‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 142 sur 244 · I. — Causes imternis communes · texte numérisé non relu

I. — Causes imternis communes

611. L*âge exerce une influence incontestée sur les foncions laryngo-pharyngées (321). Les muqueuses laryngées sont très-impressionnables dans la première enfance^ au froid etàThumidité ; aussi les laryngites aiguës^les maux de gorge, les rhumes, la coqueluche sont-elles des affections communes et souvent mortelles à cette époque de la vie* La mollesse des cartilages et la facilité avec laquelle se ferme Fespace interaryténoïdien expliquent les dangers que déterminent même des degrés légers de spasme ou de croup, par Tocclusion complète de la glotte , dangers qui , à un âge plus avancé, n'apparaissent qu'avec l'œdème de la glotte. Chez les nouveau-nés, un rhume de cerveau peut être pernicieux, parce qu'il empêche la respiration par le nez et, par cette raison même, l'allaitement.

Parmi les aflections chroniques, le développement des scrofules et des tubercules est favorisé par Tenfance. Les laryngit.es chroniques sont plus rares qu'à l'âge adulte, ce qui peut tenir à l'excessive mollesse des tissus et à la facilité avec laquelle se rétablit la circulation ; en revanche, les engorgements des amygdales s'observent très-souvent dans les premières années de la vie. La fréquence des affections aignës des voies respiratoires dans l'enfance prédispose ces organes à des affections chroniques dans un âge plus avancé.

Dans lei Jeunesse apparaissent, chez les filles, les affections nerveuses caractérisées par un trouble de motilité ; chez les Jeunes gens les laryngites et les pharyngites chroniques. Les affections chroniques les plus variées apparaissent dans Vdgé adulte^ tandis que les années climatériques sont une causé favorable au développement des tumeurs destructives. Dans la vieillesse^ l'atrophie des muqueuses et la suceptibilité des bronches et du tissu pulmonaire entraînent fréquem-

ââ8 PATHOLOGIE GÉNÉRALE.

ment des iDflammatioDs aiguës ou chroiiiques du larynx.

612. Le SEXE peut être la cause de divanses aflfectioos phaiyngo-iaryngées. Chez la femme la sen^ilitë est dâicate, exquise; le système nerveux plus irritable, plus impressionnable, le système musculaire moins développé, jdus faible, la respiration moins active; enfin, les fonctioDS sexuelles exercent une influence plus constante et aoufCDt plus prononcée sur Forganisme entier que chez X homme.

Aussi le sexe féminin est-il, toutes circonstances ^;ales, plus disposé à contracter des affections dans les tissus pharyngo-laryngés, lesquels offrent une résistance moindre i l'action des agents extérieurs. Les accidents nerveux sont plus fréquents chez lafenune. On admet que le croup frappe de préférence les garçons, et que le goitre se renamtre plus souvent chez la femme.

613, Une forte constitution rend moiûs susceptible l'organisme qu'une constitution faible, pourlesafféctioiisdularjiix et du pharynx. Cependant il n'est pas rare de constater une immunité surprenante des organes vocaux et respiratiores chez les individus chétifs, et par contre leur fragilité chez des personnes robustes. VhabitiiSj c'est-à-dire la manifestation externe de la constitution , ne permet donc pas toujours déjuger de la facilité avec laquelle les tissus pbaryngo-larjngés peuvent contracter des maladies, surtout lorsqu'il s'agit de maladies locales. Cette facilité dépend plutôt de la susceptibilité avec laquelle les fonctions peuvent être troublées et que Ton appelle éréthisme ou torpeur.

On peut donc, indépendamment de la constitution générale, parler de la constitution spéciale ^ forte ou faible, des organes pharyngo-laryngés.

614. L'influence qui peut résulter de la différence deuct n'est pas encore suffisamment étudiée. On admet généralement que la puberté se déclare plus tût chez les indigènes

ÊTIOLOGIE. — CAUSES INTERNES. àh^

des pays chauds, et que la vieillesse y est aussi plus précoce, surtout chez les femmes. La voix, dans le chant et dans la parole, est la plus développée et la plus parfaite dans la race éumeasienne; mais il est probable que ceci tient plus à la fÛTilisation qu*à la conformation.

Quoi qu'il en soit, on ne connaît aucune influence exercée wr la voix par des prédispositions de la race. Il est inutile d'ajouter qu'il ne faut pas prendre pour telles les effets de fiffinûgration, par exemple le développement de la pbtbisie cbes les nègres venus en Europe.

It. — Causes internes individuelles.

015. La PRÉDISPOSITION MORBIDE est l'ensemble des causes iadividuelies indéterminées, lequel facilite le développement des affections par des causes qui, sur d'autres individoSy resteraient inefficaces. La prédisposition congénitale ou ^eqtdse des membranes muqueuses est temporaire ou perma- MOte.

Les états temporaires ({\xu pendant un certain temps^ rendent les fonctions des organes pharyngo-laryngé^ plus inaceptibles d'être troublés, sont physiologiques ^ comme par exemple la mue de la voix, la menstruation, la gestation, ka passions, etc. , ou pathologiques y comme la convalesceiKe^ pendant laquelle les fonctions encore débiles sont troublées par les causes déterminantes les plus légères. Les prédispositions permanentes sont très-variables ; elles portent sur le système vasculaire desmuqueuses et favorisent, par la fréquence des affections catarrhales aiguës, l'apparitioa des affections chroniques, ou bien elles concernent le système nerveux et rendent les organes très-irritables.

dl6« La DUTHÈSE est, suivant nous, la condition individuelle nécessaire au développement de certaines maladies

MANDL. — Larynx. 29

UO PATilOLOGtE GE^ERALË.

qui ne reconnaissent pas de causes externes déterminantes, absolument nécessaires à leur apparition ; qui occupent, sous les formes les plus diverses, (ixes ou mobiles, tantôt un seul système organique, tantôt plusieurs tissus ou organes, sans raisons analomiquesou physiologiques connues; dont les produits toujours identiques sont les plus souvent palpables; qui finissent par amener celte alléralîon profonde de l'économie que l'on appelle cachexie ; dont l'invasion est indéterminée, lente, la marche irrégulière, à cause de fréquentes rechutes, et la durée indéterminée.

IL ne faut pas confondre les maladies diathésiques avec elles qui reconnaissent une cause externe déterminante, comme, par exemple, la syiihilis, la morve, le farcin, !a variole,et qui finissent par déterminer une constitution pathologique particulière, lorsqu'elles affectent plusieurs systèmes organiques.

Le groupe des maladies diathésiques, qui n'est qu'un groupe provisoire, comprenant les maladies les plus diverses et qui demandent encore leur place dans le cadre nosologique, peut être divisé en deux classes, suivant le siège. Les unes n'occupent qu'wu seul système organique, par exemple le système osseux (rachitisme), vasculaîre(anévrysme),etc.. les autres (/iweJ's/JO/«/s de l'organisme qui ne sont ni continus ni contigus les uns aux autres. A celte dernière classe appartiennent les scrofules, les tubercules et le cancer.

Les aiïections diathésiques entraînent très -souvent les organes phai'yngo-laryngés dans la cachexie générale.

617. Li diathèse tubercidetise se manifeste dans le larynx, soit comme phymie primitive, avant la constatation de tubercules dans les poumons, soit comme phymie consécutive à la deuxième et surtout à la troisième période de la phymie pulmonaire. On rencontre des ulcérations tuberculeuses éga-n lement dans le pharynx.

-cuieuses ^SA*^bjb

ÊTIOLOGlË. — CAUSES INTERNES. àbi

618. On a compris sous le nom de diathèsk herpétique ou Sherpétisme une foule de manifestations cutanées de la dartre qui, suivant Hardy , se borneraient à Teczéma, le lichen -, le pityriasis et le psoriasis non syphilitique. L'herpès proprement dit est caractérisé d'abord par une éruption de vésicules inégales, groupées sur une base enflammée et rouge^ puis par des ulcérations superficielles. Nous discuterons l'existence de cette diathèse des organes pharyngo-laryngés dans les pages consacrées aux maladies du pharynx.

619. Les signes habituels de la diathèse cancéreuse^ à savoir le dépérissement graduel avec pâleur, sécheresse des téguments et développement de tumeurs dans diverses parties du corps, manquent dans le cancer primitif du larynx. L'engorgement des ganglions, qui est un signe concommitant d'une grande valeur, même celui. des glandes sous-maxillaires, manque aussi souvent.

620. La muqueuse des fosses nasales çst souvent, dans la diathèse scrofuleuse^ le siège d'une inflammation chronique qui peut se terminer par la nécrose. On afi&rme aussi que les amygdales sont hypertrophiées, ce que je ne pourrais confirmer par mes propres observations ; j'ai vu, en efiet, des enfants scrofuleux sans aucune affection de ces glandes, et plus souvent encore des amygdales indurées et hypertrophiées sans trace de scrofules. Les scrofules ne prédisposent nullement aux affections du larynx.

621. L'état physiologique (constitution, tempérament), de même que l'état pathologique (prédispositions morbides, diathèse, syphilis) des parents, peut se propager à l'enfant par HÉRÉDITÉ. On peut souvent constater les qualités héréditaires de la voix, par exemple au point de vue du timbre, de l'éclat, de la prononciation, etc.; cependant il ne faut pas toujours croire héréditaire une affection identique avec celle des parents^ mais qui ne fait que se développer sous l'influence

Ut PATHOLOGIE GÉNÉRALE.

ties mêmes causes externes, cmunie par exemple les scrofules, 622. Les haritvdes exercent une grande inlluence sur l'exercice normal et sur la conservation de l'intégrité fonclioDnelle de la voix, de même que sur les états pathologiques qui peuvent se déclarer. Les habitudes du mode respiratoire, de la prononciation, de la tonalité, de la force, etc., sont placées au premier rang. Puis viennent celles que donnent d'autres fonctions, surtout l'alimentation et les fonctions sexuelles, en agissant directement ou bien indirectement, par l'influence exercée surla santé générale. L'habitude des alcooliques, du tabac, des aliments trop excitants, dispose aux hypérémies etaux inHanimations chroniques. L'habitude exagérée de l'exercice des fonctions sexuelles alTaiblit la voix et change sa tonalité. L'habitude de crier donne des congestions laryngées^ etc.

D'un autre côté, on peut, en prenant certaines habitudes, rendre les organes moins susceptibles à contracter des maladies, ce qui arrive, par exemple, en s'haJjiluant à supporter les changements de température.

623. Les personnes douées d'un tempérament sanguin sont prédisposées aux congestions ; la voix est pleine de vigueur et d'un grand éclat. La grande facilité avec laquelle le tempérament iiervenz ressent toutes les impressions se reproduit également dans la voix. Dans letempérament iymphatiqne la voix est moins solide, moins résistante ; les iiiu< queuses sont prédisposées aux affections catarrhales. La vorx des bilieux est dure, brève, énergique chez ces ]>er80»Jie3 prédisposées aux troubles de la digestion.

Ces caractères de la voix dans les divers tempéraments ne sont pas toujom's aussi uettement tranchés que nous venons de l'indiquer, parce que les tempéraments eux-mêmes se combinent souvent et parce que l'éducation apporte des n difîcations notables dans la phonation.

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