‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 64 sur 127 · PUPILLE PAR LACERATION OU DECHIREMENT DE L IRIS · texte numérisé non relu

PUPILLE PAR LACERATION OU DECHIREMENT DE L IRIS

déclasser ces maladies et d'indiquer le plan général d'opération à suivre pour chaque espèce.

1° Premier genre d'états morbides de l'œil.

La cornée est le siège principal de V affection. — L'iris et la pupille peuvent être normaux, ou l'iris, d'ailleurs sain, être adhérent à la cornée au degré de la synéchie antérieure, ou du staphylôme partiel, la pupille étant plus ou moins déformée et contractée. Le cristallin et la capsule peuvent être sains, ou, par suite d'une cataracte, la lentille a été enlevée.

Espèces morbides.

Opacité centrale de la cornée, incurable, assez grande pour couvrir la pupille, même lorsqu'elle est dilatée par la belladone ; l'iris et la pupille à l'état normal, cristallin sain.

Opacité de la cornée moins étendue, mais contraction, à un degré plus ou moins marqué, de la pupille, que la synéchie antérieure ou le staplrylôme partiel tire derrière l'opacité. Cristallin sain.

Cas où le bord pupillaire de l'iris adhère à la cornée, soit en entier, ou sur une étendue considérable. Iris sain d'ailleurs, mais très tendu.

Plan d'opération.

Excision lalérale, là où existe la plus rrande étendue de cornée claire.

Ramener la pupille dans sa position naturelle parla section, si la synéchie est petite et semble facile à diviser ; autrement, excision de l'iris entraîné à travers une section de la cornée.

Incision à travers la sclérotique si le cristallin n'existe plus. Si, au contraire, la lentille est encore présente et saine, et s'il y a une étendue suffisante de cornée claire, l'excision lalérale se pratique de la manière suivante : on fait une section de la cornée, et avec de petites pinces on va saisir un repli de l'iris que l'on entraîne ou que l'on déchire et que l'on coupe.

L'iris et la pupille sont affectés, la cornée est saine, le cristallin transparent ou opaque.

Espèces morbides.

Occlusion simple de la pupille, par suite d'irilis ; le cristallin et la capsule sont transparents.

Plan d'opération.

Excision de l'iris attiré à travers une section de la cornée que l'on pratique entre le centre et la circonférence; sinon décollement.

Occlusion de la pupille avec cataracte, et synéchie postérieure.

Occlusion de la pupille, apèrs l'extraction de la cataracte.

Opacité partielle de la cornée, pupille fermée, synéchie antérieure ou postérieure et cataracte, c'est-à-dire combinaison de tous les états morbides que nous venons d'énumérer.

Si la substance de l'iris est saine et contractile de manière à maintenir l'incision béante , et si la lentille est molle et facile à diviser, incision à travers la sclérotique, avec division de la lentille. Si la lentille est dure et réclame l'extraction, il sera mieux de faire l'opération de Maunoir par incision, et d'extraire la cataracte par l'ouverture. Si l'iris n'est pas sain, on peut avoir recours au décollement suivi de l'abaissement de la cataracte, ou à l'excision avec l'extraction.

C'était dans un cas comme celui-là que Cheselden mit en pratique son opération par incision à travers la sclérotique ; et si le tissu de l'iris est resté assez sain , l'opération peut en général réussir. Si le tissu de l'iris, bien que peu altéré, paraît néanmoins avoir souffert, on peut conseiller l'opération de Maunoir par incision, de préférence à celle de Cheselden. Mais si le tissu de l'iris est sérieusement altéré, alors il faut avoir recours à l'excision.

Après avoir considéré , d'une part, la situation et la disposition de l'opacité de la cornée, et de l'autre, l'état de l'iris, conditions qui peuvent changer le procédé opératoire, on agira d'après les règles que nous venons de poser.

La section et l'excision de l'iris, qui n'étaient pratiquées autrefois que dans le but de créer une ouverture destinée à suppléer la pupille normale, ont été depuis quelques années mises à contribution comme moyens curatifs des phlegmasies chroniques des membranes internes de l'œil. Dès 1856, en effet, M. de Graefe a établi (l) que l'excision d'une portion plus ou moins considérable de l'iris est un excellent moyen de diminuer l'inflammation chronique du globe oculaire. Ainsi, dans les synéchies postérieures totales, dans les adhérences larges et inextensibles, qui sont la cause principale des récidives de l'iritis et de la choroïdite chroniques, l'iridectomie amène l'écoulement ou la résorption des produits déposés derrière l'iris, et produit un écoulement de sang. Le même résultat favorable s'obtient dans les cas d'irido-choroïdite ayant débuté par l'iris, dans l'iritis chronique sujette à récidive, etc. (p. 231). M. Coursserant a obtenu de beaux succès par ce mode de traitement,

(1) De l'opération de la pupille artificielle comme remède contre l'irilis chronique et l'iridio-choroidite (Arch. fur Ophth. 1856, t. II, p. 202,257).

ABSENCE CONGÉNITALE DE L'iRIS. 465

et M, Desmarres, qui pratique l'excision d'un lambeau d'iris préalablement décollé, préconise cette mélhode dans les cas d'irido-choroïdite, avec synéchie postérieure, cas qui récidivent, sont rebelles aux autres modes de traitement et conduisent à l'amaurose. Dans un certain nombre de cas, on a pour but, en pratiquant l'excision de l'iris, de diminuer la pression interne de l'œil. Nous reviendrons sur ce sujet à l'article Glaucome.

travaux a consulter sur la pupille artificielle.

Maunoir, Mémoire sur l'organisation de l'iris et l'opération de la pupille artificielle, 1812. — Donegana, Délia pupilla artificiale, 1809. — Assalini, Ricerche sulla pupilla artificiale, 1811. — W. Adams, Practical obs. on entropium, on the modes of forming artificial pupill, etc. London, 1812. — Faure, Observ. sur l'iris et sur les pupilles artificielles. Paris, 1819. — Wagner, De coremorphosi. Gœttingue, 1818. — Delpech, De la pupille artificielle (Rev. méd., t. III, 4831). — Guépin, Mémoire sur la pupille artificielle (Ann. d'ocul., 2e vol. suppl.). — Huguier, Des opérations de pupille artificielle, thèse de Paris, 1841. — A. Bérard, Dictionnaire de méd. en 30 vol., art. Pupille artificielle, t. XXVI. — Desmarres, Atlas du journal des connaiss. médic-chirurg.,1850. — Coursserant, Arch. d'ophthalmol., t. III, p. 259. — Critchelt, Ann. d'ocul., t. XLII, p. 130, et t. XLIV, p. 125. — Marcet, De l'opération de la pupille artificielle, thèse de Paris, 1861. — Pagenstechcr, Ueber die Iridectomie. Wiesbaden, 1858.

Page 1