‹ Traité pratique des maladies du larynx, du pharynx et de la trachéeChapitre 9 sur 146 · ANGINE INFLAMMATOIRE · texte numérisé non relu

ANGINE INFLAMMATOIRE

rature et le mauvais temps sont habituels. Le plus souvent cette affection est due à l’action du froid et de l’humidité. Ceux qui ont eu la syphilis ou qui ont fait abus de mercure y sont très sujets. Enfin l’affection semble quelquefois due à certaines conditions spéciales de l’atmosphère qui peuvent la rendre épidémique.

Symptômes. — Le début de l’angine catarrhale est le plus souvent accompagné d’un peu de fièvre et d’une sensation générale de langueur et de lassitude. Ces phénomènes peuvent cependant faire entièrement défaut, et le premier symptôme être alors un sentiment de sécheresse, et de gêne dans la gorge pendant la déglution. Dès que la maladie est complètement développée, il peut y avoir une grande douleur pour avaler ; la voix devient enrouée, et prend un timbre nasillard. En même temps, le malade souffre parfois de bruit dans les oreilles et l’ouïe est passagèrement affectée (1). Le caractère des symptômes est en rapport avec l’étendue et le siège de l’inflammation, au point que quelques écrivains ont divisé l’affection en deux variétés : la pharyngite supérieure, et la pharyngite inférieure (2). Lorsque la portion supérieure du pharynx est attaquée, la déglutition et l’ouïe sont affectés. Au contraire, si l’affection est située dans la portion inférieure de la gorge, chaque mouvement du larynx occasionne de la douleur, et les parties latérales du cou sont très sensibles à la pression. Si tout le parcours de la membrane muqueuse est enflammé, ces divers phénomènes peuvent être combinés entre eux. Dans tous les cas, après le premier et le second jour, la sécrétion est augmentée, le malade tousse constamment et fait des efforts d’expectoration, comme pour débarasser sa gorge. D’ordinaire la résolution ne tarde pas à se faire spontanément, et dans une semaine tout rentre dans l’ordre. Dans des cas très

(1) Il est facile de s’expliquer cette altération de l’ouïe, et les bourdonnements qu’éprouvent les malades atteints d’angine aiguë, si l’on songe que cette dernière est souvent accompagnée de coryza, et que dans presque tous les cas, l’orifice de la trompe d’Eustache, quelquefois même une partie de ce conduit, sont le siège de phénomènes inflammatoires, qui déterminent facilement son obstruction plus ou moins complète, et gênent par conséquent circulation de l'air à travers ce conduit ( Note des Traducteurs).

(2) Peter : Dictionnaire des Sciences médicales. Paris 1864, vol IV, p. 695

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