‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 144 sur 244 · I. — Air · texte numérisé non relu

I. — Air

647. L'air agit par ses caractères physiques et par ses caractères chimiques.

d62 PATHOLOGiË GÉNÉRALE.

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6&8. La TEMPÉRATURE pout troubler les fonctions vocales par son intensité ou par ses variations, en agissant, soit directement sur les tissus pharyngo-laryngés, soit indirectement sur des tissus contigus, tels que la peau du cou, ou sur des régions éloignées, telles que le tronc ou les pieds.

6A9. L'intensité de la température à laquelle on est habitué ne détermine aucune aflection laryngée. Le froid excessif n'est pas nuisible en lui-même , comme le prouve la rareté relative de ces affections chez les habitants du Nord. Il n'en est plus de même lorsque cette intensité dépasse la moyenne habituelle, surtout pour les personnes susceptibles ou déjà affectées. Lorsqu'on a froid, on tremble, et la voix est paiement tremblante, entrecoupée. Lorsqu'on a trop chaude on étouffe : la voix est faible, traînante, manque d*éclat; cet effet est surtout marqué dans l'air conûné.

La congélation ne peut s'exercer sur les tissus pharyngolaryngés ; les brillures occasionnées par des boissons bouillantes déterminent des inflammations et parfois même la gangrène des parties lésées.

650. Les VARIATIONS de la température sont régulières ou accidentelles et brusques.

651. Les variations régulières sont celles que Ton constate par les différences des saisons et par celles du jour et de la nuit. Elles ne sont pas des causes déterminantes de maladies vocales (751) et ne le deviennent qu'accidentellement par les transactions brusques qui, à certaines époques du jour ou de l'année^ sont plus ou moins prononcées suivant les régions que l'on habite* C'est ainsi que l'on peut s'expliquer en général lafréquence des affections laryngées et respiratoires en hiver et au printemps^ surtout chex les personnes sensibles ou déjà affectées du larynx.

ÉTIOLOGIE. — CAUSES ElTEKNES. â63

652. Les variations (accidentelles et brusques déterminent des effets connus sous le nom générique de refroidissement^ et q[ui se traduisent par des inflammations du larynx, du pharynx, de la muqueuse nasale, de la trachée (755). Il n*est nullement nécessaire que les températures soient extrêmes ; le contraste brusque des températures habituelles suffit pour faire naître le refroidissement. Celui-ci se produira d'autant plus facilement et sera d'autant plus considérable que le contraste est plus grand, que l'individu est plus susceptible par l'âge, les prédispositions, etc., et surtout que la transpiration cutanée (633) a été plus active au moment de l'impression.

Le refroidissement se gagne, par la peau des pieds, du thorax et du cou, et surtout par la bouche. L'air froid aspiré par la bouche n'a pas le temps de se réchauffer et agit d'autant plusque les muqueuses du larynx et du pharynx sont plus échauffées. L'air froid qui traverse les cavités du nez arrive déjà échauffé dans l'arrière-bouche.

V élévation brusque de la température amène souvent des enrouements subits; la voix se voile facilement lorsqu'on pénètre dans un salou dont la température est très-élevée.

653. La PRESSION atmosphérique exerce des influences va« riables, suivant qu'elle est diminuée ou augmentée, brusque ou lente. Dans tous les cas, elle agit non-seulement par les modifications de la densité de l'atmosphère, mais aussi par les variations quantitatives de l'oxygène (659) et de la perspiration.

La diminution brusque peut déterminer de la dyspnée, des congestions et même des hémorrhagies dans les muqueuses du nez et de la bouche, comme on l'a souvent observé dans les ascensions aérostatiques de 7 à 10 000 pieds de hauteur. Cependant cet effet n'est pas général. La fatigue

ùfii IMTHOLOUIE r.EPiÈBAI.E.

déleriaiiiée [lai' l'ascension des montagnes est due en grande partie à la fatigue corporelle.

V aiigmenlation brusque rend les inspirations plus rares et diminue les congestions,

La diminution permanente de la pression atmosphérique est considérée par les uns comme irritant, par d'autres comme calmant des affections laryngées.

V augmentation permanente de la pression atmosphérique, qui a lieu par exemple sous la cloche pneumatique, exerce une action favorable sur la respiration ; la capacité pulmonaire augmente, la perspiration puluionaiie devient moindre; on alïirme aussi que les congestions laryngées diminuent.

65à. L'action des vents est très-complexe : elle dépend Az\e\i\ température [&h^), àe^ pomsières (661) inxmiasmes (663) qu'ils amènent, de Y humidité (fi72) dont ils sonlchargés et de la pression mécanique qu'ils exercent.

Les vents sont généralement lièdes et imprégnés d'humidite lorsqu'ils soufUent de la nier; arides, brûlants, chargés de poussière lorsqu'ils ont traversé.les déserta de sable; secs et glacés lorsqu'ils ont ]}a3sé sur des cimes neigeuses ; imprégnés de miasmes lorsqu'ils ont franchi des marais. Les vents cbauds et secs, soufflant du midi, font respirer un air moins dense ; ils occasionnent un peu de dyspnée et de malaise. Ces effets sont plus marqués dans le midi (sirocco en Italie, chamsin en Egypte) ; la soif ardente et la respiration accélérée sont accompagnées d'uu abattement général, bien plus marqué chez les indigènes que chez les immigrés. Les vents chauds et humides, par exemple ceux du sud-ouest, n'exercent aucune influence fâcheuse, surtout si la température efThumidité sont modérées; en général, ils sont même favorables aux personnes dont les organes de la voix et delà respiration sont délicats. Les vents froids, comme ceux du

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uord et du nord-est, sont nuisibles aux muqueuses et occasionnent des catarrhes, d'autant plus facilement qu'ils sont plus humides ; aussi le nord-ouest est-il plus pernicieux. Ces effets sont plus prompts lorsqu'il y a eu variation brus«que (652) de température.

Les vents eievceni encore une acUon mécanique par la violence avec laquelle ils souiQent. Un fort coup de vent coupe» comme on dit, la respiration ; aussi est-il très-nuisible aux phthisiques. L'évaporationde la sueur et l'exhalaison pulmonaire sont d'autant plus accélérées que le vent est plus fort.

655. On ne connaît aucune influence, dans les circonstances habituelles, de Télectrigité atmosphérique sur les organes de la voix. Mais quand le temps est orageux et que l'électricité acquiert une tension considérable , les sujets ner« veux, faibles , impressionnables, surtout les malades, éprouvent une surexcitation générale, du malaise, de l'agitation, de l'accablement, etc. , qui se reflètent dans la voix.

656. L'influence de la lumière est encore mal déterminée. Il est certain que des habitations obscures, les vallées étroites, les mines, etc. , sont nuisibles à la santé ; mais on ne sait sil'absence de l'air pur , unealimentationinsufSsante, etc. , n'y jouent pas le rôle le plus important. L'influence salutaire du soleil est moins discutable. Dans tous les cas, ces causes n'agissent sur la voix qu'autant qu'elles modifient la santé profondément.

b, — CAnieiércs eblml^iies 4e Talr.

657. La composition chimique de l'air peut varier par des modifications qualitatives ou quantitatives de ses éléments constants ou par la présence d'éléments accidentels fluides ou solides.

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