‹ Traité pratique des maladies du larynx, du pharynx et de la trachéeChapitre 72 sur 146 · CANCER SECONDAIRE · texte numérisé non relu

CANCER SECONDAIRE

Cette affection mérite à peine le nom que nous lui donnons ici, et mon expérience concorde pleinement sur ce point avec celle du docteur Fauvel qui dit n’avoir jamais rencontré de can-

(1) Le D1' Foulis rapporte en outre avec les mêmes détails 6 cas d’extirpations partielles pratiquées 2 par lui-même, un par Billroth, un par Arpad (lerster, un par G. Reylier, et un par G. Azzio Caselli ; tous se terminèrent par la mort.

Dans les cas d’extirpation totale s’élevant aujourd’hui à 33, nous trouvons 3 cas de guérison sur les 29 faits signalés parM. Morell Mackensie et 3 sur les 14 cas que nous avons ajoutés; mais 2 de ces malades ont été opérés il y a quelques mois à peine, et en admettant que l’affection ne récidive pas, nous avons donc une moyenne de 6 guérisons sur 33 opérés, soit 18 % au lieu de 1S % établi par l’auteur; résultat assez satisfaisant si l’on tient compte de la gravité et des mauvaises conditions dans lesquelles se trouvaient beaucoup de malades opérés. ( Note des Traducteurs).

SARCOMES

cer consécutif du larynx par infection (1). Il est très fréquent cependant de voir le cancer englober à la fois la paroi postérieure et les côtés de l’oesophage ou la portion inférieure du pharynx et en môme temps la membrane muqueuse qui recouvre la surface postérieure du cartilage cricoïde. Parfois aussi le cancer commençant sur les côtés du pharynx ou la base de la langue, s’étend à l’épiglotte ou aux plis ary-épiglottiques. Ces faits servent à prouver l’extension par propagation de eette affection , ils ont été suffisamment étudiés à l’article cancer du pharynx (page 111 et suiv.).

SARCOMES

Les sarcômes constituent une variété de tumeurs relativement rare dans le larynx, dont je n’en ai observé que 5 cas (2). Ces excroissances peuvent prendre naissance sur un endroit

Fig. 78. — - Sarcome s’étendant de la surface supérieure du

CARTILAGE CRICOÏDE.

A. La tumeur in situ ; B. La tumeur après son extirpation.

quelconque de la membrane muqueuse du larynx et j’en ai moi-même observé un exemple situé à la surface postérieure

(1) Op. cit. p. 748.

(2) Op. cit: Appendix A, n05 59, 49 et 95 ; et Trans. Path. Soc., vol. XXI. — Le cinquième cas était celui d’un homme âgé de 64 ans que j’ai vu dernièrement en consultation avec le docteur Strong, de Croydon.

SARCOMES

du cartilage cricoïde. Dans deux autres cas, ils existaient chez des adultes âgés l’un de cinquante-quatre et l’autre de quarantetrois ans ; j’en ai rencontré aussi chez des femmes âgées respectivement de cinquante-trois, quarante-trois, et trente-sept ans. Dans un de ces cas la dysphonie existait depuis vingt-trois ans. En général les sarcômes atteignent rapidement un volume considérable (1) si bien que dans la majorité des cas, on a été obligé de recourir soit à la thyrotomie, soit à l’extirpation du larynx. Dans une de mes observations la surface du polype était tout à fait lisse, mais dans les autres elle était mamelonnée. Sa couleur est ordinairement rouge mais dans un cas elle était en partie jaunâtre (2), et dans un autre elle était plus sombre que la membrane muqueuse environnante.

Pendant la vie ces tumeurs ne peuvent quelquefois pas se distinguer par leurs apparences des papillômes, et même après la mort, s’il existait une ulcération considérable, on ne devrait pas compter sur l’aspect qu’elles présentent à l’oeil nu. On ne peut déterminer avec certitude le véritable caractère de la maladie qu’en faisant l’examen microscopique d’une portion du néoplasme.

Les excroissances sont formées de cellules fusiformes fasciculées, mais j’ai récemment observé un exemple de sarcome formé de cellules rondes. En voici la description microscopique d’après le docteur Stephen Mackenzie :

« Les sections montrent tout le tissu infiltré de petites cellules rondes complètement remplies de noyaux, avec un réticulum délicat et mince. Les cellules sont très nombreuses dans le tissu sous-muqueux d’où elles passent en masses compactes entre les faisceaux des fibres musculaires pour entourer les vaisseaux et les nerfs.

L’épithélium qui recouvre la surface est intact par place, mais il est épaissi, irrégulier dans d’autres comme s’il était érodé et s’il allait entrer en prolifération. On ne trouve en aucun point des cônes épithéliaux. Les sections comprennent du cartilage réticulé, mais les cellules cartilagineuses ont disparu et les noyaux des fibres sont anormalement distincts. »

(1) Balassa : Wien Med. Wochenschrift , n° 92, 1868; et encore Ruppaener : New-York Med. Journ. Mars 1870; et Shroetter : Laryngol Mitthe'ü Wien, 1876, p. 71.

(2) Laroyenne : Gazette hebdom., 1873, p. 780.

SYPHILIS DU LARYNX

Les chances du malade sont moins satisfaisantes que dans les cas de tumeurs bénignes, mais elles sont plus favorables que dans le cancer en général. Dans un cas j’ai pu extirper radicalement le polype par les voies naturelles (1) et Navratil (2) Gottstein (3), Turck (4) et d’autres ont obtenu des succès du même genre. Balassa (5) a également guéri un malade par la thyrotomie, et Bottini (6) et Foulis (7) obtinrent aussi la guérison de leur malade en extirpant le larynx.

S’il n’est pas possible d’extirper complètement le polype par le traitement intra-laryngé, on devra recourir soit à la thyrotomie soit à l’extirpation du larynx, d’après le siège et l’extension de la tumeur.

SYPHILIS DU LARYNX

Latin Eq. — Syphilis laryngis.

Anglais Eq. — Syphilis of the Larynx.

Allemand Eq. — Syphilis des Kehlkopfs.

Italien Eq. — Sifilitide délia laringe.

Définition. — Sous le nom de syphilis laryngée on comprend les manifestations locales de la syphilis constitutionnelle dans le larynx, e’est-à-dire les accidents secondaires, tertiaires ou héréditaires qui occasionnent de la dysphonie, de l'aphonie et quelquefois de la dyspnée.

Étiologie. — Nous ne connaissons pas exactement les causes qui peuvent prédisposer le larynx aux accidents syphilitiques, mais dans la plupart des cas, on peut attribuer l’invasion de la maladie à une faiblesse locale héréditaire.

Les influences saisonnières ont une action indiscutable sur

(1) Mackenzie : op. rit., Cases 95.

(2) Berlin, Klin. Wochenschrift, 1868, n° 49, p. 501.

(3) Wiener Medizin. Wochenschrift., déc. 30, 1868, n°105.

(4) Op. cit. pp. 576, 577.

(5) Loc. cit.

(6) Loc. cit.

(7) Loc. cit.

SYPHILIS DU LARYNX

l’apparition des manifestations syphilitiques des membranes muqueuses, au moins pendant la période de début, sinon plus tard. Ainsi, sur 118 cas de syphilis secondaire dont j’ai recueilli les observations, 79 apparurent du 1er septembre au 1er mars, et 37 entre. le 1er avril et le 31 août; tandis que sur 110 cas de syphilis tertiaire, 66 commencèrent dans les 6 mois d’hiver et 44 dans les mois d’été.

Pour ce qui a trait à la fréquence de la syphilis laryngée, comparée à celle des autres organes, les statistiques de Willigk (1) montrent que sur 218 cas de syphilis (sur le cadavre) le larynx avait été atteint 15,1 pour cent, le pharynxlO,l pour cent, et le nez 2,8 pour cent. D’autres statistiques donnent des résultats différents ; sur 521 cas , Engelsted (2) a trouvé le larynx affecté 25 fois seulement; Lewin (3) sur 1,000 syphilitiques n’a rencontré l’affection laryngée que 44 fois. Ces résultats sont évidemment en désaccord et ne peuvent pas servir pour résoudre cette question. Sur 10,000 malades successivement examinés à l’hôpital des maladies de la gorge, j’ai trouve 308 cas de syphilis laryngée et 834 cas dans lesquels le pharynx était atteint (Voir Table A). Quant à l’âge des malades, il varie entre vingt et quarante ans, comme on peut le voir sur le tableau B.

Pour ce qui concerne la forme de syphilis que l’on observe le plus souvent, le tableau A montre que les accidents tertiaires sont plus communs que les manifestations secondaires, dans les proportions de 18 à 11.

D'après ce qui précède, il semblerait que le larynx des malades entachés de syphilis constitutionnelle est plus susceptible de subir les atteintes de cette diathèse. L’expérience de mon collègue, le Dr Whistler (4) est un peu différente de la mienne, car sur 170 cas de syphilis laryngée, il a trouvé 88 cas appartenant à la période secondaire, et 82 à la période tertiaire (5).

(1) Prager Vierleljahrschrift, t. XXIII, 2, p. 20, 1856.

(2) Virchow and Hirsch’s : Jahresbericht, Bd. II, 1868, p. 585.

(3) Die Behandlung der Syphilis. Berlin, 1869.

(4) Med. Times and Gazette , sept. 28, 1878.

(5) M. Gouguenheim dit que sur une série de 133 syphilitiques, il a oh*

SYPHILIS DU LARYNX

TABLEAU l A

Montrant le nombre de cas de syphilis sur 10,000 malades examinés à l’hôpital pour les affections de la gorge (1).

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