‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 32 sur 127 · ATROPHIE DU GLOBE · texte numérisé non relu

ATROPHIE DU GLOBE

WI1. — Atrophie du globe.

L'atrophie du globe est le résultat d'une inflammation chronique qui s'est fixée primitivement ou secondairement dans les membranes internes, spécialement les postérieures.

Les ophthalmies scrofuleuse, purulente, syphilitique, arthritique, traumatique, sympathique, en embrassant toutes les parties profondes de l'œil et en devenant chroniques, ont une grande tendance à causer l'atrophie de l'œil. Cet accident peut être précédé par une tuméfaction morbide. On distingue plusieurs degrés d'atrophie, depuis celui où l'œil a simplement diminué de volume et paraît mou au toucher, jusqu'à celui où il est flasque, rétracté et irrégulier au niveau des muscles droits, et que, ne faisant plus aucune saillie, il laisse les paupières se déprimer. Le ramollissement et la diminution du volume du globe sont dus, en grande partie, à la réduction de la masse du corps vitré, mais en outre à l'altération des autres tissus, et en particulier à l'étal morbide plus ou moins prononcé de la rétine. C'est à cette affection qu'il faut surtout attribuer les changements du corps vitré.

Il n'est pas nécessaire de mentionner en détail les altération des autres membranes de l'œil, surtout celles que démontre la dissection dans les yeux depuis longtemps atrophiés.

Dans l'atrophie de l'œil, le pronostic, quant à ce qui regarde la vision, est défavorable. Au début de la maladie, lorsque la pupille est libre et le cristallin encore transparent, la vue est déjà gravement altérée et d'une façon irrémédiable ; à un degré plus avancé, la vision se borne à faire distinguer le jour de la nuit, si même elle n'est pas entièrement perdue. Le globe oculaire, après être devenu un peu mou dans le cours de l'inflammation interne, peut reprendre sa consistance normale. Ce serait, d'après A. Anclerson, dans les cas d'ophthalmies postfébriles, qu'on observerait ce résultat; mais le ramollissement du globe, dans cet état, peut à peine être appelé du nom d'atrophie.

Une autre espèce d'atrophie, que l'on appelle encore phthisie du bulbe, est celle qui succède à l'évacuation des humeurs de l'œil. Celles-ci, à la suite des ulcérations de la cornée ou des ruptures du globe, comme dans le phlegmon oculaire, peuvent être évacuées complètement ou en partie ; alors les tuniques s'affaissent, se rétractent, et forment un petit moignon au fond de l'orbite. Il faut distinguer cet état de l'atrophie proprement dite.

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