‹ Traité pratique des maladies du larynx, du pharynx et de la trachéeChapitre 61 sur 146 · LARYNGITE TRAUMATIQUE · texte numérisé non relu

LARYNGITE TRAUMATIQUE

L’inflammation grave du larynx, envahissant le tissu muqueux sous-aréolaire peut survenir à la suite de brûlure du larynx, par des poisons corrosifs, ou par l’arrêt d’un corps étranger dans les voies respiratoires.

Les brûlures du larynx se rencontrent fréquemment chez les enfants de la classe ouvrière. Cet accident ne se présente guère que dans les contrées ayant les coutumes anglaise. 11 a été décrit d’abord par le Dr Marshall Hall (3) et ensuite

(1) Journ. des Connaiss. médico-chir., sept. 1839.

(2) Nous ne sommes point partisans des scarifications dans l’œdème du larynx, et cela pour plusieurs motifs. D’abord on a pu voir à l’article Anatomie pathologique que même sur le cadavre, au moment où l’on divise avec le couteau, les tissus œdématiés, il ne s’écoule que fort peu de liquide et que la pression avec les doigts suffit à peine pour faire s’écouler ce liquide infiltré dans les mailles du tissu-cellulaire. On comprend donc que les scarifications ne puissent permettre aux tissus œdématiés de se dégorger. Bien plus, ces incisions faites avec le scarificateur, déterminent forcément une réaction inflammatoire, qui viendra ajouter ses symptômes à ceux de l’œdème préexistant et aggraver la maladie au lieu de l’améliorer. Nous regardons ce procédé comme au moins inutile, sinon dangereux quelquefois, et si l’on veut obtenir une sorte de saignée focale, les antiphlogistes, les révulsifs cutanés, seront d’un emploi plus facile pour les praticiens en général et donneront des résultats aussi satisfaisants, associés aux divers autres moyens locaux indiqués par l’auteur [Note des Traducteurs).

(3) Trans. Med. Chir. Soc. London, 1822.

laryngite traumatique

par Stanley (1), Burgess (2), Wallace (3), Ryland (4) et Liston (5). Plus tard, Jameson (6) en a cité plusieurs cas et plusrécemment Bevan (7), Ross (8), Jonat4ian Hutchinson (9), Parker (10) et d’autres ont rapporté des exemples de cet accident, Ces brûlures ne sont que trop communes dans tous les hôpitaux, et lorsque j’étais chef de cliniqne au London Hospital, j’ai eu l’occasion d’en observer plusieurs cas. Ne songeant pas au danger qui peut en résulter, on permet souvent aux enfants de boire directement à la bouillote et quelquefois même au bec d’une théière bouillante. Une inflammation du pharynx et de l’orifice du larynx se déclare aussitôt, et dans l’espace de deux ou trois heures, ou même plus rapidement encore, l’épiglotte devient très gonflée et œdématiée.

L’âge du malade rend généralement l’usage du miroir laryngien impossible ; mais. on devra éclairer la gorge comme pour un examen laryngoscopique. C’est dans ces cas que l’on pourra voir quelquefois à la partie postérieure de la langue, l’épiglotte relevée et œdématiée. La scarification est la méthode de traitement la plus rationnelle. Si l’on n’a pas sous la main une lancette laryngienne appropriée, on pourra inciser ou ponctionner les portions œdématiées, au moyen d’une lancette gingivale ou bien avec un bistouri recourbé et pointu, protégé par des languettes de sparadrap jusqu’aux deux ou trois dernières lignes de son extrémité. On donnera* des émétiques non déprimants, avant ou après la scarification., la pression que l’acte de vomissement exerce sur le tissu œdématié favorise l'effusion de la sérosité par les ouvertures, ou les fractions de la membrane muqueuse. On doit préférer la scarification soigneusement

(1) Ibid.

(2) Dublin, Hosp. Reports , vol. III.

(3) Lancet, mars, 1836.

(4) Op. cit.

(5) Lancet, 1839 et 40, n° 103.

(6) Dublin, Quarlerly, Journ. Feb. 1848.

(7) Ibid., févr. 1860.

(8) Medical Pressand Cire., 1868.

(9) Lancet, feb. 1871.

(10) Ibid., mayl, 1876.

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