ABCÈS DD LARYNX
faite à tout autre traitement, même aux sansgues et aux mercuriaux.
Enfin en dernier ressort, on peut recourir à la trachéotomie, bien que cette dernière ne soit pas pratiquée dans ces cas avec le succès qu’elle obtient, lorsqu’elle est faite en temps utile dans d’autres cas d’obstruction laryngée.
La laryngite par poison corrosif présente généralement des symptômes graves. Elle est fréquemment suivie de gangrène et l’on est souvent obligé de recourir à la trachéotomie.
La laryngite, par suite de la présence d’un eorps étranger, ne peut être améliorée que par l’extraction du corps du délit. Le gonflement rapide que l’on constate dans quelques-uns de ces cas, offre une certaine analogie avec l’obstruction veineuse qui se produit, lorsque l’on serre l’extrémité d’un doigt en enroulant autour de lui un morceau de ficelle. La rapidité (quelques minutes ou quelques secondes) avec laquelle se manifeste la tuméfaction, dépasse tout ce que l’on peut connaître en fait d’inflammation rapide. Si l’on ne peut extraire le corps étranger et que les symptômes soient graves, il faudra recourir à la trachéotomie.
ABCÈS DU LARYNX
( Nous ne comprenons pas sous ce titre les abcès du larynx dépendant d'une périchondrite)
Latin Eq. — Abcessus laryngis.
Anglais Eq. — Abcess of the larynx.
Allemand Eq. — Abcess des kehlkopfes.
Italien Eq. — Ascesso délia laringe.
Définition. — On désigne sous le nom d’abcès du larynx, une eolleetion de pus circonscrite, due à l’inflammation des tissus mous du larynx, et gênant les fondions vocales de cet organe, et quelquefois même l’ aetion de l’épiglotte.
Étiologie. — Les causes de la maladie sont les mêmes que celles qui déterminent généralement l’inflammation diffuse du
ABCÈS DU LARYNX
larynx. Cette affection, extrêmement rare, revêt ordinairement la forme aiguë.
Symptômes. — La dysphonie ou aphonie, la dysphagie et la dyspnée occasionnelle constituent les symptômes habituels de la maladie. Selon le siège exact de l’affection, telle ou telle fonction de l’organe se trouvera compromise. Tobold(l)a cité un cas dans lequel le repli ary-épiglottique gauche était le siège de l’affection, et un autre dans lequel le coussinet de l’épiglotte était atteint. L’abcès se développe généralement dans le larynx ou dans la partie inférieure de la cavité pharyngienne ; mais parfois, comme dans le cas rapporté par Rühle (2), il fait saillie à l’extérieur. Si l’abcès n’est pas ouvert, il est probable qu’il déterminera de la suffocation; parfois cependant, il se rompt spontanément, et guérit de lui-même (3). J’ai eu occasion d’observer treize cas d’abcès idiopathiques du larynx. Dans six cas l’abcès existait à la racine de l’épiglotte ; dans quatre autres il était situé dans une des bandes ventriculaires, et trois fois sur un des replis ary-épiglottiques. Dans le plus grand nombre de ces cas, les symptômes furent très graves, neuf foisl’abcès fut ouvert à l’aide d’une lancette laryngienne et quatre fois il s’ouvrit de lui-même. Tous les malades guérirent.
Diagnostic. — Il est très difficile de faire un diagnostic précis. En effet, comme il existe généralement une inflammation considérable autour de l’abcès, on croit avoir sous les yeux les lésions d’un gonflement inflammatoire aigu. Néanmoins, il est des cas où l’abcès fait une saillie et où l’on peut reconnaître la couleur jaune du pus à travers la muqueuse. D’après le professeur Bruns (4) cette couleur jaune serait le seul signe laryngoscopique certain ; mais on distinguera cette affection de l’oedème, parla plus grande transparence de ce dernier.
Pronostic. — Le pronostic est généralement bénin, si l’abcès n’a pas atteint une grande dimension lorsqu’on est appelé à le soigner. Dans la période ante-laryngoscopique, on a dit
(1) Laryngoscopie. Berliii, 1874, p. 324.
(2) Kehlkopfkrankheiten. Berlin, 1861, p. 162 et suiv.
(3) Sehroetter : Klinik für Laryngoskopie, Jahresbericht. Wien, 1870. p. 15.
(4) Laryngoscopie. Tubingen, 1873, p. 132.
LARYNGITE CHRONIQUE
que la maladie avait été, dans bien des cas, rapidement mortelle et Dôring (1) a même cité l’exemple d’un soldat mort le troisième jour, d’un abcès situé à la base de l’épiglotte.
Traitement. — Si l’abcès est petit, on devra l’ouvrir immédiatement au moyen d’une lancette laryngienne et si le pus a fusé vers la peau on fera l’ouverture extérieurement. Dans le cas traité par Rühle, dont nous avons déjà parlé, on sentait avec le doigt une tumeur fluctuante à l’ouverture supérieure du larynx, et il y avait du gonflement sur l’aile gauche du cartilage thyroïde. Après s’être servi d’une aiguille exploratrice, on fit une incision extérieurement et on retira une tasse de pus. Le malade guérit en peu de jours. Si l’abcès est très gros, on pratiquera la trachéotomie et après avoir placé la canule tampon du Dr F. Semon (voir instruments pour la trachée), on ouvrira l’abcès de la manière habituelle.
LARYNGITE CHRONIQUE
Latin Eq. — Laryngitis chronica.
Anglais Eq. — Chronic laryngitis.
Allemand Eq. — Chronischer Catarrhdes Kehlkopfs.
Italien Eq. — Laryngitide cronica.
Définition. — On donne le nom de laryngite chronique à une inflammation de la muqueuse laryngée, caractérisée par de l'enrouement ou de . la perte de la voix, et par une toux plus ou moins marquée. Cette affection produit un épaississement de la membrane atteinte et conduit quelquefois à V ulcération.
Etiologie. — Les causes de la maladie sont les mêmes que celles de la laryngite aiguë, dont elle est souvent la conséquence.Elle survient quelquefois chez ceux qui ont abusé de leur voix, surtout chez les prédicateurs et les maîtres d’écoles. La forme chronique de l’affection atteint le larynx par propagation et ces effets de continuité de texture se rencontrent souvent dans l’alcoolisme et chez les sujets qui font abus du
LARYNGITE CHRONIQUE
tabac. On pense généralement que l’élongation de la luette, en irritant mécaniquement l’épiglotte et l’oriflce du larynx est une cause certaine de laryngite chronique. J'ai eu en effet l’occasion d’observer plusieurs cas dans lesquels une toux opiniâtre et fatigante, ainsi qu’une congestion du larynx paraissaient être le résultat, ou du moins semblaient entretenues par l’élongation de la luette, l’atfection disparaissant presque immédiatement après la section d’une partie de cet organe. Cependant j’admets avec Ziemssen (1) qu’on a beaucoup exagéré la cause déterminante de cet état et que Rühle (2) a raison de faire remarquer que le gonflement de la luette et l’affection laryngée sont les effets d’une même cause, la pharyngite chronique.
Depuis longtemps on a signalé l’influence que peut avoir sur la production de la laryngite chronique une atmosphère imprégnée de poussières atomiques. Dans le siècle dernier, Bubbé (3) Ramazinni (4) et d'autres ont appelé l’attention sur cette cause de l’action morbide, et à notre époque Holland (5), Heussinger (6), Virchow (7), Lewin (8), Headlam Greenhow (9) et d’autres médecins ont encore contribué à éclaircir ce sujet. Il est à peine nécessaire de faire remarquer ici que le larynx est atteint, au même titre que le système respiratoire, chez les broyeurs d’aiguilles, chez les tourneurs de boutons de nacre, et d’autres ouvriers qui travaillent dans une atmosphère impure, car c’est surtout chez ces personnes que l’on rencontre le catarrhe chronique.
(1) Cyclopædia of Medicine , vol. IV.
(2) Die Kehlkopfkrankheiten. Berlin, 1861.
(3) Dissert. Inaugur ., etc., Halæ, 1721 ; — Hufeland’s Journ., vol. XCVIII, p. 4.
(4) Abhandlungen von den Krankeiten der Künstler und Handwerker, translated by Ackermann. 1780, vol. I, pp. 123-147 ; vol. II, p. 27.
(5) « Diseases of the Lungs from Mechanical Causes, and Inquiries into Conditions of Artisans exposed to the Inhalation ofDust »,par leDr G. Calvert Holland. London, 1843.
(6) «Ueber anomale Kohlen-und Pigmentbildung. » Eisenach,1823.
(7) « Anatomische Beschreibung der Krankheiten der Circulations-und Respirationsorgane. » Leipzig, 1841.
(8) « Beitràge zur Inhalationstherapie in Krankheiten der Respirationsorgane. » Berlin, 1863.
(9) Chronic Bronchilis. London, 1870.
LARYNGITE CHRONIQEE
On observe souvent cette affection au moment de la puberté, chez les jeunes garçons dont le larynx prend à ce moment un développement rapide ; l’état auquel on donne communément le nom de mue « craked voice » est presque toujours associé à une congestion marquée des cordes vocales. Il semble également qu’il existe un état constitutionnel rare, dans lequel il existe une tendance manifeste à l’inflammation chronique de plusieurs conduits muqueux. J’ai eu occasion d’observer sept cas de ce genre, les malades étaient tous des hommes au-dessus de cinquante ans. J’ai donné mes soins autrefois à' un malade qui' souffrait d’une laryngite chronique, d’un peu d’épaississement du tiers inférieur de l’œsophage, d’embarras gastro-intesfinal et de cystite chronique.
L’influence de l’âge et du sexe est très marquée dans les cas de laryngite chronique, les hommes adultes en sont plus souvent atteints que les enfants. Enfin la laryngite chronique se rencontre naturellement presque invariablement dans toutes les affections du larynx d’une longue durée, telles sont la phthisie, la syphilis, les polypes, le cancer, le lupus, etc., etc.
Symptômes. — Les symptômes subjectifs de la laryngite chronique varient suivant les différentes circonstances. Lorsque le malade ne fait point usage.de sa voix, les sensations locales ne sont pas trop sensibles, il se plaint seulement d’un peu de sécheresse et d’irritation à la gorge et de temps en temps d’une toux fatiguante. Mais si le malade parle pendant un certain temps, ces symptômes s’aggravent et il est bientôt obligé de chercher un soulagement dans le silence. Dans quelques cas, outre les symptômes signalés plus haut, il existe une sensation de brûlure ou de picotement, et un besoin fréquent de dégager la gorge.
Les phénomènes objectifs de la laryngite chronique consistent dans une altération notable de la voix, une légère augmentation de la sécrétion et dans certains changements anatomiques bien définis. Un des symptômes les plus caractéristiques de cette maladie, est le désordre des fonctions du larynx, qui varie depuis une légère modification dans le timbre jusqu’à la perte complète de la voix. Un des caractères de cette
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forme d’enrouement est aussi d’être plus accentue lorsque l’organe a été pendant quelque temps au repos. C’est ainsi qu’un malade atteint d’une congestion chronique légère peut être très enroué lorsqu’il essaye de parler après un intervalle de silence, et sa voix devenir presque normale lorsqu’elle aura été exercée pendant quelques minutes, L’amélioration est due probablement à l’accélération de la circulation capillaire et au stimulus des centres nerveux Cependant si le malade continue à parler pendant un certain temps, il se sent fatigué, et l’enrouement ou l’aphonie reviennent.
Dans la laryngite chronique, la voix est quelquefois claire et naturelle dans ses tons ordinaires, et l’on ne s’aperçoit de sa discordance que dans les efforts marqués (comme cela arrive chez les chanteurs, les acteurs, les orateurs publics, etc.).
La toux est géréralement assez fréquente, et consiste en un simple hem, « hanking » ou « hemming » ; quelquefois elle fait entièrement défaut, tandis que dans d’autres cas, elle constitue un des symptômes les plus pénibles.
Pour ce qui a trait à la sécrétion nous dirons que l’expectoration n’est jamais abondante, à moins cependant que l’affection laryngienne ne soit compliquée de bronchite. Le mucus qui s’échappe du larynx, est le plus souvent d’une couleur gris blanc, et d’une consistance visqueuse; dans les cas où les mucosités ont séjourné longtemps dans cet organe, elles sont plus jaunes et elles peuvent être striées de sang à la suite de violentes exacerbations. La respiration est rarement affectée d’une manière sérieuse; mais on'peut entendre des râleshumides dans le larynx.
Les lésions appréciables au laryngoscope, sont habituellement très marquées et varient beaucoup suivant les cas. On rencontre presque invariablement une hypérémie générale ou partielle. La rougeur généralement diffuse se perd graduellement dans les parties de muqueuse normalement colorées, et l’on rencontre assez souvent une injection marquée des petits vaisseaux de l’épiglotte et des cordes vocales. L’injection est arborescente sur l’opercule glottique, et sur les cordes, la disposition des vaisseaux est linéaire le long de leur bord adhérent. Quelquefois une des cordes vocales est
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d’un rouge vif, tandis que l’autre a une coloration blanche normale , la congestion peut même être limitée à une petite portion d’une des cordes. Dans ce dernier cas , c’est toujours la partie externe de la corde qui est congestionnée. De petits amas de mucus, restent souvent attachés aux différentes portions de la membrane laryngienne et lorsque la maladie est ancienne, la surface entière du larynx est fréquemment recouverte de sécrétion. Bien souvent, la membrane muqueuse au lieu de présenter l’aspect velvétique, qui accompagne ordinairement toute congestion un peu intense, a un aspect sec et luisant.
Dans les cas invétérés on trouve .une tuméfaction générale très manifeste de la membrane muqueuse et sous-muqueuse ; l’épiglotte , les bandes ventriculaires , et les plis inter-aryténoïdiens participent à ce gonflement uniforme et diffus. Lorsque les cordes vocales sont affectées, leur surface est souvent granuleuse, et leurs bords sont sensiblement inégaux (1). On a également noté des troubles dans la motilité du larynx. Quelques-uns de ces phénomènes sont mécaniques et dépendent de la gêne et de la difficulté de l’action musculaire dues à l’épaississement du tissu muqueux et sous-muqueux. C’est ainsi que l’hypertrophie des replis interaryténoïdiens empêche le rapprochement normal des cartilages aryténoïdes et des cordes vocales, tandis que les bandes ventriculaires oblitèrent quelquefois complètement les ventricules de Morgagni, et empiétant sur les cordes vocales, mettent un obstacle matériel à leurs mouvements. Cependant, outre ces
(1) L’expression corde vocales granuleuses (granular condition) employée par l’auteur est peut-être exagérée ; en effet, pas plus dans la laryngite chronique simple que dans la laryngite granuleuse il n’existe de véritables granulations sur les rubans vocaux, ces derniers peuvent être et sont généralement épaissis, grisâtres, détendus, dépolis même et irréguliers à leur surface, roses ou rouges parfois en certains points, mais jamais recouverts de véritables granulations, comme beaucoup de praticiens le disent bien souvent. Les cordes ne présentent de granulations à leur surface que lorsqu’elles ont subi des atteintes sérieuses, qui dépendent généralement soit de la diathèse syphilitique, soit de la diathèse tuberculeuse, ou lorsqu’elles sont le siège de petites productions verruqueuses (petits polypes) qui n’ont rien 'de commun avec la laryngite chronique simple qui peut exister en même témps( Note des Traducteurs).
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effets mécaniques on rencontre souvent une vraie parésie musculaire d’origine périphérique. Alors comme l’observe Ziemssen (1), la paralysie est plus souvent uni-latérale que bi-latérale. Lorsqu’une seule corde est paralysée, la difficulté des mouvements, est suppléée par un surcroît d’activité de sa congénère qui se porte vers la ligne médiane au delà de son parcours habituel. De cette façon le rapprochement et la phonation sont assurés, et l’on peut constater au laryngoscope l’obliquité de la fente glottique.
Il n’est pas rare de rencontrer des érosions ou des ulcérations qui ne s’étendent pas plus profondément que la couche épithéliale. Leur siège le plus fréquent se trouve entre le cartillages aryténoïdes, et la portion cartilagineuse des cordes vocales. On rencontre rarement dans cette affection des ulcérations intéressant toute l’épaisseur de la membrane muqueuse et la périchondrite est peu fréquente, sauf dans la région sousgloltique. Outre l’engorgement inflammatoire des tissus muqueux et sous muqueux, on trouve dans quelques cas rares, un gonflement organique ou une hypertrophie des tissus mous. L’épiglotte, les bandes ventriculaires et les replis ary-épiglottiques sont parfois atteints de cette manière. Lewin (2) a principalement appelé l’attention sur le gonflement des replis aryépiglottiques chez les prédicateurs. Il l’attribue à la dépression forcée de l’épiglotte par la contraction des faisceaux musculaires contenus dans les ligaments ary-épiglottiques, mouvement nécessaire pour produire les tons profonds et creux qui accompagnent les mouvements pathétiques. On doit cependant observer que le gonflement des replis ary-épiglottiques est extrêmement rare en Angleterre (3), sauf dans la phthisie laryngée ; le repli inter-aryténoïdien au contraire est plus fréquemment tuméfié : souvent aussi on rencontre des excrois-
(1) Loc. eit., p. 216.
(2) Virchow’ s Archiv. Bd. XXIV, p. 429.
(3) Nous n’avons jamais rencontré en France de gonflemeat des replis ary-épiglottique, dans les laryngites non diahtésiques, et comme le fait observer M. Morell-Macltensie, c’est plutôt la région inter- aryténoïdienne qui est le siège d’une légère tuméfaction et présente cet aspect velouté connu sous le nom d’aspect velvétique, qui se retrouve à un très haut degré dans la laryngite dite granuleuse ( Noie des Traducteurs.)
LARYNGITE CHRONIQUE
sances nodulaires qui sont la conséquence de l'inflammation chronique.
Anatomie pathologique. — L’affection consiste essentiellement en une inflammation chronique de la membrane qui tapisse le larynx: les vaisseaux du tissu conjonctif participent à peine à cette inflammation. On constate l’engorgement des petits vaisseaux qui deviennent sinueux. Lorsque la congestion a duré un certain temps, les fibres du tissu conjonctif sont accrues et la portion sous-épithéliale de la muqueuse est souvent convertie en tissu embryonnaire. Ce dernier, en empiétant sur l’épithélium, détermine la formation des érosions superficielles que l’on peut voir pendant la vie.
Diagnostic. — On ne peut se faire une idée exacte de la maladie qu’en pratiquant l’examen laryngoscopique. Il est de la plus grande importance, dans tous les cas de laryngite chronique présumée, d’observer s’il y a du gonflement et si cet état pathologique existe, de déterminer s’il est la conséquence d’une tuméfaction inflammatoire, d’une infiltration œdémateuse ou d’un dépôt tuberculeux. Dans la laryngite chronique simple, le. contour naturel des parties est presque toujours conservé, mais la coloration est un peu plus rouge qu’à l’état de santé. Dans l’œdème, le gonflement est ordinairement d’une couleur claire, il a une couleur transparente caractéristique. D’un autre côté, dans la phthisie, les portions épaissies sont généralement d’une couleur sombre, bien que la surface puisse être accidentellement congestionnée (l). Le gonflement présente aussi en général certaines formes déterminées que nous décrirons en traitant de cette affection. Il faudra, dans tous les cas de laryngite chronique, ayant duré quelques mois, s’enquérir très attentivement de l’histoire du malade et de celle de sa famille, s’informer des conditions générales de sa santé, avant de donner une opinion définitive sur la nature de la maladie.
Pronostic. — Une fois la maladie tout à fait établie, elle tend à rester stationnaire, mais les symptômes qu’elle occa-
(1) Dans la phthisie laryngée l’affection débute en général par la muqueuse qui recouvre les aryténoïdes, dn reste, la marche et l’histoire de la maladie seront à notre avis, des moyens de diagnostic qui suffiront dans la généralité des cas pour éviter toute cause d’erreur ( Note des Traducteurs ).
LARYNGITE CHRONIQUE
sionne peuvent disparaître pendant quelque temps pour reparaître de nouveau. Cependant on peut obtenir la guérison en insistant sur le traitement local et sur l’abstention des causes déterminantes de l’affection. Chez les vieillards, cette maladie se complique toujours de bronchite chronique et les symptômes de cette dernière maladie marquent et dépassent en importance les phénomènes morbides qui sont sous la dépendance de l’affection laryngée chronique. La laryngite chronique ne se termine presque jamais fatalement, cela pourrait cependant arriver dans le cas de périchondrite. Mais ce dénouement est extrêmement rare, à moins que la maladie n’atteigne la région sous-glottique (1).
Traitement. — Les remèdes locaux astringents sont les plus importants dans la laryngite chronique. On pourra employer les topiques «pigmenta » suivants (Pharmacopée de l’hôpital spécial aux affections de la gorge) : lë perchlorure de fer, à la dose de 4 grammes ; le sulfate de fer, 3 grammes ; le sulfate de cuivre, 60 centigrammes ; le chlorure de zinc 2 grammes ; l’acétate de zinc 0, 30 centigrammes ; le sulfate de zinc, 60 centigrammes; l’alun 2 grammes ; ou le chlorure d’aluminium, 4 grammes, dissous dans une once d’eau ou de glycérine. Ce dernier dissolvant, quoique étant d’une consistance plus grande convient mieux lorsque l’on veut prolonger l’action du médicament. Les solutions de nitrate d’argent ont été fortement recommandées par Green (2) dans les cas de folliculite, mais elles ne semblent pas agir plus efficacement que les autres astringents minéraux. J’emploie le plus ordinairement la solution de chlorure de zinc ; et pourvu que le médicament soit convenablement et assez fréquemment appliqué, le choix de la solution n’a qu’une importance secondaire. Pendant les sept premiers jours, il faudra toucher tous les jours, et tous les deux jours pendant la deuxième et la troisième semaine, deux fois dans la quatrième
(1) L’on peut affirmer que si la laryngite chronique guérit rarement d’une façon définitive, la terminaison fatale est au moins exceptionnelle, lorsque l’affection n’est sous la dépendance d’aucune diathèse. Elle est une gêne pour le malade, mais jamais un danger ( Note des Traducteurs).
(1) On Bronchitis. New-Yorck, 1846.
LARYNGITE CHRONIQUE
semaine, et ainsi de suite en augmentant l’intervalle jusqu’à ce que la guérison soit effectuée. Il est bien entendu que cette règle générale pourra être modifiée suivant les circonstances. Lorsque la sécrétion du larynx est excessive (laryngorrhée), on se trouvera généralement bien de l’application locale de thérébentine, mais ces cas sont généralement très difficiles à guérir. D’un autre côté, lorsque l’hypérémie a duré longtemps, et que la secrétion est diminuée — alors que la membrane muqueuse paraît sèche et brillante — l’acide phénique m’a semblé plus efficace qu’aucun autre remède (de 0,50 centigrammes à 4 grammes pour 30 grammes de glycérine).
On peut aussi faire arriver les solutions astringentes sur le larynx au moyennes pulvérisateurs (voir page 344). Voici les médicaments que nous recommandons tout en donnant la préférence au tannin (Les proportions sont toujours données pour une once d’eau). Tannin de 1 à 5 centigrammes, alun de 1 à 10 centigrammes, perchlorure de fer de 7 milligrammes à 12 centigrammes, sulfate de zinc de 6 à 35 centigrammes, chlorures de zinc de 12 à 60 centigrammes. Quelle que soit la solution dont on se serve, il faut l’employer trois ou quatre fois par jour pendant cinq minutes. Nous ferons remarquer que cette méthode de traitement ne peut être utile que comme adjuvant, pour aider les applications locales faites avec le pinceau.
Les inhalations chaudes contenant des principes volatils peuvent rendre quelquefois de grands services. Parmi les plus efficaces nous citerons, les inhalations de térébenthine, de créosote et d’huile dé genévrier. On les emploiera deux ou trois fois par jour, pendant 10 minutes, à une température de 140° Fahr.
Lorsque la congestion persistante aura déterminé la parésie des muscles laryngiens, l’emploi méthodique de l’électricité sera d’un grand secours.
11 est à peine besoin de faire remarquer que le malade devra s’abstenir le plus possible de parler. Le repos de l’organe est de la plus haute importance pour les chanteurs, les acteurs, les prédicateurs et autres sujets dont les occupations exigent un grand exercice de la voix. Lorsque l’on ne pourra obtenir