‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 46 sur 160 · Scléi'o-clioroïflitc antérieure · texte numérisé non relu

Scléi'o-clioroïflitc antérieure

(Stapliylôme antérieur).

L'intensité des symptômes inflammatoires varie selou le :legré d'acuité avec lequel la maladie débute. On y observe luie injection périkératique générale, entourant le bord de la ':ornée d'une zone rose. Cette injection est généralement nlus prononcée dans un point limité de la circonférence d'où îîUe s'étend davantage vers l'équateur du globe, et toute cette I )artie proémine légèrement au-dessus du niveau du voisinage. 'in même temps l'iris change de couleur, se contracte lente- ■Jieut et irrégulièrement, de sorte que la pupille présente une t égère dilatation, plus prononcée vers la jjartie la plus injec- !:ée du bord de la coruée. A l'endroit de cette échancrure de iia pupille, on observe dans l'iris rap])arition de vaisseaux pypérémiés, quelquefois des adhérences du bord pupillaire à ; a capsule cristalliiiienne ; l'humeur aqueuse se Irouide, la i'bauil)re antérieure paraît plus profonde, et la tension de ' œil semble augmentée.

I Au bout de queb[ue temps la proéminence delà sclérotique !-e dessine de plus en plus, tandis que l'injectiou générale liaiiiiue.

La l)osselure ou les bosselures, car il n'est pas rare d'en ■jl.'server plusieurs en même temps, siégeut le i)lus souvent à

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'23S MALALIllih HK l,A ClIolloïlJli.

quelque distance du bord de la cornée, à l'endroit où les vaisseaux ciliaires anldricui's pcrlbi'e'nt la sclérotique. Celleci ofl're dans cette région nu)ias d'épaisseur, et sa résistance \ est amoindrie par le grand nombre de canaux qui livrent passage aux vaisseaux, et que leur état de plénitude pendant la période inflammatoire tend encore à dilater. A un degré plus avancé de la maladie, la bosselure prend l'aspect d'une saillie bleuâtre, ardoisée, due à la transparence de la scléi'otique amincie et ramollie. Les symptômes inflammatoires disparaissent alors, le l)lanc de l'œil est parcouru par des vaisseaux variqueux, et l'on a alors affaire au staphylôme scléro-. choroïdien antérieur. • ,,

La douleur, à peine accusée lorsque la maladie suit UDôitr marche lente, peut être très-intense quand elle se développé rapidement. Ces douleurs ciliaires s'accompagnent aussi d'une grande sensibilité au toucherde la partie malade.

Les troubles visuels dépendent des altérations de l'humeuiïMi; aqueuse et du corps vitré, qui accompagnent a.ssez souvenblH cette affection, des symptômes de myopie progressive fpsr l'allongement de l'axe antéro-postérieur de l'œil) et de lap parition d'éclairs ou d'étincelles (dus à la compression delà rétine et du nerf optique).

A mesure que les staphylômes augmentent d étendue et de nombre, la vision s'amoindrit, et finit par se perdre entièrement.

Les staphylômes antérieurs présentent, selon leur forme cl leur siège, de nombreuses variétés. Ainsi, on les ohsôrve place? vers l'équateur du globe de l'œil, ou entre l'équateur et le boni de la cornée, dans l'espace laissé libre par les insertions de? muscles droits, ou enfin au pourtour de l'iusertion de Fm?. A ce dernier endroit, plusieurs de ces ectasics peuvent setoucber. se conlondre, et forment alors comme une seule saiUie entouraiil la circonférence de la cornée. Celte forme de .Hnphylôme onmi/ov ' peut résulter aussi de ce que tout autour de la cornée la sclorolique amincie cède à la pression inlra-oculaire. et se distend circulaircmcnt- A la suite de cette distension générale, le ligament suspenseur ducrislallin (lazonule de Zinn) peutsc decbirei et le cristallin lui-même se déplacer. Ou encore, 1 ums attache au crislalliu par des adhérences, se détache de son insertion cihairc. Quant au slapliyUSmc lui-même, sa paroi est formée par la scléroLique altérée, fortement amincie, et distendue de façon que ses libres se séparent par places. Ou y trouve des dépôts de pigment qui vient de la choroïde. Celle-ci est rompletemenl

SCLÉRO-CHOROÏBITE ANTÉRIEUKE.

nlrophiée, au point qu'il n'en reste qu'une pellicule mince, fortement adhérente à la sclérotique. Quant à la rétine, elle peut [u ésenter dififérents états; tantôt elle est atrophiée et adhérente •lux parois du stapbylôme , tantôt elle traverse comme un l)ont la base du staphylôme, ou elle flotte dans sa cavité. Celle-ci i '^t remplie d'un tluide liquide ressemblant à l'bumeur vitrée liquéfiée. D'ailleurs, l'humeur vitrée, en général, paraît souvent jpassagèrement troublée et liquéfiée dans sa partie antérieure.

Dans le voisinage du staphylôme, la sclérotique présente les symptômes d'une infiltration séreuse, la choroïde ceux de l'atrophie progressive (irrégularités de la pigmentation).

Les vaisseaux et les nerfs ciliaires participent aux altérations des parties malades, et sont atrophiés complètement à l'endroit de l'ectasie. Ce dernier fait explique pourquoi, dans les parties sorrespondantes au staphylôme, la cornée a perdu de sa sensibilité, et l'iris de sa mobilité.

Marche et terminaison. — La scloro-choroïdite aiitoi'icuro, avaremiiuL une forme aiguë, plus souvent elle présente une marche si insidieuse que l'attention du médecin n'est éveiUe'c que par le développement ultérieur de l'ectasie. Une fois celle-ci développée, les symptômes inflammatoires cessent presque entièrement, et la nrakdie paraît terminée. I Elle peut, en effet, s'arrêter ainsi; mais plus souvent il jsurvient bientôt une nouvelle poussée inflammatoire qui loccasionnc la formation d'un autre staphylôme ou l'agranidissement du premier.

^ Après un certain nombre d'exacerbations, la maladie peut s'aiTctcr, par l'atrophie complète de la choroïde, et le globe de l'œil peut conserver la forme distendue ou devenir ]thti- ■;ique. On a ol)servé aussi la l'upture d'un staphylôme isolé ;par cause tfaumatique ou spontanément pal' excès de la pression interne), accompagnée de l'écoulement du contenu de l'œil et d'hémoirhagies profondes suivies de suppuration et d'atl'ophie.

Pronostic. — Il est f«rt grave, car la maladie ne guérit ■preB(iuojamais spontanément, et l'on ne peut espérer arrêter

marche progressive, que lorsqu'on la rencontre tout à n'ait au dél)ut.

Généralement, elle amène la perle de la vision et la déformation du glol)ede ru'ii.

Étioloyie. — S'il parait liorsde doute (pu- la l'oi'malion de la

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sclërectasiii antérieure est due, dans la presque totalité des cas, à la sclém-choroïdite, c'est-cVdire à un processus inflammatoire et alrophique de la clioroïdc, accompagné de ramollissement de la sclérotique, nous sommes bien monis renseignés sur les causes de cette inflammation.

On l'a attribuée à une diathèse lymphatique ou scrofuleuse, chez les jeunes gens où on l'observe bien plus souvent ; (surtout dans les yeux myopes) que chez les personnes agees, dont la sclérotique présente beaucoup plus de résistance a la pression intra-oculaire.

Traitement.— Au début de la scléro-choroïdite antérieure,.';' faut employer une antiphlogose énergique parles ventous de Heurteloup ; et si la maladie est aiguë, il faut prescrire 1 calomel à doses fractionnées, et des frictions avec la pom-made merclirielle. Si l'afl'ection est chronique, on remplace cette médication par de petites doses de subhmé, et par des médicaments qui activent plus particuhèrement les fonc loas^ de la peau, des intestins ou des reins, selon les indicatioasspéciales de chaque cas. S'il y a des symptômes d iritis se-reuse et si la tension de l'œil augmente, il faut instiller i Tatropme, pratiquer des paracentèses répétées de la chambre antérieure, et surtout l'iridectomie, qui reus.it pariois a empêcher ou à enrayer la formation des staphylomcs.

Le traitement général résulte de l'état de santé de la personne atteinte de cette atlection.

Une fois les staphylômes développés, on ne peut les enlever que par une opération. Les petites edasios de formation récente cèdent parfois à l'iridectomie, à l'application prolonge^ d'un bandeau compressif, et aux paracentèses répétées de a chambre antérieure. Les staphylômes développes ont etc opérés i.ar la simple incision avec compression ^■«'j^'^fitm; ou par l'excision partielle, on enfin par 1 ablation totale. Ma ces opérations ne sont pas sans danger, parce qu elles soi t suivies souvent d'hémorrhagies violentes et do suppuration. Ou a essayé de prévenir ces accidents par 1 applica loii préalable de ligatures (voyez le procédé de Cntch tt, p. loi).

Cependant il laut toujours redouter les hemorrhag^es ,ex vacuo) toutes les fois que le globe de l'œil présente unedurttc

uoliilde. ,.fy

Dans h- but de débarrasser le malade de sa rtillormilc cl (le p.unoir appli.pu-r une pièce artificielle, on a pro-

SCUiHO-CllOKOjlUTK TOSTJiKlIiUnii. 261

vnqiu; la phtliisic du globe distendu et privé de vision, soit par des paracentèses répétées de la sclérotique, soit en traversant l'œil par un fil de soie {de Graefe, voy. p, 153).

Enfin lorsque des circonstances dans l'état général du malade ou dans l'état particulier de l'œil font désii-er une terminaison rapide, il est préférable de pratiquer d'emblée l'énucléation de l'œil parle procédé de Bonnet {voy. p. \5U).

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