VISION DES OBJETS DANS L'ŒIL
au-devant de l'œil jusqu'à ce qu'elles disparaissent en bas. Les mouches présentent, en outre, des mouvements latéraux qui sont, il est vrai, moins marqués, et elles offrent des changements dans leur position relative.
Nature des mouches volantes. — D'après l'opinion la plus répandue jusqu'à présent, on avait cru que les mouches volantes sont dues à des sensations subjectives causées par quelque modification intrinsèque dans l'appareil nerveux optique, et on Jes confondait ainsi avec les mouches fixes ; or, il est rigoureusement démontré que ce sont de véritables sensations objectives déterminées par la présence de particules situées dans l'intérieur de l'œil, mais en dehors et en face de la rétine, sur laquelle elles projettent leur ombre.
On peut, sans entrer dans de grands détails, démontrer cette proposition de la façon suivante : Placez quelque petit objet, comme une épingle, entre une lentille convexe et la surface blanche sur laquelle tombe l'image de la lumière. Lorsque l'objet est près de la lentille, on ne voit pas son ombre sur l'écran blanc, mais à mesure qu'on le rapproche de l'écran, l'ombre devient déplus en plus distincte.
La présence de ces particules dans l'œil paraît, être normale, et chacun peut voir ces apparitions de mouches volantes, soit en regardant un ciel pur à travers une petite ouverture percée dans une carte, ou la flamme d'une bougie située à 2 ou 3 pieds, à travers l'oculaire d'un microscope, ou plus simplement en rapprochant les paupières et en regardant ainsi la lumière d'une bougie.
Quand on contemple les spectres ainsi produits, tels que les filaments perlés, les globules bien ou mal limités, et les filaments aqueux, que Mackenzie désigne respectivement sous les noms de spectre perlé, spectre à globules isolés distincts ou non distincts, spectre aqueux, on remarque qu'ils sont situés , chacun dans des plans différents, les uns derrière les autres, qu'ils ne se mêlent jamais l'un à l'autre de manière à intervertir l'ordre dans lequel ils se présentent devant l'œil : ainsi le spectre perlé paraît toujours plus rapproché, puis viennent les globules isolés nettement limités, ensuite les globules mal limités, et enfin, les filaments aqueux qui sont les plus éloignés.
Siège des particules dont la présence cause les mouches volantes. — On admet comme étant mathématiquement démontré, que ces particules sont situées au-devant de la rétine, dans ou derrière le corps vitré; mais il paraît, en même temps, que la position n'est
pas la même pour les différentes formes, le spectre perlé étant le plus près de la rétine et le spectre aqueux le plus éloigné.
Nature de ces particules. — Elle n'a pas encore été bien déterminée. Il existe dans l'humeur vitrée, ainsi que dans l'humeur aqueuse, un certain nombre de corpuscules qui ressemblent plus ou moins aux corpuscules de la lymphe, quoique étant plus petits, et variant entre 4 /4000e à 1 /5000e de pouce. Mais il semble résulter des recherches de Brewster, de Mackenzie et de Ruete, que le volume des particules, dont la présence occasionne les mouches volantes, est beaucoup plus considérable.
Chacun a souvent vu les mouches volantes, maissans y prendre garde, parce qu'elles sont peu distinctes, ne se présentent que par hasard, et par conséquent n'occasionnent aucune gêne.
Dans la cataracte, l'opacité de la lentille les rend apparentes absolument comme dans l'expérience de la carte percée. On les voit plus distinctement et elles sont plus gênantes, lorsque la rétine est irritée et que l'irradiation est diminuée (p. 54 9), de sorte que l'on peut considérer cet état de la rétine comme la condition générale d'où dépendent les mouches volantes envisagées comme maladie.
La diffusion des images des objets extérieurs favorise la perception des mouches volantes, tandis que la netteté de ces images les rend moins évidentes. Ainsi, lorsqu'une personne est myope ou presbyte, les mouches volantes sont moins apparentes, quand cette personne fait usage de lunettes qui rendent la vision plus nette. Ce résultat paraît dû à l'impression plus forte des objets extérieurs, qui compense l'affaiblissement de l'irradiation, de telle sorte que la faible impression des mouches se trouve facilement effacée.
La pupille des yeux affectés de mouches volantes est généralement contractée, même lorsque l'œil est myope.
Causes excitantes. — Ce sont : la fatigue des yeux sur de petits objets, les ophthalmies, la recherche des mouches volantes dans des expériences, l'intempérance, les maladies fébriles, la grippe, les maladies du cœur, le manque de sommeil, la dyspepsie, l'hystérie, l'hypochondrie, la sensibilité anormale de tout l'organisme produite par les occupations, l'inquiétude, l'anxiété. Toutes ces causes semblent agir de la même façon en congestionnant les yeux et en affaiblissant l'irradiation de la rétine. Chez les hypochondriaques, ces mouches deviennent un véritable tourment, tant elles causent de préoccupation.