‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 63 sur 160 · II. Rétinite albuiuînui'î(|iic · texte numérisé non relu

II. Rétinite albuiuînui'î(|iic

En même temps qu'une hypérémie veineuse, on observe, autour de la papille optique, un trouble grisâtre de la j'étine qui masque les contours de la papille et voile en partie les vaisseaux. Cette opacité se condense, et l'on y observe des petites hémorrhagies de forme ronde ou sti'iée, A quelque ■distance de la papille, on voit se développer un certain nombre de points ou de petites plaques blanches laiteuses, ^lui s'agrandissent, se réunissent, et forment enfin auloui'du nerf optique un anneau assez large d'un l)Ianc graisseuv ■éclatant, pourvu de prolongements diriges vers la périphérie de l'œil où l'on retrouve quelques plaques blanches isolées. Les vaisseaux disparaissent en grande partie dans le tissu tuméfié de la rétine, sur lequel on constate un grand nombre de foycis apoplectiques.

Autour de la tache jaune, on observe une masse de petits points blancs groupes en lignes rayonnant vei's la fossette centrale qui prend une couleur rouge lonce. Les parties périphériques de l'œil ne présentent aucune aUeration.

Cet aspect de la rétine résulte d'une transsudation séreuse dans le voisinage de la papille et de l'bypertrophie du tissu cellulaire de la rétine. Cet état s'accompagne de la dégénérescence graisseuse de ces éléments, et plus tard de la sclérose des fibres nerveuses et des cellules ganglionnaires.

Les parois vasculaires sont atteintes d'altérations analogues. ^

Les troubles fonctionnels sont très- variables dans celte maladie. La "vision centrale souffre toujours plus ou moins, mais il est rare qu'elle soit complètement abohe. Dans la plupart des cas. le .champ visuel reste même libre a moins que la maladie ne se complique plus tard d'un décollement de la rétine.

La marche de la maladie est généralement lente, interrompue de périodes sLationnaires, d'améliorations et d aggiu- ;

valions subites. /j.,„^ On a cependant observé des cas de guerison complète (dans l'albuminurie, après la fièvre scarlatine ou pendant la grossesse), où l'élat deia réline et delà vision eslredevenu entièrement normal. D'autres fois, il reste des traces des opacités rétiniennes et des lroul)les visuels qui en sont resul es, ou bien enfin lanialadic se termine par des altérations alrophiques ou pur le décollement de la réline. Souvent les progrès de la maladie générale et la mort du malade mettent fin à l'étude de la terminaison de la rélinile. . Comme complicalions, on a constaté des altérations de la choroïde et des opacités du corps vitré sous forme de tiianienls. entrelacés.

Le pronostic, assez sérieux en lui-même, augmente de gra^ vité en raison des dangers auxquels la maladie gcneiale expose la vie du malade.

Étiolaqic. -Cotlo forme de rélinile est inlimomenl liée à l'appariÙoi, de l'albumine dans les urines, surtout loi^q.ie

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l'albuminurie dure un temps prolongé, pai' conséquent dans les maladies des reins (maladie de Bright, dégénérescence amyloïde des reins). D'après les uns, il faudrait l'attribuer alors à une nutrition défectueuse du tissu rétinien par du sang altéré, d'après les autres à la tension vasculaire du système artériel qui augmente avec les troubles de la circulation générale (lïypertrophie du ventricule gauche) qui accompag-nent la maladie des reins. Toujours est-il que larétinite albuminurique ne survient que dans 6 ou 7 pour 100 des cas de maladie de Bright, et qu'une fois établie, elle suit une marche indépendante de l'état général.

Traitement. — L'état général permet rarement de combattre les symptômes inflannnatoires par l'emploi de ventouses scarifiées h la tempe, qui ont paru utiles quand on a pu les employer; on les remplace par des ventouses sèches, par des dérivatifs, etc. Dans le traitement général, on a vu de bons résultats pour l'état des yeux par l'emploi des préparations ferrugineuses, le tannin, la digitale, et par l'usage des bains généraux, des médicaments diui'éliques et diaphorétiques.

[Il faut se garder de confondre avec la maladie que nous venons de décrire ïamaurose urémique, que l'on observe aussi dans la maladie de Bright, et qui ne doit pas être attribuée à une altération de la rétine.]

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