‹ Traité pratique des maladies du larynx, du pharynx et de la trachéeChapitre 17 sur 146 · ANGINE GOUTTEUSE · texte numérisé non relu

ANGINE GOUTTEUSE

Après avoir parlé de l’angine rhumatismale, nous allons aire quelques mots de l’angine goutteuse (2), dont j’ai rencontré plusieurs cas remarquables dans ma pratique. Un de mes malades qui était sujet à de fréquentes attaques d’angine fut pris d’accès de goutte, et à la suite de ces derniers l’inflammation de la gorge disparut pour ne plus revenir. Chez un autre qui souffrait de pharyngite aiguë, les symptômes s’amendèrent tout à coup, et le gros orteil du pied droit devint le siège d’une attaque de goutte aiguë : trois jours après l’inflammation du gros orteil s’évanouit et fut remplacée par une pharyngite aigüë.

Le D" Prosser James (3) a constaté que- chez les goutteux la

(1) Le spongio-piline est un tissu épais et spongieux dont on se sert comme compresse ( Note des Traducteurs).

(2) Voyez Peterson : Disserl. de Angina arthritica. Upsal, 1793; et aussi Barthez : Traité des maladies goutteuses. Paris, 1855, p. 202 etsuiv.

(3) Mal. de la gorge. Churchill, 1878, p. 120 et suiv. — Mes observations personnelles concordent en tous point avec celles du Dr Prosser James. Chaque année nous donnons nos soins à bon nombre de goutteux chroniques qui viennent suivre à Aix un traitement général préventif. Nous avons toujours examiné avec le plus grand soin l’état du pharynx, du larynx et des bronches. Il résulte de nos recherches, comme aussi des renseignements fournis par les malades eux-mômes, que les affections aiguës de l’appareil respiratoire sont rares chez les goutteux ; mais qu’il est très frésquent de rencontrer chez eux de la rougeur et du gonflement chronique des muqueuses pharyngo-laryngiennes. Ils sont sujets aux granulations, au relâchement avec œdème de la luette, enfin, au catharre simple du larynx et des bropches

AMYGDALITE

maladie est rarement aiguë; mais qu'il est très commun de voir l’inflammation chronique envahir la muqueuse delà gorge,

On devra adopter le même traitement que nous avons recommandé pour le rhumatisme, en y apportant les modifications que comporte l’origine différente de cette affection.

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(esquinancie. angine tonsillaire)

Latin Eq. — Inflammatio tonsillarum.

Anglais Eq. — Tonsillitis. Quinsy. Cynanche tonsillaris.

Allemand Eq. — Angina tonsillaris. Amygdalitis. Entzündung der Mandeln.

Italien Eq. — Angina tonsillare. Tonsillitide.

définition. — Cette affeetion consiste en une inflammation des amygdales limitée à sa surface , ou atteignant le parenchyme de la glande, et suceptible de se terminer soit par résolution , soit par un abeès, soit enfin par une hypertrophie chronique.

Etiologie. — Les causes de l’amygdalite peuvent se diviser en prédisposantes et en efficientes. Parmi les premières, l’âge est certainement la plus importante. La prédisposition à contracter cette affection commence aussitôt après la puberté ; elle devient très manifeste entre quinze et vingt ans et atteint son maximum entre vingt et vingt-cinq. La maladie se voit rarement chez les enfants au-dessous de cinq ans (1), et c’est à peine si on peut en citer quelques cas après cinquante ans.

accompagnés parfois d’une toux rauque et sonore, ou bien d’enrouemenl et même de perte de la voix. Les inhalations sulfureuses tièdes, le humage direct des vapeurs chaudes naturelles, telles qu’on les pratique à Aix, nous ont donné des résultats excellents dans ces divers troubles des muqueuses d’origine goutteuse ou arthritique (Dr Berthier).

(1) M. le D1- John Reid vient de rapporter tout récemment ( Archiv . of laryngol. New-York, sept. 1880), l’observation d’un garçon de sept mois, atteint d’une affection que l’on croyait de nature diphtéritique ; la région sous-maxillaire du coté droit était tuméfiée, la gorge était rouge, sans fausses

AMYGDALITE

Le tableau suivant, qui comprend les observations de mille malades que j’ai eu à traiter à l’hôpital spécial pour les maladies de la gorge, met en relief l’influence de l’âge sur la produciion de cette affection.

Au-dessous de 10 ans ....

De 10 à 15 ans. .... 361

De 15 à 20 — .... 184 j

De 20 à 25 — .... 323

De 25 à 30 — .... 219 j

De 30 à 40 — .

De 40 à 50 — .

De 50 à 60 — .

De 60 à 70 — .

Ce tableau montre bien combien le prédisposition à contracter cette maladie s’accroît après la puberté : car, tandis que nous ne trouvons que 36 cas entre dix et quinze ans, nous en comptons 184 entre quinze et vingt ans. On peut encore remarquer que l’esquinancie est plus commune entre vingt et trente ans qu’à toutes les autres périodes delà vie; enfin la diminution subite de cette maladie après vingt-cinq ans est aussi remarquable. On notera également que les jeunes enfants y sont très peu sujets, immunité d’autant plus curieuse à observer, si l’on songe que dans les 26,5 pour cent des cas, l’hypertrophie des amygdales se rencontre dans les dix premières années de la vie.

Sur les 1,000 cas que nous trouvons dans le tableau ci-dessus, 597 appartiennent au sexe masculin, les 403 autres au sexe féminin.

L’hypertrophie des amygdales, congénitale ou acquise, constitue pour les malades une prédisposition à contracter une amygdalite, et toute personne ayant déjà subi une atteinte de la maladie devient par ce faittrès sujette à en avoir une seconde, si elle s’expose à l’action du froid. Cette règle est si vraie que chez certains sujets après des inflammations répétées, les amygdales devien'

membranes ; dans l’espace d’une semaine, les symptômes s’accentuèrent; l'enfant ne pouvait se nourrir, le gonflement du cou avait augmenté, la respiration était gênée.

L’examen révéla un gonflement du côté droit de la gorge, et de l’empâtement au toucher. Après l’incision, il s’écoula une assez grande quantité de pus, et l’enfant fut guéri un jour ou deux après ( Note des Traducteurs).

nil.

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nent le loeus minimæ resistentiæ. C’est ainsi que ces glandes semblent se ressentir de tout ce qui se passe d’anormal ou d’irrégulier dans la constitution, et un écart de régime déterminant un peu de dyspepsie, ou un dérangement des organes sexuels chez les femmes, peuvent donner lieu h une attaque d’amygdalite. On peut encore signaler comme prédisposant à l’esquinancie la faiblesse constitutionnelle liée à la diathèse strumeuse ; les diathèses goutteuse et rhumatismale semblent aussi favoriser l’éclosion de cette maladie. Le froid et le chaud sont presque invariablement les causes efficientes de l’amygdalite. L’impression du froid sur la tête et le cou détermine l’hypérémie de la surface interne de la gorge, favorise une fluxion passagère des amygdales, qui, suivant la suceptibilité du sujet, devient le point de départ d’une attaque d’esquinancie. On croit généralement dans nos pays que cette maladie est plus commune au printemps et en automne, à cause des changements soudains de température et du mauvais temps de ces deux saisons. Cette croyance, vraie pour l’automne, ne l’est pas pour le printemps, comme le démontre la statistique des cas traités à l’hôpital pour les affections de la gorge.

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