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Ecchymose des paupières. — Celle affection est très-fréquente : c'est la conséquence d'une chute ou d'un coup sur l'oeil, et onla rencontre souvent chez les individus adonnés au pugilat. Elle est causée par un épanche-ment sanguin dans le tissu aérolaire des paupières qui produit une décolo-ration foncée et livide appelée communément oeil poché. Généralement l'ec-chymose se produit quelques heures après l'accident. Celte affeclion peut cependant paraître tout de suite, la décoloration s'élendant des paupière
BLESSURES ET LÉSIONS DES PAUPIÈRES. 753 jusqu'aux parties voisines. Ce fait dislingue celle forme d'ecchymose de celle qu'on remarque dans les contre-fractures de l'orbite, car alors l'in-verse se produit la décoloration n'apparaissant qu'après un intervalle beaucoup plus considérable et s'élendant graduellement aux paupières. En même temps que l'épanchemenl de sang dans le tissu aérolaire des paupières il y a beaucoup d'infiltration séreuse et d'enflure de celles-ci et des parties environnantes; les paupières étant parfois tellement enflées que l'oeil est complètement fermé, la décoloration est au début foncée et livide; mais elle subit graduellement des changements de teinte et tourne du rouge au bleu, au vert et au jaune, elc. Cet état de l'oeil disparaît gé-néralement au bout de deux ou trois semaines, mais on peut accélérer l'absorption du sang par des remèdes variés el des applications locales. Aussitôt après le coup des compresses trempées dans de l'eau glacée peuvent êlre appliquées et maintenues par un bandage solide, on les changera très-souvent, cette application du froid limitant beaucoup l'épanchement du sang. L'absorption est aussi hâtée par l'application continue d'un bandage compresseur avec lequel on pourra 'employer une lotion évaporante. De ces deux moyens, le bandage est le plus utile, c'est lui qui rend le plus de services en accélérant l'absorption. La tein-ture d'arnica a eu pendant longtemps une réputation spéciale dans le traitement de ces blessures. On peut l'employer-comme lotion :
2/î Teinture d'arnica 3 grammes.
Eau distillée ou mixture camphrée 9 — On trempe dans cetLe lotion une compresse en toile que l'on applique sur les paupières à l'aide d'un bandage. La formule suivante recommandée par M. Lawson est aussi très-bonne :
If Teinture d'arnica. « à grammes.
Liqueur ammoniacale acéliqi.e 1 —
Sirop rosa 4 —
Mixture camphrée 8 —
Mêlez.
Un cataplasme de racine de vigne noire a aussi une grande réputation parmi le public. Les parties gonflées ne devront jamais être percées ou ponctionnées, car en agissant ainsi on pourrait produire de la suppura-tion et de l'érysipèle.
Plaies des paupières. —- La gravité de ces plaies varie beaucoup suivant leur étendue et suivant leur nature : si elles sont simplement in-cisées ou ponctionnées et accompagnées de contusion et d'ecchymose, si l'incision .est.horizontale et [superficielle, si elle ne divise que la peau
SOfLBEKfi WELLS. 48 75d ' MALADIES DES PAUPIÈRES.
et quelques-unes des fibres de l'orbieulaire elle se cicatrisera bientôt par première intention, si l'on a soin de réunir les bords par des sutures et des bandes d'emplâtre, et il ne restera que peu ou point de cicatrice. Mais quand la plaie est étendue et qu'elle a pénétré profondément dans la paupière supérieure, si elle a gagné le cartilage et divisé les fibres de l'élévateur palpébral, ses conséquences sont beaucoup plus sérieuses. En effet, elle peut produire non-seulement un degré con-sidérable, de ptosis, mais encore à cause de la suppuration qui peut se produire, de la contraction et du rétrécissement des téguments et par suite un ectropion grave et rebelle. Si la coupure est verticale elle peut diviser le bord tarsal de la paupière, le faire éclater et le laisser ouvert dans une étendue plus ou moins considérable, ce qui produit une ouver-ture très-laide ou colobome. Si la déchirure est placée près de l'angle interne de l'oeil, elle peut diviser le canalicule et l'arracher loin du point lacrymal. Dans une petite plaie par ponction, le danger est très-léger; il est limité à la paupière, ne s'étend pas dans l'orbite et n'a aucune mau-vaise influence sur le globe de l'oeil; autrement il peut produire de la cellullite-orbilaire plus ou moins grave. Si au contraire le globe a été atteint, les conséquences les plus sérieuses sont à craindre et l'oeil peut se perdre complètement. Si la plaie ou la déchirure de la paupière a été accompagnée par une contusion grave des parties on doit tou-jours redouter de voir la suppuration ou même la gangrène s'établir. Les plaies des paupières qui intéressent le nerf intra-orbitaire ont été citées comme pouvant produire une amaurose appelée sympathique. Mais les cas de ce genre que l'on a rapportés s'étaient produits avant la décou-verte de l'ophthalmoscope et lorsque le véritable état du fond oculaire n'était pas connu.
Les plaies de la peau des paupières doivent être rapprochées avec soin et réunies à l'aide de sutures et de bandes d'emplâtre et maintenues fraîches et immobiles à l'aide de compresses humides et d'un bandage. Même lorsque la plaie s'étend profondément dans le tissu de la paupière et qu'elle est accompagnée par un froissement considérable, il vaut mieux réunir ses bords par des sutures que de la laisser se fermer par des granulations parce que ces granulations amèneraient, une perte plus ou moins considérable de substance, une contraction des téguments et probablement de l'ectropion. Si le bord tarsal a été divisé par une cou-pure verticale, les bords de l'ouverture devront être amenés l'un près de l'autre et maintenus dans une apposition exacte par une ou plusieurs sutures entortillées. Une suture sera toujours appliquée aussi près que possible du bord de la paupière de façon à ce que l'extrémité de celle-ci puisse s'unir exactement. Les bords de l'ouverture seront avivés si c'est nécessaire, l'aiguille devra être très-fine et insérée.à travers le cartilage. Si le cana-
BLESSURES ET LÉSIONS DES PAUPIÈRES. 755 licule s'est trouvé divisé, on recherchera son ouverture, une sonde . (fig- 85> P- 644)' sera introduite, et le canalicule fendu clans le sac avec un couteau à cataracte.
Les paupières sont souvent aussi atteintes par des brûlures ou des éclats, soit d'un fluide chaud, soit de la flamme d'une bougie, d'une ex-plosion de poudre, soit par l'action de fluides caustiques puissants. Si les bords des paupières sont gravement atteints, ils peuvent devenir adhé-rents et, si la conjonctive a aussi été alteinte, on trouve un anchylo-blé-pharon ou symblépharon plus ou moins étendu. En outre une forme d'ec-tropiqji très-grave et très-rebelle suit souvent les brûlures des paupières, à cause de la contraction et du rétrécissement de la peau qui suit et accompagne la cicatrisation. Ce dernier fait s'observe surtout dans la paupière inférieure. Si la plaie est assez étendue pour qu'il reste peu de chose de la paupière, en dehors du cartilage et de la conjonctive, l'eclro-pion et le lagophthalmos consécutifs sont si considérables qu'il se déve-loppe une inflammation de la cornée et des autres parties de l'oeil, ce qui amène bientôt en général la destruction de cet organe.
Dans les cas légers de brûlures de la paupière et lorsque l'épidémie n'est pas détruit, des pansements à l'eau froide seront employés et con-stamment renouvelés pendant vingt-quatre ou trente-six heures. S'il se forme une ampoule on devra la percer, laisser le sérum s'échapper eL réappliquer de nouveau le pansement à l'eau froide. Si la plaie a été assez considérable pour détruire la peau, un pansemenl au cérat devra être appliqué, on aura bien soin de maintenir la paupière tendue pen-dant la période de cicatrisation de façon que la nouvelle peau puisse se former et Tectropion être évité. Un bandage est appliqué de façon à maintenir la paupière, et l'on doit défendre au malade de se servir de ses yeux jusqu'à ce qu'il y ait une cicatrisation complète.
Les paupières deviennent souvent très-enflammées-et très-enflées pat-suite de piqûres d'insectes, telles que les abeilles, les guêpes, etc. En pareil cas on doit enlever le dard et prescrire des lotions évaporantes et des pansements d'eau froide.
Parmi les mauvaises conformations congénitales de l'oeil on rencontre quelquefois de l'épicanlhus et du coloboma de la paupière.
Épicanthus. —L'épicanthus est formé par un pli de peau en forme de croissant qui passe du nez au sourcil et cache le canthus interne dans une étendue plus ou moins considérable. Si ce pli est considérablement développé, son aspect est très-laid, et il peut, être nécessaire d'en débar-rasser le malade à l'aide d'une opération. Mais il faut attendre pour opérer que l'enfant soit plus âgé, car l'on voit souvent que cette diffor-mité diminue et disparaît graduellement à mesure que les os du nez se développent davantage et que le nez est lui-même plus proéminent'. Si cet effet ne se produit pas on devra exciser un pli de peau en forme d'ellipse dont le volume variera suivant l'effet qu'on veut produire. Ce pli de peau devra êlre enlevé à la partie supérieure du nez. Les bords de la plaie seront disséqués de façon à pouvoir les rapprocher facilement et les lèvres seront fermées par des sutures.
Colobome. — Le colobome ou fissure de la paupière est une difformité congénitale assez rare; on le voit quelquefois associé à la division du voile du palais, au bec de lièvre, au colobome de l'iris et de la choroïde et à d'autres arrêts de développement. La fissure peut exister dans une paupière ou dans les deux, il peut y avoir aussi une double division, les fissures étant très-près l'une de l'autre et réunies par un petit pont. Pour guérir cet état il faut aviver les bords du colobome el ensuite les réunir soigneusement par de fines sutures entortillées qui passent à travers le cartilage; on aura soin d'appliquer une suture tout près du bord libre de la paupière de façon à cg^fu&Jes lèvres de la plaie se trouvent bien de niveau et exaclement-'uniês1.: -1 />\