U12 OPÉRATION DE LA CATARACTE
cornée, de ])as en haut, de manière à pousser pour ainsi dire [» la cataracte hors de la plaie. Si l'on se sei-t de cette seconde 1 nîanière, il faut placer, dès le commencement de ropéralion, » la pince à fixation un peu plus vers le côté nasal de la périphérie cornéenne, pour avoir la place nécessaire à une bonne application de la curette. Dans quelques cas d'expulsion di£ûcile de la cataracte, il paraît utile de confier la pince à fixation à un aide et de faciliter la sortie du cristallin par une seconde curette appliquée sur le bord scléroticalde l'incision, qui s'ouvre ainsi plus aisément.
Cinquième temps. — Il arrive fort souvent que toute la substance corticale n'accompagne pas le noyau à sa sortie. Pour des raisons déjà indiquées, il importe de la faire sortir de l'œil aussi complètement que possible ; dans ce but, après avoir laissé les paupières fermées au moins jusqu'à ce que l'humeur aqueuse se soit partiellement reproduite, on pratique de douces frictions à travers la paupière supérieure, comme nous l'avons déjà décrit plus haut (voy. p. 29), pourréunir les masses corticales autant que possible dans le champ pupillaire ; puis on fait regarder le malade en bas, et ■en faisant entrebâiller la plaie par une légère pression à tra^.:; vers la paupière supérieure relevée, on repousse à traversf l'inférieure les débris cristalliniens vers la plaie. Lorsque la pupille apparaît tout à fait noire, il nous reste à nettoyer la plaie et l'œil, en enlevant avec précaution et à l aide de petites pinces les caillots sanguins qui s'y trouvent ordinan-enient. Enfin, on évacue une dernière fois l'humeur aqueuse souvent mêlée d'un peu de sang, et l'on place le lambeau conjonctival sur la plaie, en glissant avec la face convexe des petites pinces courbes, ou avec le dos de la curette de caoutchouc, de la cornée sur la scléi-oticiue ; cotte manœuvre fait ! sortir en même temps d'entre les lèvivs de la plaie dos débris [ de la substance corticale et du pigment iricn parfois caches ù cet endroit. jj
Vmisoment et traitement ronnécnlif. — Le pansement est le même que celui de l'extraction à lambeau.
Il n'y a que peu de choses à dire sur le traitement qui suit l'opénilion. Le bandeau compressif, renouvelé pour l.» P''«^-
liXTRACTION" LINÉAIRE PÉRIPHÉRIQUE.
ijlière fois vingt-qualve heures après l'opcralion, doit être changé ensuite deux fois par jour. Par rapport à la lumière, il faut prendre, pendant les premiers jours, les précautions usitées après toute opération de cataracte. On doit recommander le repos, mais moins rigoureusement pourtant (ju'après l'opération de l'extraction à lambeau. Au besoin, les malades peuvent déjà passer les premiers jours hors du lit. Dans le régime, on peut permettre tout ce qui n'échauffe pas et ne rend pas nécessaire le mouvement des mâchoires. Dans le cas où une portion des masses corticales est restée dans l'œil, j'instille déjà, lors du premier renouvellement du pansement, quelques gouttes d'atropine, et je répète ces instillations à chaque nouveau pansement, sauf dans les cas où la sécrétion conjonctivale est augmentée par un catarrhe préexistant, ou montre une tendance à s'accroître après l'opération. Si la substance corticale a été expulsée complètement, on instille de l'atropine dès le deuxième jour pour empêcher les adhérences des bords de la pupille artiflcielle au sac capsulaire. On peut remplacer le bandeau compressif après trois ou quatre joui's par le petit bandeau flottant, et permettre au malade de sortir vers la fin de la deuxième semaine en protégeant ses yeux par des lunettes bleues. Lorsque l'opération a été tout à fait normale, il est rare de voir survenir des écarts de la marche normale de la guérison.