ANGINE TOXIQUE
nisme, on peut noter une sorte d’inflammation pharyngienne caractérisée par la rougeur de la membrane muqueuse, des ulcérations d’aspect grisâtre, et une dysphagie considérable. En même temps, la bouche et la langue sont atteintes de la même manière, et il se produit du ptyalisme (1). Cette affection se rencontre particulièrement chez les doreurs, chez les personnes employées dans les mines de mercure et chez les malades qui ont suivi un traitement médical.
L’historique de l’affection aidera beaucoup pour établir le diagnostic. Les lésions locales disparaissent généralement après un certain temps, par l’usage de gargarismes astringents et l’emploi du chlorate de potasse à l’intérieur. Mais il faut avant tout, soustraire le malade aux causes qui ont donné naissance à la maladie.
2° Antimoine. — Lorsqu’on administre pendant quelques jours le tartrate d’antimoine d’une façon constante et à hautes doses concentrées, il produit une irritation de la membrane muqueuse du pharynx. Le malade se plaint de chaleur, d’une sensation désagréable de tension dans la gorge, et la déglutition devient extrêmement pénible ; à l’examen, on trouve le pharynx rouge et gonflé, bien souvent recouvert d’ulcérations aphtheuses. La bouche est également dans les mêmes conditions. La résolution se fait spontanément en quelques jours, aussitôt que l’on cesse le médicament. Il faudra donner des gargarisme à l’alun, au sulfate de zinc, à l’acide chlorydrique, et on préviendra le retour de ces accidents en administrant l’antimoine sous la forme pilulaire.
3° lodure de potassium. — Ce médicamment exerce une action spéciale sur les membranes muqueuses du nez, de la conjonctive et du pharynx.
C’est un fait bien connu qu’une seule petite dose est suffisante pour produire chez certaines personnes un coryza violent avec éternument constant, une sorte de tension douloureuse et
(1) Les symptômes de celte affection ne sont point limitées au pharynx ; il existe en même temps une stomatite décrite dans tous les traités de pathologie, qui vient encore augmenter le ptyalisme, donner à l’haleine une odeur fétide et qui peut dans les cas graves, se terminer par la mortification des tissus atteints ( Noie des Traducteurs )i
PLAIES DU PHARYNX
de sécheresse dans la gorge. Ces symptômes s’accompagnent parfois de salivation et d’un peu de difficulté à la déglution. Le début ressemble d’une façon remarquable, à la période d’acuité de la grippe; mais, dans quelque cas, les phénomènes sont presque confinés au pharynx et aux glandes salivaires. A l’examen, on ne découvre aucune trace de lésion. Il existe seulement une rougeur superficielle de la membrane muqueuse, et l’affection disparaît spontanément, si l’on suspend ce médicament, ou même si on en diminue la dose. L’injection de teinture d’iode dans une cavité séreuse, peut aussi produire une série de symptômes analogues.
4° Arsénié, euiore, plomb, zine, etc. — Les sels de tous ces métaux, pris comme médicaments, ou introduits, d’une façon quelconque dans l’organisme, déterminent plus ou moins l’hypérémie ou 'l’inflammation superficielle des surfaces muqueuses.
5° Belladone. — Cette plante, de même que le plus grand nombre de celles qui appartiennent à la famille des solanées, peut, si elle est prise à doses élevées, produire des symptômes très douloureux du côté de la gorge. On rencontre également de la chaleur du pharynx et de la difficulté à la déglutition. La membrane muqueuse devient le siège d’une congestion considérable. Ces phénomènes s’accompagnent de la dilatation des pupilles et de troubles de l’intelligence plus ou moins prononcés. On combattra cet état à l’aide de gargarismes émolients et sédatifs, et s’il survenait des symptômes d’intoxication, on donnerait des stimulants et surtout du café concentré.
PLAIES DU PHARYNX
Latin Eq. — Vulnus pharyngis.
Anglais Eq. — Wounds of the pharynx.
Allemand Eq. — Wunden des Schlundes.
Italien Eq. — Ferite délia faringe.
Définition. — On donne ee nom aux solutions de continuité des parois du pharynx, produites par une violenee quelconque.
PLAIES DU PHARYNX
Étiologie, Symptômes. - Le pharynx est exposé aux blessures, dans le cas de tentatives d’homicide lorsque la gorge est coupée ou frappée à coup de poignard.
Les blessures faites dans l’intentien de se couper le cou avec un couteau, sont presque toujours situées au-dessous de l’os hyoïde, car, au-dessus de ce niveau, la base charnue de la langue empêche l’instrument de pénétrer jusqu’à la cavité pharyngienne, la blessure est souvent située dans l’espace thyro-hyoïdien et l’épiglotte est divisée partiellement. Il se fait généralement une hémorrhagie abondante due à la section de quelques gros vaisseaux, et les lèvres de l’incision s’entrouvent au moment où le malade porte la tête en arrière. Des mucosités, de la salive, du sang, s’échappent de la plaie et les efforts de déglutition sont suivis de l’expulsion, à travers l’ouverture, d’une partie ou même de tous les ingesta (1). Le dysphagie existe dès le début, mais il y a rarement de la dyspnée ou de l’altération de la voix, si ce n’est dans le cas où le larynx est altéré ou s’il est impliqué dans le processus inflammatoire. Il peut arriver qu’un fragment de l’épiglotte ou un des cartillages aryténoïde tombe dans le larynx et agisse comme corps étranger (2). Si l’hémorrhagie est abondante dans le pharynx, le sang peut passer dans le canal respiratoire et donner rapidement lieu à une asphyxie mortelle.
Les blessures du pharynx se, produisent queiquefoisdededans en dehors. Les objets que l’on tient dans la bouche tels que : la tige d’une pipe (3), un porte-plume, des crayons, des cuillères, etc., peuvent être violemment projetés en arrière et poussés à travers les parois de la cavité (4).
(1) Moore : The Lancet, 1864, vol. II, p. 287.
(2) Gant : The Science and Practice of Surgery. London, 1871.
(3) M. Baraloux a rapporté un exemple remarquable de traumatisme du pharynx par un tuyau de pipe, chez un enfant de sept ans, que nous avons eu nous-mêine l’occasion de voir. Le tuyau de pipe qui avait pénétré dans les parties molles de la bouche, au niveau des branches horizontales et verticales du maxillaire inférieur, n’a été suivi d’aucune hémorrhagie, il a seulement occasionné la formation d’un abcès et déterminé une inflammation de l’oreille moyenne (Revue mens, de Laryng. d’Otol. et de Rhinol.) qui n’a cessé qu’au moment où l’on a pu extraire le corps du délit (Note des Traducteurs).
(4) Macleod : Cooper’s Dict. of Pract. Surg. London, 1872, vol. II,
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Traitement. S’il y a hémorrhagie il faudra s’efforcer de l’arrêter. Lorsqu’elle est considérable et qu’on ne peut s’en rendre maître par la compression, il pourra devenir nécessaire de taire la ligature de l’une des carotides. S’il n’y a pas de plaie concomitante du canal aérien, on peut unir les bords de l’incision par une suture, en maintenant la tête dans une position convenable au moyen d’oreillers, de bandages et d’emplâtres. Lorsqu’une portion de l’épiglotte est en partie détachée, il sera utile de l’enlever entièrement plutôt que d’essayer de réunir les lambeaux par des sutures; car la privation de cet organe n’amène que peu d’inconvénient. S’il survenait de l’oedème de la glotte, il faudrait recourir à la trachéotomie. Pendant la cicatrisation de la plaie pharyngienne, on nourrira le malade au moyen d’une sonde placée dans la portion supérieure de l’œsophage. Si cette manière d’alimenter le malade produisait du spasme de la glotte et irritait la gorge, il serait bon de le nourrir à l’aide de lavements nutritifs. On obtiendra ainsi un repos complet des organes atteints et on évitera les dangers qui peuvent résulter de ces divers accidents. S’il survient une inflammation traumatique un peu étendue il faut la traiter suivant les règles ordinaires. Dans tous les cas de plaies du pharynx où l’acte de la déglutition ne sera pas gêné, on fera sucer constamment de la glace au malade pour prévenir l’inflammation consécutive.
CORPS ÉTRANGERS DU PHARYNX
Latin Eq. — Corpora adventitia in pharyngé.
Anglais Eq. — Foreign bodies in the pharynx.
Allemand Eq. — Fremdkôrper im Schlundkopf.
Italien Eq. — Corpi stranieri nella faringe.
Définition. — On désigne sous le nom de corps étrangers , les objets venus du dehors qui séjournent dans le pharynx après s'être logés dans les replis de la muqueuse ou après avoir pénétré dans les parois de cette cavité.
Étiologie. — Les corps étrangers du pharynx ne sont point
p. 452 ; Med.-Chirurg. Transac., vol. XXIX, p. 38; and Dnrliaip : Hoiries’ System of Surgery, vol. II, p. 457,
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rares. Les substances que l’on trouve logées le plus fréquemment sont des morceaux de viande, des fragments d’os et des arêtes entières de poissons, des poils, des sangsues, de fausses dents, des boutons, des pièces de monnaie, des épingles et des aiguilles. J’ai eu souvent l’occasion d’enlever moi-même les divers corps étrangers énumérés plus haut à l’exception des sangsues. On rencontre parfois des personnes qui semblent avoir une prédisposition spéciale à l’arrêt des corps étrangers dans le pharynx, soit par la négligence qu’elles mettent pour avaler, soit par le fait d’une diminution de la sensibilité de la membrane muqueuse, soit enfin à cause de quelque irrégularité des parois du pharynx, qui provoque l’arrêt et l’enclavement de diverses substances. Les corps étrangers d’un volume considérable sont généralement logés à la partie inférieure de la cavité, à l’endroit où les cartilages cricoïdes et aryténoïdes se projettent en arrière, ou bien entre la base de la langue et de l’épiglotte. Les petits corps aigus peuvent se fixer à une partie quelconque du pharynx, mais on les trouve généralement enfoncés dans les amygdales, qui, par suite de leur surface inégale, sont disposées de façon k arrêter les substances à leur passage : on peut aussi en trouver logés dans les pilliers de l’isthme du gosier ou dans les plis latéraux de la cavité. On rencontre quelquefois un corps étranger long ou large, tel qu’une aiguille ou une arrête de poisson, fixé en travers dans le pharynx sur toute sa largeur. Pour ce qui a trait aux sangsues, on a généralement trouvé ces animaux chez des voyageurs qui mourants de soif, s’étaient désaltérés à l’eau d’un fossé.
Les médecins depuis les époques les plus éloignées ont cité des cas de ce genre accompagnés de symptômes alarmants survenus subitement. Hyppocrate lui-même a donné des conseils détaillés sur les procédés à employer dans des cas semblables (i).
Symptômes. Les corps petits et pointus, causent beaucoup de gêne surtout pendant la déglutition, mais la respiration ne devient difficile que dans les cas d’inflammation considé-
(1) Breschet. Dicl. des Sciences Mêd ., 1813, vol. VII, p. 16.
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rable (1). Des fragments de substances dures, comme des os, peuvent donner lieu à des ulcérations ou à des abcès du pharynx (2), mais ils causent bien plus souvent encore une inflammation localisée, ou une irritation pénible.
Lorsqu’il existe un abcès, il se fait parfois au cou une ouverture fistuleuse par laquelle le corps étranger peut être fortuitement expulsé. Ces derniers peuvent avoir de graves conséquences et même causer la mort par perforation d’un gros vaisseau sanguin, ou bien pénétrer dans la substance intervertébrale et produire la carie du corps des vertèbres (3).
Bell a rapporté le cas d’un jeune garçon, qui ayant avalé avec les aliments, une aiguille à coudre, mourut d’hémorrhagie dix jours après. A l’autopsie on trouva une aiguille longue de sept centimètres et demi, fixée au travers du pharynx, dont elle avait perforé les parois vis-à-vis le millieu du cartilage thyroïde; la pointe se trouvait dans le tronc de l’artère carotide primitive. Le larynx, la trachée et l’estomac étaient remplis de sang coagulé. Fingerhulth (4) a cité un exemple analogue dans lequel un morceau de la tige d’une longue pipe s’était logée dans le côté du pharynx et avait donné lieu après un intervalle de huit mois à une hémorrhagie mortelle par suite de la blessure de la carotide, blessure qui se produisit pendant un mouvement rapide de la tête.
Dans quelques cas la déglutition devient presque impossible. Lorsqu’un corps étranger volumineux est logé dans le pharynx, le danger principal vient de la probabilité de la suffocation par suite de l’obstruction de l’entrée du larynx. Rarement le corps étranger est emprisonné de manière à abaisser l’épiglotte et à occasionner une mort subite. Dans ces cas le malade semble succomber à une attaque d’apoplexie.
(1) Moore : loc. cit.
(2) Cependant la présence d’un corps étranger arrêté à la partie inférieure du pharynx, peut chez les personnes irritables, occasionner de petits spasmes des muscles du larynx et devenir ainsi un obstacle à la respiration, sans qu’il existe toutefois de véritables accès de suffocation, comme dans les cas de corps étrangers introduits dans les voies aériennes [Note des Traducteurs).
(3) Fleury et Schupfe : Nouveau Dict. de Méd. et de Chirurgie, vol. I, p. 297.
(4) Preuss : Vereinszeitung, n° 23, 1864.
CORPS ÉTRANGERS DU PHARYNX
Lorsqu’un malade se plaint d’avoir un corps étranger arrêté dans le pharynx, on peut quelquefois arriver à le voir en faisant placer le malade la bouche toute grande ouverte devant une fenêtre, en lui disant de prendre une profonde aspiration au moment où on abaisse la langue avec le doigt. Généralement on devra recourir au laryngoscospe, qui seul permet d’examiner la cavité pharyngienne dans son entier. Lorsque on a fait ainsi un examen complet, il est rare que le corps étranger, quelque petit qu’il soit, puisse passer inaperçu. Cependant s’il en était ainsi, il faudrait faire un examen plus approfondi avec le doigt qui permet souvent de découvrir un petit corps pointu demi transparent, comme une arête de poisson ou un poil de sanglier. On a même pu trouver des pièces de monnaie renfermées dans les plis de la membrane muqueuse qui s’étend du côtés du pharynx au larynx, pièces qui étaient restées longtemps dans cet endroit sans qu’on soupçonnât leur existence (1). On a même cité un cas dans lequel un sou était resté pendant huit mois dans le pharynx d’un enfant et fut enfin expulsé pendant un accès de toux. 11 est rare que des corps étrangers puissent pénétrer dans le pharynx en perforant les tissus du cou. Nous citerons cependant comme exemple le fait d’un chirurgien, qui retira du pharynx d’une femme, une aiguille à coudre qu’on lui avait enfoncée dans le cou une heure auparavant (2).
Diagnostic. — L’historique du cas et l’examen du pharynx, pourront généralement fournir des preuves concluantes sur la nature et la position du corps étranger. 11 faut néanmoins se souvenir que si l’objet introduit avait été avalé ou rejeté peu de temps après son introduction, le malade pourrait néanmoins éprouver la même sensation que s’il était toujours arrêté dans un point de sa gorge. Si le pharynx est très sensible, et surtout lorsqu’une partie de sa paroi est un peu irritée, le malade croit facilement après avoir mangé qu’une parcelle d’aliment est restée dans sa gorge. C’est surtout chez les
(1) Durham . Holmes’ System of Surgery, vol. II, p. 519.
(2) Les projectiles de guerre peuvent encore venir se fixer dans une portion du pharynx, après avoir perforé les parties molles du cou {Note des Traducteurs').
CORPS ÉTRANGERS DU PHARYNX
femmes hystériques que l’on voit persister cette idée fixe, malgré l’assurance que l’on peut leur donner du peu de fondement de leur illusion. Enfin, on peut observer chez les enfants, des symptômes graves dus k l’enclavement d’un corps étranger dans l’arrière-gorge, sans que l’historique de la maladie puisse mettre sur la voie de l’origine du phénomène.
Pronostio. — Si on peut enlever le corps étranger, le pronostic est très favorable, mais s’il reste fixé dans la gorge le pronostic dépend de son volume et de sa nature. C’est ainsi qu’un corps étranger volumineux peut faire craindre la mort par suffocation, et qu’un autre d’un petit volume pourra occasionner la mort par sa pénétration dans un organe important. Un corps effilé tel qu’un os est plus dangereux comme conséquence qu’un corps lisse. Rokitanski pense que l’arrêt de petits corps durs, comme des noyaux de cerises, à la partie inférieure du pharynx peut donner lieu à la formation d’un diverticulum.
Traitement. — Comme l’entrée du pharynx est aussi accessible aux instruments qu’elle l’est à la vue, il est généralement assez facile d’enlever les corps étrangers logés dans cet organe. Les corps mous d’un certain volume, tels que les morceaux de viande, seront saisis avec le doigt, avec la pince ou bien repoussés en bas dans l’œsophage au moyen d’une sonde. On peut également enlever les pièces de monnaie avec une pince, et si elles sont placées à l’orifice de l'oesophage* on pourra se servir avec succès d’une pince spéciale pour les monnaies.
Les corps pointus d’un certain volume tels que arêtes, poils, aiguilles, etc., devront être enlevés en suivant la direction de leur axe avec des pinces appropriées aux objets.
Les différentes pièces de prothèses dentaires seront facilement extraites au moyen de pinces. Lorsqu’on est appelé auprès d’un malade qui est presque suffoqué il est quelquefois impossible d’examiner la gorge et il est même urgent de pratiquer la trachéotomie séance tenante. On a généralement recours à une méthode très dangereuse qui consiste à se servir d’une sonde pour pousser le corps étranger en bas. C’est ainsi qu’un objet, relativement inoffensif peut être projeté dans le larynx
CORPS ÉTRANGERS DU PHARYNX
dans les bronches, venir se loger dans l’œsophage (1) ou encore blesser grièvement les parties molles.
Si l’état de la respiration du malade permet le libre passage de la sonde, on pourra toujours, à plus forte raison, pratiquer l’examen de la gorge, mais s’il y a danger de mort par suffocation il estquelquefoisnècessairede.fairelatrachéotomieavantd’extraire le corps étranger. Lorsqu’après un examen attentif il n’aura été possible de rien découvrir, il sera bon d’attendre quelque temps avant de soumettre le malade à de nouvelles manipulations, alors même que les sensations qu’il éprouverait le porteraient à croire que la cause de son mal n’a pas disparu.
On ne doit guère se fier aux sensations accusées par le malade, car, après l’extraction du corps étranger, il peut encore pendant quelque temps éprouver un sentiment de chaleur, de picotement ou de constriction du pharynx ; sensations qui sont bien faites pour simuler la présence d’un corps étranger. Si on laisse les parties au repos, ce dernier s’éliminera souvent de lui-même, il sera avalé, expulsé par la bouche, ou dans tous les cas on pourra toujours l’enlever un peu plus tard. Les symptômes qui suivent l’extraction d’un corps étranger disparaissent généralement après quelques heures, bien que parfois ils persistent pendant plusieurs mois et produisent une gêne considérable. Il existe ordinairement un peu d’hypérémie et probablement aussi un état morbide des fibres nerveuses terminales qui rendent la guérison difficile. Les applications astringentes locales, l’emploi du galvanisme amèneront après quelque temps, un soulagement réel dans l’état du malade. Le changement d’air et de pays sera parfois nécessaire pour dissiper la mauvaise impression produite, et on se trouvera bien de conseiller un voyage. Dans la majorité des cas, on dissipera le malaise qui suit l’extraction des corps étrangers, en faisant avaler au patient de temps en temps, par petites gorgées, un peu d’eau glacée ou en lui faisant sucer de petits morceaux de glace.
On ne doit pas oublier qu’il peut y avoir dans le pharynx deux corps étrangers à la fois (surtout si l’on a affaire à des arêtes) sans que le malade puisse supposer qu’il en existe plus d’un. 11
(1) Schrôtter : Medical Examiner, mars 23, 1876.
NÉVROSES DU PHARYNX
faudra donc, si la sensation persiste après qu’on aura extrait le corps étranger, pratiquer un second examen. J’ai pu observer, il y a quelques années, un exemple de ce genre très intéressant. Un chirurgien éminent de Glascow, vint me consulter pour une arête qui s’était logée dans son gosier trois ou quatre mois auparavant. Je réussis à extraire l’arête de la partie inférieure du pharynx. Je le prévins qu’il pourrait avoir pendant un jour ou deux la sensation d’un corps étranger, mais qu’il ne pouvait plus rien y avoir dans la gorge. Deux jours après ce confrère revint me voir disant qu’il était certain qu’il y avait une autre arête à l’endroit où j’avais enlevé la première. En l’examinant, je constatais en effet que ses sensations étaient exactes et qu’il y avait une seconde arête logée à l’endroit qu’il m’indiquait. Après l’extraction il n’y eu plus de sensations désagréables. Je ferai remarquer que le malade'n’avait pas mangé de poisson entre la première et la seconde opération.
NÉVROSES I)U PHARYNX
Latin Eq. — Neuroses pharyngis.
Anglais Eq. — Neuroses of the pharynx.
Allemand Eq. — Neurosen des Schlundes.
Italien Eq. — Nevrosi délia faringe.
Définition. — On donne ee nom à un trouble de la sensibilité de la membrane muqueuse du pharynx, à une perversion ou à une altération de l’aetion des muscles pharyngiens due à une affection centrale ou loeale du système nerveux.
On divise les affections nerveuses du pharynx en névroses de la sensibilité et névroses du mouvement.