III. — Troubles de la déglutitio
587. Le passage du bol alimentaire sur Tépiglotte et sur la face postérieure de la paroi postérieure du larynx, de même que le déplacement éprouvé par le lartkx pendant la déglutition (A55 et suiv.), expliquent la douleur et la dysphagie que peuvent déterminer les altérations organiques de cet organe. Ainsi, les inflammations des cartilages aryténoîdes, celles de Tépiglotte, les cancers de la paroi antérieure de l'œsophage, etc., rendent la déglutition pénible.
588. La part active que prend le pharynx dans la déglutition, le vomissement et le gargarisme, explique facilement les troubles profonds qu'amène dans ces actes difiFérents une altération locale de la vie animale ou de l'organique.
V hyperesthésie détermine le globe hystérique et le pharyngisme, qui font faire au malade des efforts inutiles pour avaler un corps qui n'existe pas. La douleur œsophagienne s'exaspère pendant l'acte de la déglutition ; il y a sensation d'un obstacle, comme si un corps étranger était engagé dans l'œsophage, d'où résultent des mouvements de déglutition et de régurgitation. L'hyperesthésie peut aussi déterminer des vomissements par le plus léger attouchement de la paroi pharyngée ou même par l'appréhension de ce contact. Vanesthésie suspend l'acte de la déglutition, si le malade ne s'aperçoit pas de la présence du globe alimentaire.
H allongement de la luette peut être déterminée par relâchement musculaire, et exciter des nausées et des vomissements. Laparalj/sie du voile a pour conséquence la dysphagie complète ou incomplète. Dans le spasme du pharynx et de l'œsophage, la déglutition est impossible, chaque accès est
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smvi de réructation de Tair. Des phénomènes analogues s'observent dans le pharyngisme et le trachélisine.
La dysphagie est presque spasmodique dans la dégénérescence et dans les inflammations aiguës du pharynx ; elle ressemble à la dysphagie paralytique dans les dilatations considérables.
B. — Effets généraux.
589. Vexercice continu de la phonation peut fatiguer, même lorsqu'il n'est pas exagéré, par la grande tension de Fesprit, qui réagit sur l'organisme et amène une lassitude, un épuisement passager. C'est le travail de l'intelligence qui alors est la cause déterminante, car nous voyons bien
souvent des bavards infatigables épuiser notre patience, mais
non les forces de leurs muscles laryngés.
590. Lorsque la phonation est exagérée dans sa tonalité et surtout dans son intensité^ il en résulte une fatigue locale (612) qui bientôt devient générale ; elle sera trèsgrande lorsqu'il s'agit de parler au public, au milieu d'une assemblée nombreuse et bruyante, ou lorsqu'on fait des efforts violents pour se faire entendre à l'extrémité d'une vaste salle. La fatigue sera encore plus grande lorsque la parole est accompagnée de gestes violents, désordonnés ou disproportionnés.
Les conséquences de ces efforts sont redoutables pour les personnes faibles, délicates, prédisposées aux tubercules, à l'emphysème, aux maladies de cœur ; il faut que l'exagération soit très-grande pour déterminer des hernies, des congestions cérébrales, etc.
Tout ce que nous venons de dire de l'exagération de la voix parlée ou chantée s'applique également au jeu des instruments à vent.
41 ft PATHOLOGIE G£N£RALK.
591. La suppression de la phonation, sous forme de silence temparairey si elle n'est pas de longue durée, peut ennuyer les personnes habituées à l'échange continud de leurs impressions, et modifier ainsi l'innervatioD. hemknob est au contraire réclamé par les hommes de ciJ)inet, pour le travail intellectuel. Le silence continu ou le muiisme n'est jamais volontaire, mais le symptôme d'une affection générale ; lorsqu'il est imposé aux prisonniers renfermés dans des cellules, il produirait, suivant quelques observateurs, la phymie ; reste à connaître, si le fait est vrai, l'influence des autres causes hygiéniques.
592. Les maladies locales des organes pharyngo-laryiq;és, si elles ne sont pas déterminées elles-mêmes par une maladie générale, n'intéressent nullement la santé générale. Cependant on voit très-souvent les personnes* atteintes d'affections insignifiantes du larynx se montrer très-préoccupées de h gravité imaginaire de leur affection, et se croire menacées d'une phymie laryngée. Que de fois de légères larfiq;iteBoe des angines granuleuses figurent-elles, à titre de phj^mies guéries, au compte des résultats thérapeutiques du climat ou de telle source merv^eilleuse.
593. Nous n'avons pas besoin d'insister sur les eSets fâcheux que peuvent déterminer les troubles des uouveiieiits RESPIRATOIRES et ccux de la DÉGLUTITION, daus les diverses fonctions de Torganisine. Les entraves apportées à l'hématose et à la digestion entraînent des désordres plus ou moia< graves.
Article II. — Modifioations fonctionnelles DéTERMiifÉES