‹ Traité pratique des maladies du larynx, du pharynx et de la trachéeChapitre 76 sur 146 · ACCIDENTS TERTIAIRES · texte numérisé non relu

ACCIDENTS TERTIAIRES

Ulcérations Ulcérations superficielles profondes, avec laryngite, et étendues.

Hommes . 27 65

Femmes. . 21 42

Rétrécisse¬

ment.

Gommes.

Totaux.

Symptômes. — Les symptômes

de syphilis

laryngée varient

suivant les cas et suivant la période de la maladie depuis les plus bénins jusqu’aux plus graves. Ainsi le malade peut simplement sentir le besoin de débarrasser sa gorge, ou bien éprouver une dyspnée extrême, se terminant par un accès de suffocation tellement grave, qu’il est nécessaire de recourir à la trachéotomie.

La toux peut exister lors des premières manifestations de la maladie, mais elle est rare à une période plus éloignée. La phonation est ordinairement troublée; et tandis qu’au début elle est simplement enrouée, elle peut être à la fin tout à fait abolie. La dysphagie peut ne pas exister tout d’abord (2); mais à une période plus tardive, elle est parfois excessive. L’absence de douleur en dehors des mouvements de déglutition est tout à fait caractéristique.

Les modifications pathologiques que détermine la syphilis dans le larynx sont extrêmement variées et comprennent joutes les. diverses lésions qui peuvent se montrer dans cet

(1) Sur ces 189 cas, il y avait 7 cas d’œdème aigu et 32 d’œdème chronique.

(2) Nous avons eu souvent l’occasion de traiter aux eaux d’Aix des syphilitiques, présentant des accidents secondaires dans le larynx, nous n’avons jamais observé chez eux ni dysphagie, ni dyspnée, mais seulement un peu de toux (Dr F. Bertier) .

On peut dire, d’une manière générale, que la dysphagie est extrêmement rare à la période des accidents secondaires de la vérole; toutefois l’on pourra constater l'existence de ce symptôme dans les cas de plaques muqueuses très étendues et ulcérées, occupant soit le voile du palais, soit les piliers; mais il est exceptionnel de retrouver ces mêmes lésions dans 9[ larynx à une période rapprochée du début de l’infection syphilitiquo (Note des Traducteurs).

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organe depuis la simple rougeur érythémateuse jusqu’au gonflement considérable, l’ulcération destructive, lapérichondrite, et la nécrose des cartilages du larynx.

Manifestations secondaires. — Les plaques muqueuses (condylomata) sont les lésions les plus caractéristiques de la syphilis secondaire (1); mais on peut rencontrer associées à ces dernières, l’hypérémie chronique (sans tubercules muqueux), et les ulcérations superficielles comme il est facile de le voir en se reportant au tableau C. J’ai rencontré 44 cas de plaques muqueuses sur 118malades, offrantles symptômes d’une syphilis laryngée à la période de début, tandis que le Dr Whistler (2) en a rencontré 24 cas sur 88 malades. Le Dr Ferras (3), de son côté, n’en a trouvé qu’un exemple sur 100 malades ; Isambert (4) ne pense pas qu’il existe de plaques muqueuses dans le larynx et Waldenburg (5) aussi bien que Lewin (6) doutent tous les deux que le tubercule muqueux caractéristique de la syphilis puisse jamais se rencontrer dans le larynx, et tendent à reléguer dans la classe des gommes les néoplasmes ordinairement décrits sous le nom de condylomes. Enfin, tandis que Gerhard! et Roth (7) ont trouvé 18 exemples de plaques muqueuses sur 56 malades atteints de syphilis constitutionnelle, je n’en ai pour ma part trouvé que deux sur une série de 52 malades que j’ai examinés au « Lock Hospital». Ce désaccord manifeste s’ex-

(1) L’auteur, sous le nom de « condylamata », décrit évidemment les lésions désignées sous le nom de plaques muqueuses, et dont l’existence, aujourd’hui démontrée, a été cependant bien longtemps contestée. Celte lésion que quelques auteurs confondent encore trop souvent avec de simples érosions de la muqueuse, se présente sous une forme irrégulièrement arrondie ou ovalaire, faisant une légère saillie au-dessus des parties de la muqueuse environnante, le centre de la plaque est légèrement déprimé, et sa périphérie est circonscrite par une zone inflammatoire d’intensité variable, d’aspect la plupart du temps carminé. La surface de cette plaque plus ou moins plissés ou gaufrée présente une coloration grisâtre opaline ( Note des Traducteurs).

(2) Ibid.

(3) Thèse de Paris, 1872.

(4) Annales des maladies de l’oreille, t. II, p. 239.

(5) Respiratorische Thérapie , II Aufl., 1872, p. 366.

(6) Loc. cit. p. 113.

(7) Vircho'w’s : Arch., Bd. XXXI, 1861, Hft. I, §7.

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plique dans une certaine mesure par les différentes périodes de l’année auxquelles ont été faits les examens; 'quelques malades ayant été examinés pendant l’été et d’autres pendant l’hiver ; mais, dans tous les cas on peut aussi l’expliquer en partie par le caractère éphémère des plaques muqueuses laryngées et les différents aspects sous lesquels elles se présentent suivant qu’on les observe dans le larynx ou sur le pharynx, différence qui permet facilement de ne pas les remarquer.

Dans le larynx, elles se montrent en général, sous la forme d’une saillie lisse et jaunâtre, quelquefois arrondie, mais plus souvent ovale, variant dans son diamètre de 3 à 7 millimètres, et atteignant, dans quelques cas rares, un centimètre. Elles sont rarement aussi blanches que dans le pharynx, et la muqueuse environnante n’est pas aussi congestionnée.

Toutefois, elles ont moins de tendance à s’ulcérer, et disparaissent généralement vite même sans traitement. L’épiglotte et les commissures inter-aryténoïdiennes sont les parties de l’organe vocal que j’ai trouvées le plus souvent atteintes, mais j’ai eu aussi occasion de voir des plaques muqueuses sur les cordes vocales.

Fig. 79. — Plaque muqueuse de la face supérieure de l’épiglotte

Gomme nous l’avons déjà fait remarquer, on [rencontre parfois des ulcérations superficielles limitées dans leur étendue. Elles se montrent généralement de 6 à 12 mois après l’infection primitive et se cicatrisent après un traitement de quelques semaines.

On observe également dans la syphilis secondaire des congestions rebelles de la membrane muqueuse; mais il est quelquefois impossible de dire si cet état morbide est réellement le résultat de l’infection syphilitique ; j’ai rencontré des conges-

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tions spécifiques bien évidentes, 51 fois dans 118 cas de syphilis secondaires. Dans chacun de ces 51 cas, il y avait en même temps, d’autres symptômes bien marqués de syphilis constitutionnelle, et dans 24 cas, des plaques muqueuses du pharynx. Comme je l’ai fait remarquer depuis déjà longtemps (1), la congestion syphilitique n’a rien de caractéristique et je n’affirme jamais qu’il y a congestion syphilitique à moins qu’il n’existe d’autres signes évidents de cette affection. Même, dans ce dernier cas, l’hypérémie laryngée est souvent le résultat d’un catarrhe accidentel qui n’est pas dû à la syphilis (2). D’un autre côté, M. Dance (3) est allé jusqu’à décrire des éruptions roséolaires, papuleuses et tuberculeuses de la membrane muqueuse, correspondant aux manifestations analogues sur la peau (4). Il ne m’a jamais été donné de vérifier l’exactitude de ces observations, qui n’ont, du reste, pas été confirmées par d’autres médecins. .

(1) Russell Reynolds’: System of Med,., vol. III, p. 465.

(,2) Comme le fait observer, avec raison M. Morell-Maekensie, la rougeur syphilitique n’a, en effet, aucun caractère bien tranché, cependant on devra se rappeler que l’érythème spécifique survient en général au moment où apparaissent les accidents secondaires de la vérole, et en particulier, les plaques bucco-pharyngiennes, cette rougeur disposée sur une forme piquetée, marbrée, ou uniformément régulière a une teinte vermillonnée, et occupe de préférence les cordes vocales inférieures (bord libre ou commissures antérieures (; mais on ne devra pas oublier que lorsque l’érythème survient à une époque assez éloignée de l’infection prirpitive, de 1 à 2 ans et au delà, il n’est, en général, que le début d’une lésion beaucoup plus grave, indice d’une affection invétérée. Quant aux papules, tubercules et autres lésions de ce genre, que quelques praticiens disent avoir rencontrés dans le larynx, il est évident qu’elles ont été décrites à une époque, où l’on connaissait encore trop peu les maladies de l’organe vocal, et où l’on voyait dans le larynx » par à peu près. » (Noie des Traducteurs .)

(3) Thèse, Paris, 1868.

(4) Aux lésions de la période secondaire de la syphilis laryngée, nous pouvons ajouter les paralysies, dont on a rapporté quelques exemples bien nets (Morell-Maekensie, Massei, Libermann, Poyet, etc.), si nous plaçons ces lésions parmi les accidents secondaires de la vérole, il est bien évident que nous éliminons toute paralysie due à une compression de l’un des récurrents par une gomme, ou autre production tertiaire (tumeur osseuse, etc.), Ces sortes de paralysies sont généralement unilatérales, et ont surtout été observées du côté gauche (?) ; de plus, l’électricité a peu d’action sur les nerfs paralysés (Note des Traducteurs).

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Manifestations tertiaires. — Dans la syphilis tertiaire, les symptômes que l’on rencontre sont: les ulcérations, les gommes et les rétrécissements cicatriciels.

L'ulcération superficielle tenace est le premier symptôme, mais non pas le plus fréquent, elle est accompagnée d’une hypérémie considérable de la membrane muqueuse. Le Dr Wtiistler (1) a parfaitement décrit cet état sous le nom de « laryngite ulcéreuse à répétition. » Lorsque ces ulcérations superficielles se montrent une année enyiron après l’affection primitive,

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