‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 23 sur 127 · RIT1S · texte numérisé non relu

RIT1S

la pupille, excepté lorsque les tuniques postérieures sont atteintes, cas clans lequel les lésions sont beaucoup plus graves, et peuvent même causer la perte de la vue.

Il n'y a généralement qu'un seul œil affecté.

Constitution, état de santé. Symptômes constitutionnels. — Les personnes qui sont prises de cette inflammation sont généralement d'un âge mûr et d'une constitution délabrée. Elles ont pu être sujettes à la goutte régulière. Lorsque la maladie se déclare, elle est accompagnée d'une fièvre inflammatoire considérable.

Causes. — La mauvaise constitution dont il vient d'être question peut être regardée comme cause prédisposante et quelquefois aussi comme cause excitante, F ophthalmie se déclarant souvent sans aucune cause extérieure apparente. Plus fréquemment, on voit l'état de la constitution donner le caractère arthritique à une simple inflammation produite par la fatigue, l'humidité ou le froid. Souvent aussi le malade aura été sujet à des inflammations de l'œil.

Diagnostic. — Les symptômes locaux et l'état de la constitution indiquent la nature arthritique de la maladie, mais il faut distinguer l'iritis qui nous occupe de celle causée par l'extension de l'inflammation arthritique des tuniques postérieures. La principale base sur laquelle se fonde ce diagnostic, c'est que, dans ce dernier cas, outre une goutte irrégulière, les symptômes primitifs indiquent une ophthalmie interne postérieure : tels sont la rougeur de la sclérotique à la circonférence du globe diminuant vers la cornée, la photop'sie et un affaiblissement rapide de la vue. En Conséquence, lorsque la maladie vient des tuniques postérieures, la pupille, au lieu d'être contractée, se trouve dilatée, et parfois plus dans un sens que dans l'autre, de façon à prendre une forme ovale, et l'exsudation de lymphe, s'il y en a, est beaucoup moins considérable On voit enfin le cristallin, glaucomateux et tuméfié, faire saillie à travers la pupille dilatée.

Pronostic. ■ — Cette espèce d'iritis est la plus dangereuse de toutes , non- seulement parce que la pupille peut se contracter et rester obstruée par la lymphe , mais parce que l'inflammation est très tenace, disposée à revenir, et peut, après plusieurs attaques, s'étendre à la choroïde et à la rétine et détruire totalement la vue.

Traitement. — Quoique cette ophthalmie soit dangereuse pour l'organe qu'elle atteint, et quoiqu'elle soit accompagnée de symptômes graves, l'état de la constitution est généralement tel, qu'il faut employer avec une grande réserve le traitement actif par la baignée et le mercure, si utiles dans les autres iritis.

Après la saignée et la mercurialisation, si tant est qu'on puisse y avoir recours, ou bien lorsque la prudence en proscrit l'application, on peut administrer le colchique comme il a été dit plus haut (p. 188).

Pour diminuer la douleur névralgique, on doit faire des frictions avec les substances usuelles; tantôt l'une, tantôt l'autre sera plus efficace. Il ne faut pas faire d'application locale à l'œil lui-même.

Le malade doit d'abord se soumettre à un régime sévère jusqu'à ce que l'inflammation ait diminué, et même alors, il faut procéder avec prudence. On pourra administrer deux ou trois fois par jour les toniques suivants : quinquina et soude, 5 à I 0 grains (30 cenligr. à 60 centigram.) de chaque, ou % grains [\1 centigr.) de sulfate de quinine.

Une contre-irritation au moyen d'un vésicatoire appliqué derrière l'oreille ou sur la nuque est très utile dans le traitement de cette iritis ; mais il ne faut y avoir recours que lorsque l'inflammation est sur son déclin.

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