‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 111 sur 149 · I. — OEdème des paupières · texte numérisé non relu

I. — OEdème des paupières

L'oedème des paupières accompagne très-souvent, comme nous l'avons vu, les formes les plus graves d'inflammation de la conjonctive, de la cornée et de l'iris. Cet état peut dépendre aussi de quelque perturbation de la santé générale, surtout chez les personnes faibles et délicates. Il est souvent dû à une affection du coeur ou des reins et, par conséquent, éveille toujours notre attention, et nous conduit à examiner s'il y a de l'albumine dans les urines ou de l'hydropisie générale. Le degré d'en-flure oedémateuse des paupières est très-variable. Si l'oedème a des causes constitutionnelles, il est souvent peu considérable, produisant seulement une enflure et une bouffissure légère des paupières, qui est en général plus considérable dans la matinée et diminue pendant le jour. Généralement la bouffissure existe principalement à la paupière inférieure, où elle forme comme une petite poche ou sac qui est très-laide quand elle est considérable et si les veines sous-cutanées sont dilatées, ce qui donne à l'enflure une teinte bleuâtre. L'enflure produite par l'oedème est molle, pâle, douce, serai-Iransparente et ne résiste pas à la pression du doigt; la marque de celte pression persiste quelques instants.

Si l'oedème reconnaît des causes constitutionnelles, le traitement doit être surtout dirigé de façon à les alléger, car alors l'enflure des paupières diminuera bientôt. Quand l'enflure des paupières arrive spontanément chez des personnes faibles et délicates, on doit administrer des toniques et soigner la santé générale. Un bandage compresseur doit êlre appliqué, et je me suis très-bien trouvé de l'emploi de poches chaudes aromatiques (contenant des fleurs de camomille, du camphre, etc.), attachées forte-ment sur l'oeil. Si l'oedème est obstiné et qu'il défigure beaucoup, on devra exciser un petit pli horizontal de la peau. Quand cet état dépend d'une

OEDÈME DES PAUPIÈRES. 70.1 autre maladie de l'oeil, celte maladie doit êlre soignée, et quand elle disparaît l'enflure cesse bientôt.

Emphysème des paupières. — Cet état est dû à l'entrée de l'air dans le tissu aréolaire, et arrive, généralement à la suite d'une fracture des os du nez ou des cellulaires frontales ou elhmoïdales et de la rupture de la membrane muqueuse. Quoique amené généralement par un coup ou une chute, l'emphysème peut arriver en se mouchant trop fort. L'enflure de la paupière est tendue et élastique, et l'on produit une .crépitation dis-tincte par la pression. La couleur de la peau reste cependant la même. Le traitement consiste dans l'application d'un bandage compresseur et dans l'usage de lotions légèrement stimulantes.

Èrythème (hypérémie) de lapaupière.—Dans les cas d'érylhème, la peau est très-enflammée et a un aspect brillant d'un rouge écarlate, qui dispa-raît momentanément sous l'influence de la pression. Il n'y a cependant que peu ou point d'enflure de la paupière et pas de douleur, quoique le malade se plaigne d'une grande sensation de chaleur. La rougeur s'étend généralement jusque sur la joue, et la conjonclive palpébrale ou oculaire peut êlre injectée. Les veines de la peau sont aussi un peu dilatées. Cette affection est assez souvent due à l'exposition prolongée au soleil ou à une chaleur intense, et se rencontre aussi chez les personnes qui souffrent d'une irrégularité de la circulation générale. Des compresses imbibées d'eau froide ou d'une lotion de Goulard seront souvent appliquées, et une solution de nitrate d'argent (0gr,20 pour 32 grammes) appliquée avec un pinceau au côté extérieur des paupières. S'il y a beaucoup de vascu-larité de la conjonclive et un léger écoulement muco-purulent, un collyre faible de sulfate de zinc ou d'alun sera prescrit.

Une décoloration bleuâtre toute particulière des paupières, surtout de la paupière inférieure^ se rencontre parfois chez les personnes d'une santé délicate et dont le teint est très-délicat et très-transparent. Cette teinte foucée est particulièrement marquée au-dessous de la paupière inférieure où elle produit un anneau semi-circulaire d'un bleu foncé. Cet aspect est dû à la dilatation des veines sous-cutanées qui sont plus visibles à cause de la délicatesse de la peau. Il est souvent très-difficile de guérir cette décoloration, surtout s'il existe en même temps un certain degré d'oedème de la paupière. Je me suis très-bien trouvé de l'emploi d'une solution de tannin (0*r,20 à 0er,û0 pour 32 grammes), avec laquelle on recouvre souvent le côté externe des paupières. Quand ce remède a été employé pendant quelque temps, on peut lui substituer une solution de nitrate d'argent ou d'acétate de plomb. On doit prendre garde que le nitrate d'argent ne décolore pas la paupière, ce qui peut facilemen arriver sur- les points où elle est plissée. La santé générale doit être en «iêine temps soignée, les irrégularités de la circulation, des fonctions

SOELEEEC WE'.I-S. ^ digestives, surveillées, et l'abstention de toute espèce de plaisir recom-mandée.

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