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Ventricule de Morgagni. 7. Trachée

LARYNGITE OEDÉMATEUSE

elle-même infiltrées, cependant Risch (1) en a rapporté un exemple, et j’ai rencontré deux fois cette particularité dans la syphilis tertiaire.

Quelquefois l’œdème est limité à la portion du larynx située au-dessous des cordes vocales; cette forme d’œdème a été décrite d’abord par Gibb (2) sous le nom d’œdème « sous-glottique », mais Sestier (3) et Cruveilher (4) avaient fait déjà allusion à cet état particulier. Dans ces cas, il n’y a généralement pas de gonflement au dessus des cordes vocales. J’ai rencontré plusieurs exemples d’œdème sous-glottique, mais ils avaient tous un caractère de chronicité manifeste.

Anatomie pathologique. — En examinant avec soin l’œdème laryngien sur le cadavre, on retrouve toutes les apparences physiques de l’origine que l’on avait remarqué au laryngoscope pendant la vie, et l’on peut en déterminer avec précision l’état anatomo-pathologique. Lorsque la mort a été la conséquence de l’œdème, le liquide qui s’accumule dans le tissu conjonctif sous-muqueux est généralement d’un caractère séreux, mais il peut être séro-purulent ou même purulent, mais de bonne nature. Dans ce dernier cas le pus est toujours infiltré en nappe, caries abcès circonscrits ne surviennent jamais à la suite de l’inflammation aiguë du larynx. On trouve du sérum pur, seulement dans les cas les plus aigus et les plus rapidement mortels, dans la majorité des cas la suffusion a un caractère séro-purulent. Parfois on trouve du sang épanché dans

publié l’observation [Revue mens, de laryngol. et d’otol., septembre 1880). Il s’agissait dans ce cas d’un homme âgé de 24 ans, assez sujet aux maux de gorge et chez lequel la cause de la maladie avait été le froid et les efforts vocaux qu’il était obligé de faire, étant chanteur. L’épiglotte, comme on pourra en juger par la figure ci-jointe, était à peine tuméfiée, les cordes vocales intactes, et toute la lésion était limitée aux replis aryépiglolliques. Malgré ce gonflement considérable la respiration n’était pas excessivement gênée et le malade avait pu se rendre chez nous à pied. Enfin, cinq jours après le début de la maladie, il ne restait aucune trace d’œdème (Dr E.-J. Moure).

(1) Berliner Klin. Wochensch., 1866, n° 33.

(31 Op. cit.

(4) Ànat. pathol. , t. I, l.'n, pl, n, fig. 1.

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les tissus, surtout lorsque la maladie a eu une marche très rapide (4). Si l’on divise les parties malades, il ne s’écoule que peu de liquide et quelquefois la pression avec les doigts des tissus œdématiés, ne suffit même pas pour les dégorger. Comme le processus morbide s’étend souvent depuis le pharynx, le contre-coup de l’inflammation se fait aussi souvent sentir sur l’épiglotte, et l’on trouve quelquefois cet opercule considérablement tuméfié. Mais comme la suffusion se fait surtout dans les points où le tissu cellulaire est très lâche, les replis arvépiglottiques sont les parties qui sont plus fréquemment distendues et dans lesquelles le gonflement atteint son maximum. Par ordre' de fréquence les bandes ventriculaires viennent ensuite. Les cordes vocales peuvent être légèrement tuméfiées, mais elles sont rarement très gonflées. Dans des cas rares, on peut suivre l’œdème, le long de la trachée, jusqu’au commencement des bronches. Les muscles sont fréquemment infiltrés de sérosité. Si le malade ne succombe pas pendant l’état aigu et si la mort est occasionnée par d’autres complications ; les organes envahis par l’œdème ont l’apparence d’un tissu bouilli et ratatiné.

Dans la laryngite œdémateuse par propagation, les tissus voisins sont plus ou moins englobés dans le processus morbide, et le tissu cellulaire du pharynx, des amygdales, du voile du palais, de la luette, et même du cou est souvent distendu par le liquide.

Diagnostic. — Avant l’invention du laryngoscope, l’œdème du larynx pouvait être confondu avec beaucoup d’autres maladies, et dans le cas où il n’est pas possible de se servir de cet instrument, le diagnostic peut encore être douteux. Il est à peine nécessaire, pour empêcher les erreurs que l’on pourrait commettre, d’énumérer les affections avec lesquelles on peut le confondre : la laryngite striduleuse, les polypes, les abcès rétro-pharyngien, et les corps étrangers du larynx. La diphlhérie. laryngée peut quelquefois tromperie médecin, mais la présence de fausses membranes que l’on peut voir dans le pharynx, ou

(l)Sestier: loc. cit. ; et Pfeufer : IJenle u. Pfeufer's Zeitschrift fur rat. Med. Neue Folge, Bd. III.

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dans les crachats des malades, sert à fixer le diagnostic. Les affections qui occasionnent de la dyspnée, telles que: anévrysme del’aorte, rétrécissement de la trachée, tumeurs cervicales, peuvent simuler l’œdème du larynx, mais l’historique du cas et l’examen laryngoscopiqne donnent des signes concluants sur la nature réelle de la maladie.

Pronostic. — Si l’on en excepte les cas légers, et ceux dans lesquels l’œdème est partiel (lorsque l’un des replis aryépiglottiques, ou seulement un des côtés de l’épiglotte est atteint), le pronostic est tout à fait défavorable. Même lorsque les moyens locaux ont éloigné l’obstacle qui gênait la respiration, le malade peut encore mourir plus tard d’épuisement, d’empoisonnement général, à la suite d’une pneumonie ou de tout autre complication pulmonaire. En parcourant les publications faites sur ce sujet, Sestier (1) a trouvé que l’affection avait été mortelle dans 158 cas sur 213 et cela malgré l’opération de la trachéotomie qui fut pratiquée trente fois. Sur 58 cas de guérison, la trachée fut ouverte vingt fois. Bayle (2) cependant accuse un résultat bien moins satisfaisant, puisque la mort serait survenue 16 fois sur 17. L’œdème secondaire est plus grave que l’œdème primitif (3).

Le pronostic dépend aussi du genre d’œdème ainsi que de l’âge et du sexe du malade. L’œdème typique est presque toujours mortel, tandis que l’œdème par propagation guérit souvent si le point de départ a été dans le pharynx. Il est invariablement mortel lorsqu’il a eu pour point de départ le cou et la poitrine, comme il arrive pour l’anévrysme de l’aorte ou pour les grands vaisseaux cervicaux, la mortalité est la

(1) Op. cit., p. 241 et suiv.

(2) Op. cit.

(3) Il est bien probable que c’est à la confusion faite par les auteurs entre l’œdème aigu primitif et l’œdème secondaire, que l’on doit imputer un pronostic aussi défavorable, car il est à peu près certain que dans les cas d’œdème aigus graves, mais localisés au larynx, s’il y a menace de suffocation, à cause du rétrécissement occasionné par le gonflement des tissus, la trachéotomie sauvera presque toujours la vie du malade. Dans l’œdème secondaire au contraire, ce qui rend le pronostic aussi grave, ce n’est point la complication laryngienne elle-même, mais l’affection primitive dont elle n’est qu’un épiphénomène ( Note des Traducteurs).

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môme lorsqu’il commence dans le tissu cellulaire externe.

Dans l’œdème consécutif, l’affection locale étant presque toujours en même temps un phénomène secondaire, le pronostic dépend de la nature de l’affection primitive. Dans l’œdème de la fièvre typhoïde, le pronostic est très défavorable, tandis que dans celui qui survient au cours de la phthisie, il n’a que peu d’importance, et s’il se montre pendant la syphilis il cède facilement au traitement spécifique. La maladie est plus grave chez les hommes que chez les femmes. D’après Sanné, les premiers donnent une proportion de quatre sur cinq, qui n’est plus que de trois sur cinq chez les seconds. Le même auteur affirme que la plus grande mortalité (proportionnelle au nombre de cas observés) se rencontrerait entre dix et trente ans et qu’il y a alors huit cas mortels sur neuf. La mortalité la plus élevée se voit ensuite entre cinquante et soixante-dix ans, tandis que le maximum de la résistance se rencontre entre trente et quarante, ou quarante et cinquante, et alors d’après Sestier, la moitié des cas, seraient mortels.

Traitement. — On devra recourir à un traitement local très prompt pour éviter l’obstruction du larynx. On se trouvera bien de pratiquer des saignées locales de chaque côté du larynx, au moyen de sangsues. Dans les cas légers, ces moyens pourront amener une réduction assez considérable de l’œdème pour éloigner tout danger. L’inhalation, de liquides pulvérisés, particulièrement d’une solution de tannin, comme le recommande Trousseau (1) peut aussi être tentée. On devra prescrire de petits morceaux de glace à l’intérieur et administrer des doses répétées de bromure de potassium. On devra même quelquefois recourir à des moyens plus décisifs. La scarification telle que la conseille Lisfranc (“2), est souvent très utile lorsque l’affection est circonscrite. Cette opération devra se pratiquer au moyen d’un bistouri pointu et effilé, recouvert jusqu’à 6 millimètres de son extrémité, avec du sparadrap ou du Uni (3). L’instrument qui répond le mieux à cette indication est sans

(1) Loc. cit.

(2) Journ. de Méd., 1823 « Mém. sur l’angine laryng. œdémat. »

(3) Le lint est une espèce de tissu plucheux cotonneux qui, en Angleterre, remplace avec avantage la charpie dout nous nous servons en France.

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