‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 148 sur 160 · PROTHÈSE OCULAIRE · texte numérisé non relu

PROTHÈSE OCULAIRE

de l'artère ophthalmique et de ses rameaux, l'introduction de boulettes de charpie imprégnées de perchlorure de fer ou l'emploi du fer rouge. Ces deux derniers moyens présentent un danger sérieux à cause du voisinage du cerveau ; le perchlorure surtout, parce qu'il arrête la circulation et produit une altération chimique du sang dans les vaisseaux à une assez longue distance; ce qui présente un danger grave pour les vaisseaux de la base du crâne.

Le tamponnement se fait à l'aide de petites boulettes de charpie sur lesquelles on ferme les paupières, les- recouvrant de charpie et fixant tout ce pansement à l'aide d'un bandeau compressif serré. Lorsqu'on a réussi à arrêter le sang avant l'application du bandage compressif, on peut procéder à la réunion de la commissure externe, par première intention, au moyen de simples sutures.

Le bandeau ne doit pas être changé dans les premières vingt-quatre heures, et son application est à continuer jusqu'à ce que l'orbite se trouve couverte d'une couche de granulations. Pendant tout ce temps, le malade doit être entouré de soins et de précautions comme après les lésions graves; l'inflammation locale et la fièvre générale doivent être combattues par les moyens employés ordinairement.

Lorsque tout danger d'une Jiémorrhagie consécutive a disparu, que l'orbite se remplit de granulations, le bandage devient inutile, et il suffit alors de nettoyer plusieurs fois par Jour Forbite avec des injections d'eau pure, jusqu'à ce que la cicatrisation soit complète.

Si les granulations se forment très-lentement, ou si elles sont pâles et flasques, il peut devenir utile d'employer une pommade irritante, la teinture d'opium, le nitrate d'argent, etc.

DE l.A l'IlOTUI'SE OCLiLAllUi (aI'I'I.ICATION d'iJN (KIL AIITIMCIEI,).

L'emploi d'un œil artificiel a surtout pour but de diminuer^ autant (\nc possiijie, la dill'ormilé qui résullc de la présence d'un œil fortement altéré on de faljsence du gloi)e de l'œil dans l'orbite. Il empêche, en outre, dans les cas où le globe

•^24 JlALADlES ]JK l'orbite. ^

oculaire a été peitlu ou lorsqu'il a considérablement diminue de volume, le l'étrécissemenl consécutif de l'orbite, l'eni'oncement et l'atrophie des paupières, ainsi que l'inversion des bords palpébraux si souvent cause d'une irritation pénible du sac conjonctival. Enfin, l'emploi d'une pièce artificielle, en rendant aux paupières leur position normale, facilite le passage régulier des larmes et empêche efficacement l'épiphora et ses suites fâcheuses.

Pour qu'une pièce artiûcielle remplisse cebut, il est nécessaire, non-seulement qu'elle soit fixée en avant par les paupières, mais encore que la face postérieure concave de l'émail s'appuie en autant de points que possible sur la conjonctive bulbaire.

Il résulte de ce que nous venons de dire que les conditions les moins favorables à la prothèse oculaire se rencontrent dans les cas où l'on a pratiqué l'extirpation du globe de l'œil et du tissu orbilaire, la pièce réparatrice ne jouissant alors d'aucune mobilité. Les circonstances sont plus favorables après la simple énucléation: la conservation des muscles donne alors une certaine mobilité au sac conjonctival contre lequel la pièce artificielle s'applique, et celte dernière suif, au moins en partie, l'œil sain dans les mouvements qu'il exécute.

Les plus beaux résultats sont fournis i)ar la protiiese oculaire, lorsque le volume du globe de l'œil n"cst (juo faiblement diminué. La petite pièce artilicielle s'appuie alors partout, et suit les mouvements du moignon dans des excursions aussi étendues (ju'à l'état normal.

Lorsque le globe de Vœ'd, dont l'altération rend l'emploi d'une pièce arlificiclle désiral)le, est d'un volume supérieur ou même égal à cehii de l'œil normal, il est inip..ssil)lo de faire porter un œil artificiel aussi mince qu'il soit. Il devient alors nécessairedediiiiinuer dans une juste mesure le vohime de l'œil, soit en pratiquant la mélliode ingénieuse de M. Critchctt, pour l'ablation des slaphylùmes antérieurs (voy. p. 152). soit eu siii\aul le conseil de M. dr (îror/c, qm préfère délerminer dans ces yeux une airoplue modérée

(voy. p. 153). ,

La pièce arlilicielle ne doil être portée que lorsque la coujonclivc ou le moignon ne préseuteiit plus trace d lullannnation et de sensibilité. On commence habituellement par un œil d'un petit volume, et l'on augmente progresMvcmcnt si

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