se composent de nitrate d'argent et de nitrate de potasse dans les proportions d'une partie de nitrate d'argent pour deux de nitrate de potasse, ou en parties égales, ou enûn de deux parties de nitrate d'argent pour une de nitrate de potasse. Après la cautérisation, on neutralise immédiatement l'excédant du caustique, eu promenant sur la partie cautérisée un pinceau trempé dans de l'eau salée, puis on lave toute la région avec de l'eau fraîclie appliquée à l'aide du pinceau.

Chaque cautérisation est suivie d'une sensation de chaleur assez désagréable pour le malade, et dont on combat l'intensité à l'aide de compresses fraîches ou de douches de quelques minutes de durée.

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