‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 113 sur 149 · V. — Épliïdrose et cBironiIdrose · texte numérisé non relu

V. — Épliïdrose et cBironiIdrose

Une sécrétion excessive des glandes sudorifères des paupières, et par-ticulièrement de la paupière, supérieure, existe parfois. La transpiration sort si librement que la surface de la paupière est couverte d'une couche mince de fluide qui va parfois presque jusqu'au bord de l'orbite-, cet état est appelé éphidrose. Si l'on essuie la peau sèche avec un linge fin on voit aisément (à l'aide d'un verre grossissant) que la moiteur sort de petits pores innombrables, se réunissant en goulles plus largeselà la fin couvre la paupière d'une couche mince de fluide (de Graefe) (2). Bientôt la conjonclive s'injecte el s'enflamme, les bords des paupières deviennent douloureux et s'excorient (surtout aux angles de l'oeil) par suite de l'irri-tation conslanle produite par la sueur, et il s'établit une blépharite mar-ginale rebelle accompagnée d'un certain degré de conjonctivile. Le ma-lade se plaint en même temps d'une démangeaison et d'une sensation de morsure sur la paupière. L'affection est très-rebelle, très-lente, car ■quoique les collyres el les lotions astringentes soient favorables dans l'in-flammation de la conjonctive et du bord de la paupière, elles n'exercent que peu ou point d'influence sur la sécrétion du fluide. Wecker recom-mande sa pommade antiblépharique (p. 713). La santé générale et sur-tout l'action de la peau et des reins doivent être surveillées. (1) R. L. O. H. Rep., II, 125.

' {2) A. f. 0.,iy, 2, 25/i.

Chromidrôsis (slearrhaea nigricans d'Erasmus Wilson). — Sous ce titre on a décrit un état très-particulier et pigmenté des paupières, caractérisé par une décoloration des paupières et surtout de la paupière inférieure ; celte décoloration est surtout apparente dans les plis de la peau et n'atteint pas les cils. La paupière a une couleur d'un ton brun noir ou d'un noir brunâtre que l'on peut facilement faire disparaître avec de l'huile ou de la glycérine, mais non pas avec de l'eau. Cette affection se rencontre surtout chez les femmes, et principalement les femmes ner-veuses et hystériques, et il est presque hors de doute que cet état est artificiel et dû à quelque peinture pigmentée que le malade emploie pour tromper son médecin et éveiller son intérêt ou sa compassion. Pour une descriplion étendue de cet état, je renverrai le lecteur à la traduction française de Mackenzie, tome III, page hh, et aux mémoires du docteur Warlomonl au congrès ophlhalmologique de Heidelberg, 1864 (voy. Klin. Monatsbl., 1864, p. 381).

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