TUMEURS DE LA CHOROÏDE
l'individu ne montre aucun symplôme de diathèse géne'rale. En cas contraire, l'opération est bientôt suivie de récidive ou de l'apparition de tumeurs analogues dans d'autres parties du corps, et l'intervention chirurgicale paraît alors accélérer la marche générale de la maladie.
Lorsque l'œil seul est atteint, on pratique l'énucléation du globe selon le procédé de Bonnet (voy. page 154). Dans le but de couper le nerf optique aussi loin que possible du globe de l'œil, ce qui est difficile après l'énucléation de l'œil à cause de la rétraction des tissus, de Graefe a proposé de commencer l'opération par la section du nerf optique, .que l'on réussit facilement à couper très en arrière dans le voisinage du trou optique, en se servant du procédé suivant :
On saisit le globe de l'œil avec des pinces à fixation, et on le tire fortement hors de l'orbite et en avant dans la direction de l'axe du nerf optique. Puis on glisse avec un névrotome de forme appropriée, le long de la paroi orbi taire externe, jusqu'au fond de l'orbite, et l'on coupe, à la distance de quelques lignes du trou optique, le nerf optique qui, fortement tendu, se présente très-bien au tranchant du couteau.
Lorsque le néoplasme a déjà envahi en dehors du globe le tissu de l'orbite, il devient indispensable d'extirper toutes les parties atteintes. On commence alors par prolonger l'angle palpébral externe, au moyen d'une incision faite avec le bistouri. Après avoir fixé le globe oculaire avec une érigne, on dissèque les paupières en séparant leur face interne du globe de l'œil, et on les renverse en haut et en bas. On continue l'opération en enlevant d'abord le globe de l'œil dans sa totalité, puis successivement tous les tissus de l'orbite que l'on soupçonne atteints du mal. Il faut explorer soigneusement la cavité orbitaire, et partout où l'on découvre du tissu malade on l'excise soigneusement jusqu'à l'os. Au besoin on rugine même le périoste, et l'on peut être contraint d'enlever une partie de la paroi osseuse.
L'hémorrhagie, quelquefois considérable, doit être combattue par des injections d'eau glacée et par le tamponnement; puis on réunit la commissure externe au moyen de simples sutures.
MALADIES DE LA cnOROÏnp;.