‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 61 sur 160 · Blélînitc pnrcncli>ina<eii«c · texte numérisé non relu

Blélînitc pnrcncli>ina<eii«c

Cette forme d'inflammation de la rétine, à côté des sym= ntômes d'h^pérémie et de transsudalion, signalés pour la rélinite simple, présente encore ceux de l'altération du tissu rétinien lui-môme (7i2/23e)T/as?e et sc/érose). , . .

Ces altérations, répandues sur toutelaretme (;retimtc diffuse), débutent généralement dans les éléments cellulaires, dans es fibres radiées qui, par la compression qu'elles exercent sur les éléments nerveux, amènent l'atrophie plus ou moins complète de ces derniers. Ce processus peut se localiser tantôt vers es couches externes de la rétine et atteindre la choroïde, tantôt ^ dans les couches internes. Dans ce dernier cas, il desorganise la membrane limiante et donne naissance a des excroissances condylomaleuses [lu^anoff) qui proéminent dans le corps vitré et s'y vascularisent. . a. tvuo

Cet état morbide s'accompagne de changemeut de * lucture des vaisseaux rétiniens dont les parois s'épaississent par hypertrophie de leur membrane adventice.

Bien plus rarement, la rélinite parait débuter dans les parois vasculaires et leur voisinage immédiat yrchiutc pcnrasculaire)^ elle se localise alors

droits, tandis que le reste du tissu cellulaire est a peine alkre et que les éléments nerveux sont entièrement conserves Dans ces cas rares, l'examen anatomique a démontre une tion considérable dans les cellules de la me.nbrane ad^entlcc des vaisseaux arlériels, des veines et des capillaires, mais a desdegrés ditrérents [Iwanuff).

Biaqmdic. k l'ophlhalmoscope, la ^'^^'^f ^115";^: sente les signes de riiypérémie veineuse et de lœdcnne eb-nicn (défaut de transparence) que nous avons decii . a 1 o casioii de la rélinite simple. On y observe, « opacités blanchàlres ou jaunàlres (ineme vmla«'e; , forme de petits points isolés, ou bien de grandes taches nié- \ i^ulières, des stries, ou des bandelelles étroites. ^ Les vaisseaux sont en partie recouverts par ces plaque^ jaunâtres dans lesquelles ou les voit plonger d ">\^';'^';";^ •sortir de l'antre: les gros vaisseaux son entoures des deux côtés d une ligne lilanchàlre qui longe leurs parois.

RÉmiTE PARENCHYMATEITSE. 287

Autour de la macula, les opacités rétiniennes se groupent d'une façon particulière. Elles y forment des lignes très-fines, rarement des stries un peu larges, qui toutes rayonnent vers la fossette centrale ; cette figure étoilée peut aussi se composer d'un pointillé très-fin. L'ophthalmoscope révèle parfois la présence d'ecchymoses plus ou moins nombreuses, disséminées dans la rétine sous forme de petites taclies rouges, de stries fines, ou même de plaques rouges irrégulières dans le voisinage immédiatdes vaisseaux de cette membrane, etdont nous donnerons les détails caractéristiques dans le chapitre des hémorrhagies de la rétine.

Dans la rétinite périvasculaire, les artères et leurs embranchements paraissent transformés en cordons blanchâtres au milieu desquels on aperçoit une ligne rouge, fine ; les veines présentent dans leurs gros troncs un amincissement général et des irrégularités de calibre ; à la périphérie seulement, quelques branches ont le même aspect que les artères. La rétine paraît opaque par places, et à ces endroits elle est couverte d'ecchymoses ponctuées. '

Sur la papille du nerf optique, le pohit d'émergence des vaisseaux est couvert d'une masse proéminente, d'un blanc éclatant avec des points et des stries rouges provenant des nouveaux vaisseaux que l'on peut faire disparaître momentanément en comprimant le globe de l'œil (Nagcl).

L'aspect extérieur de l'œil est tout à fait normal, rarement le pourtour de la cornée est injecté, quelquefois l'iris est un peu paresseux dans ses mouvements, et après un certain temps la pupille paraît légèrement dilatée.

Les malades accusent d'abord la sensation d'un nuage gris devant l'œil malade, ou d'un brouillard autour des objets, qui s'épaissit lorsqu'ils font des efforts pour distinguer; ils sont facilement éblouis et se plaignent de voir des étincelles. La force visuelle centrale diminue considérablement, le champ visuel se réti'écit, ou peut présenter des lacunes dont la forme et l'emplacement varient. Cet affaiblissement de la vision est surtout remarquable lorsque réclaira"-e diminue. °

Parfois les objets paraissent plus petits (micropisie) , ou plus grands (raégalopsie), ou déformés (métamui'phopsie) phénomènes que l'on peut constater facilement en pi'ovoquaiit la diplopie, à l'aide d'un prisme placé devant l'œil avec sa base tournée eu haut ou en bas. Le malade

288 MALADIES DE I,A KÉTINE.

peut comparer ainsi les images séparées pro-venant des deux yeux.

Dans les degrés très-prononcés de cette affection, la vision est complètement abolie ; les malades distinguent à peine le jour de la nuit, et ne sont même pas éblouis par une lumière très-éclatante. L'état de l'œU constaté à Tophthalmoscope n'est nuUement en rapport avec les symptômes fonctionnels.

En général, les malades ne ressentent pas de douleur, tout au plus une sensation de pression dans le fond de • l'orbite. •

La marche de la rétinite parenchymateuse est habituelle- 1 ment très-lente ; même lorsque les symptômes caracténsti- ^ ques de la maladie s'établissent rapidement, la maladie^ devient après peu de temps presque stationnaire, avec des rémissions et des aggravations alternatives.

Ce n'est que lorsque le processus se présente avec peu d'intensité, que les exsudations sont insignifiantes et la maladie de courte durée, que l'on peut espérer une guenson complète; encore les rechutes sont-elles fréquentes. Si la ma-ladie a duré longtemps, avec des exs,udats considérables, et: qu'elle a déjà provoqué des altérations consécutives des ole-ments nerveux, la guérison est toujours incomplète. La vi sion reste plus ou moins atteinte, suivant que le processus s'est locahsé vers le centre ou vers la périphérie de la rétine. - Enfin la maladie se termine assez souvent par 1 atrophie» du tissu rétinien et l'abolition permanente de la vision.

Le vronostic est donc toujours très-grave, et doit être réglé suivant les circonstances particulières de la durée do la maladie, del'intensité et de l'extension du procossus, ainsi que de salocaUsation. 11 s'aggrave avec l'âge du malade, avec les ^ progrès des défectuosités du champ visuel, la disposif|on aux. allcralions vasculairos, et avec la probabilile d une affect.oir cérébrale analogue. Le nombre des rocidivos angmente lai crainte de l'atrophie finale.

Étiologie. — La cause de coKe alTcction est souvent in-l comme; on eu accuse l'effet subit d'un éclairage eblouissauf, des cHorls do vision exagérés, même les contusions du gloDO

KlÎTINITE SYPHILITIQUE.

oculaire. La maladie peut aussi se propager sur la rétine en venant de la choroïde ; enfin, elle peut être en rapport avec des altérations athéromateuses du cerveau.

Traitement. — Repos complet des yeux, avec séjour prolongé dans une chambre maintenue toujours dans le même degré d'obscurité. Nourriture réglée selon la constitution générale. L'hypérémie considérable de la rétine et les congestions vers la tête exigent des déplétions sanguines locales répétées, à l'aide d'application de ventouses scarifiées à la tempe, des compresses fraîches et de légères purgations. Contre les exsudations, on prescrit l'usage interne du calomel, du sublimé et des préparations iodurées, des frictions de pommade mercurielle et iodée.

Même après l'amélioration de son état, le malade ne doit commencer que très-lentement à exercer sa vision, éviter un jour trop vif, et continuer pendant longtemps les précautions minutieuses pour éviter les rechutes.

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