PUPILLE ARTIFICIELLE PAR DÉCOLLEMENT
Accrocliemenl et décollement d'une partie de l'iris. — Quand on a ainsi gagné le bord ciliaire de l'iris, on tourne et l'on incline le manche de l'instrument de manière à diriger la pointe du crochet vers l'iris et à l'y fixer aussi près que possible du bord ciliaire.
Lorsqu'on a accroché l'iris, on retourne et l'on incline l'instrument de telle sorte qu'il se trouve ramené à sa position primitive. Alors, par une ou deux tractions légères, mais soutenues, on détachera l'iris, puis on fera tourner l'instrument à moitié sur son axe, de manière à s'emparer plus solidement de l'iris ; mais il faut pour cela que l'iris ait été déjà détaché , sans quoi on risque de déchirer son tissu devenu moins résistant , et de lâcher prise. En continuant à tirer l'instrument avec douceur et continuité, le décollement se complète.
Prolapsus du lambeau décollé de iiris à travers l'incision de la cornée. — Lorsque le crochet arrive à l'ouverture de la cornée, il faut une manœuvre délicate pour l'en faire sortir sans lâcher le lambeau de l'iris. Le point essentiel est de repousser en arrière, avec le dos de l'instrument, la lèvre postérieure de l'incision, afin de rendre celle-ci béante.
Fig. 109.
Le lambeau de l'iris, attiré en dehors, doit être assez considérable pour être retenu entre les lèvres de l'incision et pour donner à la pupille une grandeur convenable. Pour que le lam-
qui sert de manche et au bout duquel on a fixe un petit tube d'or de 3 centimètres et demi de long. Un fil d'acier, terminé par un crochet fin, est renfermé dans le tube d'or, et fixé au manche de l'instrument comme l'est un crayon dans un porte-crayon ; on peut le faire sortir en pressant un bouton situé sur le côté du manche. Au moyen d'un ressort en spirale, on le fait rentrer de même. Lorsque l'instrument est fermé, la concavité du crochet s'applique sur le bord du tube d'or, et sa pointe se trouve garantie de manière à ne pouvoir rien accrocher ni blesser accidentellement.
Il faut aussi remarquer que ces instruments et leurs analogues, dont les noms varient, sont complètement inutiles au chirurgien expérimenté, et entre les mains d'un maladroit, ils ne sont pas aussi faciles à manier que l'érigne simple ou la pince.
beau de l'iris soit retenu au dehors, il faudra qu'il soit amené à l'une ou à l'autre extrémité de l'ouverture et serré entre ses lèvres [iridencUse).
Si l'on est obligé, pour obtenir une pupille de grandeur convenable, d'attirer une portion plus considérable que celle qu'exige son maintien dans l'incision, la partie exubérante sera coupée. Cela arrive lorsqu'on a été contraint, par l'état de l'œil, de faire l'incision de la cornée plus près que nous ne l'avons indiqué du bord qui correspond à la nouvelle pupille.
Lorsque l'on ne peut fixer entre les lèvres de l'incision le lambeau de l'iris, il faut en amener une plus grande partie au dehors et la couper (iridectomëdiahise).
Pendant que l'on décolle l'iris, il se produit généralement une effusion considérable de sang dans les chambres aqueuses.
Si le cas que l'on opère ainsi est compliqué de cataracte, on pourra opérer celle-ci par division ou déplacement, selon sa nature, mais seulement après la guérison du décollement. Il ne faut pas songer à extraire la lentille; l'état de l'œil, qui nécessite l'opération de la pupille artificielle par décollement, interdit en général L'extraction.
Cette méthode d'opération de la pupille artificielle par décollement ne doit pas être recommandée.
§ i\, — Opération ayant pour but d'utiliser de nouveau la pupille naturelle.
1° Rétablissement de la pupille à sa position naturelle par section.
Si, par suite d'une légère synéchie antérieure, la pupille a été déviée et se trouve en face d'une opacité de la cornée, et s'il semble qu'il suffira de détruire l'adhérence pour que la pupille vienne se placer en face d'une partie de la cornée restée transparente, on doit se borner à faire la section de cette adhérence.
On effectue cette opération au moyen d'une aiguille à bords tranchants et d'une épaisseur croissante. On l'introduit doucement à travers la cornée dans la chambre antérieure, afin que l'humeur aqueuse ne puisse pas s'échapper, et l'on coupe les adhérences en prenant garde de ne pas blesser le cristallin. Il est facile d'éviter cet accident, si l'on n'a pas laissé l'humeur aqueuse s'échapper, sans quoi cela est difficile.