‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 20 sur 160 · Kératite interstitielle · texte numérisé non relu

Kératite interstitielle

a. Kératite interstitielle vasculaire. — L'affection débute par lun réseau épais de vaisseaux qui prennent naissance dans le ■tissu sous-conjonctival, passent sur la cornée et s'y terminent ibrusquement. Ce sont des vaisseaux artériels fins et parallèles, au miheu desquels apparaissent plus tard des veines ti'èslarges et tortueuses ; ce réseau vasculaire donne à la partie de la cornée qu'il occupe un aspect tellement rouge, qu'à première vue on pouri'ait croire à une extravasation de sang isur les bords de la cornée.

j Cependant on observe bientôt entre les vaisseaux la préjsence d'une exsudation grisâtre, et au bord de la vascularisaition, une opacité jaunâtre profonde. Toute la partie atteinte de vascularisation proémine au-dessus de la membrane, tanidis que l'inflhration jaune ne présente pas de gonflement. Ce dernier fait s'explique parce que le processus pathologiique consiste dans une transformation du contenu des cel- Hules de la cornée, sans segmentation des noyaux, sans proliifération de nouvelles cellules, enfin sans fonte purulente. .Quelquefois on observe au-dessus de l'infilti'alion une altéraition de l'épithélium qui prend un aspect singulier produit ■par une hyperplasie de ses cellules.

Lorsque la maladie entre dans la période de guérison, nous voyons d'abord disparaître les vaisseaux fins (arlériels), la

/^/^[^ CORNÉE Kï SCLÉltOTKjUK.

partie .soulevée de la cornée s'aplatit et rinfiltralion prend une teinte grisâtre. En même temps, elle se circonscrit en forme d'opacité ronde vers laquelle s'étendent quelques vaisseaux superûciels (pannus régénérateur). L éclaircissement de la cornée se produit de la périphérie vers le centre, qui parfois ne reprend pas sa transparence complète, ou ne la reprend qu'après un temps plus ou moms long.

Une forme particulière de la kératite interstitielle vasculaire est une variété profonde de la kératite en bandelettes, ■ consécutive à la conjonctivite phlycténulaire, et que nous

t^^^^^^ ces deux afl^ctions sont les ,

'"^Danf la forme interstitielle, nous constatons une infiltration plus profonde, et un grand nombre de vaisseaux resserïés qui n'atteignent pas toujours la partie infil ree de a cornée tandis que dans l'autre, la phlyctène est située a a surface de la cornée, et se trouve toujours au sommet de la netite bandelette vascularisee.

Les symptômes subjectifs qui accompagnen la kératite inte sti il e sont très-variables; quelquefois, à peme prooncé ils atteignent dans la plupart des cas un degré de io eTce très-considérable. Les malades se plaignent d une ;^î"haleurdansl'œil,dedouleursciliaAres d^ et de photophobie. La vision est natureU*ment tlL^-altuce.

Marche et terminais^. - La durée de la kératite int^^^^^^ lielle est toujours très-longue ; il se passe plus de deux mois av^t que k maladie n'ait parcouru sa période progressive

avec toutes leurs conséquences. vhvnérémie et de

La participation de la conjonctive de ^ V oit être rinfilt\.ationcalarrhale, si elle ^ '^^""^^^^^^L considérée comme un symptôme f'^^'^^, tr^^^ ^' vune Raremenl on observe la comp loa ion " J' ."^ '^^^ ,,,o. cvclite. Cette dernière, qui résulte d une propagation lu n . rinllaininaloireu le corps ciliairo. pari nit^^^^^

KlÏKATiïKS l'AHKN-CIlVMATEnSES.

ides vaisseaux, s'annonce par une exacerbation des symptômes [d'irritation, une photopliobic intense, des douleurs violentes et persistantes, une diminution de la consistance du globe , oculaire et de l'acuité visuelle.

' Pronostic. — Malgré la longue durée de la maladie, le 'pronostic est en général favorable, parcequ'il n'y a pas de disposition à la suppuration. Ce qui l'aggrave au point de ivue de la vision, c'est le siège de l'infiltration au centre de la cornée, parce qu'il reste alors une opacité plus ou moins ■.gênante, qui d'ailleurs s'éclaircit encore progTessivement surtout chez les jeunes malades. La complication de cyclite, : qui en somme est rare, rend le pronostic très-grave.

Étiologie. — La kératite interstitielle survient fréquem- < ment chez les enfants, à la suite de conjonctivite phlycténuilaire, ou idiopathiquement sous l'influence d'irritations exté- (rieures, surtout chez les individus mal nourris et affaiblis.

Traitement. — Dans le traitement de la kératite interstiitielle vasculaire, il faut nous contenter, du moins pendant sa I première période, de garantir l'œil malade conti-e l'influence I nuisible du grand jour, du vent, de la poussière, etc., et (surveiller la marche de l'inflammation.

Les collyres astringents ou les caustiques doivent être entièrement rejetés, car ils ne pourraient faire que du mal. ' Nous combattons les douleurs par des frictions sur le front avec la pommade mercurielle belladonée, et au début de I l'affection par des instillations d'atropine, qui plus tard sont !sans effet, parce que le médicament n'est plus résorbé.

Nous ne possédons pas de moyen pour enrayer la marche I de la maladie; lorsque la cornée commence à s'éclaircir, on \ peut recommencer les instillations d'atropine, puis essayer les insufflations de calomel, et s'ils sont bien supportés, les renouveler journellement ou les remplacer par la pommade 'd'oxyde jaune de mercure, dont on essaye d'abord une faible close et qu'on peut augmenter progressivement.

La paracentèse de la chambre antérieure a été également ■ conseillée contre cette forme de kératite (Ilasner). Le traitement de la kératite en forme de bandelette a été exposé plus haut. (Voy. p. Th.)

l'n trailemcnf général dérivatif et fortifiant doit accom-

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