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A. — NÉVROSES DE LA SENSIBILITÉ

Sous ce nom on peut grouper quatre états de la muqueuse dans lesquels la sensibilité est altérée, ce sont : l’anesthésie, l’hyperesthésie, la paresthésie et la névralgie.

Anesthésie, — Cette névrose n’a qu’une importance très

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minime au point de vue clinique, mais parfois, suivant Krishaber (1), la diminution de la sensibilité est un des premiers symptômes de la paralysie bulbaire progressive. Elle se rencontre presque toujours dans la paralysie diphthéritique. Chez les fous elle peut exister, sans désordre de la motilité, ou être le résultat de l’action locale de certains poisons tels que morphine, ou chloroforme.

Pour obtenir la guérison on pourra employer le galvanisme local, et donner la strychnine à l’intérieur ou par la méthode hypodermique (2).

Hyperesthésie. — L’excès de sensibilité se rencontre bien plus fréquemment que l’anesthésie. On la trouve souventchez les individus qui jouissent d’ailleurs d’une très bonne santé, et elle peut susciter l’une des plus grandes difficultés qu’il soit donné au laryngoscopiste de rencontrer pour bien examiner le larynx. Il est quelquefois également impossible d’introduire le cathéter à cause de l’hyperesthésie de la région pharyngonasale. Il sera peut-être utile de noter ici que, même dans les conditions normales, il existe une différence considérable dans la sensibilité des différentes parties du pharynx. C’est ainsi qu’elle est plus marquée à la voûte palatine tandis qu’on peut toucher la paroi postérieure de sa cavité sans provoquer d’action réflexe.

On rencontre chez les femmes hystériques toutes les variétés de l’hyperesthésie, et l’état inflammatoire aigu ou chronique est généralement accompagné d’une sensibilité exagérée des organes atteints.

Le traitement de ces hyperesthésies du pharynx ne réclame pas des moyens spéciaux, si ce n’est cependant lorsque le

(1) Gazette hebd., 1872, £ 772.

(2) L’anesthésie se rencontre encore à un très haut degré chez les femmes hystériques atteintes de .paralysie des cordes vocales. La plupart et même presque toutes les malades que nons avons eu occasion d’observer présentaient une anesthésie prononcée de la région pharyngienne. On pouvait promener librement le miroir, en avant et en arrière du voile du palais, pratiquer la rhinoscopie postérieure sans donner le moindre haut-le-cœur. Il faut bien dire aussi que l’on rencontre une espèce d’indifférence delà muqueusedu pharynx, chez beaucoup de personnes que l’on ne saurait accuser d’hystérie, aussi ce symptôme n’a-t-il par lui-même qu’une valeur minime pour établir le diagnostic de cette névrose (Note des Traducteurs)

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médecin désire passer des instruments dans celte cavité pour l’examineroupour instituer un traitement local. Nous décrirons ces moyens à l’article « Laryngoscopie ».

Paresthésie. — Cet état peut se rencontrer sans cause manifeste, chez des femmes hystériques, mais il survient bien plus souvent après l’extraction d’un corps étranger. Le malade se plaint d’avoir quelque chose de collé dans la gorge, comme un cheveu, une arête ou une parcelle de substance dure. Lorsque cette sensation est la conséquence de l’arrêt antérieur d’un corps étranger, elle disparaît le plus souventspontanément dans un jour ou deux; mais quelquefois elle peut durer des mois, ou même des années, comme nous l’avons dit à l’article « Corps étrangers du pharynx ». Lorsque cet état est lié à l’hystérie on devra recourir aux moyens généralement employés pour combattre cette affection.

Névralgie. — Cette affection du pharynx n’a pas été jusqu’à ce jour, suffisamment bien décrite. Turck (1), cite six cas (dont quatre chez les femmes) dans lesquels les malades accusèrent de la douleur aiguë dans les parties molles du palais et surtout d’un côté. L’affection semble avoir été incurable dans un de ces cas, tandis que les autres malades guérirent en quelques semaines sous l’influence d’une forte application de nitrate d’argent. Quelques-uns de ces cas cependant, se rapprochaient plutôt de la simple hyperesthésie ou paresthésie que de la névralgie véritable.

J’ai pu observer plusieurs exemples de cette maladie. C’était généralement chez des jeunes filles au-dessous de vingt ans, mais j’ai rencontré cette affection chez des femmes mariées entre trente et quarante ans. Les malades souffraient quelquefois d’anémie, mais plus rarement de chlorose, la plupart d’entre elles jouissaient d’une bonne santé. Le plus grand nombre ne présentait pas de symptômes d’hystérie. On trouvait parfois de l’hypérémie locale, d’autrefois de l’anémie. Dans le premier cas on s’est bien trouvé de l’emploi de scarifications. Enfin, les applications de teinture d’aconit renouvelées trois ou quatre fois par jour ont été faites avec le plus grand succès et ce médi-

(1) Wiener Allgem. Med. Zeitung, n° 9, 1862.

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cament m’a toujours semblé le seul capable de soulager le malade.

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