LÉSIONS DU CORPS CILIAIRE
Les blessures qui intéressent la région c.liaire sont . oui des sections nettes par un instrument tranchant, ou de.s nlaic- plus ou moins irrégulières, par des corps etrangei> . édats'de métal, de verre, épines, etc ). f --ci peuvem. produire la blessui-c sans pénétrer dans l œ. , ou e y p. né rant ou enfin ils peuvent s'arrêter entre les levieb de Jai ^a^: Dan ce dernilr cas, l'extraction immédiate s'exécute, facilement à l'aide de pinces. Si le corps étranger a poncée. | dans l'œil, la possibilité d'une intervention chirurgicale d - I pend de lou siège particuher. (Voyez les corps otrange.^ dans le cristaUin et dans le corps vitre.) .,,,,]u^ I es blessures régulières de la région cihaire, orMiu elles sont d peu d'étendue et ne pénètrent pas trop Pvoiom lemen^, guérissant souvent assez rapidement sous un l^;''; m-essif. S'il V a prolapsus de l'iris ou du corps cihai.e, il faut
• ,atiquer d'abord l'ablation des parties l^e'^uees
I orsciu'il V a écoulement d'humeur vitrée, e que la pIMi ..si m n e il peut devenir nécessaire de la reunir par un n dè si'i urè Pour éviter dans ce cas la pénétration de
• ai e ÏÏ^ rœil, ce qui pourrait arri^^r par un brus.p^e :reme.it du malade, on se sert d'un H mum d m guille à ciia.iue extrémité, avec lesquelles on luncisc lèvres (le la plaie de dedans en dehors. .,„,r,inc
Chaque lésion intéressant le corps ciha.re, enluma
IRIDO-CHOROÏDlTi;. 217
coimue danger principal la possibilité d'une inflammation sympathique pour l'autre œil.
[Les tumeurs du corps ciliaire seront traitées avec celles de la choroïde.]
IRIDO-CHOROÏDITE.
11 faut en distinguer deux groupes :
1. Dans le premier, la maladie a débuté par une iritis, à la uite de laquelle des synéchies postérieures maintiennent
line inflammation chronique qui se propage sur les parties Ultérieures de la choroïde. D'autre part, en cas de synéchie postérieure totale, l'équilibre des liquides internes de l'œil se ii ouve rompu par la cessation de la communication entre ' s chambres antérieure et postérieure de l'œil. Les liquides uccimiulent derrière l'iris, refoulent cette membrane vers I l cornée, maissa périphérie seule peutcéder à cette pression le bord pupillan-e étant adhérent au cristallin. Ce refoulement lie la membrane ne se produit d'abord que par places, et lui inne un aspect bosselé, plus tard il devient général. L'iris i début seulement terne et décoloré, semble alors distendu 1 présente des symptômes ati-ophiques. Si le champ pupiliire est libre et permet l'examen ophthalmoscopique, on ^onstale dans la partie antérieure du corps vitré des opacités d abord flnes et filamenteuses.
Le globe de l'œil paraît d'abord plus dur, puis il se ramollit. La douleur est souvent peu prononcée.
La vision est peu altérée au début, mais diminue plus tard sensiblement par les opacités du corps vitré, et s'abaisse à mesure que la choroïde souffre de plus en plusMans sa nu-
2. Dans le second groupe, la maladie a débuté par la chorome, dont 1 innammation et ses conséquences ont déjà i)rojluitdes altérations n()lal)les de la vision, avant même nue i iris soit pris. '
rni^nf f ;i"'''.f"^"'«l^.i^"- exister des opacités nombreuses du ^01 ps vitre, des cpancheinenls entre la choroïde et la rétine
MKYEtl. ,„ '
2^J^ MALAblES DU CUHl'.S CILIAIUE.
destroublcsdemiU-itionducristallin(infillrationalbuminoïde), et ce n'est qu'alors que l'innammatiou se propage vers 1 .m, et qu'un exsudât plastique amène des synech.es poste-
LTcristallia et l'iris sont alors refoulés vers la cornée, de soie que la chambre antérieure disparaît presque conudeemenl et en dernier lieu l'atrection présente le même asembïe de symptômes que nous avons decnt pour la pie-,
'""ÏÏrsîirnrido-choroïdite est arrivée à un certain degré dp déXpement, il est souvent assez difficile de reconnaît'e do quelle façon elle a débuté, il faut se gmder alors
nSe ra les dilTérents accès d'inflammationde cette mem- S dont nous trouverons la structure considérablement (Décoloration, amincissement, atroidne.) T -it.lîin ïonacifle plus rarement dans ces cas et a uf*
par °P^"'^;™i,°J,e un dicoUernsnl de la rélnic avec r ^ute r cj,.i.i<^e su,. |c ^a.,p ...et Uj^
^£ USe-rel suH L ..a-Ce
dieuse.
c„„duU-c à VaUol.i.io do la re me. .„
IHUKJ-ClIOUOÏilJTE.
(uu'ticiiliei's qiieaous exposerons à l'occasion dci^ uudatlies de la choroïde et de la rétine. En général, si le processus morbide n'est pas arrêté, des masses néoplastiques remplissent la clianibre postérieure, et l'irido-choroïdite, après avoir atteint le corps ciliaire et produit une cyclite, se termine par l'atrophie du globe de l'œil.
Pronostic. — Il est grave, mais variable suivant la période t la forme particulière de la maladie.
Dans les cas légers d'irido-choroïdite sans altération notable de la choroïde, sans complication du côté de la rétine ou du cristallin, et lorsque les matières plastiques derrière l'iris ne sont pas considérables, une bonne thérapeutique peut arrêter les progrès de la maladie, maintenir et même améliorer l'état de la vision. C'est pourquoi le pronostic est moins grave lorsque l'irido-choroïdite a débuté par l'iritis.
Dans cette forme, il ne faudrait pas désespérer lors même qu'il j aurait déjà un commencement d'atrophie du globe, si elle résulte seulement des troubles de nutrition du corps vitré, sans altération définitive des tissus, et si les perceptions visuelles centrale et périphérique sont encore passables. La thérapeutique enraye les progrès de cette atrophie.
Le pronostic devient, absolument mauvais en cas de décollement de la rétine, ou lorsque le corps ciliaire est entraîné dans le processus morbide. (Sensibilité au toucher, rétraction périphérique de l'iris, etc.)
Ètiolocjie. — La plupart des ii'ido-choroïdites l'ésullent des synéchies postérieures étalihes à la suite d'une iritis, ou de l'action des corps étrangers (cristallin abaissé), qui lors même qu'ils se seraient d'abord enkystés, peuvent devenir dangereux après un laps de temps plus ou moins long, par des déplacements dans l'intérieur de l'œil. Enfin les cas qui débutent par la choroïde peuvent souvent être rapportés à des altérations de la santé générale, par exemple chez, les femmes, pendant l'époque critique ou à la suite d'iri-égula- Htés dans la menstruation.
'rraitcment. — Dans tous les cas oii l'irido-clroroïdite se présente avec des synéchies posléi'ieures, il importe avant tout de rétablir la communication entre les chambres anté- Heure et postérieure del'œil, par nue iridecfomio. fiénérale-
MAl.AlilKS DU CmU'S Cl 1,1 A) Hi:.
ment, ie tissu de l'iris se trouve déjà tellement alttîré, que les pinces parviennent seulement à le déchirer, en laissant les synéchies adhérentes à la capsule (h'idorhexis).
Pendant l'opération, un liquide jaunâtre amassé derrière i l'iris s'échappe de l'œil, la proéminence de l'iris disparait, la chambre antérieure devient plus proionde. Une ibis la communication rétablie, la vision s'améliore, non pas autant à cause de l'ouverture dans l'iris qui laisse pénétrer plus de lumière dans^l'œil, que parce que l'état de la choroïde s'améliore, ainsi que la nutrition du corps vitré, dont les opacités se résorbent peu à peu.
L'aspect même de l'iris devient meilleur; par conséquent, ce rétablissement de la communication entre les chamlires antérieure et postérieure de l'œil doit être produit h tout prix, quand même il faudrait répéter l'iridectomie à plusieurs reprises, si l'ouverture de l'iris se refermait par de nouveaux épanchements de lyiuphe plastique. Unefoisle résultat désiré obtenu, on voitsouvent des yeux qui commençaient déjà à s'atrophier, reprendreleur volume et leur consistance normale.
Cet état ne contre-indique donc pas l'opération, mais il va sans dire qu'elle serait sans résultat, si l'atrophie de l'œil avait dépassé une certaine hmite, et résultait de l'atrophie de la choroïde avec olilitération des vaisseaux.
L'iridectomie rencontre beaucoup plus de difflcullés lors- (juil existe des fausses membranes reliant intimement la surface postérieure de l'iris avec la capsule du cristallin et avec les procès cihaircs. Outre la difficulté de saisir l'iris même, il importe dans ces cas d'enlever en même temps autant que possible des masses ncoplastiques. U y a en outre dans ces cas, une très-grande tendance à l'occlusion de l'ouverture ainsi obtenue, par de nouveaux épanchemenis idasliques.
Il est par conséquent de la plus haute inqiorlaïu'e de pouvoir enlever un grand lambeau d'iris jusqu'à la périphérie, et en môme temps les fausses membranes sous-jaceutes.
Dans un grand nombre de cas, on ne peut arriver à ce résultat qu'en pratiquant en même temps l'extraction du crislalliu qui, d'ailleurs, se trouve souvent altéré dans sa nutrition et plus ou moins opa(|ue. L'iridectomie ordinaire, telle que nous l'avons décrite plus haut, ne renqilirait qu'inc(nnplélcnient le but proposé, et doit être remplacée par le procédé suivant : I, 'incision est |irali(iuée dans la sclérotique à 1 millimètre de distance du l)ord de la cornée, à l'aide du
IlUDO-CHOROÏDITE.
couteau éiroit de de Graefe, qui sert à l'extraction linéaii'e de la calaracte (voyezcetteopération). On pénètre avec ce couteau au bord inférieur de la cornée, den'ière l'iris et après l'avoir conduit le long de la surface postériewe de cette membrane jusqu'à l'endroit où l'on veut faire la contre-ponction, on Iraverse de nouveau l'iris et la sclérotique, et l'on termine la section.
Celle-ci ressemble à l'incision périphérique pratiquée pour l'extraction de la cataracte par la méthode de de Graefe (voyez plus loin), avec cette différence que le couteau coupe en même temps l'iris à son insertion ciliaire, et ouvre la capsule du cristallin, de sorte que généralement la plaie donne issue à un peu de substance cristallinienne. On introduit alors une pince capsulaire de forme particulière (flg. 73), de façon
Fil.. 73. — Pinces capsiilaires.
qu'une des branches se trouve entre la cornée et l'iris, l'autjr derrière l'iris et les membranes plastiques. Cette l)ranche de l'instrument aura, par conséquent, pénéti'é dans le cristallin même. Après avoir poussé ces pinces fortement en avant, on attire au dehors tout ce qu'on a pu saisir entre les branches, et si l'on éprouve quelque résistance, il faut dégager cette masse par quelques coups de ciseaux.
Généralement, cette manœuvre suffit pour amener en même tempsle cristallin au dehors; sicependantil ncsuivait pasl'iris et les membranes plastiques, il faudrait déchii-cr la capsule avec le cystitome, et pratiquer l'extraction delà manière habituelle (vo y. plus loin). Si à la suite d'altérations calcaires de la cataracte, on y rencontre des difficultés sérieuses, il faut saisir le système cristailinien avec un crochet assez fort, appUqué à la surface antérieui-e du ciistallin. 11 est important d extraire aussi complètement que possible toutes les portions capsulaires opaques f|ui peuvent être éloignées sans ti-
222 MALAULli^ UU COUPS CUJAlKi:.
vailleinent cmsidérable de l'iris, auquel elles adhèrent
{de Graefe). , , i i <•
Makré l'evtractiou d'une portion notable des fausses membranes, on voit souvent l'ouverture se refermer par de. nouvelles masses néoplastiques. .
Il devient alors nécessaire de répéter l'opération, mais pa.s avant que le travail inflammatoire qui a produit les fausses membranes, soit complètement arrêté Lorsqu on renouveUe alors l'opération, et que le cristallin est deja extrait, U peut suffire de pénétrer avec un crochet aiiiu dans es fausses membranes, après avoir pratiqué Tincision sclerotica le, et d'en attirer au dehors la plus grande quantité possible.
Lorsqu'cà l'aide de ces opérations on a rétabli définitivement la communication des parties profondes de 1 œil avec la chambre antérieure, et qu'il existe enfin une pupille artificielle persistante aussi petite qu'elle soit, il peut devenu nécessaire d'instituer un traitement général selon les principes énoncés plus haut (diapliorétiques, révulsifs , sudoiiflmies, etc.). Seulement il faut bien se pénétrer de 1 idée qu'une médication quelconque ne peut pi-odmrc un efiet salutaire sur l'œil qu'après l'intervention chirurgicale qui seule peut rendre à l'organe les conditions essentielles de la nutrition des parties malades.
ARTICLE iV.
OVIlTll AT.MIE SYMPATHIQUE.
Lorsqu'un œil est atteint d'irido-choroïdite Iraumatiquo. on voit oîven naître dans l'autre œil une afleclion analogue, e 'eTceU dernière qui a reçu le nonrd^;pktl,al,n>c syr^pamm nie se présente cependant sous différentes formes
«lus fréquente de ces formes, débute par 1 obscurcissement Se la vnej du larmoiement, de la photophobie et une rnjec-
'"ï,n:ém:'rps apparaissent des -ndatioijs an nui.illaire et .\ la surface postérieure de 1 ins Les exsuda {ionfj'gani^ent rapidement et fiu-ment des iausses menv
l)ranes solides. , , cvii(''chic
La pnpille esl alors réirécie. et par smie de la s>uumo
iMnrrriALMiK sympathique. 223
postérieufe totale, immobile et insensible à l'action de l'atro- [)ine. L'iris paraît d'abord j)lus tendu et décolore ; mais, à la ■milite d'épancliements dans son parenchyme, le tissu est uûutlé et la chambre antérieure moins profonde, A ces symptômes s'ajoutent au ])out de quelque temps ceux de la eyclite, la sensibilité au toucher de la région ciliaire, les t'-panchements dans le corps vitré, le ramollissement progressif du globe de l'œil.
La force visuelle est alors notablement abaissée, et le champ visuel rétréci. A mesure que la maladie progresse, la pupille se remplit de matières plastiques, la partie périphérique de l'iris est tirée en arrière par les fausses membranes qui unissent sa surface postérieure au corps cihaire ; par conséquent, la chambre antérieure augmente de profondeur vers sa périphérie. Le cristalhn devient opaque, la rétine se décolle, et le globe de l'œil s'atrophie. Dans les cas plus favorables, l'affection s'arrête avant d'arriver à cette dernière phase; il reste alors un peu de perception visuelle, qu'une intervention chirurgicale heureuse peut encore augmenter.
2" Viritis séreuse sympathique est bien moins dangereuse que la forme précédente. Ses symptômes sont ceux de l'iritis séreuse en général (voy. page 172) : légère injection sous-conjonctivale, trouble de l'humeur aqueuse et dépôts grisâtres à la surface postérieure de la cornée, aspect normal de l'iris, dilatation de la pupille et augmentation de la pression intra-oculaire.
3° La chorio-rétinite sympathique n'a été signalée jusqu'ici que par de Graefe, qui en a obsei'vé deux cas. L'un de ces cas survint après l'extraction linéaire d'une cataracte calcaire tombée dans la chambre antérieure, avec iridocyclite consécutive et grande sensibilité au toucher de l'œil opéré. Six semaines après l'opération, le malade se plaignit de son autre œil jusque-là Inormal, et l'on y constata une diminution subite de la vision avec défectuosité du champ visuel.
A l'examen ophlhalmoscopique on reconmit un trouble de transparence de la rétine, avec dilatation et Ilexuosité des veines de cette membrane.
En même temps des symptômes légers d'iritis séreuse apparurent.
Sous l'influence du traitement (émissions sanguines, sublimé, iodure de potassium), et en même temps que toute
224 MALADIES mi COUPS CIUAIKK.
sensibilité de l'œil opéré disparut, la vision de l'autre œil s'améliora progressivement et redevint normale.
Le second cas est celui d'un individu qui avait perdu un œil depuis sa jeunesse par un décollement de la rétine, avec des dépôts calcaires étendus dans la choroïde. A ^ l'âge de vingt ans, l'autre œil fut atteint des symptômes de rétinite que nous venons de décrire, en même temps ([ue l'œil perdu devint sensible au loucher. Ce dernier ayant été . enlevé par l'émicléation, les phénomènes de l' affection sym- pathique disparurent.
Li" La quatrième forme des affections sympathiques scp distingue des autres en ce qu'elle n'est accompagnée d'aii- cune altération matérielle des tissus de l'œil. Elle a reçu ler nom de névrose symiuithique, et se caractérise par une photo- phobie considérable avec spasme consécutif de l'orbiculaire, du larmoiement et une légère injection périkératique qui se déclare surtout après des efforts visuels. En même temps^ il existe un défaut d'énergie dans la vision et un affaibhssement de l'accommodation.
Marche et terminaison. ■ — Le temps qui peut s'écouler entre la maladie du premier œil et l'apparition de l'affection sym-i pathique dans l'autre est très-variable. Si quelquefois ellei survient au bout de quelques semaines, on l'a observée d'autres fois après vingt et trente ans, toujours précédée de la sensibilité douloureuse caractéristique de la région cihaire du premier œil atteint. Si l'ophthalmie sympathique se montre sous forme d'irido-cychte, elle n'éclate d'habitude pas brusquement, mais suit plutôt une marche insidieuse, résiste aux. influences thérapeutiques et détruit progressivement la vision, en amenant l'alropliie du globe. Cependant, elle s'arrête quelquefois d'elle-même, en laissant un certain degré de perception lumineuse.
L'iritis séreuse sympathique n'expose pas la vision à dos dangers sérieux ; c'est une forme peu grave de l'iritis séreuse, dont la thérapeutique a facilement raison.
Enfm,la névrose sympathique, tout en empêchant le malade de se servir de ses yeux, n'amène jamais d'altération matérielle.
Fronostic. — Il est très-bon pour la névrose, favorable pour l'iritis séreuse, très-mauvais pour rirido-cyclite: car les cas
OVHTIIALMIE SYMPATnTQUK.
sonl rares où malgré une intervention énergique on réussisse à conserver une force visuelle notable.
Étiologie. — L'affection sympatique est à craindre lorsque l'un des yeux a été atteint' d'un traumatisme qui intéresse le corps ciliaire, soit immédiatement, soit indirectement, en provoquant plus tard un tiraillement de cette région pendant la cicatrisation, comme par exemple dans les cas d'enclavement d'un prolapsus de l'iris dans une plaie.
Les corps étrangers qui ont pénétré dansle globe, même lorsqu'ils sont restés pendant des années sans provoquer une inflammation de l'œil, peuvent devenir subitement une cause d'irritation, probablement à la suite de petits déplacements dans l'intérieur de l'œil.
Les cataractes calcaires ou les dépôts calcaires à la surface de la choroïde que l'on rencontre après des irido-choroïdites ou des irido-cyclites, même dans des moignons atrophiques, peuvent y maintenir un état d'irritation chronique qui peut provoquer à un moment venu l'ophthalmie sympathique de l'autre œil.
Quellequ'en soit la cause, l'apparition de la maladiedansle second œil est toujours précédée d'une douleur parfois très-vive que provoque le toucher delà région ciliaire du premier œil atteint. Ce symptôme caractéristique nous informe du danger imminent, ou si la maladie a déjà éclaté, il nousindi([ue sa cause réelle.
Lesagents qui transmettent l'irritation d'un œil sur l'autre sont les nerfs ciliaires, dont quelques-uns peuvent conserver leur conduclibililé même dans un œil atrophié, et dont le névrilènie et les enveloppes fibreuses i-ésistent longtemps à la dégénérescence et au processus ati'ophique {de Graefe).
Bien plus rarement, le nerf optique paraît être l'agent do la transmission {Mooren).
Traitement. — Le danger de l'ophthalmie sympathique grave, et l'impossiljité de prévoir sous quelle foi'me l'atrection se déclarera, indique la nécessité de la prévenir et d'intervenir énergiqneraent, toutes les fois que l'état d'un œil nous inspire des craintes pour l'autre. Celte crainte est toujours justifiée, surtout lorsque nous voyons apparaître le symptôme caractéristique de la sensil)ililé douloureuse au loucher de la région ciliaire. Le moyen de prévenii- avec certitude h' (k'-ve-
226 MALAltlR-S nu COIU'S ClUAlHi;.
loppement de l'ophthalmie sympathique, consiste dans l'énucldation du globe de l'œil qui pourrait la provoquer, f^oycz la > description de cette opération, page 15^.)
Lorsque l'affection sympathique est déjà déclarée et a revêtue la forme grave d'irido-cvclite, l'énucléation de 1 autre œil n'arrête plus les progrès du mal. Cependant elle ne doit i pas être négligée, lorsque l'œil est sensible au toucher et dépourvu de toute trace de vision. En cas de résistance nivin- ■ cible de la part du malade, ou s'il y a encore un certani dem-é de vision, on peut pratiquer une large iridectomie, combinée avec l'extraction du cristallin, selon la méthode décrite plus haut (page 221). • L'œil même atteint d'irido-cyclite sympathique est rarement influencé parles moyens thérapeutiques recommandes • contre cette maladie. Tout au début de raffection, on a vu de bons résultats d'une iridectomie très-périphérique, pratiquée à l'aide du couteau étroit de de Graefe. Mais il faut s abstenir de toute intervention chirurgicale, si l'inflammation est deja arrivée à une certaine intensité, si les produits jauna res de l'exsudation remplissent la pupille et attachent 1 iris a la capsule, si l'iris est sillonné de gros vaisseaux, etc. Les essais d'iridectomie faits cà ce moment, se montrent non-seulement infructueux, mais très-nuisibles, parce qu d en resuite une nouvelle irritation qui augmente l'inflammation o( rend la perte de l'organe plus inévitable.
11 est donc formellement indiqué d'attendre (lue les symptômes inflammatoires aient disparu, que le développemet des vaisseaux dans l'iris soit arrêté, que . les fausses membranes visibles prennent un aspect grisâtre sans vasciilansation, que la région ciliaire ne soit plus douloureuse au toucher cnfln que la tension de l'œil, toujours cons.derabloinen» diminuée, ne présente plus de variations notables. ^ Le temps d'attente nécessaire est au moins de trois a quatre mJis, mais en général il esl utile dj.ltendre le p us longtemps possible, pour faire revenir 1 œil a un calme paifait 11 ne faut pas se laisser entraîner a une intervention prématurée par la crainte de l'alrophio du globe et de 1« perte de vision. Celles-ci s'arrèlenl souvent d cl es-menu .
Au moment où tout symptôme d'irritation a disparu, on doit pratiquer l'irideclomie avec extraction du cristal n oi des fausses membranes réiro-iridiennes, d après la "i*^ 'i'^;* décrib' plus hinil. Si l'onverlure pni)illaire amsi olilenm
OPHTH AUl J F. S YMPATl UE .
rot'onnait dans la suite, on renouvellorait une excision d'une portion de l'iris. Peut-être serait-il utile de remplacer dans ces cas cette opération par l'iridoloniie dont nous parlerons à l'occasion de la cataracte secondaire.
Contre l'ii'ilis séreuse sympathique, il suffit généralement il'employer le^ moyens indiqués contre la forme ordinaire de cotte maladie (page 179), une fois que l'œil qui a causé l'afiection sympatique a été enlevé.
L'énucléation du premier œil atteint fait disparaître aussi et presque sur-le-champ la névrose sympathique.
J'ai remplacé l'énucléation par la section des nerfs ciliaires, non-seulement contre la névrose sympathique déjà déclarée, mais dans tolis les cas où l'on a à craindre une affection sympathique. Lorsque l'on constate la sensibilité de la région cihaire au toucher, je conseille de la pratiquer avant même qu'il y ait aucun symptôme d'affection sympathique. Je l'ai employée encore avec succès dans des cas où la vision avait été abolie par des maladies internes (irido-choroïdite), pour faire cesser les douleurs considérables dont ces yeux sont parfois le siège,
Procédé opératoire. — Étant donnée la région' douloureuse au toucher où la section des nerfs ciliaires doit être pratiquée, j'y soulève un pli de la conjonctive, près du bord de la cornée, exactement comme dans l'opération du strabisme, et je l'incise. Puis, pénétrant avec la pointe des ciseaux moussesentre la conjonctive et la sclérotique, je débride, dans la direction et dans l'étendue exigées par l'opération, le tissu cellulaire qui unit les deux membranes. J'introduis alors un crochet à strabisme sous celui des muscles droits qui est le plus rapproché de l'incision, et j'arrive ainsi à fixer l'œil, tandis qu'en môme temps je détermine l'endroit de l'insertion musculaire que je ménage, si c'est possible, du moins en partie. Le crochet étant tenu de la main gauche, je ponctionne la sclérotique derrière la région ciliaire ol)liquement à sa surface et de manière à éviter le cristallin. Je me sers d'un couteau étroit à tranchant légèrement concave dans le genre du névi-otoiBC. La contre-ponction se fait de telle fa(,'on que, la seclion terminée, j'aie une plaie linéaire parallèle à l'équateur du globe oculaire, dans laquelle le corps vitré se présente immédiatement. La longueur de l'incision sclérale doit cire proportionnée à l'étendue de la région doulou-
MALADIES DE T.A CllOIlOÏHIi.
reuse. Je retire alors le crochet avec précaution et je ramène la conjonctive vers la coi'née. Dans quelques cas, j'ai même • réuni la plaie conjoiictivale par un ou deux points de suture.
La réaction, après l'opération, est très-modérée, et ne "demande pas d'autres soins que le repos, des injections souscutanées de morphine, en cas de douleur ou d'insomnie, et le bandage compressif.
IMAIiAUIE^ Bi: I.A choroïde.
ARTICLE PREMIER
CHOROÏDITE EXSUDATIVE.
Cette affection se présente sous plusieurs formes différentes :