‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 143 sur 244 · ÊTI0L06IE. - CAUSES INTERNES · texte numérisé non relu

ÊTI0L06IE. - CAUSES INTERNES

62 A. Les iDiosYNGRASiEs du larynx sont assez rares: onpeat ranger dans cette classe le coryza dont sont atteintes quelques personnes en respirant de Vipeca , et l'enrouement pro« duit chez d'autres par l'odeur des roses ou de la violette.

B. — Gauses internes spéciales.

625. Les diverses fonctions de l'organisme et celles des organes pbaryngo-Iaryngés exercent une influence mutuelle les unes sur les autres. Les premières (1), celles de la vie individuelle {a) et celles de la vie de l'espèce (6), agissent sur les fonctions des organes pharyngo-laryngés, et ces dernières (II) à leur tour sur l'organisme entier.

Je n'ai guère besoin d ajouter qu'il s'agit ici seulement de l'influence qu'exercent ces fonctions les unes sur les autres à l'état physiologique ; les modifications déterminées par l'état pathologique forment le sujet de la physiologie pathologique (chap. IV).

I. — Action de l'organisme sur les fonctions l>BÀRTN60-L41tTNGtE8.

a. — Fonctions et la ?le Inëllf Moelle.

626. En général, on peut dire que les fonctions des oi^anes pharyngo -laryngés s'accomplissent d'autant mieux que la formation, c'est-à-dire l'ensemble de la nutrition, de l'accroissement, de la sécrétion, d'où dépend la santé générale^ est plus satisfaisante. La santé n'est jamais parfaite ; elle n'est bonne que relativement. Mais ces degrés divers et relatifs de la santé parfaite n'influencent pas la voix; les caractères de la phonation ne sont pas proportionnés, surtout en ce qui concerne T intensité, à la perfection de la formation. Des individus robustes ont parfois la voix faible, des individus chétifs une voix de stentor.

Nous devons aussi faire remarquer ici que la santé

454 PATHOLOGlf; GÉNÉRALE.

générale peut être profondément troublée (7A8) , sans que les organes de la voix s'y trouvent intéressés.

627. Les fonctions des organes de la digestion exercent leur influence sur les organes pharyngo-laryngés par l'instinct alimentaire, sous la forme de la faim et de la soif, et par le choix des aliments. Nous ne nous arrêterons pas ici, en ce qui concerne ces derniers, aux détails qu'enseigne l'hygiène, sur les substances digestes ou indigestes; nous donnerons seulement quelques détails sur les condiments, le tabac et les boissons, qui intéressent plus particulièrement le larynx et le pharynx.

628. La FAIM, à son plus faible degré appelé appétit^ n'est pas défavorable à l'exercice de la parole, et dans tous les cas est plus favorable que la sensation de plénitude que l'on éprouve d'une manière plus ou moins prononcée après le repas; l'estomac rempli et renversé s'oppose alors à l'exercice normal du chant et de la parole, en entravant la respiration. A ses degrés supérieurs^ la faim trouble les fonctions pharyngo-laryngées, en déterminant une sensation pénible à l'épigastre, des bâillements réitérés, des migraines, des syncopes, du froid, des tremblements et l'effusion d'une sueur froide sur le front.

Les muqueuses de la bouche et du pharynx accusent les premières l'état de la soif. Au premier degrés on sent sim* plement la sécheresse de la langue, du gosier et des lèvres ; au deuxième j la sécrétion de la salive cesse complètement, la langue se colle au palais et la parole articulée devient embarrassée; au troisième degrés la langue et le palais deviennent rouges, douloureux et se gonflent; la déglutition est impossible ; la voix devient rauque et éteinte ; la respiration courte et anxieuse.

629. Parmi les gondhients, nous signalerons d'abord le sucre^ lequel, ingéré sous forme de poudre ou de sirop ^[>ais,

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peut provoquer la toux, surtout chez les personnes dont le pharynx est facilement excitable. Le sel détermine, s'il n'est pas dissimulé dans les aliments, une irritation légère et superficielle du pharynx, des aryténoîdes et de la bouche. Les acides (vinaigre, citron) suffisamment délayés n'ont aucun effet fâcheux, excepté dans les inflammations aiguës des organes laryngo-pharyngés, et particulièrement des aryténoîdes. Le poivre^ le girofle^ la canelle^ etc., exercent une action stimulante sur le pharynx. Les condiments aromatiques ont une action peu énergique. Les condiments masticatoires (bétel, piment, tabac) finissent par hyperesthésier ou rendre anesthésique la muqueuse pharyngée.

630. L'usage du tabac à fumer détermine, chez beaucoup de personnes, un. état d'irritation permanente de l'arrière-gorge, sous forme d'hypérémie, d'inflammation de la paroi postérieure du pharynx, de sécheresse ou d' exfoliation de la muqueuse; les amygdales peuvent devenir hypertrophiées, les piliers et la luette se tuméfier. Ces effets sont d'autant plus prompts que la fumée de tabac est plus chaude. Les cigarettes sont beaucoup plus nuisibles que les cigares ; la première moitié du cigare Test moins que la seconde ; la pipe longue offre le moins d'inconvénients.

Le tabac à priser peut, en tombant des arrière-narines sur la paroi du pharynx, y déterminer de l'irritation, des nausées et même de la toux, en arrivant sur les aryténoîdes. , 631. Les BOISSONS peuvent agir par leur température et par leur qualité chimique. Lorsque le corps est en sueur et qu*on introduit dans l'estomac une boisson froide ou glacée^ il peut survenir des accidents très-graves du côté des organes respiratoires, digestifs et du système nerveux. L'hémoptysie, la pleurésie, la bronchite, la laryngite et la pharyngite con« sécutives ont été observées fréquemment. Les boissons trop chaudes déterminent les divers degrés de brûlure.

aSG PATHOLOr.lE CF.SEBALE.

La qualité de l'eau n'exerce pas une influence connue sur les organes pliaryngo-laryngés ; cependant on a avancé que le goitre se produit dans les pays dont les eaux sont privées d'iodurca et de bromures alcalins (Chaiin), ou qui renferment du sulfate de chaux (Grange). L'a/cool (eau-de-vie, liqueurs) est très-nuisible au pliarynx et aux aryténoïdes par les liypérémies qu'il y détermine et favorise, surtout si les muqueuses sont déjà affectées. Les vins ne sont irritants que par la quantité d'alcool qu'ils renferment, La bière, Veau de Selfz,le c/iampaçne, etc., sorti légèrement excitants par le gaz acide carbonique qui s'en échappe.

632. Le besoin non satisfait de la oëfécatio» ou de la MICTION imminentes, par les troubles qu'il apporte à la respiration et par les spasmes exagérés des sphincters, s'oppose à l'exercice normal t!e la voix. La contrainte que l'on éprouve se propage aux organes phai^ngo-laryngés, et l'appréhension de l'excrétion rend la voix étranglée, criarde, eic.

633, La principale fonction de la peau, la respiration cutanée, est tout à fait analogue à la respiration pulmonaire ; elle en diffère, chez l'homme, en ce sens que la quantité d'acide carbonique exhalé et celle de l'oxygène absorbé sont beaucoup plus petites que dans le poumon, tandis que la quantité de vapeur d'eau qui s'échappe par évaporation, sous forme de transpiration itiscnsihle, est plus considérable, L'évaporatioii culanée débarrasse l'économie d'une quantité d'eau double de celle des poumons ; mais elle est soumise à des fluctuations nombreuses p;»- des influences extérieures, telles que la température et l'élat hygroméirique de l'air ambiant. Lorsque l'atmosphère est saturée de vapeur (i'eau, l'évaporalion cutanée et l'évaporation pulmonaire sont singulièrement amoindries ; en été, au contraire, l'air étant très-peu chargé di! vapeurs, l'évaporation est généralement

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plas élevée. Aussi la respiration et l'émission de la voix, sont-elles plus pénibles par suite de la sécheresse des tissus.

Les glandes sudoripares concourent, d'une manière res« treinte, à cette transpiration insensible, mais elles n'agissent véritablement que lorsque la sueur s'écoule. Cette sécrétion, à l'état normal, ne parait exercer aucune influence sur la voix ; mais sa suppression (652) peut entraîner les consé« quences les plus fâcheuses.

Par rapport aux fonctions de la peau , les vêtements exercent une influence sur les fonctions laryngées. Nous nous en occuperons dans l'hygiène.

63 A. La respiration est pénible, la voix entrecoupée et son émission difiicile, étouffée, lorsque la circulation est troublée par une course précipitée, par une ascension rapide, par une locomotion exagérée, etc. Il faut attendre, dans ces cas, que le calme se rétablisse et que la respiration devienne de nouveau facile. Les passions et les émotions^ des bois^ sons excitantes j etc., peuvent également accélérer passagèrement la circulation et modifier la voix.

635. L'exercice des fonctions musculaires, c'est-à-dire la LOCOMOTION , ne peut être que très-modéré s'il a lieu en même temps que l'exercice de la parole. On ne peut ni parler, ni chanter pendant la course; le mouvement exagéré entrave la respiration et coupe la parole. Cet effet est produit d'une part par l'accélération de la circulation (OSA), d'autre part par la lassitude physiologique, ces deux phénomènes consécutifs mais passagers d'une dépense anormale des forces musculaires.

636. De toutes les fonctions, celle dont l'influence est la plus marquée est sans contredit l'innervation, par son action tantôt directe sur les organes pharyngo-laryngés, tantôt indirecte, par l'intermédiaire d'autres fonctions.

La voix est le miroir fidèle des sentiments^ des émotions^

AaS ■ l>ATHOLUCiE liËNCRALt.

des passions. L'intensité, la tonalité, le limbre des 30ds glottiques et pharyngés de la parole articulée ou inarticulée, aonl profondément modifiés par ces phénomènes nerveux. C'est le problème principal de l'art dramatique el lyrique que de reproduire fidèlement, aidé par la mimique et par les gestes, ces modifications de la voix, pour faire supposer des phénomènes nerveux identiques.

La privation de sommeil peut altérer la voix par l'efTet produit sur l'organisme entier. 11 n'est rien moins que démontré que le somnambule répond aux questions qu'on lui adresse, on qu'il chante des airs comme daus t'opéra connu.

637. La RESPtBATiON nedoilêtre ni trop énergigue,m trop faible, et fournir la quantité nécessaire d'air à rémission du son. On ne saurait, en déclamant ou en chantant, ni pbraser, ni filer un son, si l'on ne sait ménager l'expiration.

Les divers types respiratoires (2i0) ne sont pas tous également favorables à l'émission de la voix. La respirnfioti abdomiunle est la plus propice, parce qu'elle exige le moins d'efforts (■2ûâ),et la respiration r/avicitlaire est la plus fatigante, parce que l'efiort est considérable ('2^5). Aussi les orateurs ou les artistes qui ont adopté ce dernier type commencent-ils paravoir l'inspiration bruyante, phénomène connu sous le nom de hoquet dramatique, et finissent par perdre complètement la voix, à cause de la. fatigue des muscles intrinsèques el des iiypérémies consécutives.

b. — FODCllOnit ICIDCllM.

638. De tout temps on a attribué aux roNCTioNS sexuelles une influence très-grande sur les organes de la voix; on a voulu même considérer ces derniers comme annexes des organes de la génération. Il est certwn que celte influence

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existe ; mais elle n'est pas plus marquée, au point de vue physiologique, pour les fonctions des organes pharyngé* laryngés que pour d'autres fonctions. Nous rappellerons ici ce que nous avons déjà dit à ce sujet en parlant de la mue (82^); seulement, les modifications qu'éprçuve la voix frap« peut bien plus le public que les modifications des autres fonctions ; de là cette opinion erronée que nous venons de signaler.

639. L'exercice normal du coît^ proportionné aux forces de l'individu, n'exerce aucune influence sur la tonalité, quoiqu'on ait affirmé qu'il fait baisser la voix. Cette influence n'est marquée que lorsque l'exercice des organes sexuels est anormal par sa fréquence ou par d'autres circonstances (752).

640. Chez les hommes, Yarrêt de développement des organes génitaux arrête le développement général de l'organisation ; la voix conserve jusqu'à un certain point, de même que la barbe au menton, son caractère enfantin. Mais si la castration survient à un âge avancé, le caractère de la voix n'est nullement influencé, les organes pharyngolaryngés ayant déjà atteint leur développement complet.

6A1. Chez la pluralité des femmes, la menstruation et la gestation n' exercent aucune influence sur la voix. Que de fois voit-on sur la scène des femmes artistes enceintes remplir leur rôle et ne trahir aucune altération dans les caractères de la voix. Aux derniers mois de la grossesse cependant, rabaissement du diaphragme peut être gêné et par conséquent aussi l'émission de la voix. La cessation de la menstruation, dont le public non médical exagère outre mesure l'influence nuisible sur la santé, si elle ne détermine pas des troubles généraux, n'exerce aucune influence sur la phonation ; celle-ci n'est affectée physiologiquement à cette époque de la vie que par les modifications apportées par l'ftge (321, A48).

PATilOI-OGIE GENÉHALE.

SDH L ORCjINISHI.

6^2. Les fonctious pbaryngo-Jaryogées exercent une influence marquée sur ces organes eux-mêmes et sur l'organisme entier. *

6â3. Vexercice modéré est très-salutaire aux organes PHARYMGO-LARVNGÉS. Oti saît tout CE que l'evercice du chant et (le la déclamation fait gagner à la voix en volume, en force, en étendue, etc.

L'abus de la parole, dans les habitudes ordinaires de la vie, exigeant peu d'efforts, n'entraîne pas d'inconvénients sérieux. Tout au plus voit-on se développer la sécheresse de la bouche et du pharynx et de la soif.

Le mccatiisme mal réglé de la voix, dans la déclamation ou dans le chant (380 el suiv.), peut déterminer une lassitude, un affaiblissement d'un ou de plusieurs muscles intrinsèques du larynx.

L'emploi de la tonalité âiiïérente des dispositions naturelles fite d'abord fout le charme de la voix naturelle et peut en outre briser la voix. On voit fréquemment des voix perdues, parce que l'élève a été forcé de dépasseï' de plusieurs notes, en haut ou en bas, l'étendue véritable.

L'usage continu d'un timbre exclusif et exagéré peut occasionner des affections locales assez tenaces. C'est ainsi que l'abus du timbre sombré détermine facilement des pharyngites granuleuses; l'abus de la voix dite blanche, criarde, prédispose aux laryngites.

L'abus du coup de glotte, surtout lorsqu'il est donné avec force, détermine une faiblesse qui rend la pose de la voix incertaine, le son tremblolaut {shrilHng des Anglais.)

Le retrait de la langue et l'abaissement consécutif du larynx peuvent déterminer la lutte vocale (391) el des hypi rémies consécutives.

1) et des hyp^^__

ÊTIOLOGIE. — GAUSKS EXTERNES. 461

64 A. L'organisme tout entier peut également se ressentir des effets produits par les fonctions pharyngo-laryngées.

Pendant leur exercice, dans le clmnt, la déclamation, le jeu des instruments à vent, etc. , le travail plus actif de la respiration introduit dans la poitrine une quantité plus considérable d'air que pendant la respiration habituelle i il facilite par conséquent et augmente la combustion organique, ce qui est une circonstance favorable à la digestion^ à Y appétit et à la nutrition. D* autre part, la mise en jeu des muscles du thorax fortifie les organes de la respiration.

Nous pouvons, jusqu'à un certain point encore, ranger ici l'effet produit par la voix sur Yinnervation d antres individus. Il suffit de rappeler les émotions que déterminent le chant ou la pai*ole et, dans le sens le plus large, l'appel fait à la pensée par la voix articulée qui forme le langage.

Article II. — Causes externes.

6A5. Les causes externes peuvent être examinées à un double point de vue. Le milieu, dans lequel nous vivons, peut agir en toute liberté par les caractères de l'air, du sol et des eaux qui deviennent ainsi causes externes générales (A) ; ou bien l'influence qu il exerce est modifiée par des causes externes spéciales (B) •

A. — Causes externes générales.

640. Trois ordres de faits sont compris dans cette classe, à savoir: les influences exercées par l'air (I) , le sol (II) et les eaux (III), dont l'ensemble constitue le climat (IV).

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