II. — I5FLAMMATI0N ADHÉSIVE
5A5. Lorsque Tépithélium est détruit et que la surface de la muqueuse est couverte d'un exsudât fibrineux et d'un tissu granuleux (ôAl) abondant, les membranes situées en face l'une de l'autre peuvent contracter une adhésion par des cordons ou par des membranes. En effet, il se forme dans chaque muqueuse de nouveaux vaisseaux sanguins; ceux-ci vont à rencontre et s'unissent ; puis, tandis que Tes uns s'atrophient et périssent, les autres s'élargissent; un nouveau tissu cellulaire se forme dans le tissu granuleux, tandis que l' exsudât fibrineux est absorbé (511) .
Ce nouveau tissu cellulaire peut déterminer des adhérences intimes entre les muqueuses ou les autres tissus des organes pharyngo-laryngés ; c'est ainsi que nous voyons survenir la sténose de la glotte à la suite des inflammations. Des adhésions analogues se rencontrent souvent dans les amygdales, entre Tépiglotte et les muqueuses voisines ; elles jouent un grand rôle sur les faces articulaires des cartilages aryténoîdes. D'autre part l'exsudation et la formation nouvelle de tissu cellulaire peuvent donner lieu au développement d'une membrane qui réunit les deux lèvres vocales.
394 PATHOLOGIE GÊlftllALE.
m. — Htpertbophii.
5i6. L'hypertrophie peut frapper l'un oa l'antre destimi qui composent les organes pharyngo-laryngés. EUe peoc être partielle ou totale^ et dans l'un et dans l'autre cas elle peut être diffuse ^ sans augmentation de volume, ou bien en saillie et former alors des tumeurs ou des polypes.
Il ne faut pas confondre ce développement exagéré d'an tissu avec l'hypertrophie de Forgane entier^ par exemple du larynx, due à un vice de conformation (566) , ni avec li tuméfaction consécutive de l'exsudation.
ôA7. L'hypertrophie du tissu cellulaire se renooBtre fréquemment; elle est déterminée, tantôt par l'hypertrophie du tissu fibreux ou du tissu muqueux, et se métamorphooe consécutivement en tissu cellulaire, tantôt aussi par U métamorphose fibrillaire de membranes, de capillaireSi etc., atrophiés. Nous pouvons ranger ici les épaississemeols dos à la métamorphose fibrillaire des exsudais fibreux. Les capillaires deviennent plus nombreux ou moins nombreux, ou ils disparaissent. Lorsque les tissus deviennent fermes, résistants, on dit qu'il y a induration.
Cette hypertrophie se rencontre dans toutes les couches des muqueuses, dans le tissu cellulaire interstitiel, dans les muscles, etc ; il en résulte un épaississement de la muqueuse qui alors est souvent couverte de mucosités abondantes vitreuses, (le qui s'observe dans quelques affections catarrhale^ chroniques du nez, du pharynx et du larynx.
L'hypertrophie en question peut être diffuse, ou bien saillante et former des tumeurs ou des polypes. Lorsque k développement du tissu fibreux est prédominant, on l'appela fibrome ou fibroîde ; tumeur fi bro -cellulaire ou aréolairt, lorsqu'un tissu cellulaire lâche présente des alvéoles nom*
breux. Enfin le myxome se compose d'un tissu muqueux, c^est-à-dire d'une substance muqueuse, colloïde, remplie de cellules étoilées ou fusiformes, ou de petites cellules analogues aux corpuscules du mucus. Avec ces tumeurs se combine quelquefois le gliome^ qui est dû à l'hypertrophie du tissu cellulaire qui entoure les nerfs.
6A8. Les glandes muqueuses sont rarement hypertrophiées, sans subir en même temps la métamorphose colloïde (531). Dans la trachée on rencontre quelquefois ces glandes hypertrophiées au point d'atteindre les dimensions d'une fève ou d'un haricot ; elles sont alors dégénérées en cystes remplies d'un mucus visqueux, blanchâfre, transparent ou opaque, et présentant une dilatation considérable dans les conduits excréteurs. L'hypertrophie des glandes muqueuses du larynx peut parfois déterminer l'atrophie des cartilages aryténoides et même faire disparaître complètement les cartilages de Santorini.
Lorsque l'hypertrophie devient saillante, elle constitue le polype mnqueuxy qui est sessile ou pédicule, rond, ovale, lobule, de grandeur différente, mou ; qui se compose de glandes muqueuses tubulaires ou en grappe, et qui est recouvert d'un épithélium analogue à celui de la muqueuse sur laquelle il siège.
649. Le tissu adénoïde ou cytogène, dont se composent les glandes conglomérées, telles que les glandes lymphatiques, les tonsilles, les follicules du larynx et de la racine de la langue, peut être hypertrophié partiellement ou totalement, et cette hypertrophie peut être plus ou moins étendue. L'hypertrophie des glandes lymphatiques est primaire, telle qu'on l'observe chez des jeunes gens scrofuleux ou sains; elle peut être aussi secondaire, consécutive, par exemple dans les glandes sous-maxillaires, à la suite d'une amygdalite. Les amygdales peuvent subir l'hypertrophie du paren-
S96 PATHOLOGIE GËCIÈKALE.
chyme ou celle du stroma fîbrillaire. L'hypertrophie des glandes de la paroi postérieure du pharynx, dans l'angine granuleuse, peut s'étendre sur quelques glandules isolées ou sur un nombre plus considérable ; elle peut être consécutive k une pharyngite. L'hypertrophie du thymus se constate quelquefois chez les nouveau-nés. L'hypertrophie de ces diverses glandes peut être diffuse, se bornant à une simple infiltration ; le plus souvent cependant elle forme des saillies, des tumeurs ou plutôt des tuméfactions plus ou moins grandes.
550. L'hypertrophie du tissu glanuclaire est partielle ou totale, dilfuse ou en saillie. Les tumeui-s formées sont apjjelées adcmmes ou tumeurs adénoïdes. La seule glande qui nous intéresse, est la thyroïde, dont l'hypertrophie constitue le yuitre.
551, On n'a pas constaté jusqu'à présent, àce que je sache, l'hypertropiiîe du tissu adipeux, diffuse ou sous forme de tumeur, appelée lipome. L'hypertrophie du tissu élastiquï, dans la portion supérieure de la muqueuse trachéale et parfois ailleurs, accoiupagne souvent l'hypertrophie du tissu cellulaire. Les cartilages ossifiés peuvent être hypertrophiés partiellement ou en totalité, et devenir le siège A'osk'ophytes on d'exostoses. On distingue d'avec ces dernières les tumeurs osseuses proprement dites, ou les oste'omcs, qui sont des néoplasies dont la métamorphose régulière, typique, «"st l 'ossification. Les cartilages peuvent être également hypertrophiés d'une manière diffuse, partiellement ou en toialité, ou bien donner lieu î'i des excroissances cartilagineuses appelées ecc/>oiidroses, qu'il ne faut pas confondre avec Venc/iondromr., dur ou gélatineux, c'est-à-dire avec les tumeurs cartilagineuses que l'on renconliesur les os et dans différentstissus. On n'a signalé jusqu'à présent, dans les organes pharyngo-laryngés, que l'iiypertrophic des fibiies hosculaires delà paroi postérieure de lu trachée; il est probable ccpen-
dant que les muscles intrinsèques du larynx s'hypertrophient également chez les personnes qui exercent beaucoup la voix. L'hypertrophie de Tépithélium se présente sous forme diffuse, comme épaississement^ sur les papilles de la langue, sur Tépiglotte et sur les replis supérieurs ; ou bien sous forme de tumeurs appelées /7a/?27/om^5, composées de tissu cellulaire recouvert d'une couche épithéliale et qui sont résistantes ou molles.