PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — ' MALADIES GÉNÉRALES
troubles fonctionnels des organes vocaux par les rapports, soit anatomiques, soit pathologiques.
Les rapports anatomiques sont ceux de la continuité ou de la contiguïté. Une laryngite peut être la conséquence d'une pharyngite ou trachéite par continuité ; elle peut être due à un abcès voisin, par continuité. Les rapports pathologiques sont établis p^r sympathie avec les altérations des fonctions de la vie individuelle (A.) ou de la vie sexuelle (B.); ce sont eux qui déterminent les symptômes appelés généraux.
A. — Troubles de la vie individuelle.
595. Les troubles de la formation, c'est-à-dire de la nutrition, de la sécrétion^ de l'accroissement, peuvent être trèsgraves, sans exercer la moindre influence sur la respiration, la déglutiUon ou la phonation. Des cachexies diathésiques (luberciUeuses^ cancéreuses^ syphilitiques)^ les maladies de la peau^ des tumeurs accidentelles les plus variées, une foule de màtadies dites chirurgicales ^ etc. , peuvent exister sans intéresser les fonctions pharyngo-laryngées. La voix peut même rester intacte, malgré de graves désordres siégeant dans les poumons.
Cependant très-souvent les diverses maladies de l'organisme réagissent sur les organes pharyngo-laryngés et troublent leurs fonctions, soit par les altérations organiques quils y déterminent, soit par des effets sympathiques ; mais cette réaction n'est pas constante, absolue. II n'en est plus ainsi lorsque la maladie a usé les forces de l'organisme. Un homme épuisé^ un homme mouranty ne saurait chanter, à moins que ce ne soit dans une de ces fictions théâtrales qui ne tiennent aucun compte des réalités physiologiques.
596. Les troubles des organes de la digestion réagissent parfois d'une manière fâcheuse sur es fonctions pharyngo-
laryngées, soit par les troubles de Tinnervation, tels que malaises, douleurs, faiblesse générale, etc., soit par les modifications de la salivation et les entraves qui en résultent dans rémission de la voix.
Dans Yindigestioriy on constate, outre les phénomènes généraux, tels que malaises, évacuations, nausées, vomissements, etc. , de la soif et une bouche pâteuse ou sèche. Dans la dyspepsie^ la quantité des sécrétions buccales est tantôt diminuée, tantôt augmentée ; la pharyngite chronique peut se développer à la suite d'une dyspepsie persistante (par continuité de Thypérémie de la muqueuse?), mais je n'ai jamais vu, comme on l'affirme, une pharyngite être la cause de digestions difficiles.
Dans Yinanition et dans la polydipsie, on constate les effets très-prononcés de la faim et de la soif.
La paralysie des lèvres (chiloplégie) , le mâchonyiement^ les anomalies de la mastication^ le grincement des dents^ le fmmw5, peuvent troubler la déglutition et surtout l'émission de la voix. L'excès de la salivation est moins gênant pour la phonation, à moins que le ptyalisme ne tienne a une altération grave ; il n'en est pas de même pour Vasialie^ où l'absence de la salive gêne la déglutition et la phonation.
Les troubles de la déglutition (dysphagies pharyngienne ou œsophagienne, ténesme pharyngien, douleurs), de même que la distension ou la sensibilité abdominales^ et les aflections douloureuses du foie^ les nansées^Aîk vomituration et les vomissements^ entravent la respiration, et par conséquent l'émission de la voix. Pendant le vomissement, quelques gouttes des liquides rejetés peuvent pénétrer dans la cavité laryngée, exciter la toux et provoquer une raucité consécutive passagère.
Parmi les effets fâcheux que la constipation^ surtout lorsqu'elle devient habittiellej peut exercer sur la santé gêné-
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raie, tels que vertiges, céphalalgies, troubles de la diçestion, et qui réa^ssent sur la phonation, notons particulièrement les congestions ven la tète ; il peut en résulter un état hypérémique passif du larynx et du pharynx.
L'inflammation, la tuméfaction^ l'ulcération du pharynx et du larynx sont provoquées par la déglutition de liquides iNTÛlants ou caustiques.
597. L'accélération de la circulation peut troubler, sui^ vant qu'elle est plus ou moins prononcée, l'émission de la vwx. Ce trouble se remarque presque constamment, s'il y a de fortes palpitations, par exemple, à la suite d'émotions violentes ou dans quelques maladies du cceur. On la con- ' State aussi dans les fièvres ^ surtout pendant les accès ; lorsqu'upe fièvre est continue, l'altération de la voix peut manquer.
898. Les troubles de la locomotion n'exercent pas une ' grande influence sur les fonctions pharyngo-laryngées. Cependant la lassitude morbide^ surtout si elle est fébrile, qui invite les malades au repos, rend la parole faible et paresseuse.
599. Les fonctions de la peau troublées réagissent sur la perspiration pulmonaire seulement, lorsque la quantité^ mais non lorsque la qualité de la sueur ou de la perspiration cutanée est altérée. Dans le premier cas, l'abondance des liquides perdus par la peau peut dessécher la muqueuse respiratmre et rendre pénibles respiration et phonation : c'est ce qui s'observe de préférence dans la sudation active, chaude, moins dans la passive, froide.
La sécheresse de la peau est sans effet connu ; il n'en est plus de même lorsqu'il y a suppression subite de la sueur. U en résulte ce qu'on appelle le refroidissement (652), qui détermine les affections rhumatismales, catarrhales (inflammatoires) des voies respiratoires, à moins qu'une sudation
nàXVL. * Larynx. 27
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abondante immédiate ne fasse avorter les conséquences du refroidissement.
600. Les troubles de Tinnervation peuvent être fort graves, sans influencer les fonctions pharyngo-laryngées» Cependant une douleur violente, quel que soit son siège, trouble la phonation et parfois aussi la respiration ; Vanes» thésie et la perversion de la sensibilité restent en général sans effet.
Les fonctions des organes pharyngo-laryngés subissent des altérations profondes, quoique passagères seulement, par les convulsions. Au moment de tomber dans l'accès de Vépilepsie^ les malades poussent un cri aigu, pénible à entendre, étrange; l'inspiration, dans le stade convulsif^ est nulle ou saccadée, l'expiration difficile; un râlement bruyant et pénible se fait entendre ; souvent il s'y joint le spasme de la glotte. La déglutition est impossible ; la salive forme une écume blanche et épaisse qui s'amasse devant les lèvres. Il y a des phénomènes analogues dans Yéclampsie. Dans le tétanos^ les muscles de la langue, du voile dupalsds et du pharynx ne sont pris qu'imparfaitement ou passagèrement. Il y a cependant dysphagie ; la salive est écumeuse, la voix faible, le timbre altéré ; les inspirations sont faibles ; il survient de l'anxiété et de l'asphyxie.
Les paralysies sont sans influence, à moins que les nerfs pharyngo-laryngés ne se trouvent directement intéressés : c'est ce qui arrive très-souvent dans les affections organopathiques de Y encéphale et dn bulbe rachidien. Les inflammations de ces organes peuvent accélérer ou ralentir la respiration, et déterminer la loquacité ou rendre la parole lente et paresseuse.
Dans V hystérie^ et souvent aussi dans Yhypochondrie, il y a sensation d'une boule qui monte vers la gorge, puis de pleurs ou de ris sans sujet ; de la constriction douloureuse