ANGINES TOXIQUES
comme antidote, pour neutraliser les effets caustiques des substances corrosives. Nous devons dire toutefois que l’action du poison caustique est très rapide, et que les médicaments qui ont le pouvoir de les rendre inertes à l’état libre, ne peuvent donner ici qu’un bien faible résultat. — Un traitement anodin et èmolient est le meilleur que l’on puisse conseiller; dans le cas de pharyngite traumatique, il faudra administrer de fortes doses d’opium ou de morphine par la bouche ou par la méthode hypodermique, et le meilleur traitement local consistera en insufflation de morphine (15 à 30 milligrammes) deux ou trois fois par jour. On peut aussi employer avec avantage les inhalations chaudes et adoucissantes ; mais on devra bannir les gargarismes, car le moindre mouvement du gosier produit une douleur violente.
On a quelquefois beaucoup de peine à nourrir le malade, tant à cause de la difficulté de la déglution que de l’impossibilité où l’on est de se servir de la sonde œsophagienne, en effet, le ramollissement des tissus rendrait inévitable la perforation de l’œsophage par l’instrument. Aussitôt que les parties sphacelées sont tombées et que les surfaces malades ont pris l’aspect d’une ulcération de bonne nature, on peut redonner à la muqueuse son apparence normale, par des applications locales astringentes, faites avec les solutions de fer, de zinc, ou de nitrate d’argent.