AFFECTIONS CONGÉNITALES DE L'IRIS ET DE LA PUPILLE
cette manière contre l'éclat de la lumière, et leur vue est en même temps, plus distincte.
Les yeux peuvent être, sous les autres rapports, parfaitement conformés, ou bien atteints d'autre malformation.
En général, une cataracte se forme tôt ou tard; quelquefois elle existe à la naissance. Souvent elle paraît tremblante.
Malgré la cataracte, la vue se conserve encore à un certain degré, puisque les rayons de lumière peuvent se frayer un passage jusqu'à la rétine, à travers la zone lucide qu'on voit autour de la circonférence de la lentille opaque.
A la suite d'une blessure, la plus grande partie de l'iris peut être détachée de ses connexions ciliaires ; dans ce cas, il se réduit à un petit volume , et l'œil prend le même aspect que lorsqu'il y a une absence incomplète de l'iris.
Traitement. — La seule chose qu'on puisse faire dans le cas d'absence congénitale de l'iris, c'est de porter sur les yeux, en guise de lunettes, des plaques arquées de corne ou d'une substance analogue, ayant des fentes transversales à travers lesquelles on peut voir, comme dans les lunettes à neige des Esquimaux. Si l'état de la vision l'exige, on peut garnir les fentes de verres concaves ou convexes.
Lorsque la cataracte s'est formée et si l'on veut opérer, il faut choisir le procédé par division. Dans l'iridérémie partielle, c'est le cercle pupillaire qui est incomplètement développé.
§ II. — Fissure congénitale de l'iris (1).
La fissure s'étend de la pupille vers le bord ciliaire de l'iris,
et sa direction est presque FlG- * [ l ■ toujours verticale.
Dans quelques cas , la fente se contracte avec la pupille, bien que plus lentement: dans d'autres, la contractilité paraît se borner à la pupille.
La vue est en général intacte, à moins que, comme il arrive parfois, il n'y ait, en outre, quelque autre vice de développement de l'œil.
(4) Coloboma iridis congénital, irldoschisma.
FISSURE CONGÉNITALE DE L'iRIS. 467
La fissure devient habituellement plus étroite près du bord ciliaire de l'iris, mais dans quelques exemples on a vu une disposition contraire. Dans quelques cas, la fente ne fait au bord pupillaire de l'iris qu'une simple entaille anguleuse. Enfin on a noté comme une variété spéciale de ce vice de conformation une fissure de la substance propre de l'iris seule, tandis que l'uvée restait intacte.
Tantôt un œil seulement est affecté de fissure congénitale de l'iris, tantôt les deux. On a rapporté un cas dans lequel il y avait simple fissure dans un œil, et dans l'autre, double pupille en forme de 8 .
En général, la moitié inférieure de l'œil est moins convexe que la supérieure, et apparemment moins développée. Dans quelques cas, l'œil entier paraît plus petit qu'il ne l'est normalement, la cornée plus plate, le pigment absent et le globe vacillant. Dans d'autres cas, on a observé la complication de cataracte; mais la vue était encore assez bonne , la lumière pénétrait jusqu'à la rétine par la fissure de l'iris, à travers la zone lucide du pourtour de la lentille. Dans beaucoup de cas, néanmoins, le globe parait tout à fait normal sous tous les autres rapports, et la vision est bonne.
On a observé que ce vice de conformation était parfois héréditaire dans les familles.
On a trouvé, par la dissection, que le colobomade l'iris n'était qu'une partie d'une fissure plus étendue, comprenant à la fois la rétine et la choroïde. Si l'on se rappelle que, dans les premiers temps de l'existence du fœtus, il y a une fissure qui s'étend à travers la partie inférieure de la rétine, de la choroïde et de l'iris, nous sommes immédiatement conduit à penser que la fissure congénitale impliquant la partie inférieure de l'iris est due à un arrêt de développement.
Dans le cas où la fissure occuperait une autre portion de l'iris, cette anomalie ne pourrait être attribuée à cette cause.
La fissure accidentelle de l'iris (coloboma traumatique de l'iris) peut occuper une partie quelconque de la membrane. Comme il y a généralement lésion de quelque autre partie du globe, la simple fissure de l'iris n'est pas la maladie principale.
Quelquefois la pupille est vicieusement placée et déformée congénitalement, et l'on rencontre même l'existence de plusieurs pupilles, comme nous venons de le dire.
468 AFFECTIONS CONGENITALES DE L'iRIS ET DE LA PUPILLE.
§ III. — Impci'foration congénitale de l'iris.
Dans beaucoup d'ouvrages sur les maladies des yeux, on parle de la persistance de la membrane pupillaire comme pouvant nécessiter l'opération de la pupille artificielle ; et l'on cite, à ce propos, les opérations de Cheselden et jamais aucune autre. Néanmoins les opérations de Cheselden ne furent pas faites dans des cas de persistance de la membrane pupillaire, mais comme il a été dit ci-dessus (p. 445), dans des cas d'occlusion de la pupille à la suite de l'opération de la cataracte.
Bien que la membrane pupillaire puisse quelquefois exister encore à la naissance, elle disparaît bientôt, et je crois qu'il n'existe pas de cas authentique où elle ait persisté d'une façon permanente et produit un obstacle à la vision qui ait réclamé l'intervention de l'art.
J'ai récemment rapporté un cas (dans Ophthalmic hospital Reports, n° 10, 4 860), dans lequel les restes de la membrane pupillaire formaient trois bandes partant d'autant de points différents de la surface antérieure de l'iris, au point de jonction des cercles pupillaire et ciliaire , et allant jusqu'à la capsule de la lentille. On pouvait, dans un examen superficiel, prendre ces bandes pour des bandes d'adhérences à la suite d'une iritis, mais l'œil était d'ailleurs parfaitement sain.
Ce fut pour un certain trouble dans la vision de l'autre œil que la malade, jeune fille de seize ans, vint me consulter.
Le vice de conformation dont il s'agit ici a été très rarement signalé, et il serait, du reste, peu important, ainsi que le fait observer M. Wharton Jones, puisque la membrane pupillaire finit par se déchirer au bout de quelques jours ou de quelques semaines. Il y aurait donc alors un simple retard dans l'accomplissement d'un acte normal, plutôt que persistance d'un état transitoire. Il faut admettre que l'occlusion congénitale de la pupille est due le plus souvent, sinon toujours, quand elle persiste, à des exsudations résultant d'inflammations intra-utérines. C'est alors seulement que, si les autres parties du globe sont restées saines, on peut songer à l'opération de la pupille artificielle.
Consultez : D'Animon, Démonstrations cliniques des maladies congénitales et acquises de l'œil humain et de ses annexes, traduit de l'allemand par Szokalski, 1846. — E. Cornaz, Des dbnormités congénitales des yeux et de leurs annexes. Lausanne, 1848. — J. Cloquet, Mémoire sur la membrane pupillaire. Paris, 4818.