ABCÈS DE LA CORNÉE
Mifants à l'âge de deux à quatre mois, qui meurent généralement très-vite, sans symptômes cérébraux et chez lesquels on L oiistate à l'autopsie l'existence d'une encéphalite.
Enfin, nous avons à noter la kératite suppurative qui accompagne lés lésions de la cinquième paire intra-crànienne M qui a reçu le nom de kératite neuro-paralytique. Il se prohiit alors une insensibilité complète delà cornée qui s'altère ^(lus l'influence des causes irritantes extérieures conti'c les- [uelles l'œil ne se garantit plus par l'occlusion des paupières. D'ailleurs, ce fait s'observe déjà dans une mesure plus resi i'inte, lorsque les ramifications de la cinquième paire dans Idrbite et dans le globe de l'œil, sont exposées à une forte jiession bu à un tiraillement, comme par exemple dans le glaucome, l'exophthalmos, etc.
Traitement. — Dans les cas de kératite suppurative inflammatoire, lorsque la vascularisation est considérable et la douleur vive, on peut commencer le traitement par des compresses fraîches, l'application de quelques sangsues et des injections sous-cutanées de morphine à la tempe. En même temps, on prescrit des instillationsd'atropine, et l'onfait usage du bandeau contentif.
Lorsque la maladie débute sous la forme indolente, il faut s'abstenir de tout traitement antiphlogistique, et employer des compresses chaudes, qu'il faut continuer jusqu'à la vascularisation et jusqu'à la formation d'un anneau grisàli-e autour du foyer purulent. L'abcès une fois formé, quelle que 3oit sa nature, et le pus rassemblé dans la cornée, il faut le Iraiter d'après les principes généraux, c'est-à-dij'e l'ouvrir par une paracentèse, soit à l'aide de l'aiguille (voy. p. 59), soit à l'aide d'un petit couteau lancéolaire, si le foyer purulent est de grande étendue. On conclut à la présence du pus par la durée de l'inflammation, et en tenant compte de son développement plus ou moins rapide, par la couleur plus foncée de l'injection péricornéenne, par l'apparence plus distincte de la teinte jaune du pus, et surtout par l'attouchement du foyer au moyen d'une sonde ou de la convexité d'une curette de Daviel. (Arlt.)
Lorsque l'abcès est situé superficiellemenl, il suffit de l'ouvrir, en conduisant à sa partie inférieure un couteau à cataracte h travers la paroi antérieure. Si la jiialière qu'il
COHNÉE ET SCUÉHOÏIQUE.
contient ne s'échappe pas spontanément, on peut l'enlever avec précaution à l'aide d'une curette.
Lorsque l'abcès est profond, il vaut mieux enfoncer l'aiguille à paracentèse vers sa base, et la faire pénétrer obli^ quemont à travers l'abcès dans la chambre antérieure, en ayant soin, par une inclinaison convenable de l'inslrumeiit, d'éviter toute lésion, soit de l'iris, soit du cristalUn. 11 faut se garder aussi d'une évacuation trop rapide de l'humeur aqueuse, et il vaut mieux: entr'ouvrir peu à peu la plaie avec la curette de Daviel ; à l'aide de pinces fines, on peut retirer le pus aggloméré qui s'interpose entre les lèvi'es de la . plaie. Cette paracentèse réalise l'avantage de voir L'humeur ■ aqueuse, en s' échappant, entraîner les matières i-enferrnées dans l'abcès et en nettoyer la cavité, en même temps que l'opération provoque une diminution de la pression qui, de la chambre antérieure, agit sur la cornée dont la résistance est amoindrie par le processus morbide.
Cette diminution de la tension exerce toujours une action très-favorable sur le travail de réparation, qui est en somme le but de tout traitement pour cette maladie. 11 devient parfois nécessaire de répéter quelquefois cette paracentèse, qui doit toujours être suivie de l'application du l)andeau compressif.
Quant au traitement général, si au début d'une kératite" purule'nte inflammatoire il peut être indiqué de prescrire quelques purgatifs, il est en géaéral l)eaucoup plus nécessaire de maintenir les forces du malade par un régime fortifiant, par des toniques comme la quinine et le 1er, et [tar de légers stiuuilants.
Le traitement de l'hypopyon, des ulcères etdes opacités de la cornée qui peuvent se former à la suite d'un abcès, sera cvposé plus loin.