‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 13 sur 160 · Conjonctivite catnrrhalc · texte numérisé non relu

Conjonctivite catnrrhalc

BiagnosHc. — La conjonctivite catarrhale se compose de riiypéréniie de la conjonctive accompagnée de sécrétion. Nous y rencontrons, par conséquent, seulement à un degré plus prononcé, tous les symptômes déjà décrits de l'hypé rémie ; L'injection de la conjonctive palpébrale est si intense que l'on n'y distingue plus les traces des glandes de Meibomms; la muqueuse prend un aspect brillant très-rouge, turgescent; il en est de même sur les sinus palpébrauv. \è blauc de l'œil est plus ou moins injecté, et le réseau vasculaire d autant plus prononcé (jue l'alfection est plus intense La sécrétion varie selon le degré du calarrlie; tantôt, on ne voit que quelques tilamcuts de mucosités entre les plis du sac conjonctival ou sur la cornée; tantôt, on la trouve en ^dus grande quantité réunie à l'angle interne, toujours séparce du liquide lacrymal avec le(juel, et c'est Ik 'un syui-

MALADIES DE I.A CONJONCTIVE

ptôme. distinctif, le mucus ne se mélange pas. Si l'irritation de l'œil est considérable, il existe en même temps une hypersécrétion de la glande lacrymale (dacryorrhec;, et les larmes entraînent les filaments muqueux vers 1 angle interne, le bord des paupières et sur la peau externe de la paupière inférieure; de Là des excoriations de la peau en ces endroits, surtout chez les individus qui ont la peau fine, ou qui ne peuvent s'empêcher de frotter leurs paupières.

Pendant la nuit, les matières muqueuses sécrétées s accumulent, se dessèchent, et il se fait sur le bord ciliaire un dépôt de croûtes qu'il faut savoir distinguer de celles que produit la blépharite ciliaire. Ces dernières sont situées a la base des cils qu'elles réunissent en forme de pinceaux : e les sont grosses, molles, tandis que les premières recouvrent le bord palpébral d'une couche plus générale, sont sèches et

CcLSScLïltCS

D'autres fois, la sécrétion diminue tellement pendant la nuit, que les malades accusent une grande sécheresse, avec roideur des paupières et difficuhés de les entr ouvrir^ Le catarrhe de la conjonctive n'est pas accompagne de douleurs vives, mais de sensations désagréables, de picotement, de sable dans l'œil, qui augmentent quand le malade se trouve dans des conditions défavorables, telles que la fumée, la poussière, Lair vicié, etc.

La photophobie se fait surtout sentir lorsque les yeux st trouvent exposés à un fort éclairage; lorsquelle est tiespiononcée, et que les malades accusent des douleurs vives , il y a tout lieu de soupçonner une existence simultanée d une

alTection de la cornée. , .

La maladie se termine souvent par la guer.sou au bout d'une semaine ou plus, même sans autre traitement qu une hygiène rationnelle des yeux. Plus ^«^^vent elle prend la forme, chronique et alors l'injection disparaît sur la cononctive bulbaire. Les complications sur la cor.iee ^«nt ra e , sauf chez les vieillards; de plus, chez ceux-ci, la tuméfaction pro m g?e de la muqueuse produit aussi facilement 1 evers.on 5ïSf palpébraul, surtout à la païq.ière inférieure. Loi.que ceci a hou le déplacement des points lacrymaux enipeç u coulement normal dos larmes, ot lo sojonr prolonge de ce quide devient une nouvelle source d irr.tat.on queuse qui se tuméfie de plus en plus, et condmt ainsi à un véritable ectropion.

CONJONCTIVITE CATARHHALE. U9

Le catarrhe conjonctival n'est souvent qu'une phase préjliminah'e plus ou moins longue d'autres affections de la muqueuse, telles que la blennorrhée, la conjonctivite granulaire aiguë, la conjonctivite phlycténulaire ; et ce fait mérite notre attention à cause des clifférentes indications thérapeuiques.

Nous reconnaissons à cette affection les causes déjà énon-

«cées à l'occasion de l'hypérémie, auxquelles il faut ajouter les traumatismes de la conjonctive, le manque de protection de l'œil comme dans l'ectropion, la contagion ou l'inoculation directe de matières purulentes, enfin la participation de jla membrane muqueuse aux affections cutanées de la face, telles que l'érysipèle, l'impétigo, l'eczéma et les divers exanthèmes aigus.

Le pronostic est absolument bon, tout au plus y a-t-il à ah'e remarquer, au début de la maladie, l'incertitude où 'on se trouve si elle ne constitue pas la pi-emière période l'une affection plus grave^ et h la fin la crainte de la voir ievenir chronique.

Traitement. — Eu dehors de l'hygiène, l'affection doit être ftraitée au début par l'application modérée de compresses roides, et, s'il est nécessaire, par l'administration de quelques légers purgatifs.

Il est indispensable de prescrire au malade une trèsgrande propreté et des soins attentifs pour débarrasser l'œil, sans l'irriter par des attouchements maladroits, des mucosités qui s'y amassent.

Ce n'est que lorsque la conjonctive se relâche, se plisse, perd sa l'ougeur vive et devient bleuâtre, ([u'il est bon d'employer les astringents, tels que le sulfate de zinc, de cuivre, l'alun, la pierre divine à la dose de O^^S à 0e'-,15 pour 30 grammes d'eau distillée, appliqués à l'aide de compresses plusieurs fois par jour, ou directement sur la muqueuse une fois par jour.

Lorsque le catarrhe est limité aux paujjières et tend vers la guérison, on peut en accélérer la marche par des instillations avec les mêmes collyres, à une dose plus faible (0«'',02 pour 30 grammes), l'épétées deux ou trois fois par jour. Ces applications amènent parfois une irritation 'assez sen-

50 MALADIES liK I.A. CONJONCTIVE.

sihlo dont il faul combattre l'cvces par des compresses froides ou des douclies.

Contre le catarrlie clironique, on emploie des solutions fortes de nitrate d'argent (0s%25 à 0«--,50 pour 30 grammes d'eau), ou mieux encore la cautérisat^on de la muqueuse des sinus palpébraux avec le crayon juitigé.

Contre la formation des croûtes, on emploie des matières grasses, telles que la glycérine, ou la crème céleste, cum- j posée de : |

Cire blanche \ }^f^ 3 gram.

Hiiilft d'amandes douces )

Huile d'amandes Spermaceti

id.

Nous avons hâte d'ajouter que le nombre des médicaments simples ou mélangés employés contre la conjonctivite catarrhale est bien plus grand que ceux que nous ayons enumérés; mais le succès dépend bien moins du médicament choisi entre tous que de son mode d'application. Lelui-ci se rèole sur l'observation attentive des phénomènes qm suivent l'usage de la médication employée, et doit varier nécessairement avec le résultat obtenu.

3.-Conjoncilvîtc,m.ulc«tc.-BIenuorrhée.lcIaconjoncUyo. — ophthalmio «les nouvonii-nes.

Diagnostic. - La limite qui sépare la conjonctivite purulente de celle que nous venons de décrire n est pas iiel emen t anchée. Les symptômes decesdeux alTectionsdineren pU tu par leur intensité que par leurs caractères l^'-^ir^ ; f ^"^^^^ onjonctivite purulente, le réseau vasculairedelamuque t est plus développé et plus turgescent, 1 injection de la co - ^mctive palpélÙ4le est plus l^,rte, 1- smuspali^ebrauv ibn^ iaiUie facilement lorsqu'on renverse les paupieie^ g a c .1 ■ Plus erande turgescence de leur tissu, ils paraissent coi e t de apilles tantôt pointues, tantôt plus larges ou de • ; s eUoIssauces papiUaires qui saignent f^Jonj^n H au moi.Hlre attouchement. Cet état de la conjonctixe impiLgnu 1 id et comme ramollie, et dont l'inlillrat.on séreuse se propage jusque dans le tissu sous-jacenl, produit unetuméfac ion des paupières. L'œdème est si considérable que h>

CONJONCTIVITE PURULENTE.

lisde la peau evlerne disparaissent, et qu'ilamènelachuteplus II moins complète de la paupière supérieure pavl'aaigmentaon de son poids, et l'insuffisance relative du muscle releveur. Il s'ensuit une certaine difficulté pour le malade à ouvrir L fente palpëbrale. La peau externe des paupières est bugie et sa température s'est élevée. La conjonctive bul- ;aire est également injectée, luisante, et l'infiltration du }ssu sous-jacent devient la cause du chémosis qui, xlans les ks très-prononcés, entoure la cornée d'un épais bourrelet.

La sécrétion est bien plus abondante que dans la conjoncjvite catarrhale, elle déborde entre les paupières et coule le jmg de la joue. Sa qualité varie suivant la période de l'afhction. Au début, c'est une forte dacryorrhée, et les maères, muqueuses sont nettement séparées des larmes. Puis s'y mêle une certaine quantité d'éléments purulents qui i mélangent avec le liquide lacrymal. Enfin, elle devient niformcment purulente (pyorrhée).

Les plaintes du malade s'appesantissent au début sur la însation de chaleur et de cuisson, puis surviennent des ouleurs ciliaires plus ou moins vives, avec irradiation dans i tête. .

Chez les personnes nei'veuses, on constate même parfois n mouvement fébrile. Ces symptômes cessent ordinairelient lorsque la sécrétion est franchement établie, et repaïissent lorsque l'ophlbalmie purulente se complique d'affection de la cornée.

I Marche et terminaison. — La blennorrhagie de la conjonc- • vedure généralement trois ou quatre semaines, abstraction lite des complications ou de son passage à l'état chronique, a première période de l'affection, celle qui précède l'étalissement de la sécrétion, peut être si courte qu'elle peut asser presque inaperçue.

Lorsque la maladie se termine directement par la guérison, n voit, comme par exemple chez les nouveau-nés, tous les ymptômes diminuer progressivement, et la conjtnictive relient lentement à son état normal. D'auti'cs fois, l'affection lasse insensiblement à la forme chronique caraclérisée sui'- )ut par la tuméfactioinle la conjonctive, des exci'oissances capillaires à sa surface, avec plis plus on moins volumieux dans la région des sinns paljjébraux. iMifiii, cl c'est l surtout ce qui constitue la lualignilé de celte aiVedion

52 MALADIES DK LA CONJONCTIVE

et la disliiigue au point do vue de la conjonctivite catarrliale, elle se complique dans un grand nombre de cas de kératites

graves.

Nous pouvons distinguer trois manières dillerentes suivant lesquelles la cornée est atteinte : 1" H se forme à divers endroits des facettes, c'est-à-dire de petites perles de substance dans l'épithélium de la cornée qui passent facilement maperçus, surtout au début, lorsque la cornée conserve encore toute sa transparence. .

Si ces pertes de substance surviennent dans la première période de la conjonctivite, et que la maladie soit bien soignée, l'altération peut s'arrêter là et aboutir à une régénération complète de la substance détruite. Si cette complication du côté de la cornée se déclare lorsque rinflammation est a. son point culminant, les pertes de substance épithéliale se propagent dans la profondeur de la cornée, se rejoignent, et û se forme ainsi un ulcère couvert de matière jauna re, qui devient de plus en plus profond et conduit a la perloration

de la membrane. ,1.1,

2" 11 apparaît, vers le centre de la cornée dont la ransparence générale est amoindrie, des points grisâtres (intiltrations) qui s'étendent en largeur, fusionnent ensemble, et tendent à former un abcès. ,

3» L'infiltration a lieu au bord de la cornée sous forme d'anneau plus ou moins complet ; cette a teratioii, s; eUe oc'upe une partie considérable de la f -P^,^»^"^ , '^«^""f fnlus d'un tiers), porte un trouble profond dans la nutrition SeTette membiU, et devient le point de dcq-rt d -.e nécrose générale qui amène presque inévitablement la perte

'^'laL.. de la participation de la cornée doit et recherchée, tantôt dans l'inllammationdu lissu «o"-'';^".'; ^^^^^ , la comnression dos vaisseaux nourriciers de la coinec qm en e u e ' tantôt dans le contact du pus et son absorption d recTo pai' la cornée, tantôt dans le frottomont do la coi - 'ônc alpébrale boursouflée et couverte de sa.U.os pap.l-

laires

Ivla suite de ces complications, la conjonctivite purulente ne^t an o er dos opacités permanentes de la cornée, dos de- IbnlSn" stai^byloniatousos, et même la destruction com-

A;3Jfonr';coro .,1.0, surtout chez les pe.onnes âgées, les

CONJONCTIVITE PLIHULENTE.

paupières restent quelquefois sans reprendre leur élasticité, et si l'inflammation se propage jusque sur le cartilage tarse, on voit survenir des ectropions très-tenaces.

L'importance de rafl'ection dont nous nous occupons et le idanger d'un traitement insuffisant ou mal dirigé nous engage à établir te diagnostic dififérenliel de la conjonctivite purulente. Elle pourraitèlreconfondue : 1° a"vecle catarrhe de la conjonctive; nous avons déjà dit qu'il n'existe qu'une dififérence d'intensité de 'symptômes entre ces deux affections, dont le traitement d'ailleurs lest à peu près identique; 2" avec la conjonctivite granulaire ;aiguë; dans cette affection la sécrétion est de beaucoup moins icopieuse, l'injection bien moins prononcée ; mais ce qui constitue isurtout la différence caractéristique des granulations aiguës, c'est la présence de petites taches blanchâtres entourées de ■vaisseaux et qui se trouvent d'abord au niveau de laconjonctive, tandis que dans l'ophthalmie purulente nous avonsremarqué l'existence de papilles pointuesou mèmelarges,qui formentde vraiesexcroissances. Une erreur de diagnostic serait fatale, en ce sens que les cautérisations, souveraines dans la conjonctivite purulente, ne feraient qu'aggraver la conjonctivite granulaire aiguë ; 3" avec la iconjonctivite diphthéritique. Ici la muqueuse est tendue, roide, icouverte de membranes jaunâtres, sans aucune trac,e de vaisseaux. lOn y constate des ecchymoses isolées, une température très-élevée ides paupières et des douleurs violentes. La sécrétion ne présente ipas d'homogénéité puriforme, mais plutôt un sérum sanieux i.lans lequel nagent des lambeaux de membranes diphthéritiques. Ajoutons encore que la diphthérie ne se rencontre jamais chez les nouveau-nés, le plus souvent chez les enfants de six mois à ilx ans.

Le pronostic de la conjonctivite purulente est favorable aussi longtemps qu'elle reste exempte de complications. Hependant, comme ces dernières sont excessivement fréijuentes et qu'elles peuvent se déclarer à toutes les périodes le l'affection, nous devons toujours nous tenir sur la réserve. I )])ligé de nous prononcer, il faut tenir compte de la période i l de l'iulcnsité du mal, et, en cas d'épidémie, du caractère lie cette dernière. La cornée une l'ois altcinle, le pronostic (devient beaucoup plus grave.

ÉHolurjie. — Chaque conjonctivite calarrhale pouvant devenir blennorrhagique, nous n'avons (|u'i\ nous reporter aux causes altnl)uccs à cette un'ection. (Voy. page /^9.) Toute

5^ MAI.Aini'.S liK LA CONJONCTIVIt,

nialière piinileiite mise en cbnlacl avec la muqueuse de l'œil, peut y délevminev la blennovrliée de la conjonctive. Et, en effet, nous trouvons celle affection le plus souvent produite par inoculation directe, conmie dans la blennorrliagie gonnorhéuiue et dans l'ophthalmie des nouveaunés, dans celle-ci par le contact des yeux avec la sécrétion vaginale, dans celle-là par la transporlation, à l'aide des doigts, de la sécrétion urétlirale.

On voit fréquemment l'ophtlialmie purulente se développer simultanément chez un grand nombre d'individus exposés aux mêmes influences épidémiques, etc., dans les casernes, lesprisons, les écoles, etc., et se propager rapidement par la contagion. La question de savoir si la transmission se fait exclusivement par le contact direct des produits de la sécrétion, ou si elle peut avoir lieu par l'air, est toujours discutée. Pour notre part, adoptant à ce sujet la manière de voir de M. de Graefe, nous croyons a ce dernier mode de transmission d'éléments contagieux entraînes par

l'expiration. , . - ,

Ce qui nous paraît plus impoi-tant a constater, c est que l'inoculation des produits de la sécrétion n'amené pas toujours la même forme d'affection.

Ainsi nous voyons dans un cas d'inoculation survenir une simple conjonctivite calarrhale; dansun autre, une conjonctivite purulente; dans un troisième,une ophthalmie diphlhentique, surtout en temps d'épidémie de cette nature.

Traitement. — Au commencement de l'affection, lorsque la muqueuse est encore tendue, la sécrétion •msignitiante, et que les saillies papillaires font encore défaut, il tant s abstenir de l'emploi de tout médicament astringent ou caustique sur l'œil. Des compresses glacées, appliquées jusqu ;! l'aliaissemeut normal de la température; en cas d byperemie considérable, des scarifications de la muqueuse des sniiis nalnébranx, mieux encore une incision horizon aie pratiquée àl angle externe des paupières, à travers la peau le muscle et le fascia, en ménageant la conjonctive pour éviter tout danger d'ectropion (de C.raefe).

Cotte i.icision, qui intéresse quelques petits vaisseaux ailcrieîs en rapport direct avec la conjonclive. a le double avantage d'une déplélion énergi-iue et d'une dinunniion de la pression des paupières sur l'œil (par la s.Ttion do 1 orbicu-

co\JO N' t:T [ VIT i; pur u lente ,

aire). On peut remplacer cette petite opération, lorsque l'état irénéral du malade le permet, par l'application successive de .[uelques sangsues.

] La méthode dite abortive, et qui consiste dans l'em- ;loi énergique d'une solution concentrée de nitrate d'arent, doit être rejetée, ne serait-ce que par la considéraion qu'à cette période de l'affection nous ignorons si nous e sommes pas en présence du début d'une conjonctivite liphthéritique, auquel cas la cautérisation serait très-nuilible à l'œil. Il est plutôt pei'uiis d'essayer, dans ce hut, l'effet l'une exclusion systématique de l'air par l'emploi d'un haneau protecteur, avec la précaution de le changer matin et oh' pour se rendre compte de l'état de l'œil.

La purulence une fois déclarée , le moyen considéré omme souverain contre cette maladie consiste dans l'emploi es caustiques. Comme tel, on se sert des fortes solutions e pierre divine, d'acétate'de plomb et de nitrate d'argent.

Pierre divine ou nitrate d'argent.. 50 centigr.

Eau distillée 30 gram.

Sous acétate de plomb liquide. . 15 gram.

Eau distillée 15 —

!^ Ceux qui ont l'habitude de manier le crayon de nitrate ■'argent mitigé le préfèrent, et à bon droit, aux autres loyens uouuués.

Il a l'avantage de porter l'action du caustique là où l'on nit, ce qui est important dans une affection oii la mu-

leuse n'est pas partout uniformément atteinte. i Le crayon de nitrate pur, dont l'action est ti'ès-profonde, I. laisse facilement des cicati'ices, ne doit être employé que lins les cas où l'inllltration de la conjonctive est ti-ès-pi-o-

iide, les excroissances papillaires excessives et la sécrétion

es-copieuse.

i Généralement, nous nous servons du crayon de nitrate argent mélangé avec parties égales de nitrate de potasse, lie nous employons de la manière suivante : La paupière ipérieure étant renversée de façon (jue le simis palpébral Ht largement développé, nous relevons la paupière inféeure pour protéger la coi'uée, et nous pi-omenons le crayon

56 MALADIES m: LA CONJONCTIVE.

sur la surface de la muqueuse eu appuyant plus ou moins, selon le degré d'action que nous voulons exercer. Nous neutralisons immédiatenient l'excédant de caustique à l'aide d'un pinceau trempé dans de l'eau salée, et nous lavons toute la surface de la muqueuse avec de l'eau pure avant de remettre la paupière dans sa position normale. La même opération est pratiquée pour la paupière inférieure.

Mode d'action du caustique. — Sur une muqueuse saine, il se forme après la cautérisalionlune eschare dont les tissus cherchent u se débarrasser parce qu'elle produit l'effet d'un corps étranger. Il se produit alors une exsudation séreuse dans les tissus, au-dessous de l'eschare, qui est ainsi soulevée et frotte contre la muqueuse du Klobe oculaire. La douleur, jusque-là modérée, augmente jusqu a ce qu'enfin l'eschare se détache, et fait place à une douleur sourde qui persiste jusqu'à la régénération du tissu détruit par la cautérisation. — Sur la muqueuse blennorhagique, la cautérisation produit également une eschare; la douleur qui s ensuit est plus forte à cause de la plus grande sensibilité des parties; mais en réalité l'effet d'une cautérisation au même degré est moindre que sur une muqueuse saine, à cause de l'engorgement de la conjonctive qui produit une neutralisation plus rapide du caustique Pendant que l'exsudation séreuse cherche à détacher 1 eschare du tissu sous-jacent, la température est très-élevee et la remis.ion n'a Ueu que pendant la période de régénération. A ce moment °a muqueuse est encore privée par places de son epilhe mm e saigne en divers points; mais on constate un collapsus des tissu, et une cessation presque complète de la sécrétion. Celle-ci ne r commence que lorsque la période de régénération e.t teiminee, et c'est alors qu'il faut renouveler la cautérisation.

Ces différentes périodes (bypéremie et exsudation seieuse, éliÏÏ nation de fesclare, régénération de

nent généralement à peu près vingt-quatre l^'^,"^^^;,";"! , ""^.X Tias croire que ce soit là une règle absolue, et il est mdi>pLn>aDiL Sïbserver'ïttenlivement son malade ^V^^^^^V^^^^ ^^^^ risations de s'informer à quel moment la secielion a icconi [^ncé pour savoir exactement le temps qu'il faut laisser pa..e

serait amoindrie (de Graefe).

Lorsqu'un œil seulement est atteint, il faut P^'^î^f ^j'^'l'^J contre la contagion par un iKuulaj^e compose de cli.upu.

CONJUNcTIVITE PURULENTE.

HciicUie sur une compresse fixée par du diachyloii, et rendue iniperuiéable par une couche épaisse de coUodion. l va sans dire qu'il faut changer souvent ce bandeau pour inspecter l'état de l'œil.

Il faut recommander au malade la propreté la plus absolue ; 'œil malade doit être nettoyé fréquemment et débarrassé lies produits de la sécrétion dont la présence irrite le globe •'(culaire. Dans ce but, le meilleur moyen est d'employer avec irécaution un courant d'eau projeté à courte distance à aide d'une éponge ou d'une seringue. Je préfère à l'eau pure 'eau légèrement chlorurée.

Il est important de faire connaître au malade et à son euourage le danger de la contagion et la manière de l'éviter, j Immédiatement après la cautérisation, on combat avantageusement la réaction quelquefois assez forte par des com- :)resses froides dont il est utile de renouveler l'application, du moins pendant les premiers huit ou quinze jours de l'affection, les compresses, soit glacées, soit h une température de 10 à 12 degrés, contribuent à donner de la tonicité aux vaisseaux, ^généralement relâchés par une hypérémie considérable. I En cas de boursouflement de la muqueuse, le malade liprouve un grand soulagement par des scarifications faites iiprès la cautérisation, avant que l'eschare soit détachée, ,)arce qu'à ce moment la congestion est la plus forte, .'eschare se détache alors plus vite, et la douleur est moinire. Ces conséquences favorables donnent une importance )articuhère aux scarifications dans les cas de complications

lu côté de la cornée, on il s'agit d'empêcher les l'rottemenis îiuisil)]es de l'eschare contre cette membrane. On les exéute à l'aide d'une aignific à cataracte, ou mieux à l'aide 'un scarificateur particulier (fig. 20), avec lequel on fait de letites incisions siqjerlicielles et parallèles l'une à l'autre. :)n entretient l'écoulement du sang en liraillant ié"-ère- «ent la paupièi-e dans le sens opposé à la direcliou deslnci-

Kir,. 20. — Scirificalcur de Desmarres.

58 MAI.AniKS IiK. I,A CONJONCTIVK.

pions, et en épongeant soigneusement les endroits scarifiés. Il faut se garder de faire ces scarifications trop profondes, pom- ne pas donner lien à des cicatrices conjonctivales.

Lorsqu'un bourrelet ecchymotique entoure la cornée et gène l'occlusion palpébrale, il est ntile de donner issue à la^ sérosité qui le produit. Dans ce but, on pratique dans le||| bourrelet chéinotiqne, à l'aide de ciseaux courbes, des incisions parallèles au bord de la cornée. Lorsque la pointe des 1 ciseanxa pénétré dans le tissu conjonctival, on débride ce ;-| ài dernier dans toute l'étendue du chémosis; puis on facilite I l'écoulement du liquide en exerçant à travers les paupières une légère pression, dirigée du sommet du chémosis versj l'incision.

L'excision d'un pli conjonctival à l'endroit du chémosis doitl ■ être tout à fait délaissée, d'abord parce qu'elle peut devenir la cause de cicatrices fâcheuses de la conjonctive, ensuite parce qu'elle ne rempht pas efficacement le but propose. En etTet, l'excision de la conjonctive ne peut donner Issue qu'au liquide nui se trouve immédiatement au-dessous de la muqueuse enlevée, car l'épanchement est renfermé dans la trame cellulaire du tissu sous-conjonctivale, et il y restera tant qu'on ne débridera pas ce tissu.

Lorsque rophthalmie purulente se complique d'affection de la cornée , il faut continuer néanmoins le traitement antiblenuorl-hagiqne, puis-juc la blennorrhée en elle-même favorise l'extension de la maladie de la cornée. 11 faut seulement, après la cautérisation, neutraliser soignensemenf par l'eau salée, laver à plusieurs reprises la surface cautérisée, faciliter par des scarifications la prompte el.minatiou de l'cscharc, et enlever cette dernière aussitôt qu elle es! détachée. Cependant, si l'ulcéralion de la cornée pénètre profondément dans le tissu, le Iraitemenl le plus soignein lie réussira pas tolijoul-s a empêcher la perloraUon de cet . membrane. Seulement celle perforation pourra eire resireinle dans son étendue (voy. plus loin), cl par conséquent moiu^ dangereuse, pour des raisons faciles à comprendre, que 1,. perforalion d'uu.> large partie de la cornée. ' 1,1 pression inira-oculaire. il est vrai, n est aucn emcn au'mienlée dans celte alVcclion, mais elle agit naturel lemeut ftvec une force relalivemeni plus grande sur la parlie ni-

CUNJuNCTIVIÏIi l'LlRUJJCNïK.

(érëe de la cornée qui lui oppose moins de résistance que js autres parties normales de cette membrane. Il s'agit donc i 'employer tous les moyens que l'expérience nous enseigne omme étant propres à diminuer la tension interne. En premier eu l'atropine (qui agit probablementpai' le repos absolu qu'elle rocure aux muscles intrinsèques de l'œil), puis la paraentèse de la cbaml)re antérieure pratiquée au fond de l'ulere, en prenant la précaution de ne l'aire sortir l'humeur i|ueuse que très-lentement. On fait suivre cette petite opéilion par l'application d'un bandage compressif qui -sient Il aide à la résistance de la cornée. Cette diminution de la 'iision oculaire présente en outre l'avantage d'accélérer la utrition de la cornée, ce qui se reconnaît à la régénération lus rapide du tissu détruit, régénération qui débute par le épôt de matières grisâtres au fond de l'ulcère. Cette ponction 1' la chambre antérieure est toujours indiquée lorsque la irtie la plusmince de l'ulcération montre par sa proéminence u elle est prête à céder à la pression venant de la chambre itérieure; car il importe de prévenir la perforation sponuée qui, se faisant d'une manière plus ou moins tumullouse, provoque facilement un prolapsus considérable de iris, la projection du cristallin en avant, une perte d'huleur vitrée, des hémorrhagies ex vacuo , et peut causer nsi la perte de l'œil. En tout cas, la cicatrice qui se forme nrès une perforation spontanée, par son étendue et sa forme : réguhère, laisscj'a une opacité bien plus préjudiciable à la ision que la cicatrice insignifiante de la paracentèse.

[Les instruments nécessaires pour cette petite opération sont une guille à paracentèse (fig. 21), une pince à fixation et un petit stylet

Fie. 21' '— Alj^nillo à j):iraccnl('sp,

nvexeàpointemousse(flg.22).La tête du malade étant bien fixée les paupières sul'tisftmmcnt écartées, ou fera bien d'immobiliser eil à l'aide de la pince à ûxation, toutes les fois que le malade sera pas capable de tenir son œil complètement Irauqiiillo. de cette manière seulement que l'on peut être sûr d'éviter

60 MALADIES UE LA CONJONCTIVE

soit des tàtonuements ennuyeux avant de réussir à ponclioncer iuste à l'endi'oit nécessaire, soit à paracentéser a un autre en- w droit que celui où nous aurions désiré le faire, soit enfin une mauvaise direction de l'instrument.

L'aiguille à paracentèse doit être enfoncée obliquement, de façon à faire une plaie linéaire de 3 à 4 millimètres de largeur, r C'est en faisant pénétrer de la manière indiquée 1 mstrumenl a travers la cornée qu'on évite le plus sûrement le prolapsus consécutif de l iris. Aussitôt que la pointe de l'aiguille est arri vée dans la chambre antérieure, on abaisse le manche de 1 ins rumenl, afin que la pointe n'aille pas blesser l'iris ou le cristallin, pio-

FiG. 29. — Stylet convexe à pointe mousse.

jetés en avant h la suite de l'évacuation de l'humeur aqueuse. Enretirant l'aiguille, on voit le plus souvent suivre humeu aqueuse, qui selon l'état de la pression interne de 1 œil et suivant îa direc ion de la plaie cornéenne, sortira avec plus ou mo m. de force Mais il arrive aussi que l'humeur aqueuse ne sort que que nls entr'ouvons un peu les lèvres de ^^ve^^^^^e^ nar une légère pression avec la pointe de 1 aiguille, .oit a l .ude du pem vlet. C'est encore au moyen de ce dernier, dont non.ji app^y^n légèrement la pointe arrondie et aplatie sur le bord d.|| K Œ que nous pouvons renouveler, en cas de besoin, 1 eva« cuîSn'di 1 humeui- aqueuse avant que la petite plaie delà cornéen ne soit complètement cicatrisée.

Lors<iuc la cornée est déjà en V^'^^' 'Jl-J^^'l jious constatons la présence de 1 n-.s dans la dait U faut essayer par un emploi énergique des i.iydnatiqi es de

dins sa position normale. Parlo.s, le pro aps est trop e.nisidérahle pour qu'on puisse avoir conhanee da i le succès du moyen indi.,né. S'il dépasse le niveau de la wnée qu'il aii uleà l irrilalion de Tœil, et empêche a " le-rimnieur aqueuse, il faut en pn.l.quer 1 incis. » r.hialion. Kn négligeant celle précaution, on s ex,.os à voir augmenter la tension de I umI; souvent même . de un nécessaire lors.iuc le cristallin est projeté en avant, de e ■Ar. sortir de runi par une incision transversale de la

npuïiiAi.Mii-; iHis .\(il:ve.\u-iNicï<.

;oniéc. Si le corps vitro, après l'o-vtraction du cristallin, fait ^lernie dans la plaie coriieenne, on en l'ait couler quelques gouttes, en pratiquant la ponction de la membrane hyaloïlienne. Cette manière d'agir facilite la formation de la cicarice. On prévient ainsi la perte complète de l'œil, et l'on se !nénage môme la possibilité de restituer plus tard au malade ime partie quelquefois assez notable de sa vision, par l'ope-- •ation de la pupille artilicielle.

On redoute généralement une perte d'iiumeur vitrée à laquelle •e rnttaclie, pour beaucoup de médecins, la crainte d'une plithisie inévitable du globe oculaire. Cependint, cette dernière ne résulte .ucunement d'une sortie même considérable de l'bumeur vitrée, [ui est vite remplacée, mais plutôt de la cboroïdite, qui en est la jonséquence, lorsque le trouble jeté dans la circulation y produit es laltéralions de nutrition.

Le traitement de la bleimorrhée conjonctivale devenue hronique se résume, à part les précautions hygiéniques éjà indiquées, dans l'emploi méthodique des caustiques. Seuîment, comme la muqueuse s'habitue au bout d'un certain imps à l'action du même médicament qui perd ainsi son 'ffet, il convient d'alterner le crayon de nitrate d'argent avec

sulfate de cuivre ou l'acétate de plomb.

■ Les deux formes de la conjonctivite puiailentc auxquelles ai accorde d'habitude une place particulière dans la classitcation des conjonctivites, Vophthalmie des nouveau-nés, et i conjonctivite gonorvhMque, présentent cependant la même nie de symptômes, et les pi-incipes du Irailenient restent ^Mlement les mêmes.

I Pour Vophthalmie des iiouveaii-nés nous Nouions soule- >ient l'aire observer qu'elle se présente tantôt, surtout au ébut, sous l'aspect de la conjonctivite catarriiale , et jclame alors les soins [)ropres à cotte alToclion ; tantôt sous forme l'ranchonient purulente ; tauiôt enfin, les sécré- OMS aireclent uru' corlaine londance à la jdasticité «nn I rapproche de la conjonclivitc diplitliérili(|iie d(Mit nous trierons an chapitre suivant. Ceitendant la vraie diphtiu-rio a jamais été (d)soi'vée chez les nouveau-nés; oo (|no nous

I ■ MliVKH. ^

g2 MAI.AOIliS MIC LA ajNJÙ.NCTlVK .

V ti-ouvous .l'est pcas, coniuic dans celle-ci, IniliUiatiou rte la muqueuse par la matière diphthérilique, ma.s le dcpol d'exsudations fibrineuses sur la conjonctive sous forme de membranes. Néanmoins, cet état de choses nous engage a une certaine précaution dans l'usage des caus Kjues 1 em- 1 nloi prolongé des compresses glacées, et si la plasticité de la sécrétion continue, à donner au petit malade de petites doses de calomel à dose fractionnée.

Dans la blennorrhèe rjonnorrhéique, le processus inflamma- 1 toire, généralement très-intense, suit une marche tres-ra- 1 pide ; la tuméfaction des paupières est considérable, la co fouet ive palpébrale très-boursoutlée, celle du ë^obe o ula c est le siège d'une .'lye injection et d'un chemosis tres-foi . La sécrétion s'établit rapidement etd'une manière tres-abon-,

*^^C'ek dans ces cas surtout qu'il ne faut pas négliger de protéger convenablement l'œil non atteint par un bandeaS, à cluse du caractère excessivement contagieux de la Siou, circonstance dont il faut prévenir le malade

n entourage. Si la maladie prend une --'^ faut appliquer des compresses glacées' jour et mut, pio>o i une déplétion sanguine par des sangsues frequemmen ?e"l^. s, donner le calomel à hautes doses, et même faTe usage de frictions mercurielles, surtout lorsqu il a ■ endanee àla plasticité. Aussitôt que le caractère puni t de f ophthalmie est déclaré, il faut commencer les aute i sations que Von est obligé parfois de repeter un ou clan ois par our, parce que l'eschare se détache d autant phu vite que la congestion est plus considérable.

Conjonctivite .I.,.l.tlu.. i.i.,ue u.^cu.lo-.neml.. ancM-

I c-onionolivitediphihéritiquc, une des affeclions les plu>

fi Derhn(l) est excessivement rare en I raïui.

(1> C'est M. .le Gracfc, le savant et regretté opl?;>'f "«J^^'cuï Be!-lil n.;i le premier, a fait de cette maladie «ne eUidc restée clasiquc» et que nous résumerons dans ce chapitre.

CO.NJU.NCTIVITK IU[J1ITIIKIUTI(,iL;K, 63

11 est vrai que l'on a prétendu l'y avoir observée assez fré- {uemment, mais on l'a confondue alors avec la forme des -■onjonctivites ordinaires dans laquelle on ti'ouve la cononctive recouverte de légères membranes que l'on peut l'ulever en bloc, et au-dessous desquelles on trouve la mu- )[ueuse fortement congestionnée, turgescente, saignante, j t d'un rouge brillant ; c'est ainsi qu'on l'observe, par exemple, [.ans les conjonctivites qui surviennent après brûlure par la baux ou après destraumatismes analogues de la muqueuse.

La vraie conjonctivite diphthéritique présente des symtômes tout ditïérents. Elle est caractérisée par une infiltraion fibrineuse dans toute l'épaisseur du tissu de la muueuse, infiltration qui y interrompt la circulation et donne ne roideur particulière à ce tissu.

La diphthérie de la conjonctive se développe avec une îusation de chaleur et de douleur très-vive accompagnée de acryorrhée; en peu de temps, la paupière supérieure se iméfie, les plis cutanés disparaissent, la peau devient lisse, rillante, et prend une teinte d'un rose pâle à partir du bord alpébral. Le malade épi'ouve une difficulté et bientôt une iipossibilité de la relever, ainsi qu'une crainte excessive de attouchement lorsqu'on s'approche dans le but de soulever i paupière qui descend et recouvre l'autre.

La. conjonctive bulbaire est le siège d'un réseau vascunre à grandes mailles sans rougeur vive; le chémosis qui y développe rapidement présente un aspect jauncàtre ntremêlé d'un grand nombre de points rouges qui sont lutant de petits foyers apoplectiques. Le chémosis incisé ne ■lisse écouler aucun sérum, le tissu sous-conjonctival étant hfllti'é de fibrine coagulée, gélatineuse. . Le renvei'sement de la paupière supérieure présente le grandes difficultés, non-seulement à cause des douleurs, liais parce que la paupière est excessivement roide. Après le inversement, on voit une surface lisse, jaunâtre, due à ine exsudation épaisse, fibrineuse, qui est profoiîdément kUltree dans la conjonctive même, y a suspendu presque :aite cn-culation et menace la membrane et l'œil tout ener dune destruction complète, Si nous enlevons des lam- 2aux de cette exsudation, nous trouvons au-dessous tou- ■urs la même surface lisse et jaune, c'est-à-dire le (issu ^)n,|oiic ival SI étrangement infiltré. Ce qui y frappe le nlus >est 1 absence des vaisseaux, e( si l'on pratique iie in.ïsion

MAI.VLUli:^ DE LA iXlNJONCTIVi:.

dai.s le tissu, même à une grande i,volondeur ou ^•oit a peine aunava treune goulleletle de sang. Cet etal donne a la E^eise un aspect lavdacé que Ton constate encore m.eu.v danJ les parties de la membrane qui i-ecouxrent le ^^^^ con

jonctival. La paupière inférieure présente ua-i^ •

^''ciiez les entants, on constate souvent sur la peau externe des Ses dTnBil des plaques blanches diphthénf ques neltme t limitées. Chez eux aussi, l'aflY^tion dqihther.t.que n'est pas toujours généralisée sur toute la surlace de la muqileus^de S, et^occupe seulement des points limites de la

séStion est sanieuse, grisâtre, mélangéede nombreux tloœns dé ÏÏ,és de la matière diphthéritique ; il y a enontr une forte dacryorrhée qui produit la sensation d une chaleui

'"^cJensemble de symptômes constitue la première période de 1 atTe imi pér.oi dite àmmranon. C'est pendant cette

^^e^rioL, dont la ^^^^^f '^^^^^^^^r!^ nui neut aussi se prolonger pendant six, huit et.mcme c ix qui P^^^ , . , \ pœil est surtout menacée par de>

SiSoL t^é le la cornée. Si les atVections kéi... au^s ne mviennent que pendant la période suivante, ou lîdîe-ci s'Jéclare avant que la cornée ne soit sérieusement flttPintp le danser est bien monidre.

Arf début de la seconde période, appelée i.wvo^/. de pun -

dépom'vue r n n ^r. de sorte l,u en

laires .,ui Unissent par ^ ^'^''^ ,,.;,,nce d une

S'Lis perd sou aspect jaunâtre el sa rouleui.et . lap nroche du chémosis ordinaire. . ,>nmme

^ Malheureusemenl. raiVeclion ne se termine pas comm.

CONJONCTIVITE Dl ['HTHÉRITIQUE.

la blentiorhagie de la conjonctive, mais entre dans une troisième péfiode, dite de cicatrisation.

Nous assistons alors à une uioditication régressive du tissu conjonctival qui se ti'ansforme en tissu cicatriciel produisant, selon l'intensité' de l'alTection, des adhérences plus ou moins étendues entre la conjonctive palpébj'ale et celle du globe ocuilaire. Lorsque l'infiltration de la muqueuse a été modérée, l'altération cicatricielle peut se réduire à un simple réti'écissement du sac conjonctival; mais dans les cas plus prononcés, on voit s'établir un véritable symblépharon ou ankyloblépharon, et la suppression de la sécrétion conjonctivale noi-male produit une véi-itable xérophthalmie et la perte consécutive de l'œil.

L'ensemble du tableau que présente l'affection diphthéritique varie selon la durée de chaque période. Après une première période de longue durée, la période de purulence est en généi-al i-apide, tandis que la cicatrisation dure longtemps. L'inverse a lieu quand la première période est courte, et elle peut l'être assez poui- passer presque inaperçue.

Le danger le plus considérable de cette affection pernicieuse vient du côté de la cornée, et malheureusement ces complications ne sont que trop fréquentes. On comprend facilement qu'une interruption si complète de la circulation dans les tissus conjonctival et sous-conjouctival, comme celle qui accompagne la période d'infiltration, ne peut durer longtemps sans attaquer profondément la nutrition de la cornée. En effet, cette dernière ne tarde pas a. s'altérer si la période Id'infiltration dépasse trente-six ou quarante-huit heures. Et si cette même période continue à durer, la perte de l'œil n'est que trop certaine.

Il y a des différences notables selon que la kératite- se déclare pendant la première période ou pendant celle de la purulence.

Dans le premier cas, la cornée normale et même d'un brillant cxceptioniiel jusque-là, devient tout d'un coup le siège d'une légère opacité exsudative qui s'étend de plus eu plus ; l'épithélium (|ui la recouvre sedétruil,el il s'établit un ulcère 4ui gagne en largeur et en profondeur, et dont le fond est lanlot convei't d'une opacité jaunâtre, tantôt tJcUisparent. Les bords de cette ulcération sont escaipés, et l'on se trompe lacilement sur sa profondeui' lorstpu- le fond de l'ulcère, lédant à la pression inlei'ne, s'élève pi-escjue au niveau dû

gg MAI.AIMKS liK I.A I-.ONJONXTIVK.

reste de a comde. C'est alors que survient la perforation s elle se lait sur une large surlace, est suivie de la rnp- ^^^ïe de a cristalloïde et de panophthaluue. Dans le cas d Soration moins large, le prolapsus de Vins q-/-^ch^^^^^ llaie de la cornée se couvre d'un exsudât epa.s, et la maladie suit sa marche destructive sur cette membrane.

Si l'on prévient la perforation par une Paracentese 1 ouve^ure ainsi obtenue se referme i-- -Bcnt et s. 1 on evcise un morceau de la cornée pour etablu f nnuente on n'y réussit pas facilement a cause de la giande SiSié'dTla Jécrétion W oblitère immédiatement 1 ouvert„vp Pi recouvre le prolapsus de ims.

ï'anMort&aliqie n'Jpparait pas toujouvs .ous la même r„™4 è lT débute pavtoù pav des faeetles presque lianstomw el e oe p i | f,i,j.j,i„„ générale jaunâtre,

SÏÏt ïaurf»:;^™ iCîe et l'.ufe en ulcévation large e. '''tt^SvST'pmX"'sr,Se„t dans le courant de

de l'oplithalmie purulente.' -

P,.„„o.«o. - NOUS avons ,„„ioucti,e est pem-e re 1 '""^ /^''lenmne que l œil puisse être f"™'.' ' v J et narce que l iniluence

LOS cas où l'afrect.on u atlen t 1; .Uement un

E;:^ iùsciu'à Vf ,i::;-o r";us insérons

Pendant la durée la 1-^-- J ' i.vatio.i dans le de la gravite du cas pai 'a q".uu t . parenchyme du tissu, M"a" '1^ « ^^^^^^^^ ,u nioins

roideur de la paupière, P^^^^; ^^^^ / '.^'J eir grisâtre du complète de la circulation, et pai la couiem g

chémosis,

CONJONCTIVITK IHIMITII KHITIQCE. 67

L'état de la cornée décide de l'avenir de l'œil : plus le moment où cette membrane est atteinte est rapproché du début de la maladie, plus le pronostic est grave. Si la kératite ne survient qu'à l'approche ou au commencement de la seconde période, le pronostic est bien plus favorable. La préexistence d'une affection kératique vasculaire est une circonstance très-avantageuse, pour des raisons faciles à comprendre ; d'ailleurs, il faut aussi tenir compte du caractère général de l'épidémie.

L'expérience a démontré que les cas survenus par contagion directe sont de beaucoup les plus graves.

Étiologie. — Les causes de cette maladie sont assez obscures; tout ce que l'on peut dire, c'est qu'elle est excessivement contagieuse et se présente ordinairement sous forme épidémique. Elle doit être considérée comme l'expression d'une affection générale, ce qui résulte de l'apparition simultanée d'affections diphthéritiques dans d'autres parties du corps, des symptômes généraux qui l'accompagnent, tels qu'une fièvi-e violente avec exacerbation périodique, l'inappétence, et un affaiblissement général considérable.

Ce qui corrobore cette opinion, c'est que l'on voit l'autre œil fréquemment atteint, même lorsqu'il a été mis à l'abri d'une contagion directe ; l'influence indiscutable d'une médication générale parle dans le même sens. Dans le courant des épidémies, on observe que les enfants de faible constitution sont frappés de préférence, et parmi eux se trouve un nombre relativement grand de ceux qui sont atteints de syphilis congénitale.

Sous l'influence de l'épidémie diphthéi-itique, les inllammations de la conjonctive et les traumatismes de l'œil revêtent facilement le caractère spécial de la maladie. Il arrive alors facilement qu'un emploi trop énergique des topiques irritants, surtout des caustiques, contribue à son développement, surtout dans les cas où la plasticité de la sécrétion y prédispose.

Si la diphthéric est éminemment contagieuse, il faut cependant ajouter que l'inoculation ne reproduit pas toujours la même maladie, mais une anection catarrhale ou puruiiente de la conjonctive comme, d'antre part, l'inoculation ûematieres purulentes peut produire ladiphthérie. Les enfants nouveau-nés ne sont jamais atteints de la conjonctivite

MAI..\Dir.S DF. LA r.nNJdNCTI VE.

dipliLliérilique; elle se rencontre même rarement entre six mois et nn ;in, pais sa fréquence augrnente progressivement jusqu'il trois ans et diminue alors jusqu'à liuil ans; elle esl ovcepLionncllc chez les adultes.

Traitement. — Si un ti'ailement agissant d'une façon spécifique contre la diphthérilc de la conjonctive est encore à trouver, du moins pouvons-nous indiquer d'une part les moyens certainement nuisibles et, d'autre part, ceux qui paraissent agir favorablement sur la marche de la maladie.

Pendant la première période de la maladie, l'emploi des caustiques doit être énergiquement proscrit; ils déti'uisent l'œil, à coup sûr. On commence le traitement local par l'emploi de la glace renfermée dans une vessie ou de compresses glacées qui doivent être changées aussitôt qu'elles s'échauffent et continuées nuit et jour jusqu'à l'approche delà deuxième période.. Une déplétion sanguine énergique, qui ne peut être obtenue par des scarifications parce que celles-ci ne donnent presque pas de sang, est edectuée le plus facilement par l'application de sangsues à l'angle interne de l'œil, sur l'os du nez. En renouvelant les sangsues aussitôt qu'elles sont tombées, on maintient un écoulement continuel et môme progressif pendant toute la durée de la première période.

Il faut prescrire au malade une diète sévère et un traitement mercuriel constitué par 5 centigrammes de calomel pour les adultes et de 1/2 à 2 centigrammes chez les enfants, toutes les deux heures, jour et nuit. En même temps on fait faire des h'ictions avec 2 à k gramuu^s d'onguent napolitain pour les adultes, 1/2 à 1 gramme chez les enfants, renouvelées tous les jours. Ce traitement énergique doit être naturellement interrompu aussitôt que le danger diminue.

L'œil malade doit èti'e nettoyé fréquemment, avec un liquide émolhent, comme le lait, qui présente l'avantage d'englober les llocons is(dés de la sécrétion. Si le second œil n'est pas atteint, on doit le proléger contre une inoculation directe pai- nn bandage, en évitant cepeiulant toute espèce de pression qui devienih-ait dangereuse par le trouble de circulation (jn'elle produit. C'est pour la mênu> raison qu'il faut abandonner l'usage du bandeau protecteur aussitôt (|u'apparait la pins légère tuméfaction des paupières.

Dès que la péi iodcde purulence parait imminente, il faut

CONJONCTIVITE lUriITUÉlUTIQUE.

la favoriser en interrompant les compresses glacées, qu'il peut même être utile de remplacer alors par des compresses tièdes ou cliaudes.

Si l'on constate l'apparition du changement caractéris- |ti(|ue que la deuxième période produit dans l'aspect delamuifjueuse conjonctivale, il est permis d'agir sur les endroits rouges et saignants, par de légères cautérisations dont il faut surveiller activement l'effet. Pour éviter le frottement de l'eschare sur la cornée, on fait bien de commencer parla" paupière inférieure.

Si l'escliare se détaclie facilement et vite, on peut faire la seconde cautérisation plus énergique, et la faire suivre de scarifications profondes qui accélèrent la circulation et l'élimination de l'escliare.

Il faut au contraii-e s'abstenir de renouveler ces cautérisations d'essai si l'on observe une nouvelle exsudation fibrineuse.

Une fois la purulence franchement déclarée, le traitement rentre dans ce que nous avons dit au sujet de la conjonctivite purulente, avec les modifications indispensables, telles jqu'une certaine prudence dans la cautérisation et l'emploi restreintdes compresses froides, qui ne seraient utiles qu'après la cautérisation.

Pendant la période de cicatrisation, il faut supprimer la cautérisation et pallier autant que possible à la dessiccation de l'œil par des instillations de lait, de glycérine, et d'une solution de carbonate de soude (l gramme pour 30 grammes d'eau).

Les complications du coté de la cornée exigent l'emploi de l'atropine, et la paracentèse de la chambre antérieure pratiquée au fond de l'ulcère et sur une grande étendue, pour tâcher d'établir une fistule.

Après la guérison de l'affection diphthéritique, l'état général du malade exige, dans la plupart des cas, une médication tonique et un régime fortifiant.

C^onjonctlvitc iiiistnlcntîic , phiyctônnlairc.

Cette affection, (jui n'existe que sur la conjonctive bulbaire, est caractérisée par des exsudations nettement limitées ot très-circonsci'ites qui soulèvent l'épithélium et for-

70 M.U.AIHKS IIK 1,\ CONJONCTIVK.

ment des pustules dont le contenu se compose d'un liquide gélatineux ou tout à lait transparent. Selon le siège, le développement et les complications de ces plilyctènes, on distingue plnsieurs formes de l'aflectiou.

1" Dans la plus simple forme, on voit apparaître sur un point de la conjonctive bulbaire une injection de forme triangulaire qui' s'élève un peu au-dessus du niveau •de la conjonctive et dont le sommet, dirigé vers la cornée, porte une phlyctène grosse comme une tète d'épingle ou comme un grain de millet. 11 peut en exister plusieurs sur différents points de la conjonctive. Au début, l'injection augmente, puis le faisceau vasculaire s'aplatit, pâlit et disparait en même temps que la phlyctène, dont le contenu est résorbé sans laisser de trace.

D'autres fois, la petite phlyctène se rompt, laisse échapper son contenu et forme un petit ulcère qui se recoun-e bientôt d'une couche épithéUale et guérit en peu de temps. Tout ce travail s'effectue en quelques jours, et cela d autant plus vite que la phlyctène était plus éloignée de la

cornée. , , j i «

Assez souvent l'injection s'avance en forme de bandeiette vers la cornée, poussant toujours l'inflltration devant elle : arrivée au bord de la cornée, elle se courbe sous forme de fer à cheval, ou se partage en deux parties; d'autres fois, plusieurs injections avec leurs exsudats atteignent ainsi la cornée [kératite en bandelettes).

Si la maladie s'arrête alors, l'injection pâlit et disparaît, mais l'exsudation grise de la cornée reste longtemps visible par l'opacité de cette membrane. A ce moment, les vaisseaux de la conjonctive se propagent quelquefois sur la cornée qui se trouble légèrement, et il se forme alors une kératite vasculaire superficielle qui a reçu le nom de pannus phlyctonulaire ou scrofuloux.

2" Dans une autre l'onno , l'injection conjoncli\ale ou sous-conjonctivale est beaucoup plus étendue, l'hyperemie et rintiitration se localisent dans le voisinage de 1 anneau conjonctival ([ui forme alors un léger bourrelet autour de la coriiée. On v découvre quelquefois, non sans peine, un -rand nonilirV de tontes jietites plilyctènes transparentes dont l'anneau conjoncti\al est couvert comme d un salile

co.NJu.NcnvJïK riij.YCTKMjj.Ai ni!: . 71

très-(ui.'Au bout de. quelques jours, l'injection pâlit, l'anneau périkeratique s'aflaisse et les petites pustules disparaissent, sans laisser de traces. II est du moins bien rare qu'elles s'excorient et forment de petits ulcères qui en tout cas guérissent assez vite, en se couvrant d'épithélium. Cette forme ne se complique presque jamais de pustules corînéennes.

Une injection plus considérable accompagne la formation de larges exsudations sous-épithéliales de la conjonctive situées dans le voisinage de la cornée, sur l'anneau conjonctival même, et parfois à moitié sur la cornée. Ces boutons aplatis peuvent se former plusieurs à la fois ou successivement; leur couche épilhéliale s'excorie, et ils présentent alors des ulcérations larges de 1 à 2 mUlimèfres, qui ne guérissent qu'au bout de quelques semaines. Si l'ulcération gagne en profondeur, elle peut donner lieu à une perforailion au bord de la cornée, qui, mal soignée, peut devenir le point de départ d'un staphylôme partiel. Plus rarement, la maladie s'accompagne d'inflltrations circonscrites dans la cornée (infiltration jaune) qui se changent en abcès par transformation purulente des tissus infiltrés.

W De larges phlyctènes se forment sur la conjonctive bulban-e, l'inflammation gagne eu profondeur et se communique cà la sclérotique. On constate alors une large pustule sadlante, d'un l'ouge violet, nettement circonscrite, et dont I mjection disparaît sous la pression. Cette phlyctène s'ulcère issez souvent, la maladie peut traîner en langueur, mais le processus mflammatoh-e n'atteint que les couches superficielles de la sclérotique. .

La conjonctivite phlycténulaire ])al'rois n'est accompagnée 1 aucun symptôme subjectif; d'auti-es fois, les malades accusent in larnioiement considérable, des douleurs assez violentes, une Jho tophobie des plus intenses, associée de blépharospasnie. -,e dej'niei' symptôme se renconiVe surtout, et presque exlusivement lorsque la cornée est atteinte. Lorsque à l'aide les élévateurs et non sans graud'peine, on écarte les pauneres pour explorer l'état de l'œil, il s'échappe une grinde lud .tite de lannes chaudes, et le malade dirige son œil en naut pour éviter la hnnière. La .éc,-étion n'es! ahérc^' q

M.U.AIiIKri Dli LA CONJONCTIVE.

lorsque ralVectioli se complique d'une conjonclivile catarihale.

Un caractère marquant de l'oplithalmie phlycténulaire consiste dans sa prédisposition à des récidives fréquentes.

Pronostic. — Le pronostic est très-bon dans le cas de petitesphlyctènes sur la conjonctive et sur l'anneau coiijoncUval. sans participation de la cornée. Même la kératite en l'orme de bandelettes n'aggrave le pronostic qu'en ce sens que l'opacité consécutive est quelquefois très-opiniàtre. Dans les cas de conjonctivite pustuleuse avec, épisclérite, il ne faut pas oublier la durée prolongée du mal qui cependant ne présente pas de danger. Les larges phlyctènes de l'anneau conjonctival durent aussi plus longtemps ; mais, bien surveillées, elles guérissent sans laisser de tiace.

En cas d'infiltration jaune de la cornée, le pronostic dépend du degïé d'inflammation qui accompagne cet état. Si elle fait complètement défaut (état torpide), le pronostic est mauvais, il est bien meilleur 'si l'inflammation est vive.

Étiolocjie. — L'opbthalmie phlycténulaire atteint surtout les enfants et peut être considérée comme la plus fréquente parmi les conjonctivites de cet âge.

Nous la rencontrons aussi bien chez des enfants bien portants que chez ceux qui sont mal nourris ou scrofuleux. Le nom d'ophthalmie scrofuleuse qu'on lui a donné n'est donc nullement justifié.

Nous la voyons apparaître à la suite de toutes les influences irritantes qui provo([uont aussi d'autres conjonctivites. L'apparition simultanée, avant ou après son début, d'éruptions cnianées des paupières ou de la peau environnante, sous forme d'eczéma ou de zona, a fait envisager la conjonctivite phlycténulaire comme une maladie exanfhématique de la muqueuse sous la dépendance des nerfs ciliaires, et lui a valu le nom d'herpès conjonctival. Cependant plusieurs des formes de cette alTeclion que nous avons décrite plus haut ne resseniblent guère à un herpès cutané.

Traitement. — Très-souvent, surtout dans les formes légères qui n'atteignent pas la cornée, la guérison est spontanée: il faut par conséquent se gaider d'intervenir intempestivement par une médication locale irritante qui ne pourrait qu'aggraver h' maL 11 faut surtout pivscrire énergiquementi

cuxJu.N'CTivrri; I'iilïctéinlil.ukic. 73

trois mujeiis très eu faveur chez le public el chez les médecins : Les vésicatoires, les sangsues et le nitrate d'argent.

Les premiers augmentent l'irritabilité nerveuse des petits malades; les seconds ne remplissent aucune indication dans la plupart des cas et aflaiblissent inutilement; le troisième pourrait être employé tout au plus lorsque l'affection se complique de catarrhe conjonctival, et même alors, de crainte d'une irritation trop forte, il peut être remplacé par des solutions d'alun ou de borax.

Par contre, une solution concentrée de nitrate d'argent est souvent -utilement employée pour badigeonner la muqueuse du nez, lorsqu'on y constate des ulcérations si fré- ({uentes chez les enfants scrofuleux.

Les moyens principaux et, pour ainsi dire, spécifiques contre l'ophlbalmie phlycténulaire consistent dans l'emploi local du calomel cà la vapeur et de l'oxyde de mercure. Le premier doit être appliqué à l'aide d'uii pinceau très-sec manié delà manière suivante: On écarte les paupières et l'on projette la poudre sur la conjonctive malade, par un coup sec porté par l'indicateur contre le pinceau tenu entre le pouce et le médius.

Usedéposeainsiuue couche très-fine de calomel sur la cornée et sur la conjonctive. Au bout de quelques minutes, le calomel se retrouve roulé en filaments dans le cul-de-sac conjonctival, d'oLi on l'écarté facilement à l'aide d'un pinceau' mouillé.'

Ou répète ces insufflations journellement jusqu'à la dis- )arition des phlyctènes, puis à des intervalles de plus en slus longs, pendant plusieurs semaines.

Le mode d'action du calomel est difficile à expliquer • il leut enlever mécaniquement la couche épithéliale des pusules £t provoquer ainsi leur rupture. Cependant des expé- •lences ont démontré que d'autres poudres ne produisent ms le même efi"et. Son action chimique ne pourrait s'expliluer que par sa transformation en bichlorure, carie calomel neme n'est pas solulde.

Dans les cas d'ulcères sur la cornée, le calomel est consilere comme trop iri-itant ; il faut prescrire alors des instilations d'atropme, des lotions avec de l'eau chlorurée des notions de la région sus-orbitaire avec la pommade :

Précipité blanc 50 centigr

Extrait de belladone 1 -rram

8 gram.

MEYEH r

MALABUiS l.Ii LA CONJONCTIVE.

, .„„.. U nremièi'c imlalio.i est passée et la cornée vas- Lorsque la picmiLiL n avaiitace la pommade a

cularisce, on emploie ^^^^^ 8?f ^^-^^ Utre/par M. Paro^\de de mercm-e préconisée, a si juste une, pa

genltecher. Je la prescris à la dose smvante .

Oxydejaune de mercure, préparé ^

par Toie humide

Glycérolé d'amidon &

peu plus dam le sac "'M» "1; • f^^^, ^ on r«arii.

par les badigeonnages de ^'^"^.'^'"''^^i.pa^ souvent à l'aide paupières fermées; ^^^^^^^^J^s ^M^^^^ Pendant sadurée. . ku traitement que nous venor^^ d^^ ^ cacher leur

il ne tant pas favoriser l^^ n droits obscurs. 11 vaut mieux figure, et à rechercher le ,^te en outre l'a-

apVq-r un bandage f^^^^X ^se ttter les yeux, vantage ^Vempêcher^es p^Us^^^^ ^^^^.^^^^ ,

met par des lunettes V'^irl^bandelettes on peut tenter do Dans la kératite 1^^^^:^^!^, par 'la section de. couper court à la maiche de^^^^^ .^^ ^^^^^ ^^^^.^^^

comme la d'une partie

vaisseaux ainsi -f-^-^^T l en soulevant un pli de la des vaisseaux que 1 extcute^ avec des c-

conjonclive qui les ^'^"''^^'^ ' ! •e'eisioi , doit s'exécuter seaix coudées. La ^^''^i^'^.n ;bstonir dans le

:i,;iSux quî ^édl^ n^Ivapidement . l'emploi de .a ï radeàl'oxydejaunedemera^^^^ ,„

' Les ulcères et les ^^^-''^f^^^^^^^'^'J *;,";7,ho pommade: leur remploi du calomel m ^ ^^"^* .;i ,; es kératites. 'l;-r::.r;:Tll^;— e^rsiste après la. u^^

CONJONCïiVITIÎ (rRANULAIRE. 75

son de l'ophthalmie phlyctéiiiilaire; en ce cas, il nécessite I un traitement spécial que nous décrirons plus tard.

Contre les excoriations de la peau si fréquentes dans le voisinage des narines et des lè^Tes, on se sert de glycérine, et plus tard d'une pommade au zinc ou au plomb.

Le traitement général ne doit pas être négligé parce que la constitution des malades l'exige souvent, et qu'il est alors indispensable pour éviter les récidives fréquentes de cette affection. Des prescriptions hygiéniques convenables, le séjour dans un air pur et un exercice fj'équent à l'air y jouent un grand rôle. De légères purgations sont souvent nécessitées et surtout une médication altérante. Nous prescrivons volon^ tiers les poudres suivantes :

Sulfure Doir d'antimoine.

Rliubarbe en poudre . . . . ^ àà 1 à 2 gr. Bicarbonate de soucie. .

Diviser en 20 parties égales et faire prendre 2 par jour dans de l'eau sucrée.

On peut y ajouter, si on le juge utile, de petites doses de calomel.

Des frictions générales avec de l'eau salée, continuées 1 pendant longtemps, nons ont paru d'un bon effet, et, selon lia nature des enfants, de l'huile de foie de morue, ou des .stimulants, comme l'alcool par petites cuillerées après le U repas.

Coujonctivitc ^i-nnulaii-e.

t.a pi-atique a démontré qu'il faut distinguer deux formes (Sons lesquelles l'ophthalmie granulaire se présente: 1° les jgranulations aiguës, accompagnées souvent de sympt(imes inflan)niatoii'es très-prononcés; 2" les granulations chroniques où l'inflammation fait entièi'ement défaut ou ne survient que plus tard. Il est vrai que dans un certain nombre de cas les deux formes peuvent .se montrer combinées, mais il importe néanmoins d'en maintenir l;i dislinction exacte, à cause des différences importantes que i)résentc le traitement.

MALADIES DE EA CO.NJONCnVE.

,lc la paupière supérieure et par une injectiou conjoi et. a t Nous-conionctivale quis'éteud sur toute la coi..ionct,ve du

dans le catarrhe conjonctu al. ^"^f ' l'X'',Vindeur d'une de petites taches Wanchàlres, rondes e la g^^a i^^^^^^^^^^^ petite tête d'épingle, sans vaisseaux et '/^ J;^^;^^^,,^

i'Sïïa™ l àu ■ Èn mêm. temps, il existe des doukuî i:™. tftes da„s l'œil, clans le front et même dans la

,,t::u'::^;en!:t!^lnnanm>aU„n

■Inmélie, en même '™;!« <I'^! ' X la'-l"-'^

chatres, <iin sont J„ calan-talo

tection prend alors les earacte. es » nn.idon.enl

S;:,Json?le -m^;op;;;';;; ™-'^';«^;^ ,„,,on,-s Malhotnenseni^en 1. "^^^^^^ i„„„,„maloire indis,,en- S;on.'ïa':S:,';;^- !i des „.annla,ionspent

dévier dans deux sens opposes.

r;ONJO>ÎCTIVITE GRANULAIRE. 77

L'inflammation peut devenir tellement vive qu'elle constitue une ophtlialmie purulente qui se substitue aux: granulations aiguës et dont il faut craindre les conséquences funestes. D'autres fois, elle n'atteint pas à un degré suffisant pour amener la résorption des granulations; ces derniers se développent de plus en plus, deviennent proéminentes suila surface de la conjonctive et prennent la forme caractéristique des granulations trachomateuses.

La terminaison de celte maladie est donc très-variable; tantôt les gi-anulations guérissent sans laisser de traces, tantôt, lorsqu'elles deviennent chroniques et que l'œil a é(é plusieurs fois atteint de la même affection, elles laissent des cicatrices superficielles qui, par la suppression d'une partie de la sécrétion conjonctivale, deviennent la cause d'une sécheresse de l'œil. Cet état prédispose au catarrhe chronique de la conjonctive et l'expose plus facilement à subir toutes les influences atmosphéi'iqnes qui peuvent y développer des inflammations aiguës. Enfin, les complications sur la cornée peuvent devenir le point de départ d'altérations qui peuvent disparaître en même temps que les granulations, ou suivre une marche indépendante.

Pronostic. — Dans les cas simples, lorsque l'inflammation secondaire se maintient dans les limites nécessaires à la résorption des granulations, le pronostic est bon, surtout lorsque la cornée n'est pas atteinte, ou ne l'est que léo-èrement Les cicatrices sont d'autant moins à craindre que la première période, c'est-à-dire celle qui précède la réaction inflammatoire, a ete de courte durée et que le nombre des granulations a ete plus restreint.

Les gi-anulations elles-mêmes étant sans danger, la oravité du pronostic dépend uniquement des complications, soit qu'il survienne une ophthalmie purulente, soit que la maladie passe a la forme chronique. (Voy. celle-ci.)

J^tiolofe ~ Les causes précises des granulations aiguës sont difliciles a déterminer. L'alfectiou se développe à la suite de toutes les innucnccs nuisibles citées à l'occasion des conjonctivites catarrhalcs et purulentes.

Souvent elle se présente sous forme épidémique dans les pns,>ns, casernes, etc., c'est-à-dire partout où il l a de l'en combremenl et de mauvaises conditions hygiéniques, Ce qu"^!

MALADIKS 1>K LA CONJONCTIVli.

i,nporte de savoir, c'esl qu'elle.

mn pas par le conleiui des gi-anulat.ons, ma.s pai la secie

r ophthalmi e purulen le .

Traitement. - Nous avons, vu que les granulatious aiguës spou^néru^^ -^r'ï; ir^So^ -tive au début de cette

'"î Woi des collyres astri.igents ou des caustiques, moyens

" de c«.lT:fe.io„, ou en pvo,o<,ua„t la translorma-

h :X "'au StTSie affection, d'isolé,- le ^ lad" ouï la contagion, de I» -i;^- S"™^' î

,a,. un Ladigeounage d« 'f^^^Z^^ „in,u,. lion de nitrate d argent, ';<^!- ' f "'',^!°|„„„e .et que lind'iode. Si eette P™-'", 1''™* , ' aWo Mteodre. r;rr='^»S-^^>"''- —s mandes on l'emploi de l'eau el;!;';';'';;''' ,,^.,„ do U Une fois la purulence ■^f^l'l^^";^,^,,, il faut insnrveilleratlei.tncnun.t; .^f '^"'^j'",, „o„iral par lc> levvcuir par des eo-upresse g a^os el^ , ' „,,.

CONJONCTIVITE GRANULAIRE.

térisalions, il faudrait, avec la plus grande ci rconspection.se servir d'abord des solutions de force moyenne de sulfate de cuivre ou de nitrate d'argent, et surveiller leur effet avant d'employer le crayon mitigé comme dans les iutlanimations purulentes génuines. Dans la plupart de ces cas, une cautérisation toutes les quai-ante-huit heures est suffisante.

Si l'inflammation parait trop faible, il faut tàclier de produire une hypérémie artificielle par des compresses chaudes et par des irritations méthodiques à l'aide des caustiques appliqués superficiellement et répétés suivant qu'il est nécessaire. On se sert généralement du sulfate de cuivre, de l'acétate de plomb en solution concentrée, et du crayon de nitrate d'argent mitigé.

En cas de récidive, il faut se laisser guider par les mêmes principes, et tenir toujours compte de ce que la guérison des granulations aiguës exige un certain degré d'hypérémie qu'il faut provoquer lorsqu'il n'est pas suffisant ht réprimer s'il est excessif. Il est bon d'associer au traitement local une médication générale tendant à améliorer la constitution du malade.

2° Granulations chroniqv,es. — Trachome. — .Te ne reviendrai pas ici sur les granulations purement papillaires qui succèdent à la conjonctivite catarrhale et à l'oplithalinie purulente, dont elles constituent un des caractères lorsque ces maladies sont passées à l'état chronique. Dans le chapitre qui traite de ces affections, j'ai déjà exposé que ces granulations sont dues à l'hyperplasie du corps papillaire qui suit l'engorgement séreux de la membrane muqueuse, et qu'elles se présentent sur la conjonctive palpébrale, enflammée et boursouflée, tantôt sous forme de petites saillies ' arrondies, tantôt sous l'aspect de fongosités disposées par bandes, séparées l'une de l'autre par des fissures plus ou moins profondes, et qui deviennent visibles lorsqu'on tiraille la muqueuse. Lorsqu'elles existent en grand nombre, elles abaissent par leur poids la, paupière supérieure et font paraître l'œil plus petit par le rétrécissement de la faute palpébrale. Nous répétons que ces granulations ne sont pas contagieuses en elles-mêmes, mais elles se propagent à l'aide de la sécrétion muco-purulente dont cet état est accompagné, en même temps que d'une sensation de chaleur, de photopbobie et de larmoiement. Le traitement local et général de ces granulations papillaires a été indiqué lorsque nous avons parlé de la terminaison dus afl'Gctions auxquelles elks sont dues. (Voy. page bh.)

80 MALADIKS DE l,A CONJONCTIVE.

L'affection décrite sous le nom d'ophthalmie granulaire chronique ou trachoniateuse, parcourt diverses phases que nous allons décrire successivement, et dont l'aspect si varié pourrait faire croire à un observateur expérimenté à l'existence d'autant de maladies dinérentes. L'expérience a démontré qu'en réalité elles ne sont dues qu'aux évolutions d un même processus pathologique, dont les symptômes se combinent avec ceux de l'inflammation qui accompagne et comi)lique la maladie primitive. ,

Dans la première période de cette maladie, qui se développe tout à fait d'une manière insidieuse, les symptômes inflammatoires peuvent faire complètement défaut. Du moins ils sont si peu sensibles que les yeux peuvent être atteints de oranulations sans que les malades s'en doutent. Tout au plus sont-Us sensibles à l'action de la lumière ou d'autres agents irritants, tels que la poussière, la fumée, etc.

Parfois les bords palpébraux sont un peu colles le matin, ou les yeux paraissent un peu plus petits à cause de 1 abaissement de la paupière supérieure. Si l'on renverse les paupières, la conjonctive, en général, parait hsse, blanche, el d'un aspect tout à fait normal. Seulement on y constate la présence de granulations blanchâtres ou gi-isàtres, vesiculeuses, dont la grandeur varie suivant leur développement de celle de petits points à peine visibles à l'œil nu et s élevant très-peu au-dessus de la conjonctive, jusqu'à celle de gi-ains

de millet. . ^ .. . .

Elles sont semi-transparentes et paraissent ou disseminee> ou rangées en colonnes serrées parallèlement aux bords du tarse, sur la conjonctive palpébralc qui avoisinele cul-de-sae, ou dans le sinus palpébral même; on en voit bien plus rarement sur la conjonctive oculaire, près des angles de 1 œil.

La natm-e anatomique de ces granulations n est pas encore déterminée. Des nombreuses suppositions qui ont ele faites à ce sujet, je n'indiquerai que les deux principales. D'après les uns, elles sont formées par 1 hyperplasie. circonscrite des cellules lymphoïdes renfermées à 1 état normal dans le tissu connectif réiiculaire delà conjonctive. 1; le-^lormeraient ainsi de véritables follicules lymphoïdes (1). D autre, considèrent les granulations comme de véritables neoplasies.

(1) VOV07. Du trachome au r^oint de mœ celluh-pafhologigue v^v\c tloclenr Paul Blun.berR. .le Tiflis {Archives rrnphiho/niolog'r, 1869

CONJONCTIVITE GRANULiUKE. 81

et cette hypothèse est siirtoul défendue par nos confrères belges (1).

Ceux-ci, dont la grande autorité et l'expérience cà ce sujet ne saurait être niée, reconnaissent dans les granulations vésiculeuses que nous venons de décrire le caractère pathologique propre et essentiel de l'ophthalmie des armées, qui prend sous l'influence des inflammations intercurrentes l'aspect variable des ophthalmies catarrhale, purulente ou sranuleuse.

Nous ne pouvons nous étonner que cette forme de la maladie décrite sous le nom de granulations vésiculeuses soit restée longtemps inconnue, ou soit considérée comme exces-

■ sivement rare, parce que nous n'arrivons que rarement à oliserver des granulations chroniques dans cette première période ou elles existent ou peuvent exister pendant longtemps, sans être accompagnées d'aucun symptôme inflammatOH-e, et sans provoquer les plaintes des malades qui en res-

■ sentent si peu de gêne qu'ils en ignorent l'existence.

Dans la deuxième période, les granulations, devenues plus ■volummeuses, se recouvrent d'un lacis vasculaire, et forment auisi un grand nombre de saillies rouges sur la muqueuse patpebrale, d ou elles se propagent sur les sinus palpébraux, a conjonctive oculaire, le repli semi-lunaire et la caroncule acrjmale. En même temps, la conjonctive devient rouge et . faltree, elle secrète un liquide muco-purulent, et quand cet i h p JbnnîT apparaître, à côté des granulations

ha homateuses, des granulations papiUaires, suites de l'in- Ih tiation séreuse du corps papillaire de la conjonctive (granulations mixtes de Stellwas).

^ La troisième période se compose du développement de nouvelles granulations,.en même temps que les granulations iî^olt '"''^1";;? P*^'"'^'"^ l'^"'" f^™^*^ ronde et circonscrite ie t fon iTf ""f s'élargissent et se fondent avec les granulations. On observe alors sur la muqueuse des masses rouges gélatineuses ou charnues, dans

Je doctcu? F ' r*"' f ^^"nulalions palpébra/as, par

g2 MALADIES j)E LA CONJONCTIVK.

lesquelles il n'y a plus moyen de distinguer (.ranulalions el papilles, et nui'affectent les aspects les plus vanaDles. ' Tantôt ce sont des excroissances pédiculées, con.ques ou polypeuses, formant des villosités isolées ou .''f "f ^^ lonnes serrées et parallèles, àM.ées par àc.^^no^^^^^^^^ qui ne deviennent visibles quelorsqu'on tu'aïUe la «mqueuse. Tantôt ils apparaissent comme des tongosite ^^-ë^Un^e coadylomateuses, qui recouvrent en V^^^l^^'^'^'^^ longitudinales la muqueuse des paupières, les ^'""^ l^^*^^^^^^^ In-aux et la région oculaire voisme, amsi ([ue le pli scnu

^"Ï^SnSÏÏoême subit dans cette période une déS-ce fibreuse elle s'atrophie f préseiite aspec du tissu cicatriciel (d'un blanc grisâtre, ^^^ ^^^'^^

rence de vaisseau). Nous voyons '^l-^^'^/'-^" , fJ.^X a^se nalpébrale des cicatrices paraUèles aux bords libies du taise e de à rayonnant vers le cul-de-sac. Si la muqueus qu recouvre ce dernier est atteinte de la même al eration le ralpébiïl diminue de profondeur, se rétrécit de plus en pkCi finit par disparaître, de sorte que la muqueuj cmi recouvre le tarse se continue directement avec celle du globe oculaire qui s'altère de la même açon

Si au début des granulations l-^^ "^^^1^^ e^^«"^' \7 l^'. "^^ l'avons déjà dit, si peu tourmentés qu'ils ignorent 1 état de euryeux, i s ne tardent pas, aussitôt que es gi-auulaUoii^ oiï acquis un certain développement ou qu'elles en rent dai H seconde période, à se plaindre d'une sensation désagréable ^^ïT^tkngers'dans \es.yeux, d'uiie sensibim^ noncée à la lumière, aux causes irritantes el de 1 impo. ^. M té de s'appli.iuer au travail. La sécrétion, même oi>- • u' île est inVignifiante, ..roduil des troubles passagers de la ^ parce qu'elle descend ^^'^^ l cornée Ces svniptômes augmentent .m la nuiiaoR cor ée et s'accompagnent alors de douleurs chaires viole t ^.

^; ca^ L complication d'^i^'^î'-i-^i'-;^!;;!^;:;^::;^ !

vous toute la série des symptômes deja deciKs qu. accomi guent cetle maladie.

Con^Ucations. - L'état rugueux de la ^-Jj^";;;;;,^ -que, s irtout lorsque les paupières sont "f"'^""^'^' ^ ' l Ibrtement appliquées sur le globe -^-'^^^^^.^^Z notables de la cornée. On y constate une xasc ulansat.on

I ;oN'.ro xcTi \Tn': i li a n u lai r !■.

poiTicielle, puis une prolilevatiou des cellules épithéliales el, une production considérable de nouvelles <;ellules entre la couche épithiliale (MûUer) et la membraue de Bowman {pamms (h la cornée). Ces altéi'ations et les opacités qui en résultent occupent, au début, la partie supérieure de la coi'née, et cela si généralement que l'aspect du pannus seul permet de diagnostiquer presque à coup sûr la présence de granulations. Plus tard, l'affection envahit toute la membrane qui se ramollit, perd de sa résistance et cède plus facilement à la pression de la chambre antérieure.

D'autres fois, la cornée participe directement à l'affection Irachomateuse : il s'y produit des granulations souS forme de petites bosselures grisâtres, entourées de vaisseaux qui se propagent sur toute la cornée.

Nous aurons à traiter en détail le pannus de la cornée, avec les affections de cette membrane.

L'affection granuleuse peut se compliquer encore sous de mauvaises influences hygiéniques ou atmosphériques, de la conjonctivite catari'hale, de l'ophthalmie purulente aiguë ou chronique, et la cornée peut alors être atteinte d'ulcères et d'abcès, comme nous l'avons meutionné pour ces inaladies.

Si au moment de ces complications la cornée est déjà couverte de pannus, elle paraît, selon l'étendue de l'affection panneuse, plus ou moins garantie contre les dangers auxquels l'état purulent l'expose. (C'est sur cette observation et sur celle de la l'ésolution des gi-anulations par l'inflammation purulente, que repose l'emploi rationnel du traitement du pannus invétéré par l'inoculation blennorhagique.)

Marche et terminaûon. — Les granulations chroniques se développent souvent d'une manière insidieuse et presque à l'insu du malade, comme nous l'avons déjà vu. Si la maladie s'arrête dans cette forme légère, elle peut guérir spontanément, les granulations étant résoi'bées à la suite d'une réac- (ion inflammatoire lente, qui cependant penl présenter les caractères d'une inflainmaiion aiguë; mais dans la pluparl des cas, la maladi(i suit une mai'che cln-onique et parcourt ses diverses phases. Seulement, les transfoi'rnations des grainilalions n'ont pas lien en même lenqis pour toutes, et il n'est j);is j-ai'e de rencontrer sur la même paupière des granulations à toutes les phases de développement, de sorte que l'on peut assislei' à une nouvelle poussée de grinndalions,

lorsqu'à d'autres endroits de la conjonctive la réaction inflaumiatoire a déjà produit l'infiltration de la muqueuse et r hypertrophie- papillaire, ou môme que la conjonctive a déjà subi par place la transformation fibreuse qui y développe le tissu cicatriciel. De temps en temps interviennent des pb;iscs inflammatoires passagères qui augmentent périodiquement la sécrétion et disparaissent insensiblement.

Pendant la seconde période on observe encore des guérisons par résolution, lorsque le malade est placé dans de bonnes conditions hygiéniques et soumis à un traitement convenable. Mais, "dans la plupart des cas, il restera des cicatrices sur la conjonctive palpébrale. Selon que la cornée a ete plus ou moins atteinte, on y observera des opacités souvent refractaires à tout traitement. Si l'atlection a été de longue durée, ou la masse des granulations considérable, il en resuite souvent un affaibhssement relatif du i-eleveur de la paupière supérieure qui maintient un certain degré d'abaissement de la paupière, même après la guérison de la maladie.

Enlin, après la troisième période, nous voyons des opaciikations plus ou moins complètes, quelquefois même des distensions staphylomateuses de la cornée, en même temps que les propriétés rétractiles du tissu cicatriciel substitue a la conjonctive peuvent donner lieu à la déformation du tarse et au renversement des bords palpébraux en dedans. L obhtération simultanée des conduits de la glande lacrymale peut amener une sécheresse de l'œil qui entraîne la xerose proo-ressive. Nous reiivovons au chapitre de l'ophthalmie purufente pour les diverses terminaisons de cette complication.

Pronostic. — Le pronostic varie selon le développement de la maladie, suivant les conditions au milieu desquelles se trouve le malade, et la facilité qu'il a de se «soigner conyenal)lement. A la première période, la maladie, bien traitée, se termine presque toujours par résolution dans un temps assez court. La durée du traitement est lieaucoup plus longue, une fois que l'aflcction est entrée dans la deuxième période, et la guérison ne s'obtient pas toujours sans laisser des traces sur la conjonctive et sur la cornée.

Plus tard, la maladie est encore plus opiniâtre, sa duiet. pour ainsi dire illimitée, et lors même que le traitement IxHissit à arrêter le développement de nouvelles granulations et à faire disparaiire ceib«s qui existent, les altérations de^

CONIONCTIVITE GRANULAIRE. 85

jaupières et de la cornée produisent des troubles plus ou iîoins sérieux de la vue, et parfois donnent lieu à la cécité.

Ètiologie. — Les granulations chroniques atteignent rarenent les enfants et les vieillards; selon la statistique, elles )araissent plus fréquentes chez les hommes que chez les émmcs. Il n'est pas généralement admis que la conjonctivite franulaire se développe sous l'influence d'une disposition [énérale de l'oi-ganisme. Et, en effet, on l'observe chez des ndividus tout à fait bien portants, tandis que l'aspect malalif et cachectique des personnes atteintes depuis longtemps ie^ granulations chroniques est dû à l'influence funeste [u'une durée prolongée de l'affection exerce sur la santé et ur l'esprit des malades.

Lès propriétés contagieuses de l'ophthalmie granulaire ne ont plus contestées aujourd'hui ; il est possible qu'elle se ropage par l'intermédiau'e de l'air chargé de miasmes, mais ssurément le contact diract de la sécrétion contagieuse reroduit ou les granulations ou une des autres formes d'inammation de la conjonctive.

La maladie apparaît endémiquement ou par épidémies qui propagent i-apidemcnt dans les rassemblements d'individus )umis cà de mauvaises conditions hygiéniques (épidémies ophthalmie militaire).

Traitement. — Le traitement rationnel des granulations, ui demande beaucoup de tact et de prudence, doit s'occuper e 1 état local, de l'état général et de l'hvgiène du malade, ans le traitement local, l'emploi des caustiques joue le prener rôle ; il faut seulement que le médecin se rappelle toulurs qu il ne s'agit aucunement de détruire les granulations ir les cautérisations, mais de provoquer par ce moyen un ■at nillaminatoire snffisaut pour leur résorption. Nous avons isiste a plusieurs reprises sur le fait que la nature provoque le-nieine la réaction inflammatoire indispensable à la guéson des granulalions. Le devoir du médecin consiste à aider ictioii delà nature si l'inflammation n'est pas suffisante, on à modérer si elle devenait excessive. Les cautérisations ne "lUMil avoir heu que sur les points envahis et ménager la 'ii.)onclive saine dont la conservalinn est précieuse Voilà >urqnoi les caustiques en substance, tels que le sulfkte de iivieel le crayon mitigé de nitrate d'argent sont préféra-

86 MALAIlll'-,? m I.A m.NJONCTIVK.

bles pour les granulations isolées, les solutions de ces mêmes substances applicables seulemcntdans lesgraiiuktions diiiuses.

L'acétate de plomb provoque des réactions trcs-persis-tantes et ne doit servir que lorsque la cornée est mtacte, cause des dépôts et incrustations (lui peuvent s'y former, en 1 dépit des lotions les plus soigneuses.

Le glycérolé au tannin est d'un efl'et très-modere, mais il ^ l'avantage de pouvoir être appliqué parle malade lui-ineme;^ nous nous en servons par conséquent loi'S(iue le malade n» peut être ^m que rarement. Dans les mêmes conditions, oi" peut prescrire une pommade au sulfale de cuivre, d apre les formules suivantes :

Tannin 50 c^ntigr.

Glycérolé d'amidon 10 g™™.

ou

Sulfate de cuivre cristallisé.. . . 15 centigr. Glycérolé d'amidon '0 gram.

D'ailleurs, il est indispensable, lorsque l'atrection dure irès-longtemps, de varier le choix de ces médicaments et de leur substituer l'alun, le borax, l'eau chlorurée, parce .p.e la conionctive tinit par s'habituer à leur action.

Quelquefois il devient même utile d'interrompre toute médication active, et de restreindre le Irailement aux prescnii-

tions hygiéniques. , , . .•

La Inaction immédiate qui suit chaque cautérisation eSI quelquefois très-vive et peut être réprimée par des co.njn ni-esses ou des douches fraîches; en tout cas, il laut huii ^e garder de renouveler la cautérisation avant que 1 iriilation produite par la précédente n'ait disparu Les cautérisations énergiques coup sm coup aggnnHuU 1 ^-^^^^^^ an.èuent des complicalious et rendent ^^'^ PJ-'^f , / indifl-érentes à l'action des médicaments qu il faut alol^ cho- «irde plus en plus forts. Lors.pie les grannlaluuis sont m-{ c-hcs, indolentes, sans réaction inflamn.aloi.r on peu remplacer avantageusement, selon le conseil de 'l;^/;'-^'^^ ; ^ nu.lérisalious par des compresses d eau chaude de /.O a . 0 degrés, enqdovées pendant un temps plus ou moms p olougé, selon là difficulté de provoquer 1 niflammahon iR-

Des'iArificalinns peuveni èire d uu bou eMet dans les > ..^

CONJONCTIVITK (xRANULAIRE.

de granulations diffuses avec boursouflement delà muqueuse, pour combattre rapidement un excès d'inflammation; mais on aurait fort d'eu l'aire mie méthode générale de traitement des granulations clironiques, car elles produisent alors des cicatrices dangereuses, surtout lorsqu'on les l'ait suivre de cautérisations.

Je remplace très-souvent les scarifications pai- un frottement énergique, exécuté à l'aide d'une éponge un peu dure sur la muqueuse malade. Le résultat, an point de vue de l'écoulement du sang, est à peu près le même, et je crois qu'en enlevant ainsi la couche épithéliale, on amène une activité de circulation qui favorise la résorption des granulations.

L'excision des granulations n'est permise que dans des cas bien déterminés, c'est-à-dire quand les granulations sont isolées et pédiculées, en un mot lorsqu'on peut les enlevei' sans risque d'entamer la conjonctive elle-même. D'autres fois, la conjonctive et plus souvent la caroncule sont recouvertes d'une couche épaisse fongueuse ou gélatineuse qui ne disparait qu'avec une lenteur désespérante sous l'influence des cautérisations ordinaires. Dans ces cas, il peul être permis d'enlevei- cette couche, en observant toujours la précaution indispensable de ne pas s'étendre trop loin et surtout, je le répète, en évitant d'exciser une partie saine de lu muqueuse.

L'excision môme (Jes granulations ne présente pas de difficulté. Le malade étant assis sur une chaise, on fait fixer, par un aide pL-icé derrière lui, la tète et la paupière préalablement renversée, tandis qu'un autre aide doit être prêt à éponger le sang qui s'écoule. L'opérateur saisit alors la granulation avec une pince à grilTes fines, l'attire et l'enlève tout près de sa base par un coup de ciseau. Il est indispensable d'enlever ainsi les granulations isolément et de n'en exciser qu'un nombre très-limité îi la fois. II faut se'garder de vouloir abraser, pour ainsi dire, toute la muqueuse pour lui rendre sa surface lisse. Pendant cette opération, le malade ne ressent de la douleur que quand les ciseaux entament la conjonctive saine. La cautérisation immédiate après l'excision doit être évitée, à cause de l'action trop profonde du [Caustique; il faudrait plutôt appliquer pendant quelques minutes ides compresses fraîches, pour combattre la légère réaction ciul *s'ensuit.

Après les excisions, comme après les scarifications, on arrête 1 écoulement du sang en remettant la paupière dans sa position

88 MAUADIKS 1>IC LA CONJONCTIVE

normale; il ne faut pas oublier d'enlever préalablement, avec une éponge fine, les petits caillots de sang qui s'arrêtent dans les plis de la conjonctive et qui gêneraient le malade.

A mesui'e que la maladie marche vers sa guérison, il faut abandonner les moyens énergiques pour euiployer des médicaments d'une action plus i'aible, puis employer ces derniers après des intervalles de plus en plus longs et cesser graduellement tout traitement local.

Les compHcations du côté de la cornée exigent la continuation du traitement des granulations et au début l'emploi de l'atropine.

Quant au panuus de la cornée, nous exposerons son traitement avec les afVeclions de cette meuibraue.

L'altération cicatricielle de la conjonctive et la sécheresse de l'œil qui s'ensuit doit être combattue par des lotions avec du lait, des instillations d'huile fraîche et de glycérine, et l'emploi d'une solution de carbonate de soude (1 gr. pour :50 gr. d'eau).

11 est indispensable, dans le traitement des granulations chroniques, de porter sou attention sm- les rapports des paupières avec le globe de l'œil. L'action mécanique du frottement de leur face interne, lorsqu'elles sont fortement appliquées sur l'œil, ainsi que l'attouchement des cils lorsque le bord palpébral se dévie en dedans, devient une des causes les plus fréquentes des complications graves de la cornée. Ou diminue la pression des paupières sur le globe de 1 œil en élargissant la fente palpébrale par l'opération Aiic cnnioplastie, que nous décrirons à propos des maladies des paupières. On obvie souvent au renversement du bord palpebrat, par cette même opération ou par des procédés dn-ects que 'nous exposerons dans le chapitre de Vcntvoimn.

S'il persiste, après la guérison, un certain degré d abaissement de la paupière supérieure, suite de la taiblesse du releveur, ou peut essayer d'abord des exercices méthodiques destinés à combattre cet état de choses. Us consistent a taire regarder le malade en haut, pendant qu'il ferme 1 autre œil, à maintenir cette direction pendant ((uelques instants e à renouveler cette manœuvre plusieurs fois par jour, b il est nécessaire, on peut aussi remécUor à cet état de choses par mie opération Irès-simi.le dont nous parlerons a 1 occasion du ptosis.

PTÉRYCrlOiX. 89

Le traitement général doit tenir compte des conditions iconstitiitionnelles et des diatiièses existantes; en tout cas, il importe de tenir le ventre libre et d'activer les fonctions de, la peau (frictions scelles, transpiration légère, bains à l'air sec). Le caractère contagieux de la maladie exige l'isolement du malade, surtout lorsque l'affection s'accompagne de 'écrction, circonstance qu'il ne faudrait pas oublier, lorsqu'on renvoie les malades dans leur famille. Il est vrai que les granulations, lorsqu'elles ne sont pas accompagnées do sécrétion, ne paraissent pas exposer au danger de la contagion. Mais nous ne devons pas oublier que la sécrétion peut >'établir à chaque instant et il faut en prévenir les malades H leur entourage.

Nous' partageons l'opinion de ceux qui considèrent qu'une )onne hygiène est souvent plus avantageuse dans le traitenent des granulations que tous les autres moyens. Le séoiu- dans un air pur compte parmi les conditions indispenables de la guéiison ; plus encore, la maladie déjà guéi'io écidive facilement si le malade s'expose à des influences tmosphériques défavorables. Un changement de séjour, le 'éplacement dans un autre pays, ont été reconnus comme xerçant une action heureuse sur la marche de la maladie.

PTÉRYGTON.

On donne le nom de ptérygion à un épaississement d'une lartie plus ou moins grande de la conjonctive fortement vasularisée en foi-me de triangle, dont la base coirespond à la irconférence du globe oculaire, et dont le sommet est dirigé ers ha cornée sur laquelle il peut empiéter phis on moins ig. 23). Il est très-mobile sur la sclérotique, siège en généi'al lans la direction du muscle droit interne, plus rarement lans celle du droit externe, et exceptionnelloTnent on en encontre plusieurs sur le même œil.

A son début, on peut reconnaîti'e au sommet du ptérygion petite ulcération qui pi'ovoque cette formation cicalriielle, et qui en avançant sur la cornée peut eiiliviinor le térygion jusqu'au centre de l;i cornée et ruème au delà de |i pupille. Il peut devenir le siège d'une innannnation et pa-

rait alors injeclc et gonné (ptéi'ygion charnu, sarcomateux),! .tandis qu'habituellement il est pâle, mince et semi-transpa- , rent(ptérygion ténu ou membraneux). Le ptén'gion, qui d ad-

leursue disparaît jamais spontanément peut l'este'- /"'J^^fi-i niment stationnaire, ou sui^TC une marche cont.nuelleuienti ou périodiquement progressive. -i a/

Ce n'est que lorsqu'il est enflamme et épais qu il cause au malade la sensation d'un corps étranger entre l^s paupières Il peut aussi produire une gêne assez prononcée dans les mouvements de l'œil, lorsqu'il occupe une large étendue de

la conjonctive. , .,

Enfin, s'il atteint ou dépasse le centre de la cornée, il pro voque des troubles considérables de la vue.

Pronostic. - Le ptérygioii est tout à fait iuoffensif en luimême; il faut considérer, au point de vue du P'^"; ; ^^^^ étenduesur la cornée etsa tendancea progresser D ^ 1 • il ne laut pas oublier que même apr^s 1 operal.on, a a u de la cornée occupée par le ptéryg.on reste plu. ou mou.> opaque ; il récidive facilement.

Pfioloaie — Le ptérygion se forme de la manière .uivai^ A k suite dJ peîits ulcères du bord de la c..-uee a . catrisaliou attire le tissu épithéhal environnant ; celui de 1. ^ e fo^^eut attaché h cette menibrane, ne pouva-d éië a rétraction cicatricielle agira \>-^'^^'^':}y:^^^ onio;.ctive, qui est assez mobile et se ^^^l '^''^:^ Celie-ci, ainsi tiraillée vers le siège de la cicatrice, ^ phs . . s'irrite se vascularise et forme ainsi le pterygion "iu; explication est corroborée par l'examen histologique

l'TÉRYGION.

lu ptérygion qui ne se compose absolumeiil <[vio des élciiieiits le la conjouctive.

Traitement. — On a tenté, mais presque toujours sans •ésultat, de faire disparaître le ptérygion par des cautérisaions avec le sulfate de cuivre, le nitrate d'argent ou avec le f.audanum. M. Decondé a publié plusieurs succès qu'il a objenus en appliquant à diverses reprises, sur toute l'étendue du btéryg'ion, une couche d'acétate de plomb eu poudre fine ; 1 l'y laisse séjourner pendant quelques secondes, puis enlève e sel au moyen d'un pinceau imbibé d'eau. En général, on le peut débarrasser l'œil d'un ptérygion que par une inteiii-ention chirurgicale qui cependant est inutile lorsque le ptérygion ne dépasse pas le bord de la cornée et ne gêne pas es mouvements de l'œil.

Les méthodes opératoires auxquelles il donne lieu sont la igatiu'e, la transplantation, l'excision. ^

Ligature. — Un fil muni d'une aiguille àchacune de ses extrénités est introduit sous le ptérygion de la manière suivante :

L'opérateur, après avoir soulevé le ptérygion à l'aide d'une oaire de pinces, passe une des aiguilles près du bord de la pornée, de haut en bas, au-dessous du ptérygion, l'autre ùguille est passée de la môme manièi'e près de sii base

FiG. 24. — Liiralin'u (lu pl(iryg;ioii.

iflg. 2Li). Ou coupe alors le lil derrière les aiguilles, et l'on )bticnl ainsi I rois ligatures .-Celles des côtés externe et in-

MALADIES W. LA CONJONCTIVK.

Icrne doivent embrasser la base et le sommet du ptérygion, celle du milieu est destinée à le détacher de sa surl'ace posléi'ieui'e. Ces ligatures étant solidement fermées, on peut couper les extrémités des fils. Au bout de quatre jours à peu près, la partie étranglée du ptérygion s'enlève facilement (Szokalski).

La transplantation ou déviation est pratiquée de la manière suivante : Après avoir détaché le ptérygion de la cornée et de la sclérotique, de sorte qu'il n'adhère plus que par sa base, on pratique une incision qui commence au bord inférieur de la plaie conjonctivale, à Ix millimètres de distance du bord de la cornée, et qui doit être continuée parallèlement à ce dernier dans une étendue suffisante pour recevoir l'extrémité libre du ptérygion. Les choses ainsi disposées, le ptérygion doit être fixé sous l'incision de la conjonctive par quelques points de suture (Desmarres). <

L'excision du ptéi'vgion : Los paupières étant écai'tées

Fin. 25. — Excision du ptérygion.

l'opérateur saisit le ptérygion, soit avec des pinces, so l'aide d'un (il passé au préahiblo sous la membrane ven

PTÉHYGJON. 93

lartie moyenne et nouée sur le ptérygiou (Delgado); soulelant alors celui-ci, il détache soigneusement avec des ciseaux .'abord la portion cornéenne en commençant par le sommet Bg. 25), et eu contiuuant à séparer la membrane de la scléotique jusqu'à la distaucc de 3 ou à millimètres du bord de i cornée. La membrane ainsi détachée doit être enlevée 3ut à iiiit par deux coups de ciseaux qui convergent vers a base.

Uu autre procédé consiste dans la manœuvre suivante: opérateur tenant soulevé le ptérygiou de la surface de la clérotique, passe par derrière un couteau à cataracte, le iranchaut tourné du côté de la-cornée et le plat de la lame ur la sclérotique. 11 sépare alors le ptérygiou du tissu sousicent jusqu'à son sommel, puis l'attirant avec les pinces, il ontinue l'opération comme dans le procédé précédent

U'it).

Le ptérygiou une Ibis enlevé, on réunit par une ou deux iitures les bords de la \Àaie conjonctivale après avoir déta-

Fie. -2fî. — Suture de la conjoiiclivo uprcs Tcwisiou du pldi-ygion.

lé la muqueuse voisine de sa i)ase pour faciliter son "lis^cent (fig. 26).

Ill n'est jamais nécessaire ni même désirable d'en]e\er le ■érygion jusqu'à sa base, et l'étendue iiuliquée de l'incision tïira généralement.

'M. l'ageustecher laisse môme le jdéi'ygion, a])rès l'avoir daché de la cornée et de la sclérotique, ndhérent à sa base renverse, et réunit les l)or(ls de la plaie conjonctivale par ic ou deux sutures : le ptérygiou ainsi renversé s'nli'oi.hie ■Js-vite, faute de nutrition.

MALATITEP hF, LA CONJONCTIVK

ÉPANCHEMENTS SOUS-CONJONCTl VAU X .

Êpanehcments sanguinolents, ecchymoses — Les |f

ecchymoses de la conjonctWe se présentent sous forme de I taches ou d'un anneau rouge foTicé qui entoure la cornée et donne à l'œil un aspect eflrayant peu en rapport avec la légèreté de la lésion. En effet, elles ne présentent pas d au|l très symptômes et disparaissent par résorption, eu passant successivement par toutes les nuances qui accompagnent e^ ecchymoses en voie de guérison. EUes sont causées par dej opérations qui intéressent la conjonctive (strabotomie),pai des, coups sur l'œil, ou par des efforts généraux qui s accompagnent de congestion vers la tête, comme de ^ou ever de^ fardeaux considérables, les vomissements, la toux, etc. On lei rencontre encore comme symptômes d un état maladif considérable (scorbut) et après les fractures de 1 orbite ou de I. base du crâne. Abstraction faite de ces derniers cas ce épanchements sont sans importance; lem- résorption, trcslente d'ailleurs, et qui exige parfois des semaines, se !a,t spontanément; tout traitement parait donc ^"Iffl.'^-

Pour calmer les craintes du malade, on peut Un congédie l'emploi des compresses trempées dans de 1 eau mélangée d( nuelques gouttes de teinture d'arnica. . , . „

^ Si l'épaîichemeut est exceptionnellement considérable, o peut faire une incision à la conjonctive et =n^pl>quer un W deau compressif qui parait en gênerai accélère, la usoip tion du sang épanché.

* .. .net.iMUCut séreux , œdème sOHS-oonîonc<îval.

„ ;r^U sous Ibrme d'un soulèvemonl semi-transparon de •i conionclive, d'ailleurs saine, soulèvement qui peut être m l:in3'^e ciu'il recouvre la cornée et tait sailhe entre les

""m'Slîui ra.- hn-mème n'est pas douloureux, c.1 nre que toùiour le symptôme d'un processus ninainmaloue, îoU dans 1 s membranes internes de l'œil, soit des paupières

LÉSIONS fib: LA CONJONCTIVE.

ju des parties voisines (chalazium, érysipèle, inflammation .11 sac lacrymal, phlegmon de l'orbite). ! D'autres fois, il survient en même temps que les épancheiients séreux clans d'autres parties du corps, chez les anémiues, les chlorotiques, les personnes atteintes de maladies u cœur ou des reins, etc.

Le meilleur moyen à employer contre l'épanchement sé- •eux en lui-même consiste dans l'opération du chémosis idiquée plus haut (p. 58).

Emphysème sous-conjonfctîval. — Cet état est caraciîrisé par le soiilèvement de la conjonctive, la sensation articulière de la crépitation que l'on éprouve en la comirimant et la facilité ayec laquelle la compression le fait dislarEijître. Il se produit lorsqu'une fracture delà paroi orbitaire let le tissu sous-conjonctival en communication avec les fosses lasales, les sinus frontaux ou les cellules ethmoïdales.

U peut encore résulter d'une déchii-ure du sac lacrymal ou es conduits lacrymaux par lesquels l'air pénètre dans le ssu sous-conjonctival quand le malade se mouche. L'en- ■hysème lui-même est sans importance et disparaît par une ompression bien faite à l'aide d'un bon bandage placé sur ps paupières closes.

Chez les enfants scrofuleux, il a été observé des épancheents purulents sous la conjonctive, vers l'angle interne de œil (Arlt). Leur cause est inconnue et ils disparaissent spon- .nément.

LÉSIONS Dlî LA CONMONCTIVl!:.

La lésion de la conjonctive peut avoii- lien : 1° par la pé- Sttation de corps étrangers; 2° par des l)lessures avec des struments tranchants; 3" par des agents chimiques.

(l^Les corps étrangers on pénétrant dans la conjonctive ■suvent provoquer une lésion brusque, ou causeï' par leur ■jour prolongé des symptômes d'irritation progressive. Ils se gent rarement dans la conjonctive bulbaire, souvent sur la

MALAL'IKS UK LA CONJuNCHVli.

,|a cul-de-sac. l,or«iu ik , " "™ ; ',„„i„„ciivile

phobie et même de W'^f ^^^'^^P^'^'^^ehcrcl.e el revtractiou Le traitement do.t débuter ^^^^Z^,,,,, abaque du corps elmng DcU ce but, ^ ^. .^^^ paupière a pait, i^cbcnu cu cul-de-sac supérieur a

Explorer «oigaeuseu.eut les pl s du ciU de^ 1^^^^,

l'aide de la curette c e ^^^^'itHive et ou faciles à eulever gouéralemeut peu à la coujonc e 5.^, ,ou

avec uu pinceau, ^!'^ \^"«%^^^^"'^i; ret résistent à l'ac^ fortement implantes dans la muqueuse e

tival. .

d'autres parties de l'œil sout «ut .'éuuir

(àcilemenl. Lorsqu elles so t tics „iaua ,

les tards de la pla'= °' 'SJÔmeul avec des ciseauJ et, s',1 est nccessarre, «" »^J„ »^„t' f . icl.es ot uu baudeau , l?„!;:;SrcSrtïe,,t';.tïï:?e™,,t l'irr,.a.iou co„sdcut,ve.

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