IV. — Polypes, tuhburs, kystes
652. Les polypes du larynx peuvent être formés par une tumeur fibreuse, fibro-cellulaire, par un myxome, un papillome, un adénome, Thypertrophie du tissu muqueux, on par une combinaison de plusieurs de ces tumeurs. On n*a pas encore décrit de polypes composés de vaisseaux sanguins ou de fibres musculaires.
I..es polypes sont sessiles ou pédicules, bosselés ou lo« bulés; leur grandeur très- variable, depuis celle d'une tète d'épingle jusqu'à celle d'une fève ou d'une noix dans le larynx, et au delà dans le pharynx et dans le nez. La couleur, généralement d'un rose plus ou moins foncé que celui des muqueuses avoisinantes, peut être blanchâtre par une couche d^épithélium ou noirâtre par du sang extravasé ; elle change quelquefois d'un jour à l'autre. Leur accroissement est en générai lent et peut s'arrêter pendant des années entières. Ils peuvent persister dans leur composition primitive, ou bien sabir des métamorphoses différentes, telles que la dégénérescence graisseuse, Tinfiltration calcaire ou caséeuse, l'inflammation avec l'ulcération et la gangrène ou la nécrose consécutives.
5ô3. Les tumeurs sont osseuses, cartilagineuses ou cancéreuses. On range aussi parmi les tumeurs les polypes sessiles de grandes dimensions. •
55â. Les kystes doivent leur origine le plus souvent à raccumulation d'un liquide qui subit ensuite une métamorphose muqueuse ou colloïde. Dans la glande thyroïde nous les voyons se développer par la dilatation des follicules clos ; au palais, dans le larynx et dans les glandes sous -maxillaires par l'occlusion des conduits excréteurs des glandes. Quelquefois elles sont congénitales.
G. ^ Paraplasie.
555. Les produits de cette classe ne diffèrent pas de ceux que nous venons de décrire par des éléments complètement hétéromorphes, mais par leur siège, leurs rapports avec l'organe voisin ou l'organisme entier, leur étiologie, etc. ; en un mot, par des caractères dus à une perversion de la formation.
Tous «ces produits se composent de noyaux et de cellules. Les noyaux ne présentent rien de particulier. Les cellules ressemblent tantôt aux globules blancs, tantôt à l'épithélium. Dans quelques-uns de ces néoplasmes, les noyaux sont prédominants, dans d'autres les cellules ; ces éléments sont infiltrés ou renfermés dans des alvéoles, et subissent, au bout d'un ceitain temps, l'hypoplasie par inflammation ou par une métamorphose régressive quelconque (523). Aussi peuton appeler ces tumeurs destructives : mais elles ne sont pas seules à former cette série, parce que quelques-uns des polypes éprouvent également une dégénérescence hypoplasi que.
555. Le TUBERCULE se rencontre principalement dans le larynx, où sa présence détermine la phymie laryngée. Nous renvoyons son examen à la description de cette maladie. On rencontre, il est vrai, aussi des ulcérations pharyngées chez les phthisiques; mais elles son trelativement rares, et leur développement n'est pas encore suffisamment étudié.
557. Le CANCER, SOUS forme de tameur ou d'infiltration, se compose de cellules dont la grandeur, forme, couleur, consistance, etc. , ressemblent plus ou moins à d'autres cellules physiologiques; elles s'en distinguent seulement par leur nombre et par leur métamorphose, qui entraîne toujours la destruction de Torgane et le plus souvent celle de l'organisme entier.
Cette description donnée par^Uhle confirme l'opinion
exprimée par nous dans notre anatomie microscopique
(vol. II), et par laquelle nous avions combattu l'existence de celluTes cancéreuses spécifiques.
On distingue le cancer épithélial et le cancer ordinaire. Le cancer épithélial est formé par des cellules analogues à celles de Tépithélium de la peau, des muqueuses ou des glandes, et placées dans des alvéoles distincts. Le cancer ordinaire est nommé scirrhe ou cancer médullaire^ suivant rabondance du tissu cellulaire; il se compose de petites cellules rondes, irrégulièrement distribuées. Il existe plusieurs variétés de ces différentes espèces, telles que Yépithéliome^ le cancraide^ le cancer colloïde^ etc.
568. Le SYPHiLOMË ou la gomme syphilitique existe dans les tissus à l'état dH infiltration ou de tumeur saillante; c'est une masse gris rougeâtre, molle, homogène, sèche ou fournissant un suc clair ou trouble, muqueux. Les gommes sont rarement bien limitées, et présentent le plus souvent dans les organes pharyngo-laryngées la forme de tubercules arrondis de dimensions peu étendues. Le syphilome se compose de cellules et de noyaux ; les cellules ressemblent beaucoup aux globules blancs du sang. La métamorphose la plus fréquente de ces éléments est l'atrophie et la dégénérescence graisseuse, d'où résultent des ulcérations superficielles ou profondes, suivant les dimensions primitives du syphilome. • 659. Le TUBERCULE DU LUPUS 80 composo de noyaux et de
cellules trës-variables par leur forme et leur quaotilé; il donne lieu, dans le larynx et dans le pharynx, à des tifeAnations quelquefois fort étendues, qui sont entourées de végétations et qui peuvent se cicatriser.
560. Le TunERGULE de la lèpre se présente dans les organes pbaryngo-laryngés sous forme de petites végétatiom papillaires de la grandeur d'une tète d'épingle, jusqu'à celle d'un pois; ces végétations^ s'ulcèrent, comme le tubercule lépreux de la peau, et peuvent avoir pour résultat le développement de cicatrices fort étendues.
561. L'existence de vésicules herpétiques a été admise par quelques auteurs ; nous examinerons cette question en nous occupant de la pharyngite granuleuse et de l'angine couenneuse simple.
562. On a constaté, chez des varioleux, à l'intérieur du larynx, la présence de la pustule vabiouque.
563. Le LYMPH0ME forme presque constamment de très-petites tumeurs presque microscopiques, blanch&tres ou Uinc grisâtre, molles, rarement fermes; il existe aussi quelquefois à l'état diffus. Il se compose de cellules à noyaux, analogues à celles de la lymphe, ayant parfois des dimensions plu? grandes, et qui donnent lieu à des ulcérations, par métamorphose régressive. Le lymphome se développe, dans les organes pharyngo-laryngés, dans la fièvre typhoïde et dans quelques fièvres exanthématiques.
564. Le SAHGOME est une néoplasie qui ressemble fort à riiypertrophie du tissu connectif (547); de là les variétés de fihrosnrcome^ de myxosarcoine ou sarcome muqueux^ de i/ùosarrome^ de chondrosarcome et Sostéosarcome. Mais il s'en distingue par le développement prépondérant de cellules très-grandes, rondes, fusiforuies ou étoilées, remarquables par les dimensions de leur noyau et de leur nucléole. Il y a cependant aussi des sarcomes à petites cellules. On les reiv
TROUBLES DES F0>9GTI0NS NUTRITIVES. — GOMFIGURATIOM. 401
contre rarement infiltrés, presque toujours sous forme de tumeur ou de polype.
Article III. — Troubles de la gonhguration.
666. La configuration peut être anormale par les rapports des diverses portions des organes pharyngo-laryngés entre elles (A.) ou bien avecles tissus ou organes voisins (&.)• Ces anomalies sont congénitales ou acquises.
A. — Troubles des rapports naturels.
566. Nous devons ranger ici tout d'abord tous les vices DE CONFORMATION par agenèsc^ tels que l'absence des voies respiratoires, chez des acéphales, l'absence du nez, de la trachée, de quelques cartilages du larynx ou de la trachée, etc. ; puis ceux par diplogenèse et par hypergenèse^ comme par exemple des cartilages accessoires au larynx, à la trachée, etc.
567. Puis viennent les anomalies des dimensions, soit des parois, soit des cavités. Parmi les anomalies des dimensions des parois^ on peut ranger la petitesse du larynx avec absence des testicules; l'absence, la difTormité ou l'arrêt de développement des cartilages aryténoïdes, de la portion postérieure du cricoïde, d'une moitié du thyroïde, etc. ; ou bien l'excès de développement de Tépiglotte, du voile du palais, que j'ai vu descendre parfois jusqu'à Textrémité libre de la luette, de l'un ou des deux côtés, etc.
Les anomalies des dimensions des cavités constituent les dilatations et les rétrécissements. On observe souvent U dilatation uniforme du larynx et de la trachée, dans Tâge avancé, par suite de l'atrophie des tissus; elle peut être aussi,
MAHDL. — Larynx. 26
402 PATHOLOGiE GÉNÉRALE.
suivant Rokitansky, le résultat de Thypertrophie et du relâchement, telle qu'on l'observe à la paroi postérieure de la trachée, et qui est habituellement accompagnée de hernies de la muqueuse. Le rétrécissement peut aller jusqu'à Tatrésie. Ses causes sont variables. Tantôt c'est la presâon exercée par exemple au larynx et à la trachée par des cystes, par l'hypertrophie du thymus, de la glande thyroïde, de glandes lymphatiques, par un anévrysme de l'aorte ou du tronc anonyme, par des tumeurs situées dans la région cervicale ou dans le médiastin, etc.; tantôt le rétrécissement est produit par une affection des muqueuses, par exemple par gonflement consécutif à l'inflammatiori, Tulcération, la nécrose ; par un abcès à la suite d'une périchondrite; par l'oedème ; par des tumeurs fibreuses, carcinomateuses, épithéliales, etc.; par des cicatrices, ou enfin par des corps étrangers (571) . Les mêmes causes produisent des effets identiques dans les narines, qui parfois sont affectées d'une atrésie congénitale.
568. Enfin, les anomalies de la forme résultent de la pression mécanique exercée par des tumeurs voisines, par des anévrysmes, etc., qui aplatissent, défoncent, recourbent, etc., diverses portions des organes pharyngoJaryngés ; ou bien elles sont le résultat de maladies, telles que la cicatrisation à la suite d'une ulcération, les altérations produites par l'inflammation plastique, par des tumeurs, des polypes, etc. ; ou bien elles sont congénitales, ce qui s'observe fréquemment dans les formes si diverses de Tépiglotte.
B. — Troubles des rapports externes.
569. La POSITION peut être anormale, en ce que le larynx est déplacé latéralement par l'hypertrophie d'un lobe de la glande thyroïde, par des tumeurs, des anévrysmes, des abcès, etc. La trachée ou le larynx peuvent être poussés-
TROUBLES DES FONGTIOMS NUTRITIVES.— CONFIGURATION. d03
,m avant par des vertèbres cervicales grossies par Tinflammation, par des abcès, etc. ; ou bien poussés en arrière par un anévrysme, une tumeur carcinomateuse située dans le médiastin antérieur, etc.
670. Les anomalies de connexion sont congénitales ou acquises.
Les anomalies de connexion congénitales se trouvent ' représentées par la communication de la trachée avec Tobsophage et par la fistule trachéale congénitale, située habituellement sur la ligne médiane.
Des anomalies de connexion peuvent être acquises^ ]p^ des lésions traumatiques, des fractures ou des luxations de divers cartilages du larynx, des déchirures occasionnées à Textérieur ou à Tintérieur par des corps étrangers, ou bien par la nécrose. Ces lésions établissent la communication des voies respiratoires avec le tissu cellulaire, ou bien avec des cavités voisines ou avec des abcès, et permettent la pénétration souvent léthale de pus, de sang, d'aliments, etc., dans les voies respiratoires.
571 . Nous rangeons parmi les troubles des rapports des organes pharyngo-laryngés avec les substances qui n'en font pas partie, les CORPS étrangers, qui se trouvent, soit dans les cavités de ces organes, soit en dehors. Ces corps sont les produits pathologiques des muqueuses pbaryngo^aryngées ou des tissus voisins, ou bien ils appartiennent au monde externe et se trouvent accidentellement dans les voies respiratoires.
Les produits pathologiques des muqueuses pharyngolaryngées peuvent être du sang, du mucus et du pus, liquide ou caséeux, des fragments nécrosés de cartilages ou d*os, etc.
Les produits pathologiques des tissus voisins sont le sang des poumons ou d'un anévrysme rompu; le pus venant d'un abcès do poumon, des vertèbres, des glandes bronchiques.
du foie ; des fragaients de cancer, de tubercules, de tissu pulmonaire nécrosé, etc.
Enfin, tous les corps étrangers proprement dits et les vers intestinaux peuvent pénétrer de l'oesophage ou de la cavité buccale dans les voies respiratoires, soit pendant la déglutition, par un trouble de la respiration, soit par une communication ulcéreuse de l'oesophage avec la trachée.