RÉTABLISSEMENT DE LA PUPILLE
[La destruction des fausses membranes qui obstruent la pupille et des adhérences qui fixent l'iris à la capsule cristalline ou à la cornée, et produisent la synéchie postérieure ou antérieure, permet à l'ouverture pupillaire de se dilater et de se contracter de nouveau comme auparavant, et est l'un des meilleurs moyens de prévenir la récidive des iritis dont la principale cause réside, ainsi que l'a très bien indiqué M. de Graefe, dans l'existence des adhérences, surtout quand elles sont étendues et inextensibles. Le rétablissement de la pupille peut, dans ce cas, être obtenu, non par la section des adhérences, mais avec plus de sécurité par leur déchirure.
Une ponction faite à la circonférence de la cornée permettra d'introduire dans la chambre antérieure un crochet mousse qui, porté derrière l'adhérence, servira à la déchirer. S'il n'existe aucun intervalle resté libre dans tout le champ pupillaire, l'aiguille qui a ponctionné la cornée pourra servir à perforer la fausse membrane. Cette perforation sera faite au côté opposé à l'ouverture de la cornée. La seule difficulté dans l'application de ce procédé, que certains auteurs, qui l'ont décrit sous le jnom de corelysis (1), préfèrent à la formation d'une pupille artificielle, est celle qui consiste à éviter de blesser le cristallin. ]
2° Déplacement de la pupille pour l'amener en face d'une partie claire de la cornée (2).
On attire une portion de l'iris à travers une ponction de la cornée et l'on éloigne la pupille du point opaque pour la placer vis-àvis delà partie transparente. On fait la ponction de la cornée, avec un couteau à iris ou la pointe d'un couteau à cataracte, près de la sclérotique; elle doit avoir environ 3 millimètres d'étendue. Si l'humeur aqueuse en s'échappant n'a pas entraîné l'iris, on peut l'attirer avec une petite pince, ou un crochet à pointe mousse, que l'on introduit dans l'incision, et avec lequel on agrafe le bord pupillaire de l'iris.
La partie attirée en dehors reste serrée entre les lèvres de l'incision, afin qu'elle puisse adhérer à la cicatrice.
Dans cette opération on suit, comme on le voit, la même marche que dans l'excision latérale, si ce n'est qu'on ne coupe
(1) Ann. d'ocul., 1861.
(2) Opérations d'Adams et d'Himly, corcclopic.
pas la partie de l'iris attirée au dehors; mais ce procédé ne présente aucun avantage sur celui de l'excision latérale qui est certainement préférable.
M. Guépin (de Nantes) a décrit sous le nom de distension permanente de la pupille, un procédé qui n'est qu'une variété du déplacement avec enclavement. Il consiste surtout à amener une portion du bord pupillaire dans une solution de continuité, pratiquée au moyen de l'excision d'une petite partie du lambeau de la cornée. Cette excision se fait au moyen d'une sorte d'emporte-pièce. Le procédé de M. Guépin n'a pas été adopté.
Un autre mode de déplacement avec enclavement a été décrit sous le nom d'iridésis, par M. Critchett (1). On pratique d'abord une ponction, près de la circonférence de la cornée, avec une aiguille assez large. On introduit par l'ouverture une pince-tube autour de laquelle on a convenablement disposé un fil de soie ; cette pince sert à accrocher une portion de la substance irienne à égale distance des bords ciliaire et pupillaire. La portion ainsi accrochée est étreinte dans un nœud du fil de soie dont les deux chefs sont ensuite coupés à une certaine distance. Le fragment de l'iris ainsi serré s'affaisse promptement, et dès le second jour on peut retirer le fil. Nous avons déjà vu (page 319) que ce procédé a été appliqué par M. Bowman au staphylôme transparent de la cornée.
§ V. — Pupille artificielle par lacération on déchirement «le l'iris (2).
Lorsque le cristallin est encore transparent et que le bord pupillaire de l'iris adhère à la cornée dans une certaine étendue, on peut introduire dans la chambre antérieure , à travers une petite incision de la cornée, le crochet de Tyrrell (fig. 'MO), au moyen duquel on saisit avec précaution le bord pupillaire, que Ton déchire en retirant l'instrument.
Si le bord pupillaire de l'iris est adhérent à la cornée dans toute son étendue , et si la transparence de la cornée permet de faire une nouvelle pupille en face de sa partie inférieure et externe, on peut employer le procédé suivant, recommandé d'ailleurs par Tyrrell. 11 introduit une aiguille large, à bords tranchants, à travers la cornée dans la chambre antérieure, et perce ainsi l'iris près de son point d'adhérence, en ayant soin de ne pas pousser la pointe de l'instrument trop en arrière, pour ne
(1) Ami. d'ocul, t. XLII et XLIV.
(2) Iridorlicsis.